thumb|Le blason de Vaucluse

Même si le département français de Vaucluse ne fut créé que le ., l'histoire du territoire qu'il recouvre est riche et beaucoup plus ancienne.

Le plus vieux village du (futur) territoire français est le site de Courthézon, daté de 4560 environ.

Préhistoire Paléolithique thumb|Atelier de taille de silex : sites acheuléens ou abbevilliens à Saignon (site de plein air de « La Barre »), et à Cheval-Blanc (abri de la Baùmo doù Luce). : à Murs, début de l’occupation du site de Bérigoule. Cette station a fourni du matériel lithique en silex ( pièces recensées dont 800 outils)Brugal, J.-Ph., Jaubert, J. et Texier, P.-J. (1989) - « Découverte d'un site moustérien de plein-air en Vaucluse (Bérigoule - Murs) », Bulletin de la Société préhistorique française, t. 86, 3, .Texier, P.-J. et Francisco-Ortega, I. (1995) - « Main technological and typological characteristics of the lithic assemblage from level I at Bérigoule, Murs-Vaucluse, France », in: The definition and interpretation of Levallois technology, Dibble, H.L. et Bar-Yosef, O., (Éds.), Philadelphie, Monographs in World Archaeology 23, Prehistory Press, .Richter, D., Mercier, N., Valladas, H., Jaubert, J., Texier, P.-J., Brugal, J.-Ph., Kervazo, B., Reyss, J.-L., Joron, J.-L. et Wagner, G.A. (2007) - « Thermoluminescence dating of heated flint from the Mousterian site of Bérigoule, Murs, Vaucluse, France », Journal of Archaeological Science, vol. 34, 4, .. : à Bédoin, Caromb, Malaucène et Mormoiron, bifaces en silex de type acheuléen. : dans le massif du Luberon, à Bonnieux, occupation moustérienne de l’abri du Pont de la CombetteTexier, P.-J., Brugal, J-P., Lemorini, C. et Wilson, L. (1998) - « Fonction d'un site du Paléolithique moyen en marge d'un territoire : l'abri de La Combette (Bonnieux, Vaucluse) », in: Économie préhistorique : les comportements de subsistance au Paléolithique, Brugal, J-P., Meignen, L. et Patou-Mathis, M., (Éds.), Sophia-Antipolis, Éd. ADPCA, XVIIIèmes Rencontres Internationales d'Archéologie et d'Histoire d'Antibes, .. : à Buoux, dans la vallée de l’Aiguebrun, industrie lithique de type moustérien dans la baume des Peyrards. : à Lacoste, occupation de type Paléolithique supérieur dans la grotte de la Combe Buisson, ainsi qu’à Ménerbes, dans l’Abri Soubeyras. Silex taillés en forme de burins, grattoirs, lamelles et pointes à dos, etc. avec outillage d’os, sagaies, baguettes demi-rondes, etc. : à Lacoste, site solutréen de plein air de la Font Pourquière. Son utilisation sera effective durant quatre millénaires. : à Apt, le site des Agnels, près du ruisseau de la Mauragne, est fréquenté par les chasseurs-cueilleurs (aurochs, cerfs, sangliers, lapins, etc.). Cette station de dépeçage qui sera utilisée pendant ans a livré pièces de silex taillés de 8 types différents. : à Lacoste, le site épipaléolithique de la grotte de la Combe Buisson, à « ambiance mésolithique », a livré des restes importants de microlithes. : la Durance qui se jetait directement dans la Méditerranée par la Crau est capturée par le Rhône.

Néolithique thumb|Le plus ancien site néolithique de France entre Courthézon et Châteauneuf-du-Pape thumb|Développement de la céramique cardiale et de la civilisation de Lagozza - ans : dans la moyenne vallée du Rhône, pour la période du Néolithique ancien, les fouilles sur le tracé du TGV ont mis en évidence une implantation sur le site des Petites Bâties, à Lamotte-du-Rhône. Les mêmes fouilles ont mis au jour des vestiges isolés sur les sites de Juilléras et de Pont-de-Pierre 2 nord à Bollène. - ans : à Courthézon, le plus ancien site néolithique de France a été découvert en 1971 au « Mourre de Pradel » sur le site du Baratin. Il a été daté du millénaire avant notre ère et est situé en bordure ouest de la plaine de l'Ouvèze, entre le massif collinaire de Châteauneuf-du-Pape à l'est où il constitue et les terrasses molassiques de Carpentras à l'ouest. Les premières fouilles sur ce site ont eu lieu de 1970 à 1972 sous la direction de Jean Courtin. Après une interruption de dix-neuf ans, elles ont été reprises en 1991 sous la direction d'Ingrid Sénépart. Pour la première fois, ses habitants, qui ont quitté grottes et abris pour s'installer en plaine et construire des cabanes, pratiquent l'élevage et l'agriculture. Leurs poteries décorées avec un petit coquillage se rattachent à la « civilisation cardiale », leurs pratiques pastorales et agricoles aux chasséens, culture autochtone du Midi de la France. Ce groupe qui consommait de 30 à 40 % de viande de chasse, marque le passage de la civilisation cardiale à celle des Chasséens, agriculteurs à 90 %.. - ans : dans la moyenne vallée du Rhône, sur le site de Julliéras, à Mondragon, les fouilles sur le tracé du TGV ont mis au jour deux monuments mégalithiques du Néolithique récent. - ans : dans la vallée du Calavon, à Bonnieux, village du Néolithique final aux Fabrys (20 hect). - ans : dans la moyenne vallée du Rhône, près de Bollène, sur le site de "Pont-de-Pierre 2 sud", les fouilles sur le tracé du TGV ont identifié sur des du chantier une occupation au Néolithique moyen avec sépulture, tessons de poteries, fragments lithiques et deux structures de pierres chauffantes de type « fours polynésiens » attribuables au Chasséen récent. Le corps d'un adulte avait été déposé sur une cuvette de de profondeur et inhumé dans un espace vide, mais non rigide (mauvais état de conservation). Il était en position fléchie plus ou moins contractée, les mains jointes ramenées près de la tête ou à la base du cou (inhumation en décubitus). Aux abords de la sépulture 20 artefacts en silex dont 4 pièces typiques du Chasséen récent : 2 fragments de lame à talon lisse et 2 lamelles à encoche transversale. thumb|Tertre funéraire - ans : à Goult, sur les bords du Calavon, est édifié un tertre funéraire de de diamètre. Sa salle est constituée par une dalle dolménique reposant sur deux murets de pierres sèches. Il sert de lieu d'inhumation à 30 corps dont une majorité d'enfants. - / - ans : en Provence, des stèles anthropomorphes (Lauris, Orgon, Senas, Trets, Goult, L'Isle-sur-la-Sorgue, Avignon) rattachées à la « civilisation de Lagozza ». L'agriculture devient prédominante dans les basses vallées du Rhône et de la Durance. - ans : habitat de la Balance à Avignon. - ans : à Ménerbes, édification du dolmen de la Pichouno qui comporte une grande dalle montée sur des murets de pierres sèches. - ans : à La Roque-sur-Pernes, premiers dépôts de corps dans l'hypogée de la Sanguinouse. Ce cimetière chalcolithique, qui est utilisé pendant 400 ans, contient soixante corps sur .

Âge du bronze - à - ans : dans la moyenne vallée du Rhône, sur le site de Julliéras, à Mondragon, les fouilles sur le tracé du TGV ont mis au jour un ensemble funéraire du Bronze ancien comprenant 9 sépultures en fosse. -2 090 ans (± 140 ans) : la vallée du Rhône, pendant l'âge du bronze, est devenue la grande voie de passage Nord / Sud de l’étain, venu d'Armorique et de Cornouailles. La route de l'étain commençait à l'estuaire de la Loire et remontait le fleuve afin de rejoindre le RhôneLa route de l'étain. Ce trajet est attesté par Diodore de Sicile qui, au avant notre ère, parlait d'un périple de trente jours pour atteindre l'embouchure du Rhône. Certains suggèrent un passage par Roanne, d'autres par la route du Puy-en-Velay et le col du RouxEntre les communes du Roux et de Saint-Cirgues-en-Montagne, la route départementale D160 emprunte aujourd'hui le tunnel du Roux, près de Saint-Cirgues-en-Montagne. Trafic qui n'était pas sans risque comme en témoigne l’hypogée de Roaix, au bord de l’Ouvèze, qui est daté de la fin du Chalcolithique. Situé au quartier des Crottes, dominant l’emplacement des anciens marais, il contenait 30 corps, hommes, femmes ou nouveau-nés, qui tous portaient des traces de blessures ou de traumatismes mortels puisque certains présentaient des pointes de flèches fichées dans les os du bassin ou au milieu du thorax. C'est probablement le résultat d'une guerre locale liée au trafic de l'étain. Il s'agit de l'une des plus anciennes preuves d'inhumation collective à la suite d'un massacre et de l'un des premiers témoignages de guerreJean Gagnepain, Préhistoire du Verdon : Alpes de Haute-Provence et Var, des origines à la conquête romaine, Édisud et Parc naturel du Verdon, Aix-en-Provence, 2002. , .. - ans : dans les Dentelles de Montmirail, occupation des grottes d’Ambrosi. Culte solaire et « pierres à bassin » pour sacrifices humains et d’animaux à l'oppidum de Courens.

Âge du fer Civilisation de Hallstatt

- 850 : la technique du travail du fer pénètre en Europe en remontant la vallée du Danube. Ce premier âge du fer est connu sous le nom de « civilisation de Hallstatt » du nom de la nécropole d’une station autrichienne du Salzkammergut, à de Salzbourg, où ont été fouillées tombes. La richesse des « seigneurs » de Hallstatt est basée sur l’exploitation des mines de sel. Cette civilisation va s’étendre de la Haute vallée du Danube à celle du Rhin moyen et de l’axe Saône-Rhône avec d’importantes agglomérations tous les 50 à . Sur ce territoire on exporte vers le bassin méditerranéen de l’étain, des bois, des peaux, des salaisons et des esclaves. L’exportation fournit des vases précieux, du vin et des parures. - 830 à - 800 : dans la basse vallée du Rhône, sur le site de Pont-de-Pierre 2 nord à Bollène, au bord du Lauzon, les fouilles TGV ont mis en évidence une des rares inhumations sous tumulus en Provence. Celui-ci avait été tronqué par le débordement du Lauzon jusqu’à . Ce qui n’a pas empêché les archéologues de retrouver, sur plus de autour du corps, les traces de plusieurs anneaux de terre constituant un cercle de de diamètre. Le tertre central était recouvert par trois autres tertres concentriques successifs, le dernier étant matérialisé par des galets rhodaniens calibrés placés en périphérie. Un fossé bordait l’ensemble. Le corps, celui d’un adulte masculin, reposait sur un fin dépôt charbonneux recouvert de de terre. Le seul mobilier funéraire était une grande jarre posée contre la jambe droite du défunt (typique du Bronze final 3b) et fracturée intentionnellement sur place. Cette constatation a permis de mettre en exergue un rite funéraire avec fracturation et prélèvement de certains fragments d’un vase d’accompagnement, rite considéré comme inédit au Bronze final 3b. - 755 à - 700 : dans la basse vallée du Rhône, sur le site de la Bâtie à Lamotte-du-Rhône, les fouilles TGV ont mis au jour une inhumation du début de l’âge du fer et permis la fouille de deux sépultures éloignées l’une de l’autre de 2,. Elles contenaient chacune un adulte déposé en décubitus dorsal. Pour la première, le mobilier funéraire était composé d’un vase (jarre non tournée en céramique fine décorée de cannelures) et d’objets de parure (petites perles d’ambre et six bracelets de bronze). Pour la seconde, le mobilier comprenait deux vases : l'un était identique à celui de la tombe voisine, et l'autre était une jatte en céramique fine non tournée à panse à profil surbaissé décorée de cannelures. Une jarre isolée, à une trentaine de mètres des deux tombes, a laissé supposer l’existence d’une troisième sépulture détruite lors du creusement d’un fossé gallo-romain. - 740 : les Grecs de Rhodes s’installent à Marseilleveyre, Arles, Saint-Blaise, La Valette, Cavalaire et Monaco. Ils donnent leur nom au Rhône (Rhodano). L’œnoché (cruche) et le kylis (coupe à vin) de Pertuis sont datés de cette période. thumb|Vases vinaires pseudo-ioniens ( avant notre ère) - 594 : fondation de Massalia par les Phocéens, sur les bords du Lacydon. La tradition veut que les Grecs de Phocée aient enseigné aux populations autochtones l’art de greffer (enter) l’oléastre (olivier sauvage) et les lambrusques (vignes sauvages). - 550 : développement du premier port de Roquemaure, sur le Rhône, qui rayonne sur Avignon et dessert les itinéraires cévenols.