Le dressage est une discipline olympique des sports équestres. issue de la tradition de l'équitation classique. Il est souvent considéré comme un art, car la recherche esthétique du mouvement y prend une place prépondérante. L'objectif de cette discipline est de développer les qualités du cheval ou du poney au moyen d'une éducation harmonieuse. Contrairement à la forme classique du dressage, la compétition officielle ne comporte pas d'airs au-dessus du sol, que la plupart des chevaux ne peuvent pas réaliser compte tenu de leur conformation. La compétition se concentre sur des mouvements de dressage au sol, tels que, à haut niveau, le piaffer, le passage, le trot allongé, la pirouette et les changements de pied au galop. Les mouvements présentés peuvent être effectués aux trois allures : pas, trot et galop.

En compétition de dressage, sont jugées la qualité du dressage et la locomotion du cheval. Cette discipline permet de rendre le cheval calme et confiant, mais aussi d'améliorer sa souplesse, de lui donner du brillant et de le rendre attentif au cavalier. Seuls les mouvements permettant d'améliorer les qualités physiques et mentales des équidés sont présentés en compétition..

Le dressage de compétition est une discipline équestre en elle-même, mais est aussi un des trois tests des épreuves de concours complet d'équitation (CCE).

Les épreuves de dressage sont communes aux cavaliers et cavalières. Le règlement international interdit d'organiser des épreuves réservées aux seuls cavaliers hommes ou femmes. Il en est de même pour les montures, mâles et femelles concourent dans les mêmes épreuves. Cavaliers et cavalières, chevaux et juments font l'objet d'un seul et unique classement.

Le couple cavalier/cheval évolue sur un terrain rectangulaire de sur et exécute une série de figures appartenant à un programme appelé reprise. La reprise est un test comportant une série de mouvements et d'attitudes choisis et liés ensemble par le texte de la reprise, appelé protocole, en fonction du niveau de dressage dont on veut témoigner. Chaque figure est composée d'un ou plusieurs mouvements. Ce programme peut être imposé ou libre avec de la musique. Le programme libre s'appelle aussi Kür ou reprise libre en musique (RLM). Dans les RLM, un certain nombre de mouvements doivent être obligatoirement exécutés, mais il est laissé une certaine liberté au cavalier dans le choix de sa chorégraphie et de sa musique.

Historique

L'art du dressage se retrouve déjà chez les Grecs avec Xénophon. Afin de montrer l'excellence de l'apprentissage du dressage, un art équestre a été inventé pour permettre de mettre en valeur le cheval dressé et l'habileté de son cavalier, notamment par l'exécution de figures, appelées aussi airs, dont la difficulté d'exécution et d'enchaînement montre le degré d'excellence du couple formé par le cheval et son cavalier.

Le dressage fait sa première apparition aux Jeux olympiques lors de l'édition de 1912 à Stockholm avec le saut d'obstacles (CSO) et le concours complet (CCE). Ces trois disciplines constituent ce qu'on appelle l'équitation classique au sein de la catégorie des sports équestres. Le dressage est surtout un assemblage de différentes figures équestres.

Dressage dans la compétition moderne thumb|Cheval au trot allongé La pratique de l'équitation académique et du dressage repose sur quelques figures de base simples : les figures de manège. Celles-ci sont effectuées sur une carrière de dressage de de long et de large. Certaines épreuves peuvent être effectuées sur les carrières de de long (information précisée sur la notice de chaque reprise). Ces carrières sont communément appelées rectangles (de dressage) pour les distinguer de celles utilisées pour la saut d'obstacles. Les rectangles de dressage peuvent être en intérieur ou en extérieur. Des lettres sont disposées en divers points de la carrière pour permettre aux cavaliers de se repérer et aussi pour fixer les points de départ et d'arrivée des figures. centré|vignette|upright=2.5|Lettres et distances d'une carrière de dressage Le couple exécute une série de figures appartenant à un programme appelé reprise et spécifié sur un document nommé protocole. Chaque figure est composée d'un ou plusieurs mouvements et se voit attribuer un coefficient de 1 ou de 2. Ce programme peut être imposé ou libre avec de la musique. Le programme libre s'appelle aussi Kür ou reprise libre en musique (RLM). Dans les RLM, un certain nombre de mouvements doivent être obligatoirement exécutés, mais il est laissé une certaine liberté au cavalier dans le choix de sa chorégraphie et de sa musique.

La compétition de dressage doit permettre d'apprécier les qualités du cheval dans cette discipline et plus particulièrement, la liberté et la régularité des allures, l'harmonie, la légèreté et la facilité des mouvements de cheval, la légèreté de son avant-main et l'engagement de son arrière-main, résultant de son impulsion, et l'acceptation du mors et la soumission sans tension ni résistance..

Le cheval doit obéir sans résistance et sans hésitation. Il doit répondre calmement et avec précision aux différentes aides, en affichant un équilibre naturel et harmonieux, tant physiquement que mentalement.

Dans tous les exercices, même à l’arrêt, le cheval doit être «sur le mors». Un cheval est dit “sur le mors” lorsque l'encolure est plus ou moins relevée et cambrée, en fonction de son niveau d'entraînement, de l'allongement ou du rythme de l'allure, en acceptant la bride avec un contact de soumission doux et constant. La tête doit rester dans une position stable, généralement légèrement en avant de la verticale; aucune résistance ne doit être opposée au cavalier.

En compétition, le dressage sert à tester la qualité de la communication entre le cheval et son cavalier.

Le cavalier emploie des ordres aussi discrets que possible afin de paraître presque communiquer en symbiose avec sa monture. Paradoxalement, aux yeux d'un public non averti, une bonne exécution donne l'impression que la discipline est facile. Cependant, une bonne reprise en compétition n'est que le résultat d'années de travail intense.

Le jury, composé de deux à cinq juges, évalue l'aisance et la fluidité dans les mouvements du couple. Certaines épreuves internationales, dont les Jeux olympiques et les championnats du monde de dressage sont jugés par sept juges. Chaque figure est notée de zéro (figure non exécutée) à dix (exécution excellente). Le jury attribue aussi des notes d'ensemble permettant de juger un certain nombre de paramètres, dépendant du niveau technique de l'épreuve, tels que la précision de l'exécution, la soumission du cheval, la qualité des allures, l'impulsion, la position du cavalier, etc. Une note artistique est attribuée lors de la reprise libre en musique ; elle tient compte en particulier de l’harmonie de la reprise, de la chorégraphie et de la musique.

La note totale est exprimée en pourcentage. Une moyenne de 65 à 70 % est une bonne note en compétition nationale. En international, les plus grandes épreuves se gagnent entre 75 et 80 %, mais des cavaliers peuvent dépasser 80 % dans certaines épreuves. Le record en reprise libre est de 90,750 %. Il a été établi en 2009 par le Néerlandais Edward Gal avec le cheval Moorlands Totilas lors des Championnats d'Europe de Windsor.. Ce cavalier est le premier à avoir dépassé la barre des 90 %. Anky van Grunsven fut la première cavalière à obtenir une note artistique supérieure à 90 %. Au cours de ces mêmes championnats d'Europe de Windsor, Edward Gal et Moorlands Totilas ont également établi le record en Grand Prix avec une note de 84,085 %, et pour quelques minutes le record en Grand Prix Spécial avec une note de 83,042 %. Ce dernier record n'aura cependant tenu que quelques minutes, étant aussitôt après battu par une autre néerlandaise, Adelinde Cornelissen sur Parzival, qui obtiendra une note de 84,042 %. Depuis 2013, Charlotte Dujardin sur Valegro a battu le record du monde de dressage avec une note de 93,975 % à Londres, c'est-à-dire plus de 3 % au-dessus du record d'Edward Gal.

+Grand Prix Note Cavalier Cheval Date Lieu 87,129 % Charlotte Dujardin Valegro Lyon 85,942 % Charlotte Dujardin Valegro Herning 84,447 % Charlotte Dujardin Valegro Londres 84,085 % Edward Gal Moorlands Totilas Windsor 81,333 % Anky van Grunsven Salinero 2006 Rotterdam

+Grand Prix Spécial Note Cavalier Cheval Date Lieu 88,022 % Charlotte Dujardin Valegro Hagen am Teutoburger Wald 86,458 % Edward Gal Moorlands Totilas Aix-la-Chapelle 84,042 % Adelinde Cornelissen Parzival Windsor

+Reprise libre Note Cavalier Cheval Date Lieu 93,975 % Charlotte Dujardin Valegro Londres 91,008 % Edward Gal Moorlands Totilas Londres 90,964 % Edward Gal Moorlands Totilas Aix-la-Chapelle 90,750 % Edward Gal Moorlands Totilas Windsor 89,400 % Edward Gal Moorlands Totilas 2009 Hickstead 87,850 % Anky van Grunsven Salinero 2006 Bois-le-Duc

Règles éthiques régissant les compétitions de dressage Depuis les années 2000, le dressage de compétition est l'objet de controverses en ce qui concerne le bien-être des chevaux. Souvent formés avec la technique du rollkur, ces derniers se déplacent avec l'encolure arrondie et le chanfrein sous la verticale. La généralisation de cette pratique a entraîné de nettes divergences entre le dressage de compétition et sa forme classique.. Pour y remédier, les critères de jugement en compétition ont été modifiés pour pénaliser dorénavant sévèrement les chevaux présentant ces caractéristiques lors de leur présentation. Ainsi l' du Règlement International de Dressage spécifie que « l'objectif du dressage est le développement du cheval en un athlète heureux grâce à une éducation harmonieuse. Ainsi, il rend le cheval calme, souple, lâche et flexible, mais également confiant, attentif et perspicace, ce qui lui permet de parvenir à une parfaite compréhension avec son cavalier ».

Le Règlement International de dressage comporte un préambule rappelant le code de conduite de la FEI auquel sont assujetties toutes les personnes impliquées dans le sport équestre international. Ce code de conduite met en avant le bien-être du cheval qui ne doit jamais être subordonné à des influences concurrentielles ou commerciales.

En termes de bien-être général, la stabulation et l'alimentation offertes au cheval doivent être compatibles avec les meilleures pratiques en matière de gestion des chevaux. Du fourrage, de la nourriture et de l’eau propres et de bonne qualité doivent toujours être mis à leur disposition. Les chevaux doivent suivre un entraînement correspondant à leurs capacités physiques et à leur niveau de maturité, en fonction de la discipline pratiquée. Ils ne doivent pas être soumis à des méthodes violentes ou qui suscitent la peur. Les soins des pieds et des sabots doivent être de qualité. Les ferrures doivent être conçues et ajustées de manière à éviter tout risque de douleur ou de blessure. Pendant le transport, les chevaux doivent être entièrement protégés contre d'éventuelles blessures et tous risques pour leur santé. Les véhicules doivent être sûrs, bien ventilés, entretenus selon des normes élevées, désinfectés régulièrement et conduits par du personnel compétent. Des professionnels doivent toujours être disponibles pour gérer les chevaux lors des transports. Les voyages doivent être planifiés avec soin et les chevaux ont droit à des périodes de repos régulières pendant ceux-ci avec un accès à de la nourriture et à de l’eau.