La bataille de la est une bataille de la Première Guerre mondiale qui oppose le britannique ( et ) et le corps canadien commandé par le général Arthur Currie à de la armée allemande. Cette bataille se déroule à proximité de la ville de Lens dans le Pas-de-Calais en France, du au .

L'objectif principal de cette bataille pour les troupes alliées n'est pas d'obtenir des gains territoriaux mais de fixer un maximum de troupes allemandes, leur infligeant le plus possible de pertes pour les détourner de la bataille de Passchendaele. Le Corps canadien effectue une opération à objectif limité et parvient à occuper rapidement la , il établit des positions défensives et repousse les contre-attaques allemandes. Une nouvelle tentative canadienne pour s'emparer de Lens échoue avec des pertes sévères. Lens reste sous le contrôle allemand.

Au cours de cette bataille, les belligérants emploient les gaz toxiques en grande quantité, les Allemands utilisent leur nouvel obus à croix jaune contenant un agent vésicant soufré qui sera appelé par la suite le gaz moutarde ou ypérite. Finalement, les objectifs du Corps canadien ne sont que partiellement atteints : ils ont réussi à empêcher le transfert de formations allemandes ou de matériel vers Ypres, mais ils n'ont pas pu attirer de renforts supplémentaires allemands sur le lieu de la bataille.

Contexte historique La ville de Lens tombe sous le contrôle allemand en lors de la course à la mer. Les Allemands occupent également les hauteurs de la au nord de la ville, et la colline de Sallaumines au sud-est. Ces deux hauteurs permettent d'observer les zones alentour et de contrôler la ville de Lens elle-même. La , ou "cote 70" est une étendue sans arbres qui en est déjà attaquée par les Britanniques lors de la bataille de Loos mais ces derniers ne peuvent se maintenir.

Le général Henry Horne, commandant de la britannique, fait relever le d'armée britannique par le corps d'armée canadien le et ordonne la capture de la ville de Lens pour la fin du mois. L'opération a pour but d'engager un maximum d'unités allemandes pour les empêcher de rejoindre et renforcer le secteur d'Ypres où se déroule la bataille de Passchendaele.

Le mois précédent, le commandement du Corps canadien change. Son commandant Julian Byng est promu général et remplace le général Edmund Allenby à la tête de la britannique. Arthur Currie, le commandant de la canadienne est promu au grade de lieutenant-général et prend le commandement du Corps canadien.

Plan tactique

Après avoir étudié le terrain, Currie estime que la prise de la ou de la colline de Sallaumines est tactiquement plus important que le contrôle de la ville de Lens. Il montre que si les Canadiens parviennent à conquérir Lens, les Allemands, maîtres des hauteurs environnantes leur causeront de fortes pertes et pourront reprendre la ville selon leur bon vouloir. Lors d'une conférence des commandants de corps d'armée, le général Currie persuade le général Henry Horne de faire de la l'objectif principal de cette offensive limitée et non la ville de Lens. En effet le contrôle de la permet d'obtenir une excellente vue des lignes allemandes, en préparation de futures offensives.

Currie pense de plus que si la est capturée, les Allemands tenteront de contre-attaquer pour récupérer ce point d'observation. De plus il considère que la position nouvellement capturée permettrait de diriger les tirs d'artillerie très efficacement contre toutes les contre-attaques allemandes. Le plan mis en place est une conquête rapide de la , l'établissement de positions défensives et l'utilisation d'une combinaison d'armes légères et d'artillerie pour repousser les contre-attaques prévues et infliger le plus de pertes possibles à l'ennemi.

Afin de tromper les Allemands sur le lieu de l'attaque, des opérations mineures sont réalisées dans le but de les convaincre d'une prochaine attaque de la britannique au sud du canal de La Bassée. Dans le cadre de ces opérations mineures, la canadienne attaque des unités de la allemande de réserve à la tranchée de Méricourt et dans le même temps la britannique réalise des attaques au gaz au nord de Loos-en-Gohelle à la fin de .

Le mauvais temps entraîne le report de l'attaque de la de fin jusque vers la mi-août. En attendant, les troupes spéciales des Royal Engineers harcèlent les troupes allemandes en tirant un total de de gaz et de gaz le . L'artillerie neutralise 40 sur les ennemies estimées dans la région à l'heure de l'attaque, en partie avec la technique de feu prévue pour la première fois, en utilisant des points de référence et des fusils calibrés, ce qui a grandement amélioré la précision des tirs d'artillerie. Les troupes canadiennes sont régulièrement envoyées en arrière du front pour répéter l'assaut. Ces actions préliminaires à une attaque ne passent pas inaperçues pour les Allemands, rendant impossible la dissimulation des intentions générales de la ou le moment de l'attaque. Pour tenter de les leurrer sur la date et le lieu de l'assaut, des exercices avec des chars factices sont réalisés par le d'armée le à l'ouest de Lens.

La bataille Forces en présence Le lieutenant-général Arthur Currie, commandant du corps canadien dispose de trois divisions d'attaque, d'une division de réserve et d'unités de soutien.

Le général Otto von Below, commandant de la armée allemande, est responsable de la zone située entre Lille et Cambrai comportant la , Loos. Il dispose de la d'infanterie, de la de la Garde, de la d'infanterie, de la de réserve et de la d'infanterie.

Assaut de la

Arthur Currie décide d'employer les 1 et canadiennes pour attaquer la sur un front de (). Leur objectif est de capturer les positions défensives ennemies principales sur le versant oriental de la . Les objectifs sont délimités en profondeur par trois lignes. Dans un premier temps, les troupes d'assaut doivent capturer d'abord les tranchées de première ligne, puis la seconde position allemande sur la crête de la colline au cours de la deuxième étape, et pour finir la troisième ligne allemande sur le côté inverse de la pente à () de la position de départ. La d'infanterie de la canadienne attaque au nord de la , tandis que la d'infanterie canadienne attaque le sommet lui-même. Les et de la d'infanterie canadienne attaquent les décombres des villes de Saint-Édouard, Saint-Laurent et Saint-Émile directement au sud de la .

L'attaque débute à l'aube du à . Les sections spéciales des Royal Engineers tirent des fûts de mazout dans la banlieue de Sainte-Élisabeth et sur d'autres cibles sélectionnées pour mettre en place un écran de fumée et compléter le barrage d'artillerie roulant. L'artillerie de position divisionnaire exécute un barrage roulant directement devant les troupes d'assaut, des obusiers bombardent les positions allemandes avant le barrage roulant, et les obusiers lourds bombardent sur les points fortifiés allemands connus. Des observateurs avancés, officiers d'artillerie, se déplacent avec l'infanterie, et des avions d'observation survolent le front et envoient radio pour le réglages des tirs d'artillerie. La veille, les Allemands ont déplacé leurs réserves en prévision de l'attaque canadienne. Le rassemblement des troupes canadiennes est détecté par les Allemands à du matin. Trois minutes avant l'attaque, l'artillerie allemande entame un barrage défensif sur des points dispersés du front.

Les postes avancés des et de réserve allemandes sont débordés. Vingt minutes après le début de l'attaque, les deux divisions canadiennes atteignent leur premier objectif. À , la d'infanterie canadienne, chargée de s'emparer du sommet de la colline, atteint les objectifs de deuxième ligne tandis que des unités des trois autres brigades ont déjà atteint leur objectif final. Cependant, seules les compagnies situées sur les ailes de la brigade peuvent atteindre leurs objectifs. Le reste des deux bataillons est forcé de battre en retraite jusqu'à mi-pente et doit consolider ses positions sur la ligne d'objectifs intermédiaires.

Sur le flanc droit de la canadienne, la d'infanterie de la canadienne effectue une opération de diversion qui réussit à attirer des tirs de représailles allemands loin de l'opération principale. Quatre heures plus tard, la d'infanterie de la canadienne tente d'exploiter l'affaiblissement des forces allemandes par de fortes patrouilles en direction du centre de Lens. Les Allemands contre-attaquent localement les avant-gardes de la canadienne et les repoussent à la périphérie de la ville.

Premières contre-attaques En prévision de contre-attaques allemandes, les et canadiennes commencent à renforcer et construire des points forts immédiatement après la capture de la première ligne. Deux heures après le début de la bataille, les Allemands commencent à utiliser les réserves présentes pour monter des contre-attaques locales. Entre et du matin le , les Allemands exécutent quatre attaques locales contre les positions canadiennes. Chaque attaque est repoussée grâce au travail des observateurs d'artillerie situés aux premières lignes qui dirigent précisément le barrage sur les positions allemandes. Dans au moins un cas, la contre-attaque est repoussée seulement après un engagement au corps à corps.

Les Allemands font rapidement monter en ligne sept bataillons supplémentaires issus de la de la Garde et de la d'infanterie pour renforcer les huit bataillons de ligne déjà en première ligne. Au cours des trois jours suivants, les Allemands exécutent au moins contre les positions canadiennes. Une de ces attaques frontales contre la d'infanterie canadienne dans l'après-midi du 15 échoue finalement. Une attaque allemande contre la d'infanterie canadienne parvient à reprendre la tranchée Chicorée mais est repoussée plus tard, le même après-midi.

Prise de la et contre-attaques La matinée du est relativement calme ; seules sont à noter quelques tentatives d'infiltration des lignes canadiennes par de petits groupes d'Allemands. La canadienne, après avoir échoué à capturer la totalité des objectifs de la journée précédente, capture le reste de sa ligne d'objectif l'après-midi du 16. L'assaut dure un peu plus d'une heure, les troupes ensuite sont forcées de se défendre contre une série de contre-attaques allemandes durant une dizaine de jours.

Le , les et d'infanterie canadiennes tentent de réduire un saillant allemand entre les villes de Sainte-Élisabeth et de Lens mais échouent. De leur côté, les Allemands continuent les contre-attaques sur la colline. Le commandement allemand se rend compte que l'artillerie canadienne et britannique doit être neutralisée avant toute contre-attaque pour espérer la voir couronnée de succès.