Bulat-Pestivien est une commune française située dans le département des Côtes-d'Armor, en région Bretagne.
En 1994, la commune a obtenu le label « Communes du Patrimoine Rural de Bretagne » pour la richesse de son patrimoine architectural et paysager.
Géographie Bulat-Pestivien fait partie du pays Fañch, territoire traditionnel de Bretagne. La commune est la dernière au Nord avant le Trégor. Les nombreux ruisseaux du Nord et de l'Est de son territoire alimentent le Léguer qui prend sa source sur la commune voisine de Maël-Pestivien avant de traverser le Trégor jusqu'à la mer.
Au sud du territoire de la commune, sur la butte de Kernec'h (altitude ) se trouve un des 4 tripoints de mers français dit « CGM » pour Celtique / Gascogne / Manche : mer Celtique (bassin de l'Aulne) / golfe de Gascogne (bassin du Blavet) / Manche (bassin du Léguer).
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Loire-Bretagne. Elle est drainée par le Léguer, le ruisseau de Pont Hellou, le Bodeillo., le Dour Traou Breuder., le Gollot. et le Poull Goaz Hélou...
Le Léguer, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Bourbriac et se jette dans la baie de Lannion en limite de Lannion et de Trédrez-Locquémeau, après avoir traversé ..
Le Pont Hellou, d'une longueur de , prend sa source dans la commune de Maël-Pestivien et se jette dans l'Hyère à Plusquellec, après avoir traversé ..
Un plan d'eau complète le réseau hydrographique : l'étang de Bodilio ()..
vignette|centre|redresse=1.2|alt=Carte en couleur présentant le réseau hydrographique de la commune|Réseau hydrographique de Bulat-PestivienLes ruisseaux intermittents sont représentés en traits pointillés..
Climat
Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique franc, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Cfb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais sans saison sèche. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique. Parallèlement l'observatoire de l'environnement en Bretagne publie en 2020 un zonage climatique de la région Bretagne, s'appuyant sur des données de Météo-France de 2009. La commune est, selon ce zonage, dans la zone « Littoral doux », exposée à un climat venté avec des étés cléments. Elle est en outre dans la zone H2a au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Kerpert à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .
Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.
Urbanisme Typologie Au , Bulat-Pestivien est catégorisée commune rurale à habitat très dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine et hors attraction des villes...
Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (88,1 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (87,1 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones agricoles hétérogènes (36,6 %), terres arables (25,9 %), prairies (25,6 %), forêts (11,9 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).
Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Pestivien en 1306, Pestiffien vers 1330, castrum de Pestivien en 1354, Penstyffyen en 1368, Pestiffien en 1405, par. de Pestivien et chap. Nostre-Dame de Buzglat en 1465., Buzlat en 1588 et en 1620, Bulat en 1670..
Hervé Abalain indique que le nom de Pestivien, attesté sous la forme Penstiffyen en 1368, signifie le « bout des sources » et provient de penn stivien, stivien étant le pluriel de stiff. Pestivien est le nom de l'ancien chef-lieu et de la commune jusqu’en 1876, date à laquelle le nom du nouveau chef-lieu, Bulat, est ajouté. Bulat, noté Buzglat en 1465, serait un anthroponyme. Pour Bernard Tanguy, Pestivien est un toponyme formé sur le breton penn « tête, bout » et sur un pluriel en -ien de stiv « source jaillissante ». Il indique que Bulat pourrait être composé du vieux breton bud « gain, profit, bénéfice » et de gulat signifiant « pays, richesse ». L'ensemble pourrait être un nom de personne.
Bernard Tanguy retranscrit la forme bretonne parlée sous la graphie Bulad-Pistin. La forme bretonne normalisée proposée par l'Office public de la langue bretonne est Bulad-Pestivien.
Histoire
Le château de Pestivien La seigneurie de Pestivien, outre le domaine de Pestivien, comprenait diverses autres terres réparties sur les paroisses de Maël, Duault et Plougonver..
Tristan de Pestivien est l'un des chevaliers qui combattit lors du Combat des Trente pour le compte de Charles de Blois.
Toujours pendant la Guerre de Succession de Bretagne, les bourgeois de Guingamp demandèrent à Bertrand du Guesclin, qui venait d'être libéré contre rançon alors qu'il était prisonnier des Anglais et s'était réfugié dans la ville, de les délivrer des ravages commis par deux capitaines anglais, Roger Davy qui tenait le château de Pestivien et ThuomelinOlivier de Thomelin, né en 1340, décédé après 1380, chevalier, époux de Jeanne de Tournemine., qui occupait le château de Trogoff en Plouégat-Moysan. Avec hommes, il prit et démantela le château de Pestivien en ; il marcha ensuite sur Trogoff, mais Thuomelin choisit de se rendre sans combattre, ayant reçu l'assurance de pouvoir quitter ce château sain et sauf, mais le château fut ensuite aussi démantelé..
Deux gwerzioù, recueillies à Maël-Pestivien vers 1840 par Théodore Hersart de La Villemarqué, l'une Le vassal de Duguesclin, l'autre La filleule de Duguesclin évoquent la prise des châteaux de Pestivien et Trogoff par Duguesclin.. Ces gwerzioù furent quelque peu modifiées par Théodore de La Villemarqué : en voici un extrait traduit du breton : Le gouverneur demandait en feignant de plaisanter au seigneur Guesclin du sommet de la tour : « Êtes-vous venu ici, seigneur, pour un bal que vous soyez équipé mes seigneurs de la sorte ? » « Nous sommes venus ici au bal, sans mentir, non pour danse mais pour sonner ! Pour vous sonner une danse qui ne finira pas de si tôt : quand nous serons fatigués, les diables prendront la relève ! » Au premier assaut, les douves sont traversées et jusqu'à son ondement le château a tremblé ; Et au second assaut, une tour est abattue et deux cents hommes tués, et davantage ou autant ; Et au troisième assaut les portes sont tombées et la place prise, détruite et incendiée"Bretagne", éditions Bonneton, 1991, ....
Le pèlerinage de Bulat Alors que Pestivien était jusque-là le siège de la paroisse, suivant la légende, la fondation de l'église de Bulat « est due à un seigneur de Pestivien qui, désespéré de voir avec lui s'éteindre sa race, aurait fait à la Vierge le vœu d'ériger une chapelle en son honneur si le ciel lui donnait un fils, souhait qui fut exaucé. De là le nom de "Bulat", qui serait la contraction de "Buguel hat" ou "had", dont le sens breton est "enfant conçu" »..
vignette|La fontaine de Bulat (dessin publié en 1891 dans le « Bulletin monumental »). La construction de l'église de Bulat commença « le troisième jour d'avril, l'an 1552 », le maître d'œuvre étant Fouquet Jehannou, selon une inscription située dans l'église. « Dans la tour, au-dessus de la sacristie, on voit la "chambre des ermites", où deux frères maçons qui avaient travaillé à l'édifice, logèrent le reste de leur vie. Le pardon de Bulat a lieu le . C'est le pardon des fontaines. (...) Le doux murmure de l'eau bruit des neuf fontaines de Bulat, l'une dans le cimetière, une autre sur le chemin de Callac, les sep dernières à cinquante mètres plus loin. On vient de loin demander à ces fontaines le secret de la santé et du bonheur. Les nouvelles mariées jettent aux ondes les épingles de leur corsage pour obtenir la maternité. Une jeune fille, dit-on, fit trente kilomètres sur les genoux, vers 1830, pour assister au pardon de Bulat »..
La localité est un lieu de pèlerinage toujours très fréquenté, notamment le samedi soir avec les vêpres, la procession et la messe. On y sort alors la Vierge d'argent qui est d'abord placée sur la table d'offrande (face au porche ouest) ; traditionnellement deux hommes se tenaient de part et d'autre de la statue du samedi soir au lundi soir (le lundi, la foire aux chevaux)… Lorsqu'un pèlerin déposait une offrande, l'un des gardiens agitait une sonnette... La statue d'argent est portée en procession par deux jeunes filles. Le Pardon de Bulat a lieu le dimanche suivant le (fête de la Vierge), sauf si le 8 tombe un dimanche... Le cantique de Notre-Dame de Bulat qui comporte de très nombreux couplets a été accommodé sur la musique de "Dont a ra tudou yoank war hentou Breiz-Izel... De plus les derniers couplets furent composés vers 1960 par Mab Sulon, alias le Père Loriquer, missionnaire diocésain qui composa nombre de cantiques ou d'extensions de cantiques.. vignette|Le calvaire de Pestivien (dessin publié en 1891 dans le « Bulletin monumental »). L'oratoire qui a connu de nombreuses extensions est devenu l'église actuelle avec sa flèche rivalisant avec celle de Saint-Pol-de-Léon. Une copie de l'esquisse du clocher et de la flèche de Bulat a donné l'église de Bourbriac à plus à l'est… La sacristie comporte un mystère architectural, à savoir la loggia de style Renaissance italienne donnant sur l'église et d'où, dit-on, mais rien n'est avéré, les compagnons bâtisseurs suivaient les offices… Dans les richesses entourant l'église, la "fontaine au lait" ou "Fontaine de la Vierge" dont l'eau était censée redonner vigueur aux glandes mammaires des jeunes mères. Ladite fontaine alimente un petit bassin dans ce qui était le presbytère. Les écussons gravés dans l'église ont été décrits de manière détaillée par P. Chardin.
Le cimetière de Bulat possède deux particularités rares : un triangle pour les petits anges (les bébés morts très jeunes) avec au milieu la tombe des prêtres.