Le pont Albert-Louppe, d'abord appelé pont de Plougastel et encore appelé premier pont de Plougastel, est un pont franchissant l'embouchure de l'Élorn dans la rade de Brest pour relier les communes de Plougastel-Daoulas au Relecq-Kerhuon.
Sa construction, décidée le et autorisée par une loi du , eut lieu entre 1926 et 1930. Le contrat signé entre le Conseil Général et l'entreprise Limousin prévoyait que celle-ci ne serait payée que si le coffrage des trois travées était réalisé. L'entrepreneur et Eugène Freyssinet, confiants dans leurs méthodes innovantes, ont donc préfinancé la construction de l'ouvrage à leurs risques et périls, ce qui peut être vu comme une préfiguration des contrats PPP et des contrats Conception-Construction. Eugène Freyssinet, par cette réalisation et bien d'autres (hangars aéronautiques au Bourget par exemple) a été le précurseur de la précontrainte et des ouvrages en béton armé et précontraints.
En 1994, le pont est doublé, pour fluidifier la circulation, par le pont de l'Iroise qui lui est quasi parallèle.
Origine du nom Le pont tient son nom de l'ancien sénateur du Finistère et ingénieur Albert Louppe, né en 1856 et mort en 1927 alors qu'il était encore en mandat au Sénat.. C'est Albert Louppe, en tant que président du conseil général du Finistère, qui a obtenu la construction de ce pont quelques années plus tôtcf. la plaque commémorative figurant dans la galerie photos de cette page..
Histoire thumb|left|Le pont de Plougastel (futur pont Albert-Louppe) en construction (1928). Fleuron de la technologie française, le pont est inauguré le par le président de la République française, Gaston Doumergue, en personne, et par le maire de Plougastel, Mathurin Thomas. Trois jours plus tard, le , le pont est béni par l’évêque de Quimper, Adolphe Duparc, accompagné de cinquante mille personnes. Sa construction a été périlleuse, car il était impossible de construire un échafaudage sur ce site, soumis à des vents violents et à de fortes marées. Ainsi, lorsque les fondations et l'amorce des piles ont été construites, un cintre en bois cloué de réalisé sur la rive, supporté par des poutres légères et haubané par des câbles, servit temporairement de support au bétonnage des trois arches. Les arches ont été progressivement coulées, chacune d'entre-elles a été réalisée par sections successives.
En 1944, pendant la Seconde Guerre mondiale, l'armée allemande détruit la première arche du pont (côté Brest) pour le rendre inutilisable par les Alliés.
La reconstruction du pont, avec un élargissement, par les Ponts et Chaussées démarre en fin 1948. La pose du cintre le . Sa dépose par éléments de en . Les essais de résistance se font le : des dizaines de camions lourdement chargés passent sur le pont. Enfin, l'inauguration se déroule le . Le pont est de nouveau élargi dans les années 1960.
Dans les années 1980, le pont en deux fois une voie connaissait un trafic moyen de vingt-huit mille véhicules par jour et il y avait de fréquents embouteillages qui gênaient les habitants de Plougastel et des alentours pour aller travailler à Brest. Le second pont de Plougastel, le pont de l'Iroise, a donc été construit.
À la mise en service du pont de l'Iroise, le pont Albert-Louppe est déclassé pour la circulation automobile ; il était réservé aux deux-roues, aux tracteurs et aux piétons. En 2019, devant la dégradation du pont Albert Louppe, les tracteurs, derniers véhicules motorisés autorisés, sont interdits et sont envoyés sur le pont de l'Iroise, tandis que les piétons n'ont plus le droit de passer par-dessous le pont, en dehors du GR 34 côté Le Relecq-Kerhuon.
Le Ministère de la Culture a labellisé le pont Albert-Louppe « Patrimoine du XXe siècle ».
En 2022, faute d'entretien, le pont est menacé de destruction en raison des fragments qui se détachent de ses trois arches..
Description
Le pont Albert-Louppe est un pont en arc encastré avec tablier à deux niveaux. Le niveau supérieur est routier (maintenant réservé aux piétons, deux-roues et véhicules lents). Le niveau inférieur devait recevoir la ligne de chemin de fer Quimper-Brest mais n'a jamais été utilisé. Le paysage pittoresque du site ne devait pas être enlaidi par un ouvrage d'art construit en béton, matériau jugé laid à l'époque (employé car économique), aussi le dessin du pont devait être tout à la fois harmonieux et puissant, ce que réussit avec brio Freyssinet.
L'architecte du pont est Eugène Freyssinet, et Limousin l'entreprise de construction.
Les arches du pont constituaient à l'époque le record mondial de portée des ponts en arc de béton : . Les arcs culminent à au-dessus de l'eau et plus de au-dessus du fond de la rivière. Le pont fait de long. La poutre du tablier fait de large.
À ses extrémités veillent quatre statues du sculpteur René Quillivic.
Galerie photos
Notes et références
Articles connexes Pont en arc Pont de l'Iroise Ponts de Brest Liste de ponts du Finistère
Voir aussi Bibliographie
Liens externes
Anglade Structures Bois: Le pont Albert Louppe Planète TP : Bernard Marrey, Histoire de la traversée de l'Elorn (Finistère), revue Travaux, 1991, n°661
Albert-Louppe Albert-Louppe Catégorie:Édifice labellisé « Patrimoine du XXe siècle » dans le Finistère Catégorie:Plougastel-Daoulas