, dit « d'Outremer » (né entre et La date de naissance précise de Louis est inconnue. On sait grâce aux Annales de Flodoard qu'il avait une quinzaine d'années en 936 et qu'il est né dans la région de Laon-Reims. – , Reims), fils de et d'Edwige de Wessex, est un roi des Francs (936-954) de la dynastie carolingienne.

Après la déchéance en 922 de son père le roi le Simple, sa mère et le prince Louis, âgé de deux ans, se réfugient en Angleterre (d'où son surnom d’Outremer), à la cour de son grand-père maternel Édouard l'Ancien, puis à celle de son oncle Æthelstan, roi de Wessex. Devenu l'héritier carolingien par la mort en captivité de (929), il est rappelé d'Angleterre par le puissant marquis de Neustrie Hugues le Grand afin de succéder au roi Raoul mort au début de l'année 936, laquelle marque alors le retour de la dynastie carolingienne.

Son règne riche en rebondissements est avant tout connu par les Annales de Flodoard puis plus tardivement par les Histoires de Richer de Reims. Une fois au pouvoir, Louis d'Outremer souhaite s'éloigner d'Hugues le Grand devenu duc des Francs et seconde personnalité du Royaume après le roi. Dans un premier temps, il se lance à la conquête de la Lotharingie (939). Cette expédition est un échec et son beau-frère ne tarde pas à le soumettre en assiégeant la cité de Reims (940). Dans un second temps, après la mort du comte des Normands Guillaume Longue-Épée, tente de prendre à son compte le gouvernement de Normandie mais il est enlevé par les hommes d'Hugues le Grand (945).

Le concile d'Ingelheim (948) permet l'excommunication du duc des Francs et la libération définitive de . À partir des années 950, le roi s'impose progressivement dans le nord-est de son royaume en tissant de nombreuses fidélités (notamment avec les Vermandois) sous la nouvelle protection ottonienne. Il meurt accidentellement d'une chute de cheval entre Laon et Reims en 954.

Le contexte politique, économique et culturel en Occident (première moitié du ) Les principales forces politiques de l'Occident chrétien Les royaumes anglo-saxons vignette|gauche|Vue d'artiste d'Alfred le Grand, roi du Wessex (871-899). Statue érigée à Winchester en 1899.

Les îles Britanniques du haut Moyen Âge sont composées de multiples petits royaumes fondés par les Jutes, les Angles et les Saxons (peuples venus de Germanie au ) au détriment des natifs bretons. Ces royaumes sont fréquemment en guerre les uns contre les autres et sont frappés par les invasions vikings à partir de la fin du .

Au milieu du , la façade sud de la Grande-Bretagne est occupée par le royaume de Wessex et l'Ouest des Midlands par celui de Mercie, tandis que subsistent des royaumes bretons en Cornouaille au sud-ouest et au pays de Galles à l'ouest. En revanche, une large moitié nord de l'île est occupée par les royaumes danois et norvégiens issus des invasions vikings : Cinq Bourgs, Est-Anglie, royaume de Jórvík (York), etc..

Dès la fin du , le Wessex s'impose parmi les autres royaumes de Grande-Bretagne en résistant aux assauts des Vikings sous les rois Æthelred (865-871) et Alfred le Grand (871-899). Grâce à sa victoire à Ethandun en 878, Alfred parvient à repousser les envahisseurs dans le nord-ouest de l'Angleterre, une région qui prend le nom de Danelaw. À la mort d'Alfred, le Wessex est devenu le royaume le plus puissant d'Angleterre. Son successeur, Édouard l'Ancien (899-924), guerroie durant une bonne partie de son règne contre les Vikings (914-920) et prend le contrôle de la Mercie : en 920, les rois anglo-saxons et danois reconnaissent la suprématie d'Édouard. Ce dernier marie sa fille Edwige au roi franc .

Son fils et successeur Æthelstan (924-939) s'engage à pacifier l'île en pratiquant une politique matrimoniale d'envergure : ainsi sa sœur est mariée au roi de Jórvík Sihtric, et plusieurs chefs vikings sont baptisés pour l'occasion. Il donne sa sœur Eadhild en mariage au duc Hugues le Grand et sa sœur Édith à l'empereur . Surtout, le Wessex commence à conquérir les pays du Danelaw qu'Alfred a laissés aux Vikings. Souverain charismatique et puissant, Æthelstan se fait appeler dans les sources « » (roi de toute la Bretagne) et même « » (empereur), et il s'engage même à accueillir tous les chefs d'Armorique chassés par les Normands.

Le est signé le traité de paix de Penrith dans lequel les souverains britanniques (, et Owen de Strathclyde) se reconnaissent mutuellement et se rapprochent : c'est l'acte de naissance de l'Angleterre unifiée. Cependant, la paix ne dure pas puisque dès 934, Æthelstan mène une expédition en Écosse pour rappeler à l'ordre Constantin, le roi des Scots. Après sa mort, Olaf Gothfrithson, roi de Dublin, s'empare de Jórvík et d'autres territoires autrefois sous la domination d'Æthelstan. Son successeur, le roi Edmond (939-946), reconquiert Jórvík, mais il est assassiné. Eadred (946-955), fils cadet d'Édouard l'Ancien, prend la relève et guerroie difficilement contre le roi de Dublin Olaf Kvaran et contre le roi de Jórvík Éric à la Hache sanglante.

La Francie orientale « germanique » vignette|200px|Sceau d' (936).

En 843, lors du partage de Verdun, le royaume oriental devient l'héritage dû à Louis le Germanique (l'Empire carolingien est désintégré). Finalement en 881, la Francia orientalis échoit à l'un des fils de Louis, , qui sera le dernier souverain à réunir les trois royaumes (Francie de l'Ouest, Lotharingie et Francie de l'Est) pendant une courte période de trois ans. Les grands de Germanie déposent Charles, incapable et malade, en 887 et élisent Arnulf de Carinthie. Le règne d'Arnulf (888-899) est marqué par la volonté de nouer des liens d'amitiés avec les souverains voisins et surtout de maintenir l'unité du Royaume.

Sous son successeur (899-911), on assiste pour la première fois à une alliance entre l'Église et l'État par le biais d', archevêque de Mayence, et de Conrad de Franconie. Ce dernier, après avoir été associé au gouvernement royal est élu à son tour roi de Francie orientale (911-918). Son règne est constamment fragilisé par les invasions hongroises qui renforcent au contraire le pouvoir des ducs (dont le rôle est de défendre les marges du Royaume). Justement, le duc de Saxe Henri monte sur le trône en 919 malgré l'opposition des ducs de Bavière et de Souabe. La puissance de ces deux duchés entache une bonne partie du règne du souverain qui doit finalement négocier avec eux. En revanche à l'extérieur, Henri s'impose efficacement contre le roi de Bohême, les Danois et surtout les Hongrois (933).

Son fils Otton, qui lui succède en 936, souhaite remettre en place l'autorité et même nommer les ducs à la tête de chaque principauté : par exemple en Saxe, il installe la maison des Billung. Cette politique autoritaire est propice aux révoltes. Le souverain doit essuyer une révolte en Lotharingie (953) de son fils Ludolf et de son gendre Conrad. Les rebelles étant soumis, il cède le duché à son frère Brunon de Cologne. Otton renforce l'alliance Église-État à son avantage en installant des membres de sa famille sur les sièges épiscopaux (notamment son fils bâtard Guillaume à Mayence). Le roi de Francie orientale, dont deux de ses sœurs sont mariées avec des membres de la haute aristocratie de Francie occidentale, conserve des rapports étroits avec l'Ouest et n'hésite pas à intervenir en faveur ou contre le roi (941 et 948). Enfin, la notoriété d'Otton va se répandre dans l'ensemble de l'Occident puisqu'il soumet définitivement les Hongrois au Lechfeld (955). C'est un succès fracassant : Otton devient le véritable maître de l'Occident chrétien en ce milieu du .

Les royaumes de Bourgogne, de Provence et d'Italie À la fin du , l'espace bourguignon est formé de deux royaumes. D'une part la Haute-Bourgogne, également appelée Bourgogne Transjurane, et la Basse-Bourgogne ou Provence. Le royaume de Bourgogne Transjurane s'étend entre les Alpes et le Jura avec pour point central l'abbaye Saint-Maurice d'Agaune. Depuis 860, le territoire est dirigé par la dynastie des Rodolphiens et à la mort de (888), (888-911) est couronné roi de Bourgogne. Le nouveau souverain a pour dessein la restauration de la légitimité carolingienne en Occident en s'opposant au roi de Germanie Arnulf de Carinthie (qui est un bâtard), en vain.

Plus au sud, se développe un autre royaume, celui de Provence organisé autour d'Arles et de Vienne. Ses origines se trouvent dans la révolte du comte Boson (879) qui a pris le pouvoir par la force après la désintégration du pouvoir carolingien. En réalité, seul son fils Louis aura le droit de régner (à partir de 890) puisqu'il descend par sa mère des Carolingiens. Louis est soutenu par Arnulf pour combattre Rodolphe de Bourgogne.

En 899, le roi d'Italie Lambert de Spolète puis le roi de Germanie Arnulf viennent de décéder laissant la voie libre au comte Bérenger de Frioul qui s'empare du pouvoir. Face à cet usurpateur, l'aristocratie romaine fait appel à qu'elle couronne roi d'Italie puis empereur (901)J.-P. Delumeau, L'Italie au Moyen Âge (), Paris, Hachette, 2004, .. Devenu gênant, elle l'abandonne et rappelle Bérenger. Quelques années plus tard, Louis retente sa chance en Italie mais Bérenger le capture et le fait aveugler. Louis dit l'Aveugle vit désormais reclus et cède l'essentiel de ses pouvoirs à son cousin le comte de Provence Hugues d'Arles. Lassée des violences de Bérenger, l'aristocratie romaine fait appel à un nouvel homme fort : (923). Mais quelques années plus tard Hugues d'Arles réussit à vaincre le roi bourguignon en 926 avec l'appui de Rome. Affaibli, Rodolphe doit se soumettre au roi et Hugues devient de fait le seul maître de l'Italie jusqu'en 947J.-P. Delumeau (2004), , ..

Durant les années 930, la dynastie bourguignonne des rodolphiens se renforce mais elle doit se soumettre au roi de Germanie. En 937, meurt, son fils lui succède âgé d'une dizaine d'années. Hugues d'Arles profite de la faiblesse du pouvoir pour envahir le royaume de Bourgogne. Néanmoins, , protecteur de la Bourgogne, intervient et l'usurpateur s'enfuit. En accord avec Otton et probablement avec de Francie, s'empare de la Provence à la suite de l'accord de Visé signé par les trois souverains (942). Au cours des années 950, le pouvoir des rodolphiens commence à s'affaiblir et perd progressivement le contrôle de ses espaces périphériques (comté de Provence et comté de Bourgogne).

Cette crise du pouvoir va se transformer quelques années plus tard en une crise d'identité puisque les souverains seront contraints à promettre au roi de Germanie leur succession au trône. À la veille de son accession au trône impérial, Otton contrôle l'essentiel de la Bourgogne et de la péninsule italienne.

Les monnaies et les échanges (fin ) thumb|250px|left|Denier de Charlemagne, début du .

L'économie carolingienne n'est plus cette activité médiocre et limitée qu'on a longtemps pensée. Les recherches récentes tendent à montrer que la croissance était plutôt endogène, c'est-à-dire qu'elle dépendait de sa situation géographique, de ses marchés, des rivières, des campagnes et des villes bref du développement régional d'une province donnée. Enfin l'archéologie permet d'avoir un regard neuf sur les échanges de cette périodeO. Bruand, Voyageurs et marchandises aux temps carolingiens, De Boeck, 2002, ..

Les premières législations carolingiennes