La principauté de Seborga, en italien , est une micronation revendiquant le territoire de la commune italienne de Seborga, dans la région de Ligurie.
Géographie La micronation est limitrophe des communes d'Ospedaletti, Perinaldo, Sanremo et Vallebona.
Histoire Origine de la principauté vignette|gauche|redresse=0.8|Vue de l'ancien palais de la monnaie de la principauté de Seborga. En 954, le comte de Vintimille cède le fief de Seborga aux abbés de Lérins, qui en font une principauté ecclésiastique qui va durer pendant huit cents ans..
En , Victor-Amédée II de Sardaigne achète la principauté de Seborga à son propriétaire ecclésiastique, l'abbé Biancheri, mais sans en acquitter le prix ce qui explique que Seborga ne sera jamais mentionnée dans aucun traité ultérieur. Giuseppe Antonio Biancheri porte le titre de prince du jusqu'à son décès le , malgré le « protectorat » de la maison de Savoie à partir de 1729 Seborga, Principato Sovrano, G. Pistone, Edizioni Principato di Seborga, 1999 qui ne sera jamais reconnu. Seborga figure bien dans le « contado di Nizza » de la carte des États du roi de Sardaigne de 1779Cette portion de carte est reproduite à l'article « Comté de Nice » du Dictionnaire historique et démographique du comté de Nice, volume IV de l'Encyclopædia Niciensis publiée sous la direction de Ralph Schor en 2002.
Dans les années 1950, quelques habitants du village de Seborga revendiquent la réactivation de l'indépendance par rapport à la République italienne, en vertu de son ancien statut de principauté ecclésiastique dont la localité aurait joui autrefois, et ils considèrent comme illégale l'annexion au royaume de Sardaigne, puis à l'Italie James Minahan, Encyclopedia of the Stateless Nations, Volume 4 S-Z, Greenwood Publishing Group, 2002, , pag 1696.
L'auto-proclamation du territoire de Seborga en tant que principauté remonte à 1963 lorsque le fleuriste du village, Giorgio Carbone, est proclamé « prince Giorgio de Seborga ». Un plébiscite auprès de la population du village approuve alors sa proclamation par contre 4 . Cette sécession se base sur le legs du village à l'abbaye de Lérins en 954 par un comte de Vintimille ainsi que sur la protection de la maison de Savoie, disparue en 1946 et vécue comme une « annexion » à l'Italie. Le « prince Giorgio » constitue une association de droit italien type loi de 1901 : Associazione Governo del Principato (Ordinanza ), et comptant une douzaine de membres.
Après la mort de Giorgio Carbone le , la « direction » du mouvement est assurée par Alberto Romano jusqu'à l'élection de Marcello Menegatto, un promoteur immobilier, le , qui est investi le suivant sous le nom de « Marcello ». Il souhaite « continuer la lutte pour la réactivation de la reconnaissance de l'indépendance de la principauté et développer son économie ».
Le , Nicolas Mutte, un écrivain français, s'autoproclame « prince de Seborga » sous le nom de « Nicolas ». Il aurait reçu l'« allégeance » de certains proches de « Marcello » qu'il appelle à démissionner. Le , Nicolas et son frère Martial Mutte sont mis en examen pour .
Le , Marcello est réélu par les membres du mouvement de Seborga. Le , il annonce son intention d'abdiquer de la présidence de l'association, en restant en poste ad intérim jusqu'à l'élection de son successeurNote officielle du prince Marcello sur principatodiseborga.com.
Lors de l'élection du , la fille du prince Giorgio , Laura Di Bisceglie, est battue par Nina Döbler, épouse de Marcello Menegatto, le prince démissionnaire. Nina Döbler devient la première dirigeante du mouvement et se proclame « princesse de Seborga » pour sept ans..
Le , des policiers français se sont rendus à Seborga dans un groupe de prières, dans le cadre des investigations portant sur l'affaire Dupont de Ligonnès.
Administration Administration non reconnue L'indépendance de la principauté, bien que non reconnue, se base sur les trois procès contre l'État italien qui auraient été « tous gagnés » par la principauté de Seborga.
Néanmoins, en 2008, la principauté, représentée par Giorgio Carbone, entre autres, saisit la Cour européenne des droits de l'homme (CEDH) siégeant à Strasbourg, pour faire valoir son indépendance. La demande est jugée irrecevable en 2012Réponse de la CEDH scan lettre..
Régime du mouvement La principauté est régie sous l'égide d'une constitution par un dirigeant, appelé prince ou princesse, élu pour sept ans. Elle dispose d'un gouvernement de neuf ministres nommé par les membres lors de l'assemblée générale dit « Conseil de la Couronne » et d'un « Conseil des prieurs », affichant les ambitions sécessionnistes du mouvement.
Dirigeants successifs NomDébut du règneFin du règneAnnotationsDirigeants inconnus9541729Principauté ecclésiastiqueGiorgio Alberto RomanoRégentMarcello Réélu pour en 2017. Démission annoncée le NinaEn fonctionÉpouse de Marcello
Relations extérieures Malgré sa non reconnaissance, des consulats diplomatiques sont ouverts à l'étranger, dont quatre en France.
Fête nationale La fête de la principauté a lieu le , jour de la fête de saint Bernard.
Population et société Démographie La population du village de Seborga s'élève à en .
Économie vignette|gauche|Recto d'une pièce de 15 centimes de luigino frappée en 1996 et représentant le prince de Seborga. vignette| Timbres (2000).
Le folklore créé par la principauté et entretenu par ses membres attire des touristes. Entre 1994 et 1996, des pièces de monnaie de la principauté sont émisesPièces Principauté de Seborga numisma.com, attirant l'attention des numismates. Cette monnaie, le luigino, est alors indexée au dollar américain. Ces frappes monétaires ont un précédent historique car au , les abbés de Lérins, seigneurs de Seborga, avaient frappé monnaieAcchiardi (Gilbert), « Les monnaies de Seborga », Provence Numismatique, .Monnaies provence-historique, des timbresTimbrescasado.net sont aussi imprimés et le courrier est estampillé à l'effigie de l'ancienne principauté. La principauté édite ses propres vrai-faux passeports et passeports diplomatiques et des plaques d'immatriculation qui restent cependant interdites par les autorités italiennes.
Des produits alimentaires et autres articles touristiques sont vendus sous la marque (en français « Rose prince de Seborga »), déposée auprès de l'Office de l'Union européenne pour la propriété intellectuelle (EUIPO) en 2012 par le maire italien de Seborga.
Une activité plus traditionnelle est la culture des fleurs destinées à la parfumerie et aux fleuristesCoopérative agricole de Seborga agroflor.com.
Les autres activités sont l'immobilier, la restauration, une galerie d'art, un potier, des épiceries et une jardinerieActivités commerciales casado.net.
Notes et références Notes
Références
Voir aussi
Bibliographie
Articles connexes Liste de micronations Micronation Convention de Montevideo
Liens externes
Portfolio Seborga et Giorgio (2005) sur Reuters/Daniele La Monaca
Seborga Catégorie:Province d'Imperia