alt=|vignette|Arbre des monarques de France de 509 à 1870.
La liste des monarques de France réunit les rois et les empereurs qui ont régné sur la France, au travers des différentes constructions politiques, territoriales et dynastiques qui se succédèrent : Mérovingiens, Carolingiens, Capétiens (Capétiens directs, Valois, Bourbons, Orléans) et Bonaparte. Parmi les différents moments de cette monarchie française, on distingue l'époque des royaumes francs au haut Moyen Âge, la Francie occidentale issue du partage au de l'Empire carolingien, le royaume de France en tant que tel jusqu'à la Révolution française, puis le Premier Empire, la Restauration, la monarchie de Juillet et enfin le Second Empire. Le dernier monarque ayant régné en France est l'empereur , déchu officiellement le , après la défaite de Sedan. Jusqu'alors, la France avait toujours été un royaume ou un empire, hormis durant deux périodes : la Première République, du au , et la Deuxième République, du au Voir l'article équivalent « Liste des présidents de la République française »..
La date de commencement de la France en tant que royaume et entité politique constituée est sujette à controverse. La date la plus reculée admise est celle de l'avènement de Clovis en 481, qui correspond globalement à l'émergence et la consolidation du Regnum Francorum. Sa conversion au christianisme lui a permis de réunir au royaume des Francs le royaume des Wisigoths, le royaume des Burgondes, le royaume de Soissons et les restes du pouvoir impérial exercés par les évêques dans les différentes cités gallo-romaines. Le territoire continue sur plusieurs siècles à s'appeler la Gaule, mais on possède depuis cette date des actes de la chancellerie de France qui attestent l'existence et la continuité d'un État franc, puis français.
Historiographie thumb|Tableau de l'histoire de France depuis les Gaulois jusqu'à 1819.
Histoire des listes de souverains
Sous la royauté
Sous la royauté, diverses listes de souverains français ont existé et toutes n'étaient pas cohérentes ; ainsi la liste des rois représentés dans la Grand-Salle du Palais de la Cité ne coïncide pas avec celle du Registre de Guérin réalisé par le clerc Étienne de Gallardon sur ordre de l'évêque de SenlisArchives nationales, JJ 26 = Registre E, cf. Recueil des actes de Philippe Auguste, roi de France, éd. H.-F. Delaborde, Paris, 1926, t. 1, p. XXXIII-XXXXIV.Hervé Pinoteau, La symbolique royale française, , P.S.R. éditions, 2004, .. Ces diverses listes avaient pour particularité d'intégrer les prédécesseurs païens de Clovis , à commencer par Pharamond ne fut pas le premier roi du peuple des Francs car il descendait lui-même d'une lignée de rois Francs païens jusqu'à son père , lesquels ont régné sur les Francs en Germanie sur les territoires dont ce peuple était originaire, puis dans les différents royaumes francs qui se sont constitués en Gaule après leur invasion de ce territoire qui faisait alors partie de l'Empire romain d'Occident. Les Francs saliens, les Francs rhénans et les Burgondes, un autre peuple germanique installé sur le territoire qui allait devenir la Bourgogne, avaient chacun leurs propres rois avant que ces différents royaumes fussent unifiés, même si par la suite le royaume franc fut à nouveau divisé entre Neustrie, Austrasie, Burgondie et Aquitaine., et de suivre la suite des rois de Neustrie en excluant ceux d'AustrasieHervé Pinoteau, La symbolique royale française, , P.S.R. éditions, 2004, .. Les différences portaient sur la prise en compte ou non de Charles Martel, représenté comme roi à la basilique Saint-Denis ou sur le reliquaire de Saint Louis à la Sainte-ChapelleInventaire de 1536, édité par Alexandre Vidier, Le trésor de la Sainte-Chappelle. Inventaire et documents, Paris, 1911, ., de Charles de Basse-Lotharingie, intégré dans le Registre de Guérin, ou de roi associé mais n'ayant pas régné, comme Philippe, frère aîné de représenté à la Grand-SalleCamille Couderc, Le manuel d'histoire de de Valois, Paris, 1896, extrait des Études d'histoire du Moyen Âge dédiées à Gabriel Monod..
Du haut Moyen Âge jusqu'à la Renaissance, la légende de l'origine troyenne des Francs et des Gaulois permit également aux Francs puis aux Français de faire de leurs souverains les héritiers des rois de Troie et des Gaules ; ainsi, Jean Lemaire de Belges raconta l'histoire des rois des Gaules ancêtres des rois de Troie et de FranceEn 1530, un clerc de la cathédrale de Beauvais passa commande d'une tapisserie directement inspirée de l'ouvrage alors très célèbre Illustrations de Gaule et singularités de Troie. Les personnages, identifiés par des poèmes placés en bas des scènes, sont des personnages mythiques : Galathès, onzième roi des Gaules, Lugdus, fondateur de Lyon et treizième roi des Gaules, Rémus, fondateur de Reims et vingt-troisième roi des Gaules…. Les listes produites par les serviteurs directs de la monarchie française s'en tenaient cependant aux seuls rois des Francs et de France. La liste de l'Almanach royal, paraissant sous l'Ancien Régime et la Restauration, ne donnait que les rois et les reines depuis Hugues Capet.
Par les historiens
Depuis, plusieurs listes ont été établies par les historiens et pour une chronologie précise, notamment des règnes du haut Moyen Âge, on peut consulter : Erich Zöllner, Geschichte der Franken bis zur Mitte des sechsten Jahrhundert, Munich, 1970, ; Christian Settipani et Patrick Van Kerrebrouck, La préhistoire des Capétiens, 481-987, Mérovingiens, Carolingiens et Capétiens [« Nouvelle histoire généalogique de l'auguste maison de France », , 1], 1993, ; Margarete Weidmann, « Zur Chronologie der Merowinger im 7. und 8. Jahrhhundert », Francia, 1998, Mittelalter-Moyen Âge, Sigmaringen, 1999, . Hervé Pinoteau, La symbolique royale française, , P.S.R. éditions, 2004, ;
Le baron Hervé Pinoteau donne par exemple quatre-vingt-cinq souverains de à en incluant les rois d’Austrasie, les empereurs LothaireCe dernier régna sur la Francie médiane, un domaine allant de la mer du Nord jusqu'au centre de l'Italie, dont une partie sera plus tard annexée par la Francie occidentale, futur Royaume de France. et , ainsi que les rois associés sous les premiers Capétiens directs, c'est-à-dire Hugues et PhilippeHervé Pinoteau, La symbolique royale française, , P.S.R. éditions, 2004, ..
Titulature
Titres officiels
Le titre officiel des souverains français est le même depuis le tout premier roi franc jusqu'à la Révolution. En latin, on emploie le terme de rex Francorum, qui peut se traduire, selon les époques, soit par « roi des Francs », soit par « roi des Français », puis, à partir de Philippe Auguste, celui de rex Franciæ, « roi de Francie » ou « roi de France ». Aucune source en français ne permet de savoir comment les rois s'intitulaient en langue romane avant le . Dans la Chanson de Roland, la titulature hésite entre « roi de France », « roi des Français » et « roi des Francs ». Après 1789, le titre change en fonction des régimes, entre « roi de France » (Deuxième Restauration), « roi des Français » (Première Restauration et Monarchie de Juillet) et « empereur des Français » (Premier et Second Empires). Ces titres ont pu être complétés de titres complémentaires correspondant aux souverainetés étrangères acquises par le monarque.
On peut cependant noter une évolution dans l'emploi des titulatures, en particulier après le règne de Philippe Auguste : sous les Mérovingiens, malgré les partages du royaume de , les descendants de ce dernier régnant sur différentes portions du territoire franc (Austrasie, Aquitaine, Bourgogne, Neustrie) porteront simultanément le titre de roi des Francs, manifestant par là la conscience de l'unité et de l'identité particulière du royaume des FrancsGabriel Fournier, Les Mérovingiens, Presses universitaires de France, , juin 1987, . ; sous les Carolingiens, cet usage se poursuit avec deux modifications ; l'ajout par Charlemagne des titres correspondant à ses nouvelles souverainetés : « empereur gouvernant l’Empire romain, roi des Francs et des Lombards » ; puis l'abandon après 814 par les rois de toute référence à un peuple ou une nation jusqu'au rétablissement par du titre de roi des FrancsC'est sous son petit-cousin que le mot Francia devenu France désignera pour la première fois dans un diplôme la totalité du royaume des Francs de l'Ouest. ; il s'agissait pour , devenu le seul souverain carolingien et l'héritier des terres d'origine du royaume franc, de montrer qu'il était le continuateur légitime de la tradition franque ; ce titre sera repris par ses successeurs Carolingiens comme Robertiens et Bivinides jusqu'à Le titre de roi des Francs sera occasionnellement repris par les souverains saxons, héritiers du royaume des Francs orientaux, mais cet usage, épisodique sous et , sera définitivement abandonné par (1056-1105).. c'est sous les premiers Capétiens que commencent à apparaître des textes en langue vernaculaire, dans lesquels le titre de roi de France devient rapidement dominant. En latin, le titre officiel demeure rex Francorum, mais sous le règne de Philippe Auguste apparaît, à partir de 1190, celui de rex Franciæ, roi de FranceJean-Paul Meyer, Les Fils de L' Essai, 1998, 61. qui sera dès lors en concurrence avec le titre de rex Francorum jusqu'à la Révolution ; les littérateurs non officiels inventeront par ailleurs le titre de rex Galliæ pendant la RenaissanceHervé Pinoteau, La symbolique royale française, , P.S.R. éditions, 2004, .. Le titre officiel de roi de France, en usage jusque sous puis sous la Restauration, est éventuellement complété d'autres titres acquis par les souverains françaisLes médailles françaises porteront encore au le rex francorum. ; ainsi : 1285 – 1328 : roi de France et de Navarre, par le mariage de Philippe le Bel avec , reine de Navarre ; 1494 – 1504 : roi de France, de Sicile et de Jérusalem sous et ; 1499 – 1525 : roi de France et duc de Milan sous et ; 1574 – 1589 : roi de France et de Pologne sous Le duc d’Angoulême, futur , est élu roi de Pologne le par la Diète de la république des Deux Nations, puis couronné le au château du Wawel. Son frère, , meurt au château de Vincennes, près de Paris, le . Le duc d’Angoulême quitte Cracovie en secret le pour regagner la France par l'Autriche, Venise et la Savoie. Sacré à Reims le , il prend le nom d’ et le titre de roi de France et de Pologne. Il conservera ce titre jusqu’à sa mort. (consulté le ). . ; 1589 – 1789 puis 1814 – 1830 : roi de France et de Navarre, titre donné au roi de Navarre Henri de Bourbon quand il devint roi de France sous le nom de . Le titre officiel du souverain est roi des Français sous la Révolution française et la monarchie de Juillet : 1789 – 1792 : est titré roi des Français le , après les événements liés à la Révolution. Le titre sera officialisé sur le sceau royal en 1790 et dans la Constitution de 1791. 1830 – 1848 : le duc Louis-Philippe d'Orléans, lieutenant général du royaume, est proclamé , roi des Français le . Le titre officiel du souverain est empereur des Français sous les deux Empires français : 1804 – 1814 et 1815 : Napoléon Bonaparte, Premier consul, est proclamé , empereur des Français le ; il complétera ce titre par ceux de roi d'Italie, protecteur de la confédération du Rhin, médiateur de la Confédération suisse ; 1852 – 1870 : le prince Louis-Napoléon Bonaparte, président de la République, devient , empereur des Français le . C'est le dernier monarque à avoir régné sur la France.
Titres officieux
Au-delà du titre officiel, les rois de France bénéficiaient de deux qualifications accordées par les papes :