La Boutonne est une rivière française et un affluent droit de la Charente. Elle arrose les départements des Deux-Sèvres et de la Charente-Maritime, en région Nouvelle-Aquitaine.

C'est le plus long affluent rive droite de la Charente et l'un de ses principaux émissaires autant pour le débit que pour son apport hydrologique.

Hydrographie

Le réseau hydrographique du bassin versant de la Boutonne s'étend sur une surface totale de , arrosant quarante-et-une (41) communes et deux départements. Il est subdivisé en trois parties qui correspondent aux différents secteurs de sa vallée fluviale, le bassin Amont (lieu de source et cours supérieur de la rivière), le bassin moyen (ou vallée moyenne) et le bassin Aval (ou basse vallée jusqu'au lieu de confluence)Sur ce sujet, consulter précisément la page 20 du document.

Description hydrographique

Le lieu de source

La Boutonne prend sa source dans le Sud-Est du département des Deux-Sèvres, à Chef-Boutonne dont le toponyme signifie tête de la Boutonne. Son lieu de source qui correspond à une fontaine au cœur même du bourg se trouve à + d'altitude. Mais sa véritable source est située d'après l'Institut Hydrographique Départemental et le BRGM, sous le rocher où s'élèvent les remparts, vestiges d'un château médiéval, à une altitude de + .

À Luché-sur-Brioux, le ruisseau "la Somptueuse" qui prend sa source à Sompt vient se jeter dans la Boutonne. Un deuxième ruisseau, "le Dauphin" qui prend sa source au lavoir du village vient grossir la "Boutonne" au niveau de Vezançais.

Le cours supérieur

Son cours supérieur, entièrement situé dans le département des Deux-Sèvres, est grossi de nombreux petits émissaires dont la Béronne et la Belle, ses deux principaux affluents de rive droite.

À Brioux-sur-Boutonne, lieu de confluence avec le ruisseau de l'Aiguière, la vallée est à + d'altitude, alors qu'elle n'est qu'à de son lieu de source.

Plus en aval, à Chizé, la Boutonne qui a été grossie des eaux de la Béronne, puis de la Belle, commence à prendre une certaine envergure et sa vallée descend rapidement à + . C'est à partir de cette grosse bourgade que son parcours commence à devenir sinueux et parsemé d'îles. thumb|left|200px|La Boutonne arrose le village de Dampierre-sur-Boutonne.

La vallée moyenne

Sa vallée moyenne se caractérise par un parcours pittoresque dessinant de profonds méandres dans une vallée encaissée dès son entrée dans le département de la Charente-Maritime et, ce, jusqu'en amont de Saint-Jean-d'Angély. La vallée entaille plus ou moins profondément le plateau calcaire de la Saintonge et son altitude moyenne varie entre + dans les prairies inondables au Nord du village de Dampierre-sur-Boutonne et + à son lieu de confluence avec la Nie, en amont de Saint-Jean-d'Angély. Tout le long de sa vallée moyenne, la Boutonne est jalonnée de nombreuses petites îles qui ont donné lieu à des toponymes évocateurs dont celui de Saint-Pierre-de-l'Isle. La rivière y reçoit de nombreux petits émissaires, composés principalement de ruisseaux, surtout sur sa rive gauche. La Nie en est le plus important tributaire, cette petite rivière conflue avec la Boutonne entre Saint-Julien-de-l'Escap et Saint-Jean-d'Angély.

Jusqu'au début du où la force motrice de la rivière était utilisée, le canal Saint-Eutrope fut creusé au milieu du Moyen Âge. Partant de la commune voisine de Courcelles, en amont de Saint-Jean-d'Angély, il traverse la ville d'est en ouest sur une longueur totale de dix kilomètres et permettait de faire fonctionner sept moulinsFrançois Julien-Labruyère, A la recherche de la Saintonge maritime, éditions Rupella, La Rochelle, 1980. Il est doublé dans sa dernière partie par le canal du Puy Cheraud.

La basse vallée

En aval de Saint-Jean-d'Angély, principale ville qu'arrose la rivière, commence à partir du barrage la basse vallée de la Boutonne jusqu'à son lieu de confluence avec la Charente au lieu-dit "Carillon", commune de Cabariot, à quelques kilomètres en amont de Tonnay-Charente.

C'est dans cette partie de la vallée que la Boutonne était navigable sur , grâce aux aménagements réalisés au Moyen Âge et entre 1804 et 1808 depuis Saint-Jean-d'Angély. Cette ville était un ancien centre de batellerie fluviale encore actif jusqu'au début de la seconde moitié du , c'est-à-dire pendant le Second Empire. Son port fluvial situé Quai de Bernouët expédiait des produits locaux comme le bois, des grains, des vins et alcools et recevait du sel et des pierres de construction provenant des carrières de Saint-Vaize et de Saint-Savinien. Jusqu'en 1818, Saint-Jean-d'Angély expédiait à Rochefort sur Mer par la rivière, de la poudre à canons fabriquée dans une importante poudrière militaire établie dans le faubourg de Taillebourg, un quartier urbain au Sud de la ville et sur la rive gauche de la BoutonneCette poudrière a explosé accidentellement en 1818, puis a été transférée dans l'agglomération d'Angoulême, in L. Delayant, Histoire du département de la Charente-Inférieure, éditions Les Chemins de la Mémoire, Saintes,

En amont de Saint-Jean-d'Angély, la rivière se divise en deux bras, nord et sud au lieu-dit la Pointe Garnaud. Ces derniers forment une petite île au sud de la ville et se rejoignent vers l'ouest en aval de "l'écluse de Bernouët", après le canal qui fait suite au site de l'ancien port de Saint-Jean-d'Angély.

Ce canal Nord formé par la rivière longe un quai de plus de , le quai de Bernouët, situé sur l'étang du même nom, qui constituait historiquement le port d'amont en aval, cet ancien quai est renforcé aujourd'hui par des palplanches. Ce quai bordé d'arbres, longé par une rue, dessert le terrain de camping et le canal qui lui succède. Très prisé pour des promenades en toutes saisons. Un plan d'eau sur l'étang est aménagé en face pour les loisirs nautiques.

C'est dans son cours inférieur que la Boutonne reçoit les eaux de son principal affluent de rive droite, la Trézence, à un kilomètre en amont de Tonnay-Boutonne. La basse vallée de la Boutonne est surtout caractérisée par des zones inondables traversant un vaste marais d'origine fluviatile.

L'altitude moyenne de sa basse vallée varie de + à Saint-Jean-d'Angély, en amont du barrage - écluse de Bernouët, à l'origine du plan d'eau municipal, pour finir à + environ suivant le débit et la saison au barrage de Carillon qui est muni de 3 vannes mobiles à commande automatique. Ce dernier est situé à environ en amont du lieu de confluence avec la Charente. Le pont de Carillon qui permet le franchissement de la rivière par la départementale 124, situé quant à lui à en amont de ce lieu de confluence.

La caractéristique du lieu de confluence au site de Carillon de la rivière, est que la Boutonne forme pratiquement un angle droit avec le fleuve Charente, ce qui devrait être contraire à un bon écoulement de son flux. Heureusement il n'en est rien.

La longueur totale de son cours est de , ce qui en fait le plus long affluent de rive droite de la Charente.

Ce cours d'eau joue encore - localement au moins - un important rôle de corridor biologique, dans le cadre de la trame bleue.

Principales communes traversées D'amont en aval, les principales communes arrosées par la rivière sont les suivantes :

Dans le département des Deux-Sèvres Chef-Boutonne, lieu de sa source, chef-lieu de canton. Brioux-sur-Boutonne, chef-lieu de canton. Chizé, site touristique renommé avec son zoo. Le Vert, dernière commune des Deux-Sèvres à être arrosée par la rivière.

En Charente-Maritime Saint-Séverin-sur-Boutonne, première commune où la Boutonne pénètre dans le département charentais. Dampierre-sur-Boutonne, abrite le site d'un château Renaissance enserré dans une île de la Boutonne. Antezant-la-Chapelle, lieu de détente où la Boutonne s'écoule en bordure de l'aire de loisirs d'Antezant. Saint-Jean-d'Angély, principale ville arrosée par la rivière avec le "Plan d'eau de Bernouët", (sous-préfecture de Charente-Maritime). Tonnay-Boutonne, chef-lieu de canton. Cabariot, site de confluence avec la Charente.

Communes et cantons traversés Dans les deux départements de la Charente-Maritime et des Deux-Sèvres, la Boutonne traverse quarante-trois communesle SANDRE 2013 rajoute la commune de La Vallée au sud de la Charente et sept cantons : dans le sens amont vers aval : Chef-Boutonne (source), Fontenille-Saint-Martin-d'Entraigues, Luché-sur-Brioux, Chérigné, Lusseray, Brioux-sur-Boutonne, Vernoux-sur-Boutonne, Séligné, Secondigné-sur-Belle, Villefollet, Brieuil-sur-Chizé, Villiers-sur-Chizé, Chizé, Le Vert, Dampierre-sur-Boutonne, Saint-Séverin-sur-Boutonne, Coivert, Blanzay-sur-Boutonne, Saint-Martial, Saint-Georges-de-Longuepierre, Saint-Pierre-de-l'Isle, Nuaillé-sur-Boutonne, Saint-Pardoult, Les Églises-d'Argenteuil, Antezant-la-Chapelle, Vervant, Poursay-Garnaud, Courcelles, Saint-Julien-de-l'Escap, Saint-Jean-d'Angély, Ternant, La Vergne, Voissay, Torxé, Les Nouillers, Tonnay-Boutonne, Archingeay, Puy-du-Lac, Champdolent, Saint-Coutant-le-Grand, Lussant, Cabariot, Bords (sur quelques dizaines de mètres) (confluence).

Soit en termes de cantons, la Boutonne prend source dans le canton de Chef-Boutonne, traverse les canton de Brioux-sur-Boutonne, canton d'Aulnay, canton de Loulay, canton de Saint-Jean-d'Angély, canton de Saint-Savinien, et conflue dans le canton de Tonnay-Charente en face du canton de Saint-Porchaire

Toponymes La Boutonne a donné son nom associée aux huit communes suivantes : Chef-Boutonne, Brioux-sur-Boutonne, Saint-Séverin-sur-Boutonne, Dampierre-sur-Boutonne, Tonnay-Boutonne, Blanzay-sur-Boutonne, Nuaillé-sur-Boutonne, Vernoux-sur-Boutonne.

Organisme gestionnaire Le SAGE Boutonne a été lancé officiellement en 1996. Le Syndicat Mixte d'études pour la gestion et l'aménagement du bassin de la Boutonne a été créé en 1990 en Charente-Maritime et étendu en 1995 en Deux-Sèvres

Principaux affluents thumb|150px|La Boutonne longe le terrain de camping municipal de Dampierre-sur-Boutonne.

Source : Bureau de recherches géologiques et minièresBassin versant de la Boutonne - État des lieux de la qualité des eaux par rapport au paramètre nitrate

Les affluents mentionnés ci-dessous sont nommés d'amont en aval par rapport au cours de la rivière.

Rive droite L'Aiguière, ruisseau qui conflue à Brioux-sur-Boutonne. La Béronne, rivière qui arrose Melle. La Belle, rivière qui arrose Celles-sur-Belle. La Trézence, principal affluent de la Boutonne.

Rive gauche

Le Vau, ruisseau qui conflue avec la Boutonne à l'ouest de Saint-Georges-de-Longuepierre. La Brédoire, petit ruisseau qui conflue avec la Boutonne au village de Nuaillé-sur-Boutonne La Saudrenne, petit ruisseau qui coule au nord de la commune de Paillé. Le Padôme, petit ruisseau qui conflue avec la Boutonne au village de Vervant et au pied de son château. La Nie conflue avec la Boutonne en amont de Saint-Jean-d'Angély, dans la commune de Saint-Julien-de-l'Escap. Le Loubat, le ruisseau prend sa source à Asnières-la-Giraud et conflue avec la Boutonne en aval du confluent de la Nie juste avant son entrée dans Saint-Jean-d'Angély.

Hydrologie Débit de pointe lors de la crue de : /s mesuré au barrage de Carillon Un repère de niveau, lors de la crue de 1982, est d'ailleurs situé sur le côté des superstructures métalliques du barrage en rive droite.

Le module est de à la station R6092920 la Botonne à Saint-Séverin-sur-Boutonne (Moulin de Châtre), pour un bassin versant de soit 40 % du bassin et à d'altitude.

Hydronymie