thumb|alt=Photo d'une voiture roulant en pleine course.|Robert Benoist gagnant du Grand Prix de l'UMF Cyclecars du Mans en 1922, sur Salmson VAL. thumb|Robert Benoist, vainqueur sur Delage au Grand Prix de l'A.C.F. 1925. thumb|Robert Benoist vainqueur sur glace à Gjersjoin, en février 1926 (Norvège, sur Delage). right|thumb|alt=Photo d'un homme prenant la pause au volant de sa voiture, cernée par la foule.|R. Benoist au Grand Prix de San Sebastián 1926. right|thumb|alt=Photo d'un homme, Robert Benoist, le vainqueur de la course félicité à l'arrivée.|Robert Benoist vainqueur du Grand Prix de l'ACF 1927. right|thumb|alt=Photo d'un homme, Robert Benoist, serrant les mains des officiels de la course après une victoire.|Robert Benoist recevant le trophée du vainqueur du Grand Prix de l'ACF. thumb|right|alt=Photo d'un départ de course, deux voitures, l'une à gauche, l'autre à droite, sont à la même hauteur.|Robert Benoist (à G.) futur vainqueur du Grand Prix d'Italie 1927, sur Delage 155B. thumb|Robert Benoist futur vainqueur du GP d'Angleterre 1927, sur Delage 155B à Brooklands. thumb|alt=Photo de deux hommes, Benoist et Marinoni assis sur la carrosserie d'une voiture.|Robert Benoist et Attilio Marinoni, victorieux à Spa en 1929, lors des 24 Heures. thumb|Bugatti vainqueur des 24 Heures du Mans 1937, avec Robert Benoist et Jean-Pierre Wimille. Marcel Charles Benoist, dit Robert Benoist, né le à Auffargis (Yvelines) et mort le à Buchenwald, est un pilote automobile et résistant français.

Fils de Gaston Benoist, garde-chasse chez les Rothschild, il est vainqueur du Grand Prix automobile de France en 1925 et 1927, des Grand Prix d'Italie, d'Espagne, de Grande-Bretagne en 1927 également et finalement officieux champion du monde la même année (seul le titre constructeur existant alors). Il est en outre vainqueur des 24 heures du Mans (en équipe avec Jean-Pierre Wimille) en 1937 et de celles de Spa en 1929.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, en tant qu'agent secret du Special Operations Executive (SOE), il devient membre du réseau CHESTNUT puis chef du réseau CLERGYMAN. Arrêté par les Allemands, il est déporté et assassiné à Buchenwald.

Biographie Âgé de treize ans, il est engagé comme apprenti mécanicien chez Grégoire, où il reste quatre ans. Il devient ensuite agent commercial pour la firme Unic.

Première Guerre mondiale Il sert dans le d'infanterie puis il passe dans l'aéronautique militaire. Il obtient son brevet de pilote le et sert alors comme pilote de reconnaissance et brièvement comme pilote de chasse. Il abat un avion allemand, mais son appareil est abattu à son tour et il doit atterrir entre les lignes de front. Il devient ensuite instructeur de vol et moniteur d'acrobaties aériennes à Pau, avant d'être démobilisé en . Il a alors le grade de sous-lieutenant.

Carrière de pilote automobile Cherchant à retrouver les sensations qu'il avait éprouvées comme pilote de chasse, Benoist rejoint la société automobile de Marçay comme pilote d’essai (remportant la première édition régulière du Grand Critérium international de tourisme Paris-Nice en 1921 sur une voiturette 7hp de la marque), puis la Société des moteurs Salmson avec laquelle il remporte des courses de cyclecar (voiturettes à moteur ).

En 1922, il gagne le "200" de Brooklands, puis le Grand Prix de l'UMF (l'Union Motocycliste de France) Cyclecars au Mans (les deux fois devant son équipier Desvaux). Il s'impose aussi au Cyclecar de Tarragone. Pilote rapide, il a les meilleurs temps en course à Brooklands et Tarragone.

En 1923, il remporte le Bol d'or automobile sur Salmson L4 (), après avoir terminé deuxième l'année précédente de l'épreuve pour la même marque. Il s'impose ensuite au de Milan et au Grand Prix de l'UMF, en ayant entretemps enchaîné une série de deuxièmes places (au , au Grand Prix de Suisse, au Grand Prix du MCF, au , et au Grand Prix de Boulogne). En fin d'année il est encore troisième du "200" et il obtient une troisième victoire au mois de novembre lors du . Meilleur pilote de la saison sur ce type de véhicules, il a en outre obtenu le meilleur temps au tour en Suisse, au MCF, et à Brooklands. Son plus fréquent rival durant les années cyclecars chez Salmson n'est autre que son partenaire, Lucien Desvaux.

En 1924, il entre chez Delage (troisième du Grand Prix de l'ACF)Alors que cette année-là Maurice Benoist est le vainqueur du Grand Prix de La Baule, avec le meilleur temps en course, sur EHP-Ruby., puis l'année suivante faisant équipe avec Albert Divo il remporte le Grand Prix automobile de France (dit de l'ACF) sur l'autodrome de Linas-Montlhéry, au cours duquel le célèbre coureur italien, Antonio Ascari, perd la vie. Benoist est aussi deuxième du Grand Prix de Saint-Sébastien moins de deux mois plus tard.

En 1924 et 1925, il est vainqueur de la Course de côte Limonest - Mont Verdun sur Delage 6 cylindres, . Il reçoit aussi le premier Grand Prix de la Côte d'Azur attribué en 1925, un trophée récompensant les résultats acquis dans les trois côtes de La Turbie, du Mont Agel et de l'Ésterel, décerné par les Automobile Clubs de Nice, Monaco et Cannes.

En 1926, le , il gagne la course de Gjersjoen sur neige et glace en Norvège devant près de autres concurrents dans un fjord gelé, avec Delage après une semaine complète d'entraînement spécifiqueTrès Sport, avril 1926, , , puis il doit essentiellement se contenter de deux troisième places, lors du RAC Grand Prix de Brooklands, et également au Grand Prix d'Espagne à Lasarte, associé à Louis Wagner qu'il relaie pour terminer l'épreuve, sa propre voiture ayant abandonné sur panne de compresseurMaurice son frère finissant huitième du Grand Prix de Boulogne sur Sima-Violet, en cette même année 1926..

En 1927, au volant de sa Delage 155B, il remporte (après le Grand Prix de l'Ouverture hors championnat en début de saison) les Grands Prix de l'ACF (pour la seconde fois), d'Italie, d'Espagne, de Grande-Bretagne et est finalement sacré officieusement Champion du Monde 1927 (le titre officiel des manufacturiers revenant à Delage). Il est le seul pilote à avoir jamais remporté l'ensemble de ces Grand Prix lors de la même année, ce qui lui vaut de recevoir la Légion d'honneur. La voiture resservira lors des 500 miles d'Indianapolis 1929 entre les mains de Louis Chiron.

Lorsqu'en 1928 la société Delage se retire de la compétition automobile, Robert Benoist se retrouve sans volant et est engagé comme directeur du Garage Banville à Paris. Il participe cependant encore à quelques courses pour l'équipe Bugatti, terminant deuxième du Grand Prix d'Espagne de Saint-Sébastien.

Faisant équipe avec Attilio Marinoni en 1929, il remporte les 24 heures de Spa en Belgique, sur Alfa Romeo 6C 1750 SS. À la fin de la saison, il se retire de la compétition.

Il fait son retour en 1934 dans l’écurie Bugatti ( au GP de l'A.C.F.). Il est bientôt nommé directeur du département compétition, et lance le projet Le Mans de la compagnie.

En 1935, il s'impose lors du Grand Prix de Picardie, puis en 1936 il termine deuxième des Grand Prix de la Marne et du Grand Prix du Comminges. La même année, il obtient en septembre, quatre records internationaux à Montlhéry avec une Bugatti Sport : (à de moyenne), (à de moyenne), (à de moyenne) et de l'heure (à )Match, L'Intran, 29 septembre 1936, .

L'année suivante, faisant équipe avec Jean-Pierre Wimille, il remporte pour sa troisième tentative depuis 1928, les 24 Heures du Mans 1937 sur une Bugatti Type 57G Tank (ainsi que l'indice de performance), ce qui permet aux deux hommes d'être titulaires de deux records de 24 heures avec la Type 57S (en distances parcourues): celui mondial des 24 heures sur route avec la victoire mancelle, mais aussi celui acquis le sur l'autodrome de Linas-Montlhéry (record international sur piste)Publicité d'époque pour les deux records de 24 Heures (1937).. À la suite de sa victoire au Mans, Benoist se retire de la compétition, mais il continue de diriger le département courses de Bugatti.

Il aura au total remporté en carrière 22 victoires en courses de côte : Course de côte de Gaillon (Rouen): 1922, sur Salmson 8 cylindres Course de côte de côte d'Argenteuil: 1924, sur Delage 6 cylindres Course de côte du Pic Montaigu (Bourges): 1924, sur Delage Sprint Course de côte du Mont Agel (Nice): 1924, sur Delage 6 cylindres Sp, puis 1925 et 1926 sur Delage Sprint Course de côte de Le Camp (Cuges) (Marseille): 1924, sur Delage Sprint et 1925 sur Delage Sprint Course de côte Limonest - Mont Verdun: 1924, sur Delage Sprint et 1925 sur Delage Sprint Course de côte de Laffrey (Grenoble): 1924, sur Delage 12 cylindres Course de côte de Saint-Alban-Les Eaux (Roanne): 1924, sur Delage Sprint I Course de côte de Château-Thierry (Reims): 1925 sur Delage DH 12 cylindres, 1935 sur Bugatti Type 53 (4 roues motrices) et 1936 sur Bugatti Type 59 Course de côte de La Californie (Nice): 1925, sur Delage Sprint Course de côte de l'Esterel (Cannes): 1925, sur Delage Sprint Course de côte Nice - La Turbie: 1925, sur Delage Sprint Course de côte de la Mi-Corniche (Monaco): 1925 mars, sur Delage Sprint Course de côte de Poix (Picardie): 1926 sur Delage 2 LCV et 1927 sur Delage 15S8 Course de côte de Chavigny (Nancy): 1935, sur Bugatti Type 53 (4 roues motrices)

Seconde Guerre mondiale Au début de la Seconde Guerre mondiale en , il est rappelé dans l'Armée de l'Air. Robert Benoist et Jean-Pierre Wimille, qui avaient remporté ensemble les 24 heures du Mans, étaient amis d'un autre pilote de Grand Prix, William Grover-Williams, ainsi que de leur compatriote Robert Mazaud. En , lorsque les hostilités commencent et que la France est occupée, les trois amis partent pour l'Angleterre où ils rejoignent le Special Operations Executive en tant qu'agents secrets.

Sa première mission a pour nom de code : CHESTNUT. Parachuté en France, Benoist organise des cellules de sabotage et, avec William Grover-Williams, s'occupe de la récupération de parachutage d'armes et de munitions en forêt de Rambouillet, qu'il stocke dans sa maison d'Auffargis d'où il organise leur distribution.

En , le réseau Prosper-PHYSICIAN à Paris s'effondre, avec l'arrestation de ses chefs, Francis Suttill « Prosper », Gilbert Norman « Archambault » et Andrée Borrel « Denise », puis d'une grande quantité d'agents et de résistants.

Le , l'opérateur radio Roland Dowlen « Achille », repéré par radio-goniométrie, est arrêté chez lui en pleine émission (à Pierrelaye, près de Pontoise).

Le , le frère de Robert Benoist, MauriceMaurice Benoist est également pilote automobile officiel durant les années 1920, pour les constructeurs EHP (moteur Ruby) en 1924 et 1925, puis Tracta en 1927 et 1928, est arrêté chez lui à Paris. Le 2, il accompagne les Allemands au château d'Auffargis. La maison de Benoist est mise à sac par la Gestapo. Sa femme, son père, les domestiques et Grover-Williams sont arrêtés (ce dernier sera exécuté au camp de Sachsenhausen). Le 4, Robert Benoist est arrêté à Paris. Pendant son transfert au quartier général de la Gestapo, il saute du véhicule et parvient à s'échapper. Il reste caché quelque temps dans l'appartement de sa secrétaire. Dans la nuit du 19/20, il rentre en Angleterre par avion Hudson, qui le récupère près d'AngersOpération DYER organisée par Henri Déricourt ; terrain : ACHILLE ; appareil : Hudson ; équipage : Wg Cdr Hodges, flt lt Alan Broadley, « Lofty » Reed ; personne amenée (1) : Paul Deman (DYER) de la section DF ; personnes ramenées en Angleterre (10) : Marie-Thérèse Le Chêne, Tony Brooks, Robert Boiteux, Octave Simon, Joseph Marchand, Victor Gerson, Robert Benoist, Francis Basin, Raymonde Menessier, Jean-Louis de Ganay. [Source : Verity, .].