Le musée d'Arts de Nantes (anciennement musée des Beaux-Arts de Nantes) est un musée d'art offrant un panorama d'ensemble des principaux mouvements artistiques français et européens du à nos jours.

Ses collections sont parmi les plus importantes collections publiques françaises en-dehors de Paris, aux côtés de celles des musées des Beaux-Arts de Valenciennes, de Grenoble, de Lyon, de Lille ou de MontpellierMusée des Beaux-Arts de Nantes, Guide de visite, 2007..

Situation et accès Le musée est accessible via la station Trébuchet desservie par les bus 11 et 12.

Historique Origines Le musée d'Arts de Nantes est créé, comme quatorze autres musées de province, par arrêté consulaire du . Le musée des Beaux-Arts de Nantes reçoit des œuvres achetées par l'État et des dépôts du Musée central (aujourd'hui musée du Louvre). Il prend, dès le début du , une place importante dans les collections publiques françaises grâce à l'achat par la Ville de Nantes de la collection des frères Pierre et François Cacault. Ce fonds, comportant des œuvres majeures, est par la suite complété par plusieurs autres donations directes ou testamentaires, et par une politique d'achats soutenue par la Société des amis du musée des Beaux-Arts de Nantes.

Il bénéficie en 1804 et en 1809 de l'envoi par l'État de prélevés dans les réserves du Musée central. Ces œuvres proviennent de l'ancienne collection royale, d'églises et de couvents de Paris ou encore des conquêtes révolutionnaires et napoléoniennes. Mais c'est l'achat de la collection des frères Cacault par la ville en 1810 qui donne au musée de Nantes toute sa richesse et son ampleur. Selon un inventaire effectué en 1808, la collection Cacault était alors la plus riche collection de tableaux qui existait en dehors de Paris puisqu'elle comptait : , et in-folios et Musée Cacault - le musée école de Clisson, à partir du site de la mairie de Clisson.. Ces premières œuvres envoyées par l’État, en 1804 et en 1809, et celles achetées à Pierre Cacault en 1810, sont dispersées dans différents édifices publics de la Ville : en grande partie dans des bureaux de l’Hôtel de ville mais également à la Préfecture, au Tribunal civil et dans des églises.

La Halle aux toiles puis Palais Clarke de Feltre En ces premières décennies du siècle, malgré l’insistance du Ministère public, le Conseil municipal n’arrive pas a déterminer de lieu pour fonder un musée. De plus, la Ville souffre de difficultés financières. Différents projets sont pourtant mis à l’étude, notamment celui confié à Mathurin Crucy en 1820, qui associe le projet du musée à l’Hôtel de ville, mais il n'aboutit pas.

Ainsi le , le maire de Nantes Louis-Hyacinthe Levesque ouvre la séance du Conseil municipal par cette constatation . Le projet d’installation d’un musée à l’étage de la Halle aux Toiles est décidé en 1829. Située en centre-ville, la Halle est une propriété communale qui vient d’être construite et la Ville fait donc l’économie d’un loyer. De plus, le bâtiment nécessite peu de dépenses : l’aménagement intérieur est favorable et les fenêtres nombreuses. Le bâtiment offre également l’avantage d’être l’un des plus vastes de la ville. Or, la collection, forte de plus de , réclame un important espace d’exposition.

Le musée est inauguré le . La longue galerie de la Halle est alors divisée en deux parties égales : l’une est réservée au marché aux toiles et la seconde est consacrée au musée qui dispose d’une surface d’exposition d’environ répartie en un vestibule, trois salons et trois cabinets.

Cependant, l’espace dévolu au musée se révèle insuffisant pour exposer l’ensemble de la collection et certaines salles, à l’origine destinées à la Halle aux toiles, sont affectées au musée, successivement en 1833, 1836 et 1846. À cette dernière date, le marché aux toiles est définitivement transféré dans la partie haute de la Halle aux blés. Quant au musée, il occupe tout le premier étage portant à sept le nombre de ses salles au lieu de quatre à l’origine.

À la suite du legs des frères Edgard et Alphonse Clarke de Feltre en 1852, le musée devient musée Clarke de Feltre, dénominatione qu’il conserve environ une cinquantaine d’années. alt=Photographie en sépia de la façade d'entrée du musée Felter à Nantes en 1898. |vignette|Le musée Feltre en 1898. Malgré l’extension des espaces utilisés par le musée, le bâtiment, qui à l’origine devait être provisoire et précéder la construction d’un nouveau bâtiment, se révèle inadapté en raison des exigences originelles du marché (salles trop grandes, ouvertures trop larges, aspect extérieur peu attrayant). En 1843, la Commission de surveillance envoie une lettre au maire Ferdinand Favre dans laquelle elle précise que « le musée est trop petit, trop froid, incommode, exposé à la poussière des greniers et de l’ignoble dallage sur lequel on marche ». Le musée reste donc inadapté à la présentation des collections durant toute la seconde moitié du et ce jusqu’à la construction d’un nouveau musée.

La construction du Palais des arts L’intervention de l’État va être prépondérante dans la construction d’un nouveau musée : en 1887, Jules Dauban, inspecteur des Beaux-Arts, est délégué à Nantes. Il dresse un portrait négatif du musée et l’estime trop petit, mal situé et non chauffé. Il écrit : Rapport de l'inspecteur des Beaux-Arts Jaules Dauban, 1887 cité in : Pierre Angrand, Histoire des musées de province au : l'Ouest, tome 1, 1984, à 111.Le , c’est Léon Bourgeois (1851-1927), ministre de l’Intérieur et des Beaux-arts qui adresse une lettre sévère au préfet de Loire-Inférieure et réclame une intervention auprès du maire de Nantes pour trouver une solution. Dans le cas contraire, il menace de retirer les dépôts de l’État (soit environ ).

En 1891, la ville décide de construire un bâtiment dédié au musée et à la bibliothèque municipale, qui permettra de conserver les collections. Une parcelle quadrangulaire à proximité du lycée et du Jardin des plantes, est retenue pour accueillir le futur palais des Beaux-Arts. Les problèmes de la Halle aux toiles ont été tellement importants que le Conseil municipal souhaite que le musée perdure. À son inauguration, le , ce nouveau bâtiment sera baptisé « Palais des Arts ».

En raison de l’importance du projet, un concours national à deux degrés est organiséArchives municipales de Nantes. Arrêté pour la construction du musée et programme du concours, Nantes, ., sous le nom de « musée de peinture et de sculpture ». Les besoins y sont précisément quantifiés : les qualités spatiales des salles, leur mode d’éclairage et leur répartition par niveaux. Le concours du premier degré se fait sur esquisses anonymes. Les auteurs des sept projets retenus prennent seuls part à l’épreuve définitive. Ils doivent fournir dans un délai de cinq mois un plan détaillé du futur musée avec un devis estimatif des travaux.

Le lauréat du concours est l’architecte nantais Clément Josso. C’est la première grande commande obtenue par cet architecte, né à Nantes en 1853, diplômé de l’École des Beaux-Arts de Paris et issu d’une importante dynastie d’architectes nantais. Le musée est alors à l’image d’autres musées construits au comme un temple républicain, éclectique et solennel, consacré à l’art. Il est conçu comme un « palais » ordonné autour d’un patio central à éclairage naturel, il est considéré comme l’une des grandes réussites de l’architecture muséographique de la fin du .

Cependant, pour des raisons budgétaires, le caractère ostentatoire de cet édifice de , organisé autour d’un patio central et doté d’un monumental escalier à double volée, se verra allégé par Léon-Félix Lenoir, autre architecte nantais, auquel la municipalité confiera la fin du chantier après l’évincement de Clément Josso pour d’importants dépassements budgétaires.

La façade principale, rue Clemenceau, est rythmée par différents styles ornementaux typiques de l’éclectisme qui triomphe à l’Exposition universelle de Paris en 1900. vignette|Escalier monumental du Musée d'arts de Nantes Elle est composée d’un corps principal flanqué sur chaque côté d’un pavillon en saillie. Si les pavillons sont ornés d’un balcon et surmontés d’un fronton triangulaire, le corps principal s’inspire des palais de la Renaissance italienne à trois niveaux : un premier niveau avec un appareillage à refends percé de baies en plein cintre ; un étage aveugle alternant colonnes géminées ioniques et sculptures allégoriques : les allégories de La Peinture et La Gravure exécutées par Agathon Léonard, L’Orfèvrerie d'Édouard Lormier, La Tapisserie par Jules-Jacques Labatut, La Céramique par Maximilien Bourgeois, La Sculpture et L’Architecture par Louis Noël; enfin une corniche saillante surmontée d’une balustrade. Au milieu des frontons des pavillons latéraux, deux figures féminines présentent les blasons des premiers grands donateurs, Clarke de Feltre et Urvoy de Saint-Bedan, tandis que de part et d’autre de la balustrade, deux angelots soutiennent le blason de la ville de Nantes.

À l’intérieur, l’entrée se fait dans un vaste hall voûté qui rappelle le vestibule de l’Opéra de Paris de Charles Garnier (1860-1875). Puis, un double circuit de galeries s’ordonne sur deux niveaux autour d’une vaste cour centrale (le patio) prévue pour l’installation des sculptures. Une grande verrière de fer et de verre laisse abondamment pénétrer la lumière zénithale. On accède à l’étage par l'escalier monumental orné d’une fresque peinte par Hippolyte Berteaux, intitulée Bretagne laborieuse.

Les façades, les toitures et l'escalier d'honneur du bâtiment qui abrite les collections sont inscrits au titre des monuments historiques depuis le "Musée des Beaux-Arts", notice PA00108755, sur la plateforme ouverte du patrimoine, base Mérimée, ministère français de la Culture. Consulté le 4 juillet 2024..

Rénovation du Jusqu'en 1985, le bâtiment accueillait également en son sein, et ce depuis 1900, l'essentiel des fonds de la bibliothèque municipale de la ville, avant que ceux-ci ne soient finalement installés dans la nouvelle médiathèque Jacques-Demy située sur le quai de la Fosse. On note également dans les années 1980 que les espaces du rez-de-chaussée sont rénovés pour permettre l’accrochage de l’art moderne et contemporain.

Au , malgré les rénovations qui ont eu lieu dans les années 1980, le musée est à nouveau à l’étroit dans ses murs : une grande partie des collections d’art contemporain demeure en réserves. L’établissement manque également des infrastructures attendues pour un établissement moderne (auditorium, salles pédagogiques). Enfin, le musée ne répond plus aux normes internationales de conservation, de présentation et d’accessibilité nécessaires.

La décision de rénover et d’étendre le musée est prise par Jean-Marc Ayrault, maire de Nantes, sur recommandation de Blandine Chavanne, directrice du musée. Un concours européen est alors lancé. En 2009, l’agence d’architecture britannique Stanton Williams remporte le concours international pour la rénovation et l’extension du Musée d’arts de Nantes, mais également pour la conception de la scénographie, la signalétique et l’aménagement urbain des rues et places publiques adjacentes à l’îlot muséal.

La première ambition de ces travaux est d'ouvrir le musée sur la ville ; les travaux du musée s'accompagnent ainsi d'une refonte de la rue Georges-Clemenceau, permettant la construction d'un vaste parvis.

Le , le musée ferme ses portes pour une durée initialement prévue de deux ans maximum, afin d'effectuer d'importants travaux d'agrandissement qui doivent porter sa surface à (contre précédemment) et permettant d'englober la chapelle de l'Oratoire (servant de lieu d'expositions temporaires pour le musée) située à proximité.