Naomi Klein, née le à Montréal, est une journaliste, essayiste, réalisatrice et altermondialiste canadienne.. Elle a étudié à l'Université de Toronto et à la London School of Economics. Elle est titulaire de la chaire Gloria Steinem en Média, Culture et Études féministes de l'Université Rutgers.

Elle est mondialement connue pour avoir pointé les défaillances du capitalisme, du néolibéralisme et de la mondialisation dans ses livres No Logo (1999), La Stratégie du choc : la montée d’un capitalisme du désastre (2007) et Tout peut changer : capitalisme et changement climatique (2014). Elle a reçu en 2016 le Prix Sydney de la paix pour son militantisme en faveur de la justice climatique. Elle est considérée comme l'une des figures les plus populaires de l'altermondialisme et de l'anti-consumérisme.

Biographie Naomi Klein est la fille de , réalisatrice féministe, auteure d'un documentaire dénonçant la pornographie (C'est surtout pas de l'amour : un film sur la pornographie / ) et de Michael Klein, médecin, membre du mouvement Physicians for Social Responsibility. Tous deux sont américains mais ont émigré au Canada en protestation contre la guerre du Viêt Nam Larissa MacFarquhar, Outside Agitator, Un article du New Yorker de décembre 2008 in Courrier international de février 2009 a fait une traduction et pour éviter à son père de devoir aller s'y battre.

Elle a un frère, Seth, directeur du Centre canadien pour des alternatives politiques en Colombie-Britannique.

Issue d'une famille juive ashkénaze socialiste dont les ancêtres étaient membres du Bund, ses grands-parents étaient des marxistes actifs aux États-Unis dans les années 1930 et 1940. Son grand-père a été renvoyé de son poste d'animateur chez Disney après y avoir organisé la première grève salariale de l'histoire des studios « Hand-To-Brand-Combat: A Profile Of Naomi Klein », The Guardian, 23 septembre 2000..

La carrière d'écrivain de Klein commence avec ses contributions au journal , un journal étudiant de l'Université de Toronto dont elle est devenue rédactrice en chef. Elle prend part au mouvement féministe en 1989 à la suite de la tuerie de l'École polytechnique de Montréal. Elle obtient la bourse Miliband de la Visiting Teaching Fellows of the London School of Economics au sein de laquelle elle étudie au niveau master.

Naomi Klein gagne en notoriété avec la publication de No Logo (2000), devenu un best-seller et parfois considéré comme l'un des ouvrages de référence du mouvement altermondialisteL'Atlas des mondialisations, hors-série Le monde La vie Page 159 Olivier Nouaillas 2010. Elle y dénonce la réduction de l'espace public, social et citoyen au profit des multinationales au travers de la prolifération de leurs logos. Elle évoque l'exploitation de la misère à laquelle se livrent selon elle les multinationales telles que McDonald's, Nike, Coca-Cola, Starbucks ou encore Wal-Mart.

Elle a aussi écrit Fences and Windows (2002) ainsi que des articles pour différents journaux (The Nation, The Globe and Mail, Harper's Magazine, The Guardian, Rolling Stone et In These Times), et participé (avec son mari, le journaliste de la télévision canadienne Avi Lewis) à la réalisation d'un film (The Take) sur le phénomène des entreprises autogérées par les salariés en Argentine.

Elle est membre du comité de parrainage du tribunal Russell sur la Palestine dont les travaux ont commencé le Voir la liste des parrainages dans l'article Tribunal Russell sur la Palestine et la conférence de presse du 04/03/2009, sur le site du tribunal Russel sur la Palestine : . La même année, lors de la guerre de Gaza, elle soutient la campagne Boycott, désinvestissement et sanctions contre Israël, en affirmant que Enough. It's time for a boycott , theguardian.com.

Livres

No Logo

Selon No Logo : la tyrannie des marques, la mondialisation a permis de faire passer la production au dernier plan en la reléguant au niveau de sous-traitance dans les zones franches des pays du Sud notamment. Les entreprises ont donc pu investir dans le marketing, c'est-à-dire investir non pas dans le produit, mais dans leur marque. Elle avance que le déplacement de la production au dernier rang de la chaîne économique a conduit à des coupes d'effectifs dans les pays industrialisés, au profit d'emplois précaires. Elle considère que l'augmentation de l'investissement dans le marketing et le processus de concentration des grandes entreprises dépossèdent les consommateurs de choix. Elle pousse la réflexion jusqu'à parler de la dépossession du bien commun au profit de l'entreprise privée. À la fin de son ouvrage, Naomi Klein estime que les marques fonctionnent comme des métaphores du système économique.

La Stratégie du choc

Le troisième livre de Naomi Klein, La stratégie du choc : la montée d'un capitalisme du désastre, examine comment les politiques néolibérales développées par Milton Friedman et l'École de Chicago ont été appliquées au Chili sous Pinochet et en Russie sous Eltsine. La thèse centrale de cet ouvrage est que pour réussir à imposer des politiques impopulaires de libre marché, les responsables politiques exploitent le choc psychologique causé par des désastres environnementaux, militaires ou économiques, les populations étant plus facilement portées à accepter alors des mesures difficiles. Elle rattache ces pratiques à la théorie de Joseph Schumpeter selon laquelle le capitalisme fonctionnerait grâce à la « destruction créative ». Son titre est basé sur des expériences psychologiques menées par la CIA dans les années 1960 utilisant électrochocs, privations sensorielles et administration de drogues afin d'amener un individu à régresser jusqu'à un état infantile, qualifié de choc psychologiqueVoir le Kubark Counterintelligence Interrogation élaboré en 1963 et déclassifié en 1997..

Cette stratégie du choc est encore utilisée en 2020 par les responsables politiques, ainsi que l'explique Naomi Klein à propos de la pandémie du coronavirus dans une entrevue au Monde« Naomi Klein : Seule une réponse très audacieuse à la crise nous mènera quelque part », Le Monde, 7 juin 2020..

Le livre a été adapté en 2008 dans un court film sur YouTube sous la direction de Jonas Cuarón et produit par Alfonso Cuarón The Shock Doctrine Naomi Klein and Alfonso Cuaron. Il a fait l'objet d'une nouvelle adaptation au cinéma en 2010, sous le même titre, La Stratégie du choc (2010), par Michael Winterbottom et Mat Whitecross en utilisant notamment des images d'archives. Naomi Klein a participé au tournage comme narratrice. Le film a été projeté durant la Berlinale en 2009 mais il serait sorti en dépit de l'opposition de Naomi Klein, qui était en désaccord avec le travail de Michael Winterbottom.

En , le livre s'est vu attribuer un Prix de l'Université de Warwick avec une récompense de 57 000 €Naomi Klein reçoit le prix Warwick, Le Monde, 27 février 2009..

Tout peut changer : capitalisme et changement climatique

Tout peut changer : capitalisme et changement climatique est un essai cherchant à mettre en exergue les méfaits de l'industrialisation capitaliste et libérale sur le climat, la nature et l'humanité en général. Il traite aussi des solutions...

Critiques Si ses thèses ont été très largement saluées par les milieux internationaux de gauche et progressistes, elles ont aussi été critiquées par la droite et les libéraux.

Ainsi selon le magazine libéral britannique The Economist, Naomi Klein ne tiendrait pas compte des « progrès notables » qu'ont permis le capitalisme et la mondialisation en matière de « réduction de la pauvreté ou de mortalité infantile dans les pays pauvres »Mortalité juvénile et infantile, UNICEF.). Elle sous-estimerait en outre le pouvoir des États et des consommateurs face aux grandes entreprises et se contredirait en défendant un monde ouvert et en prônant pourtant le protectionnismeWhy Naomi Klein needs to grow up, The Economist, 7 novembre 2002..

La Stratégie du choc a été diversement reçu et critiqué, parfois même au sein de la gauche. Pour le conservateur américain , Naomi Klein ferait des amalgames qui rendent son argumentation « absurde », en partie par ignorance Jonathan Chait, Dead Left, 30 juillet 2008, The New Republic.. La journaliste répondra la même année aux critiques de son préopinant, en accusant notamment celui-ci d'avoir ignoré une partie de son ouvrage.

L'essayiste libéral Johan Norberg insiste pour sa part sur les erreurs qu'il voit, ainsi que sur la déformation des idées de Milton FriedmanCritique de Johan Norberg ., malgré les citations de ce dernier dans ses ouvrages. Naomi Klein a répondu à ces critiques en excipant d'un entretien de Milton Friedman à un magazine allemandYear After the Publication of The Shock Doctrine, A Response to the Attacks By Naomi Klein - 2 septembre 2008..

Par ailleurs, certains penseurs libéraux classiques comme , professeur d’économie à l’université de St. Lawrence, ont affirmé que les preuves empiriques allaient plutôt dans le sens opposé des conclusions de Klein. En effet, après chaque crise du , notamment après la Grande Dépression, la taille de l’État et son intervention dans le marché ont plutôt augmenté, au grand dam des tenants du libre marché. Donc, contrairement à ce que Klein affirme, ces derniers ne semblent pas du tout bénéficier de « l’état de choc » sociétal post-catastrophe pour implanter leurs réformes.. Cette critique omet toutefois le fait qu’un État peut être à la fois fort et servir le capitalisme privé.

Sur la forme de son engagement, les universitaires canadiens Joseph Heath et critiquent Naomi Klein pour son absence de propositions et l'accusent de se contenter de la critique The Rebel Sell, Joseph Heath & Andrew Potter, Capstone Publishing.. C'est en partie pour contrer cette critique qu'elle écrira en 2014 : Tout peut changer en l'illustrant de nombreux exemples et solutions pratiques..

Œuvre Ouvrages

Dire non ne suffit plus : contre la stratégie du choc de Trump, [« No Is Not Enough: Resisting Trump's Shock Politics and Winning the World We Need »] trad. de Véronique Dassas et Colette St-Hilaire, Arles, France, Actes Sud, , 2017, 224 p. Plan B pour la planète : Le New Deal vert, [« On Fire: The (Burning) Case for a Green New Deal »], trad. de Mathieu Dumont, Actes Sud, 2019, 416 p.

Cinéma 2004 : The Take coréalisé avec Avi Lewis, 2009 : La Stratégie du choc (The Shock Doctrine) réalisé par Michael Winterbottom et Mat Whitecross 2015 : Tout peut changer coréalisé avec Avi Lewis Radio

2017 :

Notes et références

Voir aussi

Articles connexes Catastrophe environnementale Critiques du libéralisme économique Écologie politique Enjeux du réchauffement climatique No Logo La Stratégie du choc La Stratégie du choc (film) Mouvement antimondialisation Réchauffement climatique Risques d'effondrements environnementaux et sociétaux Surexploitation Tout peut changer Tout peut changer (film)

Liens externes

« Outside Agitator. Naomi Klein and the new new left. », The New Yorker,

Board of Directors, 350.org

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