Le Criminel (), ou Criminel en Belgique, est un film noir américain réalisé et coécrit par Orson Welles, sorti en 1946. Il s'agit de son troisième long métrage en tant que réalisateur et son premier film noir.
Traitant du thème des crimes de guerre, c'est le premier film hollywoodien à présenter des séquences documentaires sur la Shoah.
Le film est nommé pour le Lion d'or au festival international du film de Venise, à cette époque seul festival à décerner un « grand prix international » de cinéma. Victor Trivas est nommé aux Oscars 1947 dans la catégorie « meilleur scénario ».
Synopsis
Peu après la Seconde Guerre mondiale, l'inspecteur Wilson, agent de la Commission des crimes de guerre des Nations unies, traque les criminels de guerre allemands. Il convainc la Commission de libérer Konrad Meinike, un de ces criminels. Son plan est de le prendre en filature afin que celui-ci le conduise à Franz Kindler, jadis responsable de haut rang des camps de concentration. Effectivement, Meinike se lance à la recherche de Kindler , qu'il retrouve à Harper, une petite ville du Connecticut, aux États-Unis.
Kindler y a refait sa vie sous le nom de Charles Rankin ; il est devenu un professeur aimé et apprécié dans une école locale.
vignette|gauche|Orson Welles et Loretta Young.
Au moment où Meinike le retrouve, Rankin se prépare à épouser Mary Longstreet, la fille d'un juge de la Cour suprême. En dehors des cours, il passe son temps à réparer le mécanisme du Glockenspiel du beffroi de l'église.
Meinike découvre qu'il est suivi par Wilson. Il l'assomme, le laissant pour mort, puis va à la rencontre de Kindler. Meinike, en prison, s'est converti et croit que c'est Dieu qui l'a libéré ; il implore Kindler de confesser ses propres crimes. Au lieu de cela, Kindler l'étrangle et enterre le corps dans la forêt.
Wilson revient à lui et commence à enquêter sur les récents nouveaux arrivants de la petite ville. En raison du mariage de Rankin avec Mary Longstreet, il ne soupçonne pas celui-ci, jusqu'à ce que ce dernier n’éveille ses soupçons au cours d'un repas en affirmant que puisque Karl Marx était Juif, il ne pouvait pas être Allemand.
Cependant, aucune preuve ne vient confirmer les soupçons de Wilson. Seule Mary sait que Meinike a rencontré son mari, mais elle lui garde une confiance inébranlable. Wilson approche Mary pour l'amener à admettre que son mari est un criminel.
Kindler commence à être ébranlé quand Red, le chien de la famille, découvre le corps de Meinike. Pour protéger son secret, il empoisonne l'animal qui est retrouvé par le frère de Mary.
Mais Wilson a semé le doute : Mary commence à soupçonner que son mari ne lui dit pas la vérité. Il admet alors avoir tué Meinike et Red, mais affirme que Meinike le faisait chanter. Mary, qui l'aime toujours et veut le protéger, l'aide en mentant á Wilson au sujet de Meinike. Wilson lui montre alors des images des camps de concentration nazis et lui explique comment Kindler a contribué au génocide. Mary est déchirée entre son amour et son désir d'apprendre la vérité.
Se voyant découvert, Kindler essaie de mettre en scène un « accident » fatal pour Mary, mais elle échappe au piège. En acceptant enfin la vérité, elle met son mari au défi de la tuer en la regardant en face. Kindler se lance mais l'arrivée de Wilson et du frère de Mary l'en empêche.
Kindler s'enfuit et se réfugie dans le Glockenspiel, suivi par Mary puis par Wilson. Alertés, les habitants de la ville se massent à l'extérieur du bâtiment. Au sommet du beffroi, Mary tire sur Kindler qui, touché, s'empale sur l'épée de l'un des automates. Il se dégage mais, grièvement blessé, il tombe dans le vide.
Fiche technique
Titre français : Le Criminel Titre belge : Criminel Titre original : Réalisation : Orson Welles Scénario : Anthony Veiller, John Huston et Orson Welles, d’après une histoire de Victor Trivas Adaptation : Victor Trivas et Decla Dunning Musique : Bronislau Kaper Photographie : Russell Metty Montage : Ernest J. Nims Direction artistique : Albert S. D'Agostino (non crédité) Décors : Perry Ferguson Costumes : Michael Woulfe (non crédité) Production : Orson Welles, Sam Spiegel Sociétés de production : Mercury Productions et RKO Pictures Sociétés de distribution : RKO Radio Pictures (États-Unis - sortie initiale) Pays de production : Langue originale : anglais (quelques mots en espagnol et en français) Genre : film policier Format : noir et blanc - 1,37:1 - 35 mm - mono (RCA Sound System) Durée : 95 minutes Dates de sortie : États-Unis : (sortie limitée : Los Angeles et Salt Lake City) ; (sortie limitée : New York) ; (sortie nationale) France : Affiche : Clément Hurel (France)
Distribution
Production Orson Welles finit le tournage avec dix jours d'avance sur la date prévue. Il considère toutefois cette œuvre comme son film le moins bon, disant à son propos :
Selon lui, il n'y avait rien de lui là-dedans.
Notes et références
Notes
Références
Voir aussi
Article connexe Cinéma et Shoah
Liens externes
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