La Compagnie des mines d'Aniche était une compagnie qui exploitait des mines de charbon dans la région Nord-Pas-de-Calais en France et qui possédait aussi des usines et des lavoirs. thumb|Fosse Déjardin en 1986, propriété de la Compagnie des mines d'Aniche
Historique Premières recherches Le Marquis de Traisnel, Claude-Constant Juvénal d'Harville des Ursins obtient auprès de la Cour une autorisation exclusive d'ouvrir et d'exploiter des mines de charbon sur un territoire compris entre la Scarpe au nord et à l'ouest, la Sensée au sud, et la route reliant Marchiennes à Bouchain à l'est.
L'ordonnance de l'Intendant de la Province du Hainaut lui accorde le une autorisation provisoire d'effectuer des travaux de recherche. Le , huit directeurs créent une société. Il s'agit du Marquis de Traisnel, de M. Béranger, de Douai, de M. Dehault de Lussus, conseiller du Roi, et Trésorier Général du Hainaut, M. Desvignes père, de Valenciennes, M. Dusart, Trésorier de la ville de Valenciennes, Mathias Desvignes, fermier à Hordain, M. Léonard Louis Lanvin; le père d'Auguste-Louis Lanvin, fermier à Fressain et M. Deheugnies, de Condé.
La concession des mines d'Aniche est accordée par arrêté du Conseil d'État du au Marquis de Traisnel, pour une durée de trente ans, prenant effet le . Dès que la Compagnie est créée, les premiers travaux de recherche débutent. Un sondage et deux puits dénommés fosse de Fressain sont entrepris à l'angle du bois de Fressain. Ces derniers sont abandonnés à faible profondeur. En 1774, une autre fosse, possédant un seul puits, est ouverte à Monchecourt. Elle est abandonnée à la profondeur de en 1777.
Découverte du charbon à Aniche
Sous les ordres de Prosper Quicampoix, premier directeur des travaux du fond, le matériel de fonçage est transporté à Aniche où sont ouvertes sur un même site les puits Sainte Catherine et Saint Mathias.
Aussitôt après la découverte de la houille, à Aniche, le , la Compagnie d'Aniche ou du Marquis de Trainel, sollicite une augmentation du périmètre de sa concession s'étendant dans la province d'Artois. Dans la séance des directeurs du , il est communiqué une lettre, adressée par les députés des États d'Artois au Marquis de Trainel, au sujet de cette augmentation de périmètre, lettre à laquelle il a été répondu : Nous soussignés, directeurs de la Compagnie des fosses à charbon de M. le Marquis de Trainel, à Aniche, déclarons consentir et nous soumettre, de faire incessamment et dans le courant d'une année au plus tard, de rechercher et forager incessamment dans l'augmentation de démarcation que nous sollicitons au Conseil sur l'Artois, de manière à pouvoir établir dans un canton, des fosses en pleine exploitation dans l'espace de cinq années, date de l'arrêt qui sera expédié pour nous accorder ladite augmentation de démarcation dans ladite province d'Artois.
Les États ont consenti à l'augmentation de la concession demandée, et un arrêt du Conseil du , accorde au Marquis de Trainel, ses hoirs ou ayant cause, l'augmentation de démarcation sollicitée, de sorte que la concession d'Aniche soit bornée : à l'est par la chaussée de Marchiennes à Bouchain et celle dudit Bouchain à Cambrai, au midi par le grand chemin de Cambrai à Arras jusque vers le village de Monchy-le-Preux, à l'ouest par une ligne directe à tirer dudit chemin de Cambrai à Arras et à diriger sur les clochers dudit Monchy-le-Preux et de Gavrelle jusqu'à la chaussée de Douai à Arras, depuis ledit village de Gavrelle jusqu'au dit Douai, et par la Scarpe depuis cette dernière ville jusqu'à Marchiennes.
Le on décide que l'arrêt ci-dessus serait affiché dans toutes les paroisses de la nouvelle démarcation et qu'on le ferait signifier à tous les seigneurs haut justiciers, ayant des fiefs dans lesdites paroisses : qu'un forage serait ouvert, sous l'inspection de l'un des directeurs, M Bérenger, qui serait maître d'en choisir l'emplacement. Ce sondage, 393, est ouvert à Noyelles-sous-Bellonne, mais si l'on en juge par le peu de temps qu'on y a employé, il n'a été poussé qu'à une faible profondeur. Le matériel est ensuite transporté à Vitry, où l'on exécute un deuxième sondage 394. Ces travaux sont commandés par la crainte de se voir disputer la partie de la concession qui s'étendait dans la province d'Artois. Et cette crainte a été jusqu'à un certain point justifiée. On assure en effet que la Compagnie Havez-Lecellier qui a suspendu ses travaux de recherches depuis 1774, vient de les reprendre. Aussi la Compagnie du Marquis de Trainel, dont l'intérêt est d'éloigner cette concurrence, s'empresse de faire signifier à la Compagnie Havez-Lecellier, l'arrêt du . Le sondage de Vitry comme celui de Noyelle-sous-Bellonne n'a pas poursuivi suffisamment, et la Compagnie d'Aniche abandonne ses recherches dans l'Artois.
La houille est découverte à la profondeur de 70 toises dans la nuit du à la fosse Sainte Catherine. Deux autres puits sont creusés non loin sur le territoire d'Aniche, en 1779. Il s'agit de la Fosse Saint Laurent - Sainte Thérèse. Une machine à feu est installée dans cette dernière. Malgré l'ouverture de ces deux nouvelles fosses, la production reste très faible : sont produites en 1785. Les veines de charbon sont peu épaisses et accidentées, et le gisement est pauvre. En 1786, à la suite d'une inondation des travaux au fond, l'extraction est interrompue. La Société est au bord de la ruine, la fosse Saint Laurent - Sainte Thérèse sont définitivement abandonnées. Des nouvelles fosse sont ouvertes après l'inondation : Sainte Barbe - Saint Waast à Aniche en 1786, Saint Hyacinthe à partir de 1793, à Aniche, près de la route de Douai, Aglaé à Auberchicourt (qui est une avaleresse). L'exploitation reprend en 1804, dix-huit ans après l'inondation, aux puits Sainte Catherine et Saint Mathias. L’avaleresse La Paix est ouverte en 1815 et abandonnée en 1817 à l'ouest d'Auberchicourt. Une pièce de cuvelage a rompu à de profondeur et provoque l'inondation du puits. En 1817, quelques décamètres à l'ouest est creusé le puits de l'Espérance.
En 1835, la fosse de Mastaing est creusée en dehors de la concession, au sud du territoire de Mastaing, le long de la route reliant Aniche à Bouchain. Un puits est creusé jusqu'à de profondeur, mais le charbon n'y est pas découvert. La fosse est abandonnée en 1838. En 1836 débute le fonçage du puits d'Aoust, à l'est d'Aniche.
Développement de l'entreprise Un groupe d'associés de Cambrai parvient à se rendre maître de la Compagnie en . Une réorganisation complète est entreprise. Toutes les fosses sont alors abandonnées, à l'exception de l'Espérance. M. Lefrançois est nommé agent général, M. Fourret, ingénieur-directeur des travaux. Le fonçage du puits d'Aoust est poursuivi. Quatre sondages seront effectués au sud du territoire de Somain en 1839 et 1840. Le premier, le sondage A - de Somain, débute en . Il est profond de et rencontre le terrain houiller à . Une veine de charbon haute de est découverte en à . Le sondage est alors abandonné, et la fosse La Renaissance est foncée à partir de , elle entre en exploitation en 1841. Ce puits ne suffisant pas, il est décidé en 1843 d'ouvrir un peu plus au sud, la fosse Saint Louis, qui commence à produire en 1845.
Cette même année, Émile Vuillemin entre à la Compagnie en tant qu'ingénieur-directeur des travaux. En 1847, au sud de la fosse Saint Louis, sur le territoire d'Aniche, proche de la limite avec Somain, le fonçage de la fosse Fénelon débute. L'extraction débute deux ans plus tard. En 1848, à l'ouest des fosses précédentes est entreprise la fosse Traisnel à Aniche. Elle entre en exploitation huit ans plus tard, à la suite de grandes difficultés d'épuisement des eaux. En 1849, les fosses sont desservies par des lignes de chemins de fer à la gare de Somain. La Compagnie des chemins de fer du Nord ouvre en 1847 la ligne Douai - Blanc-Misseron. Une première ligne allant du nord au sud relie à la gare de Somain les fosses La Renaissance, Saint Louis, Fénelon et Aoust. Un embranchement part de cette ligne peu avant la fosse La Renaissance en direction de l'ouest et dessert la fosse Traisnel. Au fil des ouvertures de fosses, cette ligne s'est poursuivie vers Douai et est devenue la ligne Somain - Douai (Sud).
En 1852 débute à Waziers le fonçage de la fosse Gayant, qui commence à produire quatre ans plus tard. En 1854, à Aniche, à quelques centaines de mètres au sud de la fosse Traisnel est ouverte la fosse Archevêque, elle entre en exploitation en 1857. En 1855, M. Vuillemin est nommé directeur général, et devient le gérant de la Compagnie. Cette dernière produit cette même année. L'année suivante, au nord d'Auberchicourt est entrepris le fonçage de la fosse Sainte Marie, qui entre en exploitation sept ans plus tard. En même temps, à Waziers, au sud-ouest de la fosse Gayant et à la limite ouest de Sin-le-Noble est ouverte la fosse Notre Dame. Elle entre en exploitation en 1860. Les fosses sont désormais ouvertes à l'ouest de la concession. En 1859, la fosse Dechy est ouverte sur le territoire de Dechy. Elle commence à extraire en 1863. Deux ans plus tard, à Guesnain, le long de la route reliant Douai à Aniche est foncée la fosse Saint René et commence à produire en 1871. En 1866, au nord-est de la fosse Gayant, sur le territoire de Waziers, est entrepris le fonçage du puits Bernicourt 1. Des éboulements obligent l'abandon du puits, qui devient donc une avaleresse. En 1872, le puits Bernicourt 2 est mis en chantier, et commence à extraire en 1877.
En 1873, la production totale des Mines d'Aniche est de . En 1875, dans le village de Roucourt, le creusement d'une fosse à deux puits est entrepris. La fosse Roucourt est destinée à exploiter les veines de charbon découvertes plus au sud par la fosse Saint René à Guesnain, dans le but que la Compagnie produise plus d'un million de tonnes de charbon par an. Les deux puits, profonds respectivement de 198 et n'ont jamais donné lieu à l'extraction, puisqu'ils débouchent sur le conglomérat : des terrains sans houille. Elle n'a servi qu'à l'aérage de la fosse Saint René. De 1770 à 1877, les Mines d'Aniche ont produit
En 1891 débute le fonçage de la fosse Vuillemin à Masny, le long de la route reliant Douai à Aniche, tout comme la fosse Saint René, située plus à l'ouest. L'extraction débute quatre ans plus tard. En 1894, de charbon ont été produites par la Compagnie, dont de charbon gras, et de demi et quart gras. sont embauchés par la Compagnie.
Le cinquantenaire de l'entrée de M. Vuillemin au sein de la Compagnie est fêté le . Un attentat anarchiste interrompt les festivités. C'est l'attentat d'Aniche. M. Vuillemin est gravement blessé, mais il se rétablit. Il se retire de sa fonction de gérant le , il est remplacé par l'ingénieur M. Paul Lemay.
En 1899, à proximité de la fosse Gayant, une immense usine de lavage est installée à Waziers, ainsi que des fours à coke. Au sud de Somain, près du quartier de La Renaissance, une usine à briquettes est rachetée, puis une installation de lavage y est aussi installée.
La fin du voit également le creusement de seconds puits aux fosses Dechy et Saint René, qui sont respectivement foncés en 1898 et 1899, et productifs en 1901 et 1902. Le début du voit quant à lui l'ouverture de puits sur la partie nord de la concession, jusqu'alors encore inexploitée. Le fonçage de la fosse Déjardin débute en 1900 et se termine le au nord de Sin-le-Noble. L'extraction débute en 1904. En 1901, la fosse De Sessevalle est ouverte au nord de Somain, le premier puits est productif en 1904, il est situé sur le territoire de Villers-Campeau, à quelques mètres des limites de Somain. En revanche, le second puits est commencé en 1905 sur le territoire de Somain. Il est productif à partir de 1908.