La Tchéquie, en forme longue la République tchèqueEuropa > Office des publications > Code de rédaction > III. Conventions communes > 7. Pays, langues et monnaies : 7.1. Pays - 7.1.1. Dénominations et sigles à utiliser - États membres : Dénomination courte, langue d'origine (nom géographique) (Les noms des États membres de l'Union européenne doivent être écrits et abrégés uniformément selon les règles suivantes) : Česko, Dénomination officielle, langue d'origine (nom protocolaire) : Česká republika, Dénomination courte en français (nom géographique) : Tchéquie, Dénomination officielle en français (nom protocolaire) : République tchèque, Code « pays » : CZ . (en et ), est un pays d'Europe centrale sans accès à la mer, entouré par la Pologne au nord-est, l'Allemagne au nord-ouest et à l'ouest, l'Autriche au sud et la Slovaquie à l'est-sud-est.
Le duché de Bohême est fondé au comme partie de la Grande-Moravie et devient un État vassal de la Francie orientale en 895 puis un État impérial du Saint-Empire romain germanique en 1002. Au sein de ce dernier, le pays devient un royaume en 1198. Au début de la guerre de Trente Ans, la défaite de la Révolte de Bohême lors de la bataille de la Montagne-Blanche aboutit à l'intégration du pays au sein de la monarchie de Habsbourg en 1620. Après la dissolution du Saint-Empire romain germanique en 1806, le pays fait partie de l'empire d'Autriche puis de son successeur, l'Autriche-Hongrie. Après la Première Guerre mondiale, la Tchécoslovaquie est établie en 1918 et connaît une période de démocratie pendant l'entre-deux-guerres. Après l'occupation par l'Allemagne nazie de 1938 à 1945, un coup d'État en 1948 a transformé le pays en république communiste du bloc de l'Est pendant la guerre froide. En 1989, la révolution de Velours met fin au régime communiste et restaure la démocratie. La Tchéquie est indépendante depuis à l'issue de la scission de la République fédérale tchèque et slovaque, dernière forme de gouvernement de la Tchécoslovaquie établie après la chute du communismeLa République socialiste tchécoslovaque était formellement fédérale depuis le , réunissant la République socialiste slovaque et la République socialiste tchèque qui changent leurs noms le en « Slovaquie » et le en « République tchèque »..
La Tchéquie est membre de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN) depuis le et de l'Union européenne (UE) depuis le .
Toponymie
Les Tchèques sont des Slaves occidentaux arrivés au en Bohême (en allemand , nom hérité du peuple celte des Boïens), contrée qui avait été peuplée de Marcomans germaniques lors des invasions barbares. Les Tchèques ont slavisé en , mais utilisent pour nommer leur pays le toponyme (). La dénomination courte en français est « Tchéquie », la dénomination officielle (protocolaire) est « République tchèque »..
Le toponyme Čechy provient de Čech (/tʃex/), ancêtre éponyme mythique. Au Moyen Âge, les chroniques, tenues par des clercs écrivant en latin, mentionnent le « royaume de Bohême » (). Plus tard, le royaume de Bohême passe des Přemyslides à la maison de Luxembourg qui occupa le trône impérial aux , puis se fondit dans la maison de Habsbourg qui lui succéda. Avec la Silésie, il est qualifié de « Pays de la couronne de Bohême » ().
Pavel Stránský de Záp, écrivain tchèque du , écrit, alors qu'il est en exil, le livre (« À propos de l'État tchèque »). Il y donne un compte rendu général du royaume de Bohême avant 1620 : (la nation tchèque) (Čechy en tchèque ou Bohemia en latin) (Tchéquie).
Tchéquie, pays tchèques et République tchèque
Quand en 1918 les Slaves de l'Ouest s'émancipent de la tutelle austro-hongroise (les Slovaques ont passé mille ans sous la domination hongroise et les Tchèques près de quatre siècles sous celle de souverains allemands, notamment les Habsbourg), le nom du nouveau pays devient la Tchécoslovaquie (Československo), agrégation de Česko (« Tchéquie ») et Slovensko (« Slovaquie ») dérivés des adjectifs český (« tchèque », voir « pays tchèques ») et slovenský (« slovaque », voir « Slovaquie ») avec le suffixe -sko qui sert, en tchèque et en slovaque, à former le nom d'un pays. Le terme Česko est ainsi un néologismeAu cours d'une conversation rapportée par la revue de politique française et internationale, L'Europe nouvelle, Édouard Daladier reproche à Georges Bonnet, alors ministre des Affaires étrangères, d'utiliser ce mot « allemand » qui traduit alors Tschechei. traduit en français par Tchéquie, à ne pas assimiler au toponyme qui désigne uniquement la Bohême.
L'Institut de la langue tchèque, équivalent tchèque de l'Académie française, n'a ni imposé ni réfuté le mot Česko : il lui consacre un long chapitre didactique et explicatif sur son site.. Il est en revanche prôné par l' () en 1993 comme étant le « toponyme correct » du pays. Le ministère des Affaires étrangères lui emboîte alors le pas et recommande ce nom, dûment adapté à chaque langue, sur son site. La commission de toponymie de l'ONU recommande, pour le français, l'usage du terme République tchèque, tout en reconnaissant l'existence de cette forme courte..
Le les plus hauts dirigeants du pays prennent la décision d'adopter officiellement la forme courte Tchéquie , et ce malgré les divergences persistantes à ce sujet.. Ils estiment que cette dénomination sera plus pratique pour l'identification du pays à l'étranger. Le changement de nom sera enregistré auprès de l'ONU..
Le l'Organisation des Nations unies enregistre le nom court Tchéquie dans les Directives toponymiques du GENUNG..
Bohême et Moravie Le mot « Tchèque » (český) est ambigu, car il peut désigner soit une appartenance ethnique (Češi) à l'ensemble des locuteurs de la langue tchèque (čeština), soit une appartenance juridique à l'ensemble des citoyens de la République tchèque (čeští občané), soit une appartenance géographique (Čech) au pays historique de Bohême (Čechy) et elle seule, ce qui en exclut les « Moraves » (Moravané, moravský), habitants du pays historique de « Moravie » (Morava). La Constitution de la République tchèque de 1993 parle de l'État des Pays tchèques.. Selon la constitution le territoire de la République tchèque est défini comme celui de la « communauté territoriale des citoyens » (územní společenství občanů).
Le mot « Tchéquie » (Česko) est lui aussi, par conséquent, ambigu... tant sur le plan cartographique...... que linguistique., désignant tantôt la Bohême seule (par traduction du tchèque Čechy), tantôt la République (désignée par l'adjectif česka)....... C'est pour éviter ces confusions, peu appréciées des Moraves, que les autorités tchèques insistaient pour que dans toutes les langues leur État soit désigné par le syntagme officiel « République tchèque » (Česká republika ).. Depuis 2016 les autorités tchèques ont commencé à utiliser la forme courte dans toutes les langues...
Boïens, Bohême et « Bohème » Le nom « Bohême » vient de la tribu celte qui résidait dans cette région au : les Boïens. Ceux-ci furent chassés de cette région ou absorbés d'abord par les Germains (Marcomans, Quades, Ruges), ensuite par les Slaves qui venaient du bassin de la Dniepr au . Au , lorsque des Français demandèrent à des Roms qui avaient quitté la Bohême pour venir en Europe occidentale, d'où ils venaient, ils répondirent « de Bohême », et c'est ainsi qu'on appela ces artisans nomades « Bohémiens ». Leur liberté d'aller et venir au gré des travaux qu'on leur confiait ou des spectacles qu'ils donnaient a été qualifiée de « vie de bohème » (avec un accent grave), que l'on retrouve dans le titre de l'opéra La Bohème de Giacomo Puccini.
Histoire
vignette|La couronne de saint Venceslas. vignette|gauche|redresse|Statue équestre de Venceslas , duc de Bohême (saint Venceslas), l'un des fondateurs de l'État tchèque, à Prague. vignette|Le château de Karlštejn près de Prague.
La Tchéquie est formée par les anciennes provinces historiques européennes de Bohême, de Moravie et de Silésie méridionale, qui constituaient la Couronne de Saint Venceslas au sein du Saint-Empire romain germanique, puis de l'Empire d'Autriche devenu l'Autriche-Hongrie.
Après la dislocation de l'Autriche-Hongrie à la fin de la Première Guerre mondiale, les Tchèques, les Slovaques et les Ruthènes subcarpatiques, qui aspiraient depuis longtemps à l'autonomie, forment la Tchécoslovaquie, dont Tomáš Masaryk (1850–1937) est le premier président. En 1935 Edvard Beneš (1888–1948) lui succède. Le régime politique de l'entre-deux-guerres est une démocratie parlementaire instituée par la Constitution de 1920. Sur le plan économique, le pays connaît une forte prospérité : la Tchécoslovaquie fait partie des dix premières puissances industrielles de l'époque. Cette première Tchécoslovaquie est très diminuée en 1938 par les accords de Munich, lorsque l'Allemagne nazie annexe la région des Sudètes. Elle disparaît en quand l'Allemagne annexe la Bohême et la Moravie, créant un « protectorat de Bohême-Moravie » sous administration militaire, tandis que la République slovaque proclame son indépendance, mais devient un Etat fantoche du Troisième Reich.
Néanmoins, la résistance se met en place tant à l'intérieur qu'à l'extérieur. Edvard Beneš organise un gouvernement en exil réfugié à Londres qui combat aux côtés des Alliés. En 1942 des résistants assassinent Reinhard Heydrich, gouverneur de la Bohême-Moravie. En représailles, l'occupant nazi extermine le village de Lidice. En 1945 les troupes soviétiques entrent dans Prague, tandis que les Américains s'avancent jusqu'à Pilsen.
Reconstituée en 1945, la Tchécoslovaquie doit céder à l'URSS la Ruthénie subcarpathique. En 1946, des élections libres donnent aux communistes la majorité des voix : leur chef Klement Gottwald devient président du Conseil. Il refuse le plan Marshall en 1947 puis, en , prend le pouvoir lors du coup de Prague, faisant de la Tchécoslovaquie un satellite de l'URSS pendant la Guerre froide. Le Parti communiste devient parti unique. Les années 1950 sont celles des procès staliniens qui atteignent même les hauts dignitaires du Parti, comme Rudolf Slánský, secrétaire général depuis 1945. L'un des protagonistes, Artur London, relate ces procès dans son ouvrage L'Aveu. Sur le plan économique, le nouveau régime nationalise tout le secteur privé et met en place une économie de type soviétique avec des plans quinquennaux. La Tchécoslovaquie adhère au Conseil d'assistance économique mutuelle (Comecon) dès 1949. En 1955 elle adhère au Pacte de Varsovie.
En 1968, Alexander Dubček lance un programme de réformes destiné à démocratiser le régime et appelé « Printemps de Prague ». Les oligarques communistes du bloc de l'Est refusent d'envisager l'avènement de ce « socialisme à visage humain » et l'Armée rouge envahit la Tchécoslovaquie en août de la même année pour y imposer par les armes la « normalisation » c'est-à-dire le retour à la dictature du Parti unique ; Gustáv Husák remplace Dubček à la tête du Parti en 1969 et devient président de la République en 1975. La réaction désespérée du jeune Jan Palach marquera les esprits y compris en Occident. En 1977, un groupe de dissidents crée la Charte 77 en appelant le gouvernement à respecter les engagements pris sur les droits de l'Homme à Helsinki en 1975 lors de la Conférence sur la sécurité et la coopération en Europe. L'arrivée de Mikhaïl Gorbatchev au pouvoir en URSS permet de nouveaux espoirs de démocratisation, et , débute la « révolution de Velours » qui, le porte le dissident tchèque Václav Havel à la présidence de la République tchécoslovaque.
Les premières élections libres sont organisées en 1990 avec une participation de 96 %. En , Václav Havel est réélu président de la République, renouant avec la tradition démocratique de l'entre-deux-guerres.