Linas (prononcé ou ) est une commune française située à vingt-six kilomètres au sud-ouest de Paris dans le département de l'Essonne en région Île-de-France.

Géographie Localisation vignette|gauche|redresse|Position de Linas en Essonne. Linas est une commune de la grande banlieue sud de Paris située dans le département de l'Essonne, au sud de l’Île-de-France, dans la région naturelle du Hurepoix..

Linas est située à vingt-six kilomètres au sud-ouest de Paris-Notre-Dame, point zéro des routes de France, treize kilomètres à l'ouest d'Évry, neuf kilomètres au sud-est de Palaiseau, un kilomètre au sud de Montlhéry, cinq kilomètres au nord d'Arpajon, quinze kilomètres au nord-ouest de Corbeil-Essonnes, dix-sept kilomètres au nord-ouest de La Ferté-Alais, vingt-deux kilomètres au nord-est de Dourdan, vingt-quatre kilomètres au nord-est d'Étampes, vingt-neuf kilomètres au nord-ouest de Milly-la-Forêt.

La ville se trouve dans l'aire urbaine de Paris ainsi que dans son unité urbaine et son bassin de vie, et fait partie de la zone d'emploi de Saclay.

Communes limitrophes

Géologie et relief La superficie de la commune est de ; son altitude varie de .

Le plateau de Saint-Eutrope et les coteaux boisés, situé au sud-ouest de la commune, est occupé par l'autodrome de Linas-Montlhéry ainsi que par des espaces boisés et culmine à d’altitude. La butte de Montlhéry, située au nord, en dehors des limites communales, marque le paysage tout en donnant une identité au site. C’est un repère visible dans le faisceau des vues de la RN 20 et de la Francilienne. La vallée de la Salmouille représente, du nord-ouest vers le sud-est, d’amont en aval, un talweg relativement large, qui s’élargit en rejoignant l’Orge. En prolongement de la plaine légumière de Marcoussis, la vallée apparaît à cet endroit comme un large corridor privilégié pour l’agriculture.

Hydrographie vignette|redresse=1.4|Carte hydrographique de la commune. vignette|redresse|gauche|La Sallemouille à Linas.

La commune est arrosée par la Salmouille qui rejoint plus bas la vallée de l'Orge.

La Sallemouille est également appelée Buisson ou Buthion dans des titres du Moyen ÂgeLa chapelle Sainte-Catherine de Guillerville. J.-P. Dagnot, C. Julien. Chronique du Vieux Marcoussy, 2009..

Climat

En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique dégradé des plaines du Centre et du Nord, selon une étude du CNRS s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique altéré et est dans la région climatique Sud-ouest du bassin Parisien, caractérisée par une faible pluviométrie, notamment au printemps (120 à ) et un hiver froid ().

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique la plus proche, située sur la commune de Brétigny-sur-Orge à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . Pour l'avenir, les paramètres climatiques de la commune estimés pour 2050 selon différents scénarios d'émission de gaz à effet de serre sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en .

Milieux naturels et biodiversité Les bois à l'est du territoire communal ont été recensés au titre des espaces naturels sensibles par le conseil départemental de l'EssonneCarte des ENS de Linas sur le site du conseil général de l'Essonne. Consulté le 11/2021..

Urbanisme Typologie Au , Linas est catégorisée grand centre urbain, selon la nouvelle grille communale de densité à sept niveaux définie par l'Insee en 2022..

Elle appartient à l'unité urbaine de ParisUne unité urbaine est, en France, une commune ou un ensemble de communes présentant une zone de bâti continu (pas de coupure de plus de entre deux constructions) et comptant au moins . Une commune doit avoir plus de la moitié de sa population dans cette zone bâtie., une agglomération inter-départementale regroupant , dont elle est une commune de la banlieueDans une agglomération multicommunale, une commune est dite de banlieue lorsqu'elle n'est pas ville-centre, à savoir que sa population est inférieure à 50 % de la population de l’agglomération ou de la commune la plus peuplée. L'unité urbaine de Paris comprend une ville-centre et ...

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Paris, dont elle est une commune du pôle principalLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire regroupe ...

Occupation des sols vignette|redresse=1.4|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC). Le territoire de la commune se compose en 2017 de 49,2 % d'espaces agricoles, forestiers et naturels, 7,24 % d'espaces ouverts artificialisés et 43,46 % d'espaces construits artificialisés..

Habitat et logement En 2022, le nombre total de logements dans la commune était de , alors qu'il était de en 2016 et de en 2011..

Parmi ces logements, 92,4 % étaient des résidences principales, 1,1 % des résidences secondaires et 6,4 % des logements vacants. Ces logements étaient pour 67,7 % d'entre eux des maisons individuelles et pour 30 % des appartements.

Le tableau ci-dessous présente la typologie des logements à Linas en 2022 en comparaison avec celle de l'Essonne et de la France entière. Une caractéristique marquante du parc de logements est ainsi la faible proportion des résidences secondaires et logements occasionnels (1,1 %) par rapport au département (1,9 %) et à la France entière (9,7 %).

+ Le logement à Linas en 2022. Typologie Linas. Essonne. France entière. Résidences principales (en %)92,491,482,3 Résidences secondaires et logements occasionnels (en %)1,11,99,7 Logements vacants (en %)6,46,68

Voies de communication et transports vignette|redresse=1.4|Carte des infrastructures de transport de la commune. La ville est implantée au carrefour de la route de Paris à Orléans (RN 20) et de la Francilienne (N 104). Ces axes routiers reçoivent de grands flux de circulation, ayant un impact important sur la commune. Le territoire se présente donc comme un espace fragmenté en raison de la présence d’infrastructures routières constituant de véritables barrières physiques et partageant le territoire.

Les lignes de bus desservant la commune sont DM 9, DM 13, DM 151, DM 153, DM 154, ligne 91.05.

Toponymie vignette Linais, Limaias en 936, Linæ, Linays, Linax en 1384Hippolyte Cocheris, Anciens noms des communes de Seine-et-Oise, 1874, ouvrage mis en ligne par le Corpus Etampois..

Le nom de la ville viendrait du lin, qui y aurait été cultivé.http://asso.villejust.free.fr/presentation/ESSONNE-1500%20ANS/ESSONNE-1500-ANS.pdf.

Le lieu était auparavant appelé Linais, il fut cité en 936 dans une charte de .

La commune fut créée en 1793 sous le nom de Linois, l'orthographe actuelle fut introduite en 1801 dans le bulletin des lois.

Histoire Un aspect particulier de Linas est sa position sur un axe de circulation très passager de longue date. De nos jours appelé la N 20, cette voie reliant Paris à Étampes et au-delà à Orléans ou à Pithiviers suit à peu près la route de la Gaule pré-romaine desservant les mêmes villes ; les romains ne firent qu'en reprendre le tracéLes voies antiques de l'Orléanais (Civitas aurelianorum). Jacques Soyer. Dans Mémoires de la Société archéologique de l'Orléanais , tome 37, 1936. La voie d'Orléans à Paris, .Voir aussi l'article Voies romaines en Gaule.. C'est aussi une partie de la via Turonensis, branche la plus septentrionale du chemin de Compostelle en FranceAu sujet des chemins de pèlerinage, « chemin Remi », caminus romeius ou romeus ou romevus, vient du latin médiéval et signifie « chemin du pèlerin » et non pas « chemin romain »..

Antiquité Des fouilles sous et autour de l'église de Linas ont révélé une nécropole datant du Bas-Empire romain ( à s) et du haut Moyen Âge ( au s), ainsi que des vestiges allant de la période gallo-romaine au Il y a quinze siècles - Apparition de l'habitat en Essonne. Anne-Claire Baratault. Mémoire de maîtrise d'histoire sur les sites médiévaux de l'Essonne. 1990..

Moyen Âge Linas durant le haut Moyen Âge possédait une église dédiée à saint VincentLa seigneurie ecclésiastique de Linas. C. Julien, J.-P. Dagnot. Chronique du Vieux Marcoussy, 2009.. Un document de 884 mentionne la translation de reliques de saint Merry de Paris à LinasLinas - Saint Merry. Sur le site du diocèse d’Évry.. En 936, Louis IV d'Outremer fonde l'abbaye Saint-Merry à Linas.

L'histoire de Linas est étroitement dépendante de celle de Montlhéry, depuis la création en 991 du château de Montlhéry, qui surplombe et domine le village de Linas. Linas joue le rôle de faubourg, au-delà des remparts de la ville de Montlhéry et de la porte Baudry.

En 1207, l'évêque de Paris Odon de Sully veut accroître le culte dans l'église Saint-Vincent de Linas (l'église de Linas, dédiée à saint Vincent, le sera finalement à saint Médéric sous le nom de Saint-Merry, après l'installation du chapitre à Linas). Il y installe des chanoines de la collégiale de l'église Saint-Marcel de Paris. Une collégiale est bâtie à Linas, dont il reste la base du clocher et une partie du chœur à chevet plat.

Subséquemment à l'installation des chanoines, c'est donc aussi au que la seigneurie de Linas, qui jusque-là était entièrement aux mains de seigneurs laïcs, fut partagée en trois seigneuries : celle de la Roue, qui a possédé des fiefs en commun avec l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem ; celle de Guillerville1626 : mort de Hiérosme Lemaistre, seigneur de Bellejambe et Guillerville., et celle du chapitre des chanoines du prieuré Saint-Merry1284 : acquisition par le chapitre de chanoines du prieuré Saint-Merry, de la moitié de la terre et seigneurie de Linas.. Quelques anciens documents nomment le chapitre de cette collégiale , faisant ainsi d'une communauté un seigneur à part entière et ce en accord avec ce que cette communauté représentait en droit féodalLes Hospitaliers, seigneurs à Linas. C. Julien, J.-P. Dagnot. Chronique du Vieux Marcoussy, 2009..

La collégiale, seigneur ecclésiastique de Linas, n'a guère bénéficié de donations ; elle s'est pourvue de revenus principalement par des achats, sauf pour les prébendes données par l'évêché. Au , le temps est passé des grandes créations de monastères : les dons sont davantage dirigés vers les ordres mendiants et vers les pèlerinages et les croisades. En tant que seigneur ecclésiastique, le chapitre percevait le cens, et en tant qu'église, il percevait les dîmes. Bien souvent, les seigneurs laïcs avaient fait main basse sur les dîmes, et il était interdit d'en faire commerce. Une exception se fit là : le , le pape Innocent IV autorise le chapitre à racheter les dîmes à des laïcs d'autres paroisses, sous condition de l'assentiment des curés et des diocésains et également sous condition de restituer ces dîmes aux diocésains si ceux-ci les réclament.