Gao (ⴳⴰⵡ en langue locale) est une ville et une commune urbaine malienne, chef-lieu du cercle de Gaoet de la région de Gao, région administrative du Mali. Surnommée la cité des Askia, elle est la capitale historique de l'Empire de Gao puis de l'Empire songhaï. Ses habitants sont appelés les Gaois et les Gaoises.

Situation La ville de Gao est située sur la rive gauche du fleuve Niger à au nord-est de la capitale Bamako, 600 km à l'est de Mopti, 470 km à l'Est de TombouctouDistances, coordonnées sont mesurées à l'aide de Openstreetmap. La commune urbaine est enclavée dans la commune rurale de Gounzoureye, sauf au nord ou elle est limitrophe de Soni Aliber.

Histoire Fondation Gao est une ville au Mali fondée au au temps de l'empire de Gao. Elle doit sa prospérité à sa situation de carrefour fluvial et caravanier. La « route des chars » qui part au avant l'ère commune du Fezzan (Libye actuelle) au fleuve Niger s'achève dans les environs de l'actuelle Gao. Le site est donc, dès l'Antiquité, en situation de carrefour entre le Sahel et les régions du centre saharien. Les poids utilisés pour les pesées marchandes les plus anciens qui sont retrouvés à Gao ne correspondent ni au système des poids et mesures d'Andalousie ni à ceux de la Tunisie médiévale, contrairement à ceux retrouvés sur les autres sites archéologiques des villes caravanières. Il est probable que Gao fut donc d'abord un centre commercial régional, en lien avec les mines de cuivre de l'Aïr, plutôt qu'avec les grands oasis marchands de l'aire berbero-musulmane.

Période des empires Au , la ville devient la capitale politique des Songhaï qui ont fondé l'empire de Gao, en lieu et place de Koukia, située plus en aval du fleuve, mais qui restera jusqu'au la capitale spirituelle et religieuse des différentes constructions politiques songhaï (d'abord royaume de Gao, ensuite empire songhaï des Sy et des Askias). Gao, excentrée par rapport aux grands axes du commerce caravanier transsaharien, garde un héritage animiste antéislamique plus fort que ses consœurs Djenné, Oualata et Tombouctou.

L'empire du Mali a ensuite conquis Gao en 1325, tout en laissant s'appliquer les lois songhaï. Gao est ensuite (1464) devenue le centre d'un empire, l'empire songhaï, sous l'action de Sonni Ali Ber. La ville de Gao est une capitale prospère de personnes. L'invasion marocaine de 1591 a largement détruit la ville, qui est restée de taille relativement moyenne jusqu'à la période de colonisation française aux et .

Gao fut, jusqu'au et la destruction de l'empire songhaï (1591), un important centre commercial, car elle est située sur la route des caravanes qui assuraient le commerce transafricain sur le fleuve Niger, voie de communication majeure de l'Afrique occidentale. Une miniature jadis exposée au Musée des arts africains et océaniens montre l'activité d'un ancien marché de cette ville.

Son affaiblissement politique lors de la mise en place du Pachalik de Tombouctou entraîne également le repli commercial sur l'aire régionale. Gao reste un carrefour privilégié entre le monde saharien et le Sahel, elle garde son statut de ville caravanière majeure sur l'axe ouest-est, jouant en particulier un rôle de transmission de l'Islam à destination des cités haoussa (Nord Nigeria actuel).

Époque moderne (-) La ville de Gao amorça son déclin lorsque les grands navires européens se mirent à contourner l'Afrique, rendant non compétitives économiquement les caravanes qui la traversaient. Mais elle garde, à l'instar de Tombouctou ou Samarcande, qui ont décliné pour la même raison, une place dans l'imaginaire collectif.

Gao est parcourue par la mission Hourst en 1896 et conquise par l'armée coloniale française en .

Alors que le Soudan français est une colonie française, Gao devient par la loi française du Loi N° 55-1489 du 18 novembre 1955 relative à la réorganisation municipale en Afrique Occidentale Française, en Afrique Équatoriale Française, au Togo, au Cameroun et à Madagascar , une commune de moyen exercice, dirigée par un maire, fonctionnaire nommé par le chef de territoire, assisté d’un conseil municipal élu par un collège unique. La loi du donne un statut commun à toutes les communes créées avant l’indépendance du Mali en 1960. Un conseil municipal élu désigne en son sein le maire et un ou plusieurs adjoints.

Conflits sahariens du

Lors de l'insurrection de 2012, la ville tombe sous le contrôle du Mouvement national pour la libération de l'Azawad (MNLA) le . Le , par un communiqué publié sur son site, le MNLA y déclare proclamer . Le MNLA est bientôt supplanté par des mouvements islamistes plus radicaux, comme Ansar Dine, et surtout le MUJAO qui contrôlent la ville et y instaurent la charia. À la suite de l'engagement militaire de la France en dans le cadre de l'opération Serval, l'armée française, appuyée par celle du Mali, reprend le contrôle de la zone de l'aéroport de Gao et du pont de Wabaria, le . puis plus tard dans la journée de l'ensemble de la ville. après quelques combats contre des unités résiduelles, entrainant entre une quinzaine et vingt-cinq morts dans les rangs djihadistes.. La libération de la ville par les troupes franco-maliennes est accueillie avec enthousiasme par la population, le maire Sadou Diallo est restauré dans ses fonctions le jour même en regagnant la ville, et rapidement des troupes en provenance du Tchad et du Niger prennent position pour assurer le contrôle de Gao alors que l'armée française continue son avancée vers le nord du pays.

Dans les jours qui suivent la reprise de la ville par le gouvernement de Bamako, plusieurs attaques et attentats suicides menés par le MUJAO frappent Gao et nécessitent l'intervention de l'armée malienne et de l'aviation française détruisant de nombreuses infrastructures (marché, lignes électriques)Mali : les combats ont dévasté le marché central de Gao par David Baché dans Le Figaro du 27 février 2013.. Durant les mois qui suivent, les troupes nigériennes sont chargées par la MINUSMA, avec des éléments français, de sécuriser la villeTrois minutes pour comprendre les enjeux de l'élection au Mali dans Libération du 26 juillet 2013..

Géographie Climat La ville connait un climat désertique chaud, classé BWh dans la classification de Köppen. Diagramme ombrothermique de Gao (1991-2020)

Quartiers La commune s'étend sur 9 quartiers relevés lors du recensement général de 2023Instat-Mali, RGPH 5, Répertoire des localités du Mali en 2023, p. 273, janvier 2026.

Administration et politique La commune de moyen exercice de Gao est instaurée en 1958, puis érigée en commune de plein exercice en 1966Comité de jumelage Thionville Gao, 2004. Elle devient une commune urbaine avec le statut de collectivité territoriale dans le cadre de la décentralisation du Mali. Année Maire ou PDS Notes ou Parti 1991 Oumar M'Baraka Touré Président de la délégation spécialeJournal officiel, 1991 N° 14, 31 juillet 1991. 2004Alassane Ali Touré RPM 2009Sadou Harouna DialloIndépendant2016Boubacar DackaRPM

Jumelage et coopération Gao est jumelée avec Thionville en France. Par ailleurs, une opération de coopération décentralisée dans le domaine de l'assainissement et des déchets est menée par le centre international de l'Eau de Nancy (NanciEau) en partenariat avec l'Association internationale des maires francophones (AIMF).

Démographie Le territoire de la commune de Gao est restreint et entièrement urbanisé et l'aire urbaine déborde au sud avec la banlieue de Bagoundé située sur la commune de Gounzoureye. La densité de la population, au recensement de 2009, atteint ainsi avec pour . La croissance démographique de la ville est très soutenue et atteint, entre 1998 et 2009, 4,7%. La commune urbaine de Gao compte en 2023.

Économie et transports La ville de Gao est desservie par un aéroport international, situé à 5 kilomètres du centre-ville ouvert une grande partie de l'année. Elle reste une voie de communication importante sur le fleuve Niger où transitent hommes et marchandises.

Le tourisme prend de plus en plus d'importance et constitue une source importante de revenus. La ville possède en effet un patrimoine notable, notamment avec le tombeau des Askias inscrit au patrimoine de l'UNESCO depuis . La dune rose, nommée ainsi en raison des lumières du coucher du soleil, le long du fleuve Niger est située aux portes du désert, et constitue également une attraction pour les visiteurs qui descendent le fleuve.

Depuis le , le pont de Wabaria enjambe le Niger, remplaçant ainsi le bac. Il contribue à l'essor de Gao, le pont le plus proche en aval se trouvant à Niamey au Niger ( environ), et ceux en amont à Markala (barrage-pont de Sansanding) ( environ) puis Bamako ( environ).

Gao est relié à Koulikoro par la Compagnie malienne de navigation, pendant la saison des hautes eaux du Niger, soit de quatre à cinq mois par an.

Culture et patrimoine La mosquée Kankou Moussa est construite au à Gao par l'architecte Abou Ishaq es-Sahéli. En 2004, l'UNESCO reconnaît le tombeau des Askia comme un des sites du patrimoine mondial. Grâce à ce classement, le tombeau des Askia est maintenant protégé et la ville de Gao reçoit depuis une aide financière pour développer son projet relatif au site.

La du Festival des arts et cultures songhay s’est tenu du 9 au à Gao.

Les mosquées de Gao Modèles régionaux Les mosquées de la boucle du Niger et de la steppe pré-saharienne forment un ensemble correspondant à l'extrémité nord du Sahel, en contact direct avec le désertPradines, Stéphane. Historic Mosques of Sub-Saharan Africa: From Timbuktu to Zanzibar. Vol. 163. Brill, 2022.. La façade principale des mosquées de la boucle du Niger est lisse, sans éléments verticaux, et les terrasses à merlons sont rares. Sur la façade extérieure, le mihrab forme une saillie basse terminée par une pointe conique, mais n'est pas surmonté d'une tour. À l'intérieur de la mosquée, les piliers sont massifs, il n'y a pas d'arcades et peu de décorations murales. Seul le minaret se détache de ces bâtiments plutôt bas. En résumé, ce groupe de mosquées se trouve principalement dans le nord du Mali et du Niger et est l'apanage des populations songhay et touareg. Il se caractérise par un minaret, une tour mihrab conique basse et saillante, la rareté des contreforts et des créneaux, et des supports massifs dans la salle de prière, comme dans les mosquées de Sankoré et de Sidi Yahya à Tombouctou et de Tendirma au Mali.

Les mosquées de Gao Autrefois centre de l'empire Songhay et centre commercial animé, Gao s'enorgueillit d'un riche patrimoine historique dans ses trois agglomérations : Gao Saney, Vieux Gao et Gao. Les fouilles à Gao SaneyTakezawa et Cisse, M., "Discovery of the earliest royal palace in Gao" (2012) : 6-11., le plus ancien établissement à l'est de la ville moderne, a révélé un cimetière royal orné d'épitaphes et de pierres tombales datant de 1104De Moraes Farias, Arabic Medieval Inscriptions from the Republic of Mali (2003) : XXXIII-XXXIV et 3-84.. Le Vieux Gao, construit entre le huitième et le dixième siècle, coexistait avec Gao Saney et faisait partie intégrante du tissu urbain de la ville.

Dans le Vieux Gao, les fouillesMauny, "Notes d'archéologie au sujet de Gao" (1951) : 837-852.Insoll, Islam, archéologie et histoire dans la région de Gao (Mali) ca AD 900-1250 (1996) : 16 et 55 ; The Archaeology of Islam in sub-Saharan Africa (2003) : 235-236. ont mis au jour deux bâtiments monumentaux datant du début du dixième siècle. L'une de ces structures, que l'on pense être une mosquée, a des dimensions qui indiquent son importance au sein de la communauté. Les dimensions de la mosquée sont d'environ [insérer les dimensions ici] et comprennent des éléments architecturaux caractéristiques de la période. Cette mosquée a probablement joué un rôle central dans la vie religieuse et culturelle du Vieux Gao, servant de lieu de culte et de rassemblement communautaire.