Bicci di Lorenzo, né à Florence vers 1368 ou en 1373 et mort en 1452, est un peintre italien de l'école florentine.

Fils du peintre Lorenzo di Bicci et père du peintre Neri di Bicci, il se forme dans l'atelier paternel, qu'il reprend probablement vers 1400 et développe au point d'en faire l'un des plus actifs de Florence. Longtemps confondu avec son père depuis Vasari, il a vu sa chronologie rétablie par Gaetano Milanesi.

Resté attaché à la tradition du , il subit l'influence du gothique international, à travers Lorenzo Monaco d'abord, puis Gentile da Fabriano, dont le polyptyque Quaratesi inspire celui qu'il peint en 1433 pour l'église San Niccolò in Cafaggio, aujourd'hui démembré entre Parme, New York, Oxford, Cracovie et Grottaferrata.

À Florence, il travaille notamment pour Cante di Giovanni Compagni à Santa Trinita et pour la cathédrale Santa Maria del Fiore, où subsiste son projet peint pour le tombeau de Luigi Marsili, face aux monuments de Paolo Uccello et d'Andrea del Castagno. Son nom est associé à ceux de Domenico Veneziano et de Piero della Francesca, qui poursuit à partir de 1452 les fresques qu'il avait entreprises dans la chapelle majeure de l'église San Francesco d'Arezzo.

Biographie

Origines et formation

Bicci di Lorenzo naît à Florence, probablement en 1368 selon le Dizionario biografico degli italiani, qui s'appuie sur une déclaration fiscale de 1446 dans laquelle il se dit âgé de soixante-dix-huit ans. Il est le fils du peintre Lorenzo di Bicci et de Lucia d'Angelo da Panzano.

Il se forme dans l'atelier de son père. De 1385 à 1408, il est inscrit à l'Arte dei Medici e Speziali.

Atelier

Il reprend probablement l'atelier familial vers 1400, puis l'agrandit considérablement, jusqu'à en faire l'un des plus actifs de Florence. Fondé par Lorenzo di Bicci, cet atelier reste actif jusqu'à la fin du grâce à Bicci puis à son fils Neri.

Une collaboration entre le père et le fils pourrait s'observer dans la grande fresque du tabernacle dit « du Madonnone », près de l'ancien monastère de San Salvi, où la richesse décorative et l'élégance du dessin traduisent, selon la National Gallery of Art de Washington, une volonté de dépasser le style de Lorenzo.

La première œuvre datée de Bicci est le triptyque de Porciano, de 1414, conservé à Santa Maria Assunta de Stia. La National Gallery of Art y voit un intérêt modéré pour les innovations introduites dans la peinture florentine par Gherardo Starnina et Lorenzo Monaco, ainsi qu'un fort attachement aux formules de composition traditionnelles de l'atelier paternel.

Son activité, notamment florentine, est documentée de façon presque continue de 1416 à 1446. Au cours des années 1430, ses commandes se multiplient.

Polyptyque de San Niccolò in Cafaggio

En 1433, Bicci di Lorenzo peint le triptyque du maître-autel de l'église San Niccolò in Cafaggio, à Florence. Le panneau central, une Vierge à l'Enfant en majesté entourée de quatre anges, dérive de l'iconographie du panneau central du polyptyque Quaratesi de Gentile da Fabriano ; il est conservé à la Galerie nationale de Parme, où il entre en 1821 après avoir transité par la sacristie de San Liborio à Colorno puis par le palais ducal.

Le polyptyque est démembré lors de la destruction de l'église. En 1958, Federico Zeri identifie les panneaux latéraux originaux : Saint Benoît et saint Nicolas de Bari, au musée de l'abbaye de Grottaferrata, et Saint Jean-Baptiste et saint Matthieu, dans la collection Lehman à New York, en y reconnaissant le motif ornemental du pavement du panneau central.

Bicci copie des éléments de la prédelle du polyptyque Quaratesi, et celle de son triptyque illustre les miracles de saint Nicolas. Deux de ses panneaux, Saint Nicolas dotant de pauvres jeunes filles et Saint Nicolas ressuscitant trois jeunes gens, sont au Metropolitan Museum of Art ; Saint Nicolas apaisant la tempête est à l'Ashmolean Museum d'Oxford ; les Pèlerins près du tombeau de saint Nicolas sont au musée du château du Wawel à Cracovie ; une Naissance de saint Nicolas est passée sur le marché de l'art.

Chantiers florentins

À Santa Trinita, sur l'arc frontal de la première chapelle à droite de la chapelle majeure, subsistent les restes d'une fresque figurant le Christ en gloire parmi des saints et des prophètes, exécutée en 1434 pour Cante di Giovanni Compagni.

À la cathédrale Santa Maria del Fiore subsistent, très endommagés, plusieurs des apôtres qu'il peint entre 1439 et 1440 sur les murs du fond des quinze chapelles. Le Museo dell'Opera del Duomo conserve un fragment de fresque des saints André et Jude Thaddée, attribué à Lippo d'Andrea et à Bicci di Lorenzo.

En 1439, toujours pour la cathédrale, il réalise le dessin du tombeau, jamais exécuté, de l'augustin Luigi Marsili. Ce grand dessin coloré, d'esprit encore gothique, se trouve sur le mur droit de la cathédrale, face aux monuments peints de Paolo Uccello et d'Andrea del Castagno, avec lesquels il forme presque un contraste.

Il entreprend également à l'église d'Ognissanti les fresques de la chapelle Lenzi, aujourd'hui détruites, que son fils Neri achève au plus tard en 1451.

Famille

Il épouse Benedetta Amati, dont il a trois filles et un fils, Neri, qui devient peintre. Après sa mort, l'atelier continue de fonctionner sous la direction de Neri.

Arezzo et mort

Dans les années 1440, il obtient encore des commandes importantes à Arezzo ; en 1447, il est payé pour la décoration à fresque d'une voûte. Le Dizionario biografico observe que son nom se trouve lié à ceux de grands maîtres, Domenico Veneziano d'abord, puis Piero della Francesca, qui poursuit à partir de 1452 son œuvre dans les fresques de la chapelle majeure de San Francesco d'Arezzo.

Il meurt en 1452.

Confusion avec Lorenzo di Bicci

Dans la vie qu'il consacre à Lorenzo di Bicci, Vasari lui attribue des œuvres qui reviennent pour la plupart à Bicci, confusion reprise par l'historiographie ultérieure. Gaetano Milanesi est le premier, dans son commentaire des Vies, à rétablir une chronologie de Bicci et à dresser une liste presque complète de sa production.

Style

Selon Larousse, Bicci di Lorenzo reste tributaire, durant toute sa carrière, de sa première formation ; insensible au renouvellement formel de la Renaissance, il est en revanche marqué par la peinture gothique internationale, à travers Lorenzo Monaco puis Gentile da Fabriano. Le Museo dell'Opera del Duomo le range parmi les peintres restés liés à la tradition gothique tardive de Lorenzo Monaco et de Gentile da Fabriano, dont ils reprennent le style rêveur et naturaliste, dans une Florence où se diffuse le goût de la première Renaissance.

La National Gallery of Art de Washington relève qu'au cours des années 1430, il s'affranchit progressivement des rythmes linéaires et de l'ornementation du gothique tardif pour élaborer des compositions plus posées et plus ordonnées. Le musée Thyssen-Bornemisza souligne que, tout en restant fidèle aux principes du , il actualise son style en y intégrant des motifs décoratifs de la Renaissance, ce qui donne une manière traditionnelle et archaïque, pratiquée jusqu'au milieu du et répondant au goût de ses commanditaires.

Larousse considère que ses meilleures œuvres, comme la Visitation de 1435 conservée au musée capitulaire de Velletri, sont réalisées dans l'esprit du florentin.

Œuvres

+ Sélection Date Titre Lieu Fresque du tabernacle du Madonnone, avec Lorenzo di Bicci San Salvi, Florence 1414 Triptyque de Porciano Santa Maria Assunta, Stia 1433 Vierge à l'Enfant en majesté entourée de quatre anges, panneau central du triptyque de San Niccolò in Cafaggio Galerie nationale, Parme 1433 Panneaux latéraux du triptyque de San Niccolò in Cafaggio Musée de l'abbaye, Grottaferrata ; collection Lehman, New York 1433 Prédelle du triptyque de San Niccolò in Cafaggio Metropolitan Museum of Art, New York ; Ashmolean Museum, Oxford ; château du Wawel, Cracovie 1434 Christ en gloire parmi des saints et des prophètes Santa Trinita, Florence 1435 Nativité San Giovannino dei Cavalieri, Florence 1435 Visitation Musée capitulaire, Velletri 1439 Projet peint pour le tombeau de Luigi Marsili Cathédrale Santa Maria del Fiore, Florence 1439-1440 Apôtres Chapelles de la cathédrale Santa Maria del Fiore, Florence Saints André et Jude Thaddée, attribué avec Lippo d'Andrea Museo dell'Opera del Duomo, Florence Fresques de la chapelle Lenzi, achevées par Neri di Bicci, détruites Ognissanti, Florence Annonciation, atelier Musée du Louvre, Paris Fresques de la chapelle majeure, poursuivies par Piero della Francesca San Francesco, Arezzo Mariage mystique de sainte Catherine Santa Felicita, Florence Triptyque et Trois histoires de saint Nicolas Cathédrale de Fiesole Vierge en majesté avec des saints San Felice in Piazza, Florence Saint Nicolas de Tolentino protégeant Empoli de la peste Collégiale Sant'Andrea, Empoli Le Baptême du Christ Musée d'Arts de Nantes

Notes et références

Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie

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Articles connexes

Lorenzo di Bicci Neri di Bicci Gentile da Fabriano

Liens externes

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