Tesson est une commune du sud-ouest de la France, située dans le département de la Charente-Maritime (région Nouvelle-Aquitaine).

Ses habitants sont appelés les Tessonnais et les TessonnaisesLes gentilés de Charente-Maritime.

Géographie

La commune de Tesson se situe dans le centre du département de la Charente-Maritime, en région Nouvelle-Aquitaine, dans l'ancienne province de Saintonge.

Appartenant au midi de la France - on parle parfois de « midi atlantique » -Louis Papy, Le midi atlantique, atlas et géographie de la France moderne, Flammarion, Paris, 1984, au cœur de l'arc atlantique, elle est partie intégrante du Grand Sud-Ouest français, et est parfois également incluse dans un Grand Ouest aux contours plus flous.

Communes limitrophes

Climat

Plusieurs études ont été menées afin de caractériser les types climatiques auxquels est exposé le territoire national. Les zonages obtenus diffèrent selon les méthodes utilisées, la nature et le nombre des paramètres pris en compte, le maillage territorial des données et la période de référence. En 2010, le climat de la commune était ainsi de type climat océanique altéré, selon une étude du Centre national de la recherche scientifique (CNRS) s'appuyant sur une méthode combinant données climatiques et facteurs de milieu (topographie, occupation des sols, etc.) et des données couvrant la période 1971-2000. En 2020, le climat prédominant est classé Csb, selon la classification de Köppen-Geiger, pour la période 1988-2017, à savoir un climat tempéré à été frais et sec. Par ailleurs Météo-France publie en 2020 une nouvelle typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique et est dans la région climatique Aquitaine, Gascogne, caractérisée par une pluviométrie abondante au printemps, modérée en automne, un faible ensoleillement au printemps, un été chaud (), des vents faibles, des brouillards fréquents en automne et en hiver et des orages fréquents en été (15 à ). Elle est en outre dans la zone H2b au titre de la réglementation environnementale 2020 des constructions neuves.

Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de , avec une amplitude thermique annuelle de . Le cumul annuel moyen de précipitations est de , avec de précipitations en janvier et en juillet. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique de Météo-France la plus proche, sur la commune de Saintes à à vol d'oiseau., est de et le cumul annuel moyen de précipitations est de . .

Pour afficher une liste d’indicateurs climatiques caractérisant la commune aux horizons 2030, 2050 et 2100 et pouvoir ainsi s'adapter aux changements climatiques, entrer son nom dans Climadiag-commune, un site de Météo-France élaboré à partir des nouvelles projections climatiques de référence DRIAS-2020.

Urbanisme Typologie Au , Tesson est catégorisée commune rurale à habitat dispersé, selon la nouvelle grille communale de densité à définie par l'Insee en 2022.. Elle est située hors unité urbaine. Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Saintes, dont elle est une commune de la couronneLa notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.. Cette aire, qui regroupe , est catégorisée dans les aires de à moins de ...

Occupation des sols L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (84,3 % en 2018), une proportion sensiblement équivalente à celle de 1990 (84 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : terres arables (40,3 %), zones agricoles hétérogènes (27,2 %), cultures permanentes (16,8 %), forêts (11,2 %), zones urbanisées (4,5 %).. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui).. vignette|redresse=1.4|centre|alt=Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.|Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

Risques majeurs Le territoire de la commune de Tesson est vulnérable à différents aléas naturels : météorologiques (tempête, orage, neige, grand froid, canicule ou sécheresse), mouvements de terrains et séisme (sismicité faible). Il est également exposé à un risque technologique, le transport de matières dangereuses.. Un site publié par le BRGM permet d'évaluer simplement et rapidement les risques d'un bien localisé soit par son adresse soit par le numéro de sa parcelle..

Risques naturels vignette|redresse=1.2|Carte des zones d'aléa retrait-gonflement des sols argileux de Tesson. Les mouvements de terrains susceptibles de se produire sur la commune sont des affaissements et effondrements liés aux cavités souterraines (hors mines) et des tassements différentiels, chapitre Mouvements de terrain.. Par ailleurs, afin de mieux appréhender le risque d’affaissement de terrain, l'inventaire national des cavités souterraines permet de localiser celles situées sur la commune..

Le retrait-gonflement des sols argileux est susceptible d'engendrer des dommages importants aux bâtiments en cas d’alternance de périodes de sécheresse et de pluie. 92,3 % de la superficie communale est en aléa moyen ou fort (54,2 % au niveau départemental et 48,5 % au niveau national). Sur les dénombrés sur la commune en 2019, sont en aléa moyen ou fort, soit 84 %, à comparer aux 57 % au niveau départemental et 54 % au niveau national. Une cartographie de l'exposition du territoire national au retrait gonflement des sols argileux est disponible sur le site du BRGM...

Par ailleurs, afin de mieux appréhender le risque d’affaissement de terrain, l'inventaire national des cavités souterraines permet de localiser celles situées sur la commune.

La commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par les inondations et coulées de boue survenues en 1982, 1988, 1999 et 2010. Concernant les mouvements de terrains, la commune a été reconnue en état de catastrophe naturelle au titre des dommages causés par la sécheresse en 2003 et 2009 et par des mouvements de terrain en 1999 et 2010.

Risques technologiques Le risque de transport de matières dangereuses sur la commune est lié à sa traversée par une ou des infrastructures routières ou ferroviaires importantes ou la présence d'une canalisation de transport d'hydrocarbures. Un accident se produisant sur de telles infrastructures est susceptible d’avoir des effets graves sur les biens, les personnes ou l'environnement, selon la nature du matériau transporté. Des dispositions d’urbanisme peuvent être préconisées en conséquence, chapitre Risque transport de matières dangereuses..

Toponymie Le nom de la localité est attesté sous les formes Tecione, Tectione et Tezone entre 1085 et 1095 (chartes en latin de l’abbaye de Saint Florent, près de Saumur)Chartes Saintongeaises de l’Abbaye Saint Florent in tome IV (1877) - pages 27,66 et 67 - de la Société des Archives Historiques de la Saintonge et de l’Aunis, Thessac (liste des paroisses de l’archiprêtré de Pons du diocèse de Saintes figurant dans les pouillés (inventaire de bénéfices ecclésiastiques) de 1648 et 1683)Etude de Charles Dangibeaud sur le pouillé de 1683 publiée dans le tome XLV (1914) de la Société des Archives Historiques de la Saintonge et de l’Aunis..

Il s'agit d'une formation toponymique gallo-romane, basée sur le gaulois tasgos, tascos, taxos « blaireau » continué par le bas latin taxo, ionis « blaireau » et l'ancien français taisson ou tesson, dont le dérivé taxonaria a donné tasnière, taisnière, puis tanière en français moderne. Il est suivi du suffixe de présence gallo-roman -ŌNE, d'où une forme initiale gallo-romane *TAXIONE, ayant régulièrement évolué en Tesson. Les premiers habitats se seraient donc édifiés dans un endroit où des blaireaux avaient coutume d'aménager leurs tanières.

Il existe cependant une hypothèse alternative qui considère que le toponyme Tesson est le nom d'une ancienne villa gallo-romaine appartenant à un certain Tessius. ou Thessius.; suivi du même suffixe gallo-roman de présence -ŌNE, d’où en bas latin Tessione(m) « domaine de Tessius ».

En revanche, les toponymistes ne prennent pas en compte la forme rapportée Thessiac qu'ils considèrent sans doute comme fautive ou se rapportant à un autre lieu.

Histoire

Antiquité Situé sur la route du bronze entre Merpins (près de Cognac) et la côte atlantique, le territoire actuel de la commune de Tesson a été habité depuis une longue période. Dans le hameau le Maine au lieu-dit les Bouillées ont été découverts en 1876 des éléments d'une tombe à charCf. Supplément de 1986 de la Revue Aquitania sur les Actes du VIIIème colloque sur les âges du Fer en France non méditerranéenne (pages 35 à 45) - La Tombe à char de Tesson - Alain Duval, José Gomez de Soto et Christiane Perrichet-Thomas avec des armes et outils préhistoriques, dont un poignard anthropoïde d’apparat (le haut de la poignée a la forme d’un corps humain) datant de 150 av. J.-C. Il est conservé au musée d’archéologie nationale de Saint-Germain-en-Laye.

Moyen Âge Le village est situé sur la route des pèlerinages de Saint Jacques de Compostelle. Deux étranges sculptures en haut relief figurant, l’une un pèlerin, l’autre un brigand armé d’une hache, des deux côtés du fronton de l’église romane du village (édifiée à la deuxième moitié du ) rappellent cette époque.

Temps Modernes Au début du , la seigneurie de Tesson appartint à la famille Gombaud, puis passa aux Brémond puis aux Guinot.

Tesson connaît au une renommée lorsque Étienne Guinot, seigneur de Tesson, titré marquis de Monconseil en 1729, lieutenant général des armées du Roi en 1748, se retira sur ses terres en 1760 après une belle carrière militaire. Il y (re)construit l’un des plus beaux châteaux de la région saintongeaise, démoli au , et fit édifier dans le bourg des halles, toujours visibles, afin que Tesson puisse accueillir des foires et des marchés, ainsi qu’un hospice.

Epoque Contemporaine C’est au aussi que débute l’exploitation des carrières. La belle pierre de taille de Tesson, très réputée et utilisée pour la construction notamment de maisons et demeures dans la commune et loin ailleurs dans le département, connut longtemps une activité florissante. L’exploitation cessa en 1960 et la rue, ou route, des Carrières permet d’en retrouver la trace des entrées.

Tesson profite au du développement de la production des eaux de vie de Cognac, en particulier sous le Second Empire. Plusieurs belles maisons de maître du bourg et de fermes excentrées datent de ce siècle. En contrepartie la surface consacrée à l’exploitation des céréales diminue et, du fait aussi, évidemment, de la concurrence des minoteries industrielles, les nombreux moulins à vent (14 dénombrés en 1820), dont l’emplacement est reflété dans la toponymie de plusieurs lieux-dits de la commune, sont désaffectés voire pour la plupart détruits. Il n’en subsiste que deux.

Au début de la Troisième République, Tesson, qui a atteint un pic démographique en 1866 (762 habitants, contre 573 en 1806), souffre, comme les autres communes viticoles des Charentes, de l’impact sur l'exode rural de la crise du phylloxéra (1875). Touchée aussi dans sa jeune population par les victimes de la Première Guerre mondiale, elle ne dépassera le niveau démographique de 1866 qu’à la fin des années 1980.