Le Nicaragua, en forme longue la république du Nicaragua (en espagnol: ), est un pays d'Amérique centrale où il occupe une position quasi centrale au sein de l'isthme panaméricain. Il s'agit du pays le plus étendu de l'Amérique centrale ; il est limitrophe du Honduras au nord et du Costa Rica au sud. Il dispose également de deux vastes façades maritimes, étant bordé à l'ouest par l'océan Pacifique et à l'est par la mer des Caraïbes.

C'est un petit pays aux reliefs contrastés alignant des plaines côtières, basses et marécageuses au bord de la mer des Caraïbes, des reliefs montagneux en bordure du Honduras où culmine le pic Mogoton au sein de la cordillère Isabelia tandis qu'en bordure du Pacifique une longue chaîne volcanique, la cordillère des Maribios, isole une vaste dépression tectonique où se trouvent deux grands lacs, le lac de Managua et le lac Nicaragua, ce dernier étant le plus grand lac d'eau douce de l'Amérique centrale. Ce qui fait dire que le Nicaragua est le .

Sa capitale et plus grande ville du pays est Managua. León et de Granada sont deux villes anciennes et rivales, aujourd'hui destinations touristiques chargées d'histoire.

La population multiethnique de plus de six millions d'habitants au début du est d'ascendance amérindienne, européenne et africaine. Si la langue principale reste l'espagnol, un grand nombre d'autochtones de la côte caribéenne notamment parlent des langues propres au Nicaragua comme le miskito, le rama, le sumo, ainsi que le (un créole à base lexicale anglaise). Histoire

Indépendance Colonisé par l'Espagne en 1524, le Nicaragua est devenu un État indépendant le et a adhéré aux Provinces unies d'Amérique centrale.

Il s'est séparé de la fédération en 1838, devenant une république complètement souveraine en 1854.

En 1855, une armée privée et financée par un groupe de firmes de Boston (dont la future United Fruit) s'empare du pays. William Walker se proclame président, instaure l'esclavage et reçoit le soutien du président Franklin Pierce (qui envisage d'incorporer le Nicaragua aux États-Unis). Les troupes de William Walker sont finalement vaincues à la et contraintes de quitter le pays..

Au cours de l'administration de José Santos Zelaya, commençant en 1893, le pays connaît un grand développement. Il modernise l'État, introduit l'habeas corpus, et une nouvelle constitution. Il affronte l’Église qui constituait alors un État dans l’État : l’évêque de León est expulsé, la laïcité est adoptée dans les écoles et l’Église officiellement séparée de l’État.

Le Nicaragua devient le pays le plus riche et le plus prospère d'Amérique centrale. En , les États-Unis provoquent la chute du président José Santos Zelaya en finançant une révolte des conservateurs contre lui et par l'envoi d'une flotte de guerre dans les eaux nicaraguayennes.

En 1911, le nouveau président Adolfo Díaz est considéré comme l’homme de confiance des hommes d'affaires américains.

Occupation par les États-Unis La « diplomatie du dollar » pratiquée par les États-Unis à l'égard du Nicaragua aboutit en au traité Knox-Castillo par lequel les banques nord-américaines prennent en charge les finances du pays en obtenant le contrôle de la Banque nationale et des douanes. Les compagnies à capitaux nord-américains sont en outre très influentes dans le pays : mines, chemins de fer, transports et communications, travaux publics, électricité, etc.. thumb|left|Immeuble de Granada.

L'impopularité du président Díaz conduit à une guerre civile à partir de . Des troupes sont envoyées par les États-Unis pour conforter son régime et les dernières positions insurgées sont liquidées avant la fin de l'année. En , des élections, supervisées par les États-Unis mais boycottées par les libéraux, octroient à Díaz un nouveau mandat de quatre ans. En retour, son gouvernement signe le traité Bryan-Chamorro qui régularise la présence de troupes étrangères dans le pays, cède aux États-Unis des portions de territoire et des bases navales pour contre trois millions de dollars pour amortir les dettes du Nicaragua vis-à-vis de créanciers nord-américains. Le maintien d'une force militaire nord-américaine constitue une dissuasion contre toute tentative de révolution de la part des libéraux. Ainsi, les conservateurs, bien que minoritaires dans le pays, gardent le pouvoir.

Insurrection du général Sandino L’armée américaine se retire en 1925, ce qui fragilise considérablement le pouvoir des conservateurs. Un coup d’État d'Emiliano Chamorro Vargas permet à Adolfo Díaz de retrouver le pouvoir pour combattre un soulèvement des libéraux dirigé par Juan Bautista Sacasa, ce qui conduit dès 1926 l’armée américaine à se réengager aux côtés des conservateurs. Après la défaite des forces libérales, Augusto Sandino, qui avait combattu parmi celles-ci, décide de continuer la lutte. Il décrit sa lutte comme anti-impérialiste et appelle les Latino-Américains à combattre avec les Nicaraguayens : « Est-ce que les gouvernements latino-américains croient que les Yankees se contenteront de la conquête du Nicaragua ? [...] C'est aujourd’hui aux peuples de l’Amérique latine que je parle ; nous sommes 90 millions de Latino-Américains et nous ne devons penser qu'à notre unification et comprendre que l’impérialisme yankee est l’ennemi le plus brutal qui nous menace et le seul qui soit décidé à supprimer au moyen de la conquête notre honneur et la liberté de notre pays ».

La troupe de guérilleros forte d'un millier de combattants contrôle presque entièrement la province de Nueva Segovia, dans le nord du pays. Progressivement, elle s'enhardit et est en mesure de porter ses attaques dans des villes comme Estelí et Jinotega. Bientôt, l’armée populaire de guérilla contrôle quatre départements et sa zone de combat s'étend sur carrés. Elle comprend alors réguliers auxquels s'ajoutent des enrôlés temporaires et une cavalerie de . Son « service d'intelligence » met en œuvre un système de communications indigènes que les soldats américains ne peuvent décoder (cris d'oiseau, tas de pierres, signes sur les arbres, branchages sur les pistes, etc). La guérilla reçoit l'appui de volontaires étrangers, dont Gustavo Machado, le futur fondateur du Parti communiste vénézuélien, et Agustín Farabundo Martí.

La guérilla, renommée l'« Armée de défense de la souveraineté nationale du Nicaragua », est combattue par l'United States Marine Corps (USMC), qui s'octroie un avantage important par l'appui de l'aviation (30 à 70 avions) et de l'artillerie, mais dont les multiples exactions contre la population renforcent la popularité de l'armée rebelle de Sandino. Incapables d'en finir avec la guérilla et frappées par des revers militaires, les troupes américaines évacuent le Nicaragua en 1933 après avoir pris soin de créer la Garde nationale pour défendre le régime, et qui devait remplacer l'armée et la police supprimées par les Américains. L'armée rebelle de Sandino, dont la motivation fondamentale résidait dans le désir d'expulser les troupes américaines, accepte alors de négocier et signe un accord de paix en ..

Anastasio Somoza García devient le premier dirigeant de la Garde nationale. Avec le soutien des États-Unis, Somoza fait assassiner son principal opposant politique, Sandino, en et prend le pouvoir en 1936. Il ordonne également le massacre des anciens guérilleros de Sandino et de leurs familles. Il instaure alors une dictature personnelle de 1936 à son assassinat en 1956. Ses fils, Luis et Anastasio, lui succèdent et le pays reste assujetti à la dictature. Les Somoza se posent comme anti-communistes et bénéficient de l'appui des États-Unis tout au long de la guerre froide.

Dynastie des Somoza et opposition L'opposition au régime est représentée principalement par le Front sandiniste de libération nationale, guérilla fondée en 1961 qui prône le sandinisme, un ensemble de croyances basées sur les idéaux de Sandino et qui se scindera en trois fractions. :

la fraction guerre populaire prolongée, qui entendait voir la guérilla paysanne construire progressivement une « armée populaire » destinée, après accumulation des forces, à arracher une victoire militaire totale ; la fraction prolétarienne, considérant qu’il y avait désormais moins de paysans que d’ouvriers agricoles, préconisait de travailler en direction des syndicats ruraux et urbains ; la fraction insurrectionnelle ou tercériste, qui appelait à une alliance avec tous les opposants à Somoza, y compris au sein de la bourgeoisie, afin de préparer et accompagner une insurrection populaire.

L'opposition civile et urbaine s'articulait autour des partis communiste et socialiste, et des syndicats ouvriers, réprimés par le régime, mais également autour du journal conservateur La Prensa de Pedro Joaquín Chamorro Cardenal. Les prises de position de ce dernier lui vaudront d’être arrêté, emprisonné et torturé, puis placé en résidence surveillée.

En 1972, Anastasio Somoza, qui avait succédé à son frère décédé d'une crise cardiaque, ne peut plus se représenter, une loi interdisant deux mandats consécutifs, et cède sa place à la Junte nationale de gouvernement, un triumvirat de deux proches collaborateurs et d'un opposant, par la suite évincé. Mais, resté chef de la Garde nationale, il profite de la situation catastrophique créée par un tremblement de terre qui en pour promulguer la loi martiale et prendre ainsi le contrôle du pays. Chargé d'acheminer l'aide internationale reçue après le tremblement de terre, il s'en approprie la majorité.

Somoza redevient président lors des élections de 1974, mais maintient un pouvoir répressif et perd progressivement l'appui d'anciens soutiens : l'oligarchie, les États-Unis et l'Église catholique. Affaibli, le gouvernement accentue sa politique de répression avec pour seul résultat la montée de l'opposition.

Guérilla sandiniste

Le , Chamorro est assassiné. Ses funérailles font se déplacer des foules énormes — à Managua — et des émeutes éclatent dans le pays.

En , une partie du patronat se joint à l'opposition, qui organise une grève générale, demande la démission de Somoza et la formation d'un gouvernement de transition.

Malgré la répression, les contestataires forment en un front national, auquel se joint la veuve de Pedro Chamorro, Violeta Barrios de Chamorro, devenue directrice de La Prensa. Le , la bourgeoisie anti-somoziste fonde le Front élargi d’opposition (FAO) et propose l’installation d’un gouvernement provisoire et la tenue d’élections.

En , une grande partie de la population se soulève à l'appel du Front sandiniste dans les départements de León, Matagalpa, Chinandega, Estelí, Jinotega, Masaya et Managua, mais la supériorité logistique de la garde nationale de Somoza oblige les troupes à se replier dans les campagnes et les montagnes... L'insurrection est cependant sans cesse nourrie de nouveaux effectifs issus de la population. Peu à peu, les trois tendances du FSLN se rapprochent. La réunification du FSLN est signée en 1979, et celui-ci prend le contrôle de la majorité des campagnes.

La population entame une grève générale qui paralyse le régime. Les villes s'insurgent une seconde fois. Somoza répond par des bombardements massifs. Un journaliste de la chaîne américaine ABC, Bill Stewart, est assassiné par la Garde nationale devant les caméras de télévision, ce qui heurte l'opinion publique des États-Unis. Le gouvernement Carter interrompt le soutien à Somoza.

Un mois plus tard, en , le dictateur Anastasio Somoza Debayle, dernier de la dynastie des Somoza, démissionne et quitte le pays avec sa fortune pour le Paraguay. Il y est tué le par un tir de lance-roquettes de révolutionnaires argentins..

Gouvernement sandiniste et contras