page=91|vignette|redresse|Photogravures supposées mettre en évidence les , dans une communication faite par Blondlot à l'Académie des sciences, entre les , et . La version présentée ici est la traduction en anglais : , entre les , ..
Les sont d'hypothétiques rayons découverts par le physicien français René Blondlot. Ces rayons étaient censés pouvoir augmenter la luminosité d'une lumière de faible intensité. Cette erreur scientifique, de bonne foi, n'a duré qu'un an et a été révélée par Robert Williams Wood dans la revue Nature en dans un article présentant le phénomène comme purement subjectif et sans origine physique (le phénomène ayant été « observé » sans le dispositif déclencheur).
Histoire vignette|redresse|René Blondlot en .
En , le physicien René Blondlot () commet l'une des plus grandes erreurs du en physique expérimentale..
Alors que Wilhelm Röntgen vient de découvrir les en et Henri Becquerel les rayons uraniques en , René Blondlot commence à travailler sur les rayons de Röntgen en . Il annonce en la découverte de nouveaux rayonnements qu'il baptise « » (de l'initiale de sa ville, Nancy).
Blondlot jouissant d'une excellente réputation à la suite de ses précédentes recherches sur la polarisation des champs magnétiques, cette découverte est accueillie avec enthousiasme. L'Académie des sciences publie de nombreuses notes dans ses comptes rendus hebdomadaires. Blondlot continue ses recherches et accumule les « découvertes », comme celles de nouveaux « » en .
Deux scientifiques allemands, Rubens et Lummer, remettent vivement en cause la découverte, mais la rivalité entre la France et la Prusse en fait une question d'honneur national. En , La Revue scientifique publie tout de même un article critique d'un chercheur italien, Salvioni. Puis en , la revue Nature publie un article de Robert Williams Wood, traduit un mois plus tard dans La Revue scientifique.
vignette|redresse|Robert Williams Wood en .
Wood y raconte sa visite au laboratoire de Blondlot : les expériences, fondées sur l'observation de la flamme d'une bougie, se déroulent dans la pénombre. À l'insu des expérimentateurs, Wood perturbe les expériences : enlèvement par ses soins du dispositif déclencheur et simulations diverses. Or, imperturbablement, les expérimentateurs continuent à « observer » les effets attendus.
La Revue scientifique écrit : . À la fin de l', l'Académie des sciences attribue tout de même à Blondlot le prix Leconte, d'une valeur de , .
Blondlot perd peu à peu ses soutiens, l'illusion de l'existence des a en effet duré à peine une année. Gustave Le Bon, adhérant à la thèse de l'autosuggestion, conclut que .
Blondlot a entraîné dans son entreprise plusieurs autres chercheurs : . « recherches sensationnelles sur l'émission des rayons par le système nerveux… » ; Adolf Bernard Meyer, sur l'émission par les végétaux « note sur l'étude de l'émission pesante [les ] provenant de l'organisme » ; Fred Dayton Lambert, sur l'émission par les ferments solubles ; Ernest Bichat, doyen de la faculté des sciences de Nancy, sur « l'explication de la transmission des rayons par des fils » ; Jean Becquerel, fils du découvreur de la radioactivité, qui présenta ses communications à l'Académie des sciences ; André Broca, agrégé de physique à la faculté de médecine, lui-même fils de Paul Broca ; (), professeur de chimie à l'École polytechnique ; Henri Bagard, professeur à la Faculté des sciences de Dijon.
Analyse
Problème de protocole expérimental Les expériences décrites par Blondlot étaient, , extrêmement peu fiables. Fondées sur l'observation d'une flamme dont l'éclat varie déjà naturellement de 25 % (d'après Wood), les observations nécessitaient, d'après Blondlot sur la source lumineuse dont on voulait mesurer l'éclat. D'après des physiologistes de l'époque, comme le docteur Weiss, .
À décharge, l'époque était propice à la découverte de nouveaux rayons. De plus, l'impossibilité de reproduire une expérience ne prouve pas la fausseté de celle-ci, comme l’ont prudemment invoqué des chercheurs interrogés à ce sujet (enquête de La Revue scientifique à la fin ). De même, la vérité scientifique ne peut pas s'établir sur une simple majorité d'opinions. Si des chercheurs ont remis en cause ces résultats, d'autres ont prétendu avoir réussi à les reproduire.
Cette affaire a apporté d'importants enseignements sur les processus cognitifs, et est depuis souvent citée dans ce cadre. Elle a incité à plus de précautions dans les expérimentations et à réaliser dans certains cas des tests en double aveugle, limitant ainsi le biais de confirmation.
Instrumentalisation nationaliste des sciences
Le physicien Éric Picholle, qui analyse l'affaire des comme une (par opposition à la suspension volontaire d'incrédulité), avance que cet effet pourrait avoir été accentué par les passions nationalistes de l'époque, comme en témoigne le choix du N, initiale de Nancy, pour baptiser ces rayons. En effet, cette fausse découverte intervient dans un contexte de revanchisme après la perte de l'Alsace-Moselle, qui avait été annexée par l'Allemagne lors de la guerre de , et de tensions franco-allemandes croissantes qui allaient mener à la Première Guerre mondiale.
Influence dans les courants ésotériques Les travaux de Blondlot et les ont été repris dans certaines doctrines ésotériques du début du , notamment dans des théories sur le « double éthérique » par Annie Besant et Charles Webster Leadbeater de la Société théosophique : ..
Dans Fragments d'un enseignement inconnu ( sur les Hydrogènes), Piotr Ouspenski évoque les comme étant une matière subtile. Il reprend dans cet ouvrage les propos de son maître Georges Gurdjieff.
Notes et références
Voir aussi Sources d'époque . . . . . La Revue scientifique, , : . . « Les existent-ils ? », , , . « Les existent-ils ? », , , . « Les existent-ils ? », , , . « Les existent-ils ? », , , . « Les existent-ils ? », , , . « Les existent-ils ? », , , « Les existent-ils ? », , , . « Les expériences de prouvent-elles l'existence des ? », , , .
Sources analytiques . . . . . . . . . , repris dans . . . . . . , « », . . . . . . . . ; , , , ; et , , . , repris dans . .
Articles connexes
Science pathologique Biais de confirmation Erreur scientifique
Liens externes
Catégorie:Histoire de la physique Catégorie:Théorie scientifique obsolète Catégorie:Controverse scientifique Catégorie:Nancy