Homi Jehangir Bhabha, né le à Bombay et mort le au Mont Blanc, est un physicien nucléaire indien.

Biographie Physicien de renom, Homi Jehangir Bhabha est le père des sciences nucléaires en Inde.

En 1955, il préside la conférence de l'ONU sur les usages pacifiques du nucléaire.

Avec le Premier ministre indien Lal Bahadur Shastri, il militait pour la non-prolifération nucléaire à fins militaires mais ce dernier décède brutalement d'une attaque cardiaque le . Bhabha, lui, disparaîtra moins de 2 semaines plus tard dans le crash du Boeing 707 Kangchenjunga d'Air India (vol 101 Air India) sur les pentes du Mont Blanc (Glacier des Bossons), alors qu'il se rendait à deux conférences pacifistes : l'une à Vienne (de l'Agence internationale de l'énergie atomique), l'autre quelques jours plus tard à Genève.

Dans son livre Crash au Mont-Blanc publié en 1991 (Glénat, nouvelle édition 2013, édition Le Petit montagnard), Françoise Rey révèle la polémique qui a suivi le crash, une équipe de journalistes menée par l'alpiniste René Demaison ayant accédé aux lieux du drame sans autorisation pour chercher les preuves d'une collision.

Sur la base de nouveaux témoignages et documents déclassifiés, Françoise Rey a écrit un nouveau livre paru en Crashs au Mont-Blanc : la fin des secrets ? qui apporte un nouvel éclairage sur la disparition du physicien prêt à doter l'Inde de la bombe atomique.

Le roman historique Homi Bhabha Le Tigre du Mont-Blanc (Librinova, 2020), dévoile l'action dérangeante du grand physicien indien dans la compétition internationale pour le pouvoir nucléaire. Le Premier ministre Jawaharlal Nehru, puis son successeur Lal Bahadur Shastri, l'ont tacitement approuvée. Lal Bahadur Shastri est mort le , treize jours avant Bhabha. Son décès est survenu à la fin de la conférence de paix avec le Pakistan, organisée par l'Union soviétique à Tachkent. La conférence était tendue. Une note diplomatique française datée révélait qu'une note chinoise adressée à l'Inde en pleine conférence, soutenait le Pakistan « en des termes menaçants ». Selon Soutik Biswas, correspondant de BBC News en Inde, l'épouse de Lal Bahadur Shastri, Lalita, a soupçonné un empoisonnement criminel dès le retour du corps de son mari à Dehli. De leur côté, les médecins soviétiques ont attribué le décès à une crise cardiaque. Il n'y a pas eu d'autopsie.

Les doutes sur la mort du Premier ministre indien rejoignent ceux mettant en cause la version officielle française du crash du Kanchenjunga () : mauvaise interprétation par l'équipage de l'alerte donnée par le contrôle de Genève pour qu'il rectifie sa trajectoire, trop proche du Mont-Blanc. Or un des deux VOR (instruments de navigation) de l'appareil était en panne. Cette défaillance empêchait les pilotes de se situer avec précision. Par ailleurs, un ancien agent de la CIA, Robert Crowley, a revendiqué la catastrophe dans ses confidences au journaliste Gregory Douglas. Ces longues interviews ont été publiées par Amazon sous le titre . Crowley : , a raconté the Crow. , a-t-il même ajouté.

L'Inde a été durablement affaiblie par la double disparition du Premier ministre et de l'homme fort du pays. Concernant Bhabha, plusieurs « raisons d'État » peuvent avoir conduit à son élimination criminelle : Robert Crowley, l'ancien officier de la CIA, a déclaré au journaliste Gregory Douglas, que « les États-Unis se méfiaient de la position rigide de l'Inde sur la politique nucléaire, ainsi que du Premier ministre Lal Bahadur Shastri, qui voulait poursuivre dans la voie des tests nucléaires ». Crowley a aussi déclaré « que l'agence (la CIA) s'inquiétait de la domination collective de l'Inde et de la Russie sur la région, qui nécessitait une forte dissuasion ».

Bhabha préparait secrètement la bombe atomique indienne. Cela se savait dans le milieu du renseignement. Homi dérangeait les « grands » et aussi ses deux voisins, la Chine et le Pakistan, sur fond de compétition internationale pour le pouvoir nucléaire. Smiling Buddha, le premier essai de l'arme nucléaire indienne a finalement eu lieu en 1974 à Pokharan, dans l'État du Rajasthan. Indira Gandhi était alors Première ministre.

Distinctions Bhabha est devenu membre de la Royal Society le et a reçu le prix Adams en 1942.

Décoration 50px Padma Bhushan

Hommage Un cratère lunaire porte son nom.

Références

Voir aussi Bibliographie . .

Articles connexes

Congrès Solvay Diffusion Bhabha Méson Particule ponctuelle Rayon cosmique Tata Institute of Fundamental Research

Liens externes

Homi Jehangir Bhabha (1909-1966) (biographie), sur le site du Conversations with the Crow (Kindle Amazon) - Gregory Douglas - 2013 Rapport final sur l'accident du vol Air India 101 (PDF) (Archive (PDF)) – Bureau d'enquêtes et d'analyses pour la sécurité de l'aviation civile

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