La frontière entre la France et la Suisse est une frontière terrestre et lacustre s'étendant sur , à l'est de la France et à l'ouest de la Suisse...

Caractéristiques vignette|upright=1.5|Tracé de la frontière franco-suisse (en rouge).

Au nord, elle débute au tripoint Allemagne - France - Suisse (), situé au milieu du Rhin, sur les communes de Weil am Rhein (Allemagne, land de Bade-Wurtemberg), de Huningue (France, département du Haut-Rhin) et la ville de Bâle (Suisse, canton de Bâle-Ville). Celui-ci est symbolisé par le Dreiländereck, monument situé à environ au sud-est en territoire suisse.

La frontière suit ensuite une direction générale vers le sud-ouest à travers le massif du Jura, jusqu'aux environs de Genève. Entre Meyrin et Saint-Genis-Pouilly la frontière passe à travers les bâtiments et installations de l'Organisation européenne pour la recherche nucléaire (CERN), dont le tunnel du Grand collisionneur de hadrons (LHC). Elle contourne alors Genève en passant le Rhône avant de rejoindre la rive sud du Léman entre Chens-sur-Léman (France) et Hermance (Suisse). La frontière passe alors au milieu du lac pendant une cinquantaine de kilomètresConvention du 25 février 1953 sur la détermination de la frontière dans le lac Léman., avant de rejoindre à nouveau la rive sud en coupant le village de Saint-Gingolph. Elle prend alors une direction générale vers le sud à travers les Alpes.

Au sud du Léman, dans les Alpes, dans les massifs du Chablais, du Giffre et des aiguilles Rouges, la frontière suit la limite de bassin versant entre le Rhône en amont du Léman (Valais) et les affluents du Rhône du Léman ou en aval de celui-ci, soit la Dranse, le Giffre et l'Arve pour les plus notables. Cependant, en quelques endroits, ce principe n'est pas respecté : la rive gauche du vallon de la Morge, en amont de Saint-Gingolph et jusqu'à la dent du Velan, est situé en France, incluant le village de Novel en Haute-Savoie ; la frontière passe au milieu du marais d'Ugeon entre la dent du Velan et la dent du Loup, incluant le col d'Ugeon en Suisse ; le sommet de la tour de Don, incluant l'alpage de Chaux Longe, est en Suisse ; les secteurs des lac de Conche et de Morgins au-dessus de Châtel, incluant l'ubac, l'adret et le sommet du Bec du Corbeau, sont en Suisse ; le sommet de la pointe des Mossettes est en Suisse ; du Cheval Blanc à la tête de Balme, les vallons de Bérard et de Vallorcine jusque sous le barrage d'Émosson sont en France.

Au sud, elle se termine au tripoint France - Italie - Suisse (), à quelques dizaines de mètres au nord-ouest du sommet du mont Dolent ( d'altitude), sur la commune française de Chamonix-Mont-Blanc (département de la Haute-Savoie), la commune italienne de Courmayeur (Vallée d'Aoste) et la commune suisse d'Orsières (canton du Valais).

La frontière longe huit cantons suisses (Bâle-Campagne, Bâle-Ville, Soleure, Jura, Neuchâtel, Vaud, Genève et Valais) et six départements français (Haut-Rhin, Territoire de Belfort, Doubs, Jura, Ain et Haute-Savoie) de trois régions françaises (Grand Est, Bourgogne-Franche-Comté et Auvergne-Rhône-Alpes).

Depuis la vallée des Dappes jusqu'aux pieds du Noirmont, la frontière est basée sur l'ancienne limite entre le diocèse de Lausanne et l'archidiocèse de Besançon au à quelques exceptions près. Notamment Jougne se situe actuellement en France alors qu'en 1228, la commune était dans le diocèse de Lausanne pour la circonscription ecclésiastique et dans l'évêché de Lausanne pour la circonscription temporelle..

Depuis le congrès de Vienne de le tracé a été modifié plusieurs fois : par exemple dans la vallée des Dappes par le traité des Dappes ; un siècle plus tard pour que l'entier de la piste de l'aéroport de Genève soit en SuisseConvention du . ; enfin pour que la frontière passe plus près de la douane entre l'autoroute suisse A1 et l'autoroute française A41..

Histoire Traités Le traité de Thonon, signé le , délimite dans le Chablais la frontière entre le Valais et le duché de Savoie.

Le traité entre la France et les Puissances Alliées, conclu à Paris le , dit traité de Paris de , établit le principe de retour des frontières de la France à celles de . Il pose le principe de contours de la frontière franco-suisse dans son article premier. En outre, le canton de Genève qui rejoint la Confédération en cette même année, se voit attribuer sept communes du pays de Gex, afin, notamment, de permettre une continuité territoriale avec le reste du pays. De plus, douze communes de la Savoie lui sont aussi rattachées.

Le traité des Dappes, signé en 1862, permet, notamment, par un échange de terrains au sud des Rousses, que la route Paris-Genève, qui deviendra la RN5, soit en territoire français.

Abornement vignette|redresse|Borne frontière franco-suisse entre Chapelle-des-Bois (Doubs) et Le Brassus (Vaud). vignette|redresse|Bornes frontière au pas de Morgins. La délimitation frontalière est la résultante d'une succession de traités ou d'accords bilatéraux entre les deux pays (, , , , , ), complétés par de nombreux échanges de territoires (, , , , , , , Convention du - Rectification de la frontière entre la France et la Suisse, sur le site senat.fr, consulté le 6 janvier 2015., ).

La mise en application du traité de Paris de 1815 revient aux Commissaires des 2 États. Ainsi, il faut attendre le et la publication du Procès-verbal de démarcation de la frontière entre la France et le canton de GenèveProcès-verbal de démarcation de la frontière entre la France et le Canton de Genève. pour voir se définir les contours actuels de la frontière entre communes françaises et suisses. L'abornement est défini en annexe, par un tableau numérique et une carte géométrique. Ce procès verbal sera ratifié par le roi de France le , par le canton de Genève le et par la Confédération suisse le .

La convention du Convention du 10 mars 1965 - Accord entre le Conseil fédéral et le Gouvernement de la République Française concernant l'abornement et l'entretien de la frontière, sur le site admin.ch, consulté le 3 janvier 2015. précise, en particulier, les conditions d'abornement et d'entretien de la frontière. Cette convention prévoit, dans son article premier, que .

En France, c'est le ministère de l'Intérieur qui est chargé de l'entretien des frontières physiques du pays, et représenté dans les départements frontaliers par les délégués à l'abornementLes délégués à l'abornement aux frontières de l'Intérieur, sur le site interieur.gouv.fr, consulté le 3 janvier 2015.. En Suisse, c'est le géomètre cantonal qui joue le même rôle, en coordination avec le service cantonal du cadastre, et sous le contrôle de la Direction fédérale des mensurations cadastralesLe géomètre au quotidien, sur le site ge.ch, consulté le 13 janvier 2015.SITG, le territoire genevois à la carte, sur le site ge.ch, consulté le 13 janvier 2015.. Les représentants des deux pays se retrouvent dans les commissions mixtes d'abornement (annuelles ou bisannuelles), qui se tiennent alternativement en France et en Suisse, pour la mise au point d'un plan de répartition des travaux à effectuer par les agents responsables, et la répartition équitable des dépenses occasionnées par ces travaux. En France, le ministère de l'Intérieur alloue environ de crédits spécifiques dits « d'abornement et d'entretien de la frontière », ouverts chaque année sur son budget.

Pendant longtemps, les modes de calcul topographique différaient d'un pays à l'autre ; aujourd'hui les choses sont beaucoup plus faciles. Les coordonnées suisses et françaises sont remplacées par des coordonnées européennes uniques. Un fichier des coordonnées de , extraites du système d'information géographique de l'Office fédéral de topographie a été transmis à la FranceGenève et Savoie : Une histoire, une frontière, sur le site geomag.fr, consulté le 3 janvier 2015..

La campagne de mensurations officielles de la frontière, qui devait s'achever en , est basée sur ces nouvelles coordonnées dans le standard géodésique européen ETRS89 (). Ces travaux sont menés dans le cadre du projet européen « State boundaries of Europe » (limites nationales européennes) lancé en par l'association européenne « EuroGeographics »EuroGeographics, sur le site eurogeographics.org, consulté le 18 janvier 2015., qui regroupe nationales de cartographie, et dont le but est d'harmoniser les fichiers utilisés par les diverses agences.

Territoires frontaliers France Haut-Rhin (17 communes) Huningue, Saint-Louis, Hégenheim, Buschwiller, Hagenthal-le-Bas, Neuwiller, Leymen, Liebenswiller, Oltingue, Biederthal, Wolschwiller, Kiffis, Lucelle, Oberlarg, Levoncourt, Courtavon, Pfetterhouse Territoire de Belfort (8 communes) Réchésy, Courcelles, Florimont, Delle, Lebetain, Saint-Dizier-l'Évêque, Villars-le-Sec, Croix Doubs (35 communes) Abbévillers, Glay, Dannemarie, Villars-lès-Blamont, Montjoie-le-Château, Vaufrey, Glère, Montancy, Burnevillers, Indevillers, Fessevillers, Goumois, Charmauvillers, Charquemont, Fournet-Blancheroche, Bonnétage, Grand'Combe-des-Bois, Villers-le-Lac, Montlebon, Grand'Combe-Châteleu, Les Gras, Pays-de-Montbenoît, Les Alliés, Pontarlier, Verrières-de-Joux, Les Fourgs, Les Hôpitaux-Vieux, Jougne, Longevilles-Mont-d'Or, Rochejean, Les Villedieu, Sarrageois, Mouthe, Chaux-Neuve, Chapelle-des-Bois Jura (3 communes) Bois-d'Amont, Les Rousses, Prémanon Ain (13 communes) Divonne-les-Bains, Grilly, Sauverny, Versonnex, Ornex, Ferney-Voltaire, Prévessin-Moëns, Saint-Genis-Pouilly, Thoiry, Saint-Jean-de-Gonville, Péron, Challex, Pougny Haute-Savoie (27 communes) Vulbens, Valleiry, Viry, Saint-Julien-en-Genevois, Archamps, Collonges-sous-Salève, Bossey, Étrembières, Gaillard, Ambilly, Ville-la-Grand, Juvigny, Saint-Cergues, Machilly, Veigy-Foncenex, Chens-sur-Léman, Saint-Gingolph, Novel, La Chapelle-d'Abondance, Châtel, Abondance, Montriond, Morzine, Samoëns, Sixt-Fer-à-Cheval, Vallorcine, Chamonix-Mont-Blanc

Suisse Canton de Bâle-Ville Bâle Canton de Bâle-Campagne Allschwil, Schönenbuch, AllschwilLe territoire de la commune d'Allschwil possède deux frontières avec la France, Oberwil, Biel-Benken Canton de Soleure Bättwil, Hofstetten-Flüh, Metzerlen-Mariastein, Rodersdorf, Metzerlen-Mariastein Canton de Bâle-Campagne Burg im Leimental Canton de Soleure Kleinlützel Canton de Bâle-Campagne Roggenburg Canton du Jura Pleigne, La Baroche, Vendlincourt, Basse-Vendline, Damphreux-Lugnez, Basse-Allaine, Boncourt, Basse-AllaineLe territoire de la commune de Basse-Allaine possède deux frontières avec la France, Bure, Fahy, Grandfontaine, Haute-Ajoie, Fontenais, Clos-du-Doubs, Soubey, Saignelégier, Le Noirmont, Les Bois Canton de Neuchâtel La Chaux-de-Fonds, Les Planchettes, Le Locle, Le Cerneux-Péquignot, La Brévine, Val-de-Travers, Les Verrières, La Côte-aux-Fées Canton de Vaud Sainte-Croix, Baulmes, L'Abergement, Lignerolle, Ballaigues, Vallorbe, Le Lieu, Le Chenit, Arzier-Le Muids, Saint-Cergue, Gingins, La Rippe, Crassier, Bogis-Bossey, Chavannes-de-Bogis, Commugny, Chavannes-des-Bois Canton de Genève Versoix, Collex-Bossy, Bellevue, Le Grand-Saconnex, Meyrin, Satigny, Dardagny, Avully, Chancy, Avusy, Soral, Perly-Certoux, Bardonnex, Troinex, Veyrier, Thônex, Puplinge, Presinge, Jussy, Gy, Corsier, Anières, Hermance Canton du Valais Saint-Gingolph, Vouvry, Vionnaz, Collombey-Muraz, Troistorrents, Monthey, Val-d'Illiez, Champéry, Evionnaz, Salvan, Finhaut, Trient, Orsières

Principaux sommets, cols et rivières de la frontière Du nord au sud :

vignette|centre|redresse=4|Profil en long topographique de la frontière.

Passages Principaux points de passage routiers