thumb|Une chaufferette à braise. Une chaufferette est un petit appareil de chauffage (souvent portable) qui permet de se réchauffer ; différents types sont disponibles : réfractaire, à bâtonnets ou chimique. C'est aussi le nom d'un type de brasero utilisé par certains viticulteurs champenois pour limiter les dégâts du gel sur les vignes. Au Québec, ce terme désigne également le dispositif de chauffage de l'habitacle dans un véhicule.
Chaufferettes à braise Le terme chauffette ou chaufferette se rencontre souvent dans les inventaires d’objet datant du . Il désignait aussi bien le chauffe-lit, le chauffe-pieds, le chauffe-mains, le chauffe-biberon, etc., de formes et de matières les plus diversesHavard (H.). Dictionnaire de l’ameublement et de la décoration depuis le jusqu’à nos jours. Paris, maison Quantin, 1887-1890. 4 vol tome 1 ..
Usage cancérigène
En 1772, le médecin valenciennois André Ignace Joseph Dufresnoy (1733-1801) "découvre" et commence à expliquer une maladie des ouvrières du textile (du nord de la France dans ce cas) qui restera méconnue jusqu'au milieu du : il envoie à la Société royale des sciences de Montpellier des ce qui semble être la première description de l’ (ou « dermite des chaufferettes », une entité médicale qui ne sera vraiment comprise qu’en 1967 à partir d'observations faites dans le Nord-ouest de la Chine.
Dufresnoy, dans l'exercice de sa profession, constate une fréquence fortement accrue de lésions ulcéreuses évoluant en cancer de la peau, après d'autres anomalies cutanées apparaissant sur les jambe des femmes pauvres qui tissaient ou produisaient la dentelle dans les caves ou des ateliers non chauffés. Il fait cette observation dans une période climatiquement très froide (période la plus froide du petit âge glaciaire) et dit ;
Ce médecin note que les femmes riches portant des caleçons sont épargnées, ce cancer ne touchant selon lui
Mais il ne devine pas que la combustion du charbon de bois, de l'huile ou plus souvent dans le nord de la France du Charbon de terreAnthony Du Vivier, Phillip H. McKee, Atlas de dermatologie clinique (2e édition), Bruxelles, Paris, De Boeck université, 1996, p. 456. est source de particules et d'émanations cancérigènes (de benzo(a)pyrène notamment montrera-t-on bien plus tard ; un puissant carcinogène, utilisé de nos jours dans le modèle animal pour induire des cancers) IARC(2012) Monographs on the Evaluation of Carcinogenic Risks to Humans ; vol. 100F : 110-144., ce qui sera démontré peu après par un autre médecin (le chirurgien anglais Percivall Pott, en 1775 à la suite de l'étude du cancer du scrotum touchant fréquemment les ramoneurs (Pott a relié ce cancer, très rare dans la population générale, à « son origine à la suie qui se [logeait] dans les rides du scrotum »Percivall Pott (1777), Œuvres chirurgicales, tome 2, Paris, Didot, p. 295 sq. Percivall Pott (1775) Chirurgical observations relative to the cataract, the polypus of the nose, the cancer of the scrotum, the different kinds of ruptures and the mortifications of the toes and feet, London, Carnegy, 1775. ; la médecine officielle ne reconnaîtra le caractère cancérigène de l'usage des chaufferettes à braise que dans les années 1960, 200 ans après les observations de Dufresnoy et l'explication donnée par PottCoste J (2011, Nov.) Sur les traces d’une maladie inobservée des anciennes sociétés: les ulcères et cancers cutanés des ouvrières textiles des Flandres et du Hainaut au XVIIIe siècle. In Pour une histoire de la santé des classes populaires en France, en Flandre, en Italie et en Suisse, .
En 1910 un médecin (Neve) avait pourtant déjà établi un lien causal entre l’usage du kangri, kangid ou kangir (petite réserve portative de braises de bois ou de charbon), utilisé par les habitants du Cachemire pour se réchauffer et l'apparition de cancers cutanés des cuisses et de l’abdomen très inhabituels ailleurs dans le monde ; ce kangri était porté sous les vêtements, parfois directement sur la peau.
Chauffe-lit Moine On utilisa dans les campagnes françaises, jusqu'en 1950 environ, un appareil nommé moine : il comprenait un récipient métallique contenant les cendres chaudes du feu de bois (ou de charbon) de la pièce principale, isolé entre deux luges de bois permettant de le glisser quelques minutes dans un lit sans roussir les draps. Son effet était apprécié pour réchauffer les draps et les rendre bien secs avant le coucher. Dans les derniers modèles, la source de chaleur était une ampoule électrique suspendue à l'intérieur des luges, ce qui rendait le dispositif beaucoup plus pratique.
Bassinoire Une variante du moine, nommée bassinoire, ne comportait pas de glissières et se composait d’un réservoir en forme de poêle de métal, généralement de cuivre ou de laiton, et dont le couvercle percé laissait passer l’air pour le maintien des braises et échapper la chaleur. Le tout était tenu au bout d'un manche (bois ou métal) qui demandait une grande habileté pour ne pas risquer d'abîmer les draps. Ustensile que l’on trouve encore dans un but décoratif et de fabrication récente. Réchaud à briquette Petit panier métallique muni d’anses en fil de fer sur lequel était déposée une briquette de terre cuite vernissée préalablement chauffée sur la braise. Briques Beaucoup de familles avaient aussi l'habitude de faire chauffer des briques sur la cuisinière ou le poêle à feu continu, puis de les envelopper dans des feuilles de papier ou dans un torchon, et de les placer au moment du coucher dans le lit sous les draps en particulier à l'emplacement des pieds plus sensibles au froid.
Chauffe-pieds
Les chauffe-pieds peuvent être considérés comme une variante spécifique des chaufferettes. Alors que les chaufferettes sont généralement conçues pour fournir une source de chaleur à une zone ou à un espace général, les chauffe-pieds sont spécifiquement conçus pour apporter du confort thermique aux pieds.
Autrefois, c'était une petite boîte métallique dont le couvercle percé laissait passer la chaleur des braises tirées d'un feu de bois et manipulées avec une pelle à couvotGuide des outils et objets domestiques, André Mercuzot, éd. Jean-Cyrille Godefroy 1997, page 268. On posait les pieds dessus, puis on se recouvrait les jambes d'une couverture pour que la chaleur monte également le long des jambes Un autre type de chauffage, pour les pieds, et pour les plus pauvres, consistait en une brique chauffée au four, et déposée au fond du lit, auparavant enveloppée de linge.
Il existe un modèle de chaufferette en bois à l’extérieur et doublé de fer à l'intérieur, le plus souvent contenant un seau en fonte, en fer, en laiton ou cuivre, dans lequel étaient déposées les braises.
Chauffe-mains
Chaufferette à mains, pomme, escaufaille, pomme à chauffer les mains, chauffe-doigts, boule à chauffer ou comtesse en forme de livre. Utilisées dès le elles permettaient d'avoir chaud aux mains en les gardant dans les poches. Il s'agit généralement d'une boule creuse de métal, attachée au bras par une chaînette et s'ouvrant en deux hémisphères que l'on remplissait de braise.
Parfois, le chauffe-mains prenait l’aspect d’un livre d'heures car ces chaufferettes étaient utilisées tant par les ecclésiastiques que par les fidèles pour se prémunir des engelures l’hiverObjets civils domestiques, par Catherine Arminjon et Nicole Blondel (éd. Imprimerie Nationale, 1984) dans les nefs froides des églises.
Chaufferette à eau
Avec la disparition progressive des cheminées au bois et l’apparition des fourneaux ou des cuisinières bois-charbon ; la nature de l’élément énergétique est passée du solide (braise) au liquide (eau). Cette mutation affecta également la nature du contenant qui est plus connu sous le nom de bouillotte.
Ce nouveau mode de chauffage évite tout risque d’incendie et est, hormis un risque d’humidité dû à une fuite, toujours d’actualité, le contenant prit toutes les formes imaginables dans une multitude de matières. récipient en forme de cruche ou de bouteille de grès, matière qui emmagasine la chaleur, Récipient métallique, laiton ou acier galvanisé plus économique, moins fragile, plus facile à fabriquer industriellement, Récipient de matière souple comme le caoutchouc, dont l’aspect souplesse permet son usage tant en chauffe-lit qu’en chauffage corporel ponctuel (mains, reins, dos, pieds).
Dès la fin du , ce nouveau moyen énergétique excita l’imagination d’inventeurs qui créèrent les bouillottes les plus originales : en 1770, un cordonnier pour femme, imagine des pantoufles de spectacle munies de talons métalliques creux et remplis d’eau chaude, en 1780, un fontainier publia une de ses créations sous la forme d’un petit réservoir rempli d’eau bouillante pour tenir les pieds au chaud dans les voituresJournal général de France, 17 janvier 1780.
Chaufferette électrique
La première chaufferette fonctionnant à l'électricité est apparue au début du , plus précisément en 1922.
Cette catégorie de chaufferettes s'est déclinée en plusieurs types :
Radiateur rayonnant : Appareil utilisant des éléments chauffants (céramiques ou non) pour disperser la chaleur par rayonnement. Radiateur halogène : Type de chaufferette relativement similaire au radiateur rayonnant, mais utilisant des ampoules halogènes comme éléments chauffants. Radiateur à air forcé : Communément appelé radiateur-ventilateur ou même pulso-radiateur, c'est le type d'appareil de chauffage portatif le plus commun. Il utilise un ventilateur en plus des éléments chauffants (métal ou céramiques), le ventilateur servant à disperser la chaleur plus vite, ce qui est utile pour une caravane par exemple. Radiateur à bain d'huile : Appareil ressemblant beaucoup à un radiateur à eau chaude, mais qui est rempli d'huile et scellé. L'huile est utilisée pour conserver la chaleur, ce qui réduit le nombre de cycles marche/arrêt.
Il existe des chaufferettes plus ou moins efficaces, dont le rendement énergétique est fonction du mode de transmission de la chaleur. Les méthodes les plus efficaces pour chauffer l'environnement domestique sont l'échangeur solide/air et le convecteur.
Chaufferette physique vignette|Une chaufferette à l'acétate de sodium, avec sa pastille métallique. vignette|Vidéo montrant la cristallisation d'une chaufferette. Une chaufferette physique est constituée d'une pochette contenant une solution aqueuse saturée en acétate de sodium en surfusion, la température de fusion étant à pour une solution à 20 %, ce qui est bien au-dessus de la température ambiante. En tordant une plaquette métallique à l'intérieur du liquide, on libère des germes d'acétate solidifié, qui déclenchent la cristallisation, et la solution devient solideCourty JM, Kierlik E, Les chaufferettes chimiques, Pour la Science, décembre 2008, . Cette transition de phase est exothermique, ce qui signifie qu'elle s'accompagne d'un dégagement de chaleur. Lorsque la pochette est refroidie, on fait passer l'acétate de sodium de l'état solide à l'état liquide en plaçant la pochette dans de l'eau très chaude. Puis la solution peut rester liquide jusqu'à une température de , ce qui est très largement inférieur à la température de fusion, on dit que le liquide est en surfusion.
Bien que ces chaufferettes possèdent le qualificatif de « chimique », le processus mis en jeu est purement physique.
Il existe aussi de vraies chaufferettes chimiques dont le principe est activé par oxydation au contact de l'air. Elles sont efficaces bien plus longtemps (de 8 à 60 h contre 1 h) mais ne servent qu'une fois.
Chaufferette (viticulture)