Les Fusiliers du St-Laurent (Fus du St-L) sont un régiment d'infanterie de la Première réserve de l'Armée canadienne. Il fait partie du Groupe-brigade du Canada au sein de la Division du Canada son quartier général est situé à Rimouski au Bas-Saint-Laurent. Il comprend trois compagnies à Rimouski, à Rivière-du-Loup et à Matane au Québec.

La lignée de l'unité remonte à 1869. De 1952 à 1968, les Fusiliers du St-Laurent formaient un bataillon du Royal Régiment. En plus de sa propre histoire, le régiment perpétue l'héritage du Bataillon de la Milice d'élite incorporée, du Bataillon d'infanterie légère de la Milice, des Chasseurs canadiens et du 189 Bataillon "outre-mer", CEC.

Rôle et organisation Les Fusiliers du St-Laurent font partie du Groupe-brigade du Canada, un groupe-brigade de la Première réserve de l'Armée canadienne qui fait partie de la Division du Canada. Le régiment a un effectif total de plus de qui sont principalement des militaires s'entraînant à temps partielAssociation des anciens des Fusiliers du St-Laurent, page consultée le 27 février 2011. Il est divisé en trois compagnies : une à Rivière-du-Loup, une à Rimouski et une à Matane.

Histoire Formation du régiment (1776-1900) Dès l'invasion américaine de 1776, plusieurs localités le long du fleuve Saint-Laurent hébergent des compagnies de milice dont Rivière-du-Loup, Cacouna, L'Isle-Verte, Trois-Pistoles et Rimouski. L'Acte de l’Amérique du Nord britannique approuvée par la reine Victoria le prévoit la formation de la Milice canadienne. Une loi votée le divise les troupes en Armée active et en Armée de réserve. L’effectif total doit atteindre . Le , les bataillons provisoires du Témiscouata et de Rimouski sont créés sous les noms respectifs de The Provisional Battalion of "Temiscouata", littéralement « Le Bataillon provisoire de "Témiscouata" », et The Provisional Battalion of Rimouski, littéralement « Le Bataillon provisoire de Rimouski ». Le bataillon provisoire de Témicousta est divisé en quatre compagnies : la première à Fraserville (aujourd'hui Rivière-du-Loup), la seconde à Trois-Pistoles, la troisième à Cacouna et la quatrième à Saint-Arsène. Le bataillon provisoire de Rimouski est quant à lui divisé en cinq compagnies : la première à Rimouski, la seconde à Matane, la troisième à l'Anse-au-Sable, la quatrième au Bic et la cinquième à Saint-Anaclet-de-Lessard.

Le , les deux bataillons provisoires de Rimouski et de Témiscouata sont fusionnés en un seul bataillon nommé 89th "Témiscouata and Rimouski" Battalion of Infantry, littéralement le « "Témiscouata et Rimouski" Bataillon d'infanterie ». Le quartier général du bataillon est situé à Fraserville et son premier commandant est le lieutenant-colonel Émile Hudon. Ce bataillon comporte huit compagnies : la première à Fraserville, la seconde à Rimouski, la troisième à Cacouna, la quatrième à Baie-des-Sables, la cinquième à Saint-Anaclet-de-Lessard, la sixième au Bic, la septième à Saint-Arsène et la huitième à L'Isle-Verte. Le , le bataillon devient un régiment et est renommé 89th Temiscouata and Rimouski Regiment, littéralement le « Régiment Témiscouata et Rimouski ».

Seconde guerre des Boers (1899-1902)

Les membres du Régiment se font remarquer au combat pour la première fois lors de la seconde guerre des Boers. Bien que le ne se rend pas en Afrique du Sud en tant qu'unité autonome, plusieurs de ses membres sont intégrés à d'autres unités pour y participer. Ceux-ci se font remarquer de manière honorable notamment aux batailles de Paardeberg, de Poplar Grove, de Driefontein, d'Ibounek et de Zoud River ainsi qu'aux expéditions dans la colonie de la rivière Orange et dans le Transvaal. En 1902, le régiment prend part aux festivités entourant le couronnement d'Édouard VII, puis, en 1911, à celles du couronnement de George V en Angleterre. En 1911 également, le régiment reçoit ses drapeaux royal et régimentaireLe Régiment reçoit ses nouveaux drapeaux, Le soldat de la Côte !, volume 1, numéro 1, , document consulté en ligne le 27 février 2011.

Première Guerre mondiale (1914-1918)

right|150px|thumb|Buste de Joseph Keable dans le monument aux Valeureux d'Ottawa Le , l’armée allemande envahit la Belgique. Le Canada déclare la guerre à l'Allemagne le . La du Corps expéditionnaire canadien quitte le Canada pour l’Angleterre et passe en France le après une période d’entraînement. Pour combler les vides et servir de renfort aux troupes en action sur les champs de bataille, le appelle en service actif diverses unités de milice.

Le , le Régiment Témiscouata et Rimouski fournit les éléments nécessaires incluant la majorité des officiers pour former le Bataillon sous le commandement du lieutenant-colonel P.A. Piuze qui s'embarquent le à Halifax en Nouvelle-Écosse pour se rendre à Liverpool en Angleterre au sein de la Division de formation du , Le soldat de la Côte !, volume 1, numéro 1, septembre 2009, p. 2, document consulté en ligne le 27 février 2011. Plusieurs Malécites font alors partie des rangs de ceux qui rejoignent le Bataillon dont le sergent Jacques Athanase décoré de la Croix de Saint-Georges de Russie ainsi que Joseph Arthur Thomas et Thomas Paquette tous deux décédés au cours de la bataille de la crête de Vimy. En Angleterre, le Bataillon est intégré au Bataillon qui sert de réserve.

À la suite de la bataille de Flers-Courcelette, plusieurs membres du Bataillon sont envoyés comme renfort au Bataillon qui est la seule unité canadienne française au front et qui deviendra plus tard le Royal Régiment. D'ailleurs, le caporal Joseph Keable et le lieutenant Jean Brillant qui se distinguent brillamment et qui sont tous deux décorés de la croix de Victoria, la plus haute distinction du Commonwealth, sont issus du Bataillon et sont natifs du Bas-Saint-LaurentCaporal Joseph Kaeble, VC, MM sur le site du Royal Régiment, page consultée le 27 février 2011Lieutenant Jean Brillant, VC, MC sur le site du Royal Régiment, page consultée le 27 février 2011.

L'entre-deux-guerres (1918-1939)

En 1920, le Bataillon devient le Bataillon du Régiment de Témiscouata et Rimouski, le second étant l'ancien . Le de la même année, le nom du régiment est francisé et devient Le Régiment Témiscouata et Rimouski. Par la suite, le , l’Ordre général 206 renomme le régiment en Les Fusiliers du St-Laurent.

Le régiment est aussi réorganisé comme suit : Quartier-général à Rimouski Compagnie A à Rivière-du-Loup Compagnie B à Mont-Joli Compagnie C à New Carlisle Compagnie D à Gaspé.

Le , l’Ordre général 79 enlève l’article du nom du régiment qui devient alors simplement Fusiliers du St-Laurent.

Seconde Guerre mondiale

Le , l’armée allemande envahit la Pologne. Le , la Chambre des communes du Canada entre officiellement en guerre. Un décret de la loi des mesures de guerre ordonne la mise sur pied immédiate de l’armée active, des unités et des éléments de la milice active non-permanente. En vertu de cette loi des mesures de guerre, les Fusiliers du St-Laurent sont appelés en service actif et reçoivent les tâches de défendre le pays, d'instruire des recrues et de fournir des soldats pour combler les effectifs militaires sur les champs de bataille européens. Il est officiellement appelé en service actif le . Tout comme lors de la Première Guerre mondiale, des militaires des Fusiliers du St-Laurent intégrés à d'autres unités se distinguent au combat dont le capitaine Paul Triquet qui est décoré de la croix de Victoria. Bien qu'il ait fait carrière avec le Royal Régiment, il est issu des Fusiliers du St-Laurent et est natif de Cabano au Bas-Saint-Laurent.

Le , l'unité est renommé en 2nd (Reserve) Battalion, Fusiliers du St-Laurent, littéralement le « (Réserve) Bataillon, Fusiliers du St-Laurent ». Elle réadopte le nom de Fusiliers du St-Laurent le .

L'après-guerre et la réorganisation du régiment (1946-1969)

Le , le régiment est fusionné avec Le Régiment de Montmagny et est intégré au Royal Régiment en devenant son cinquième bataillon, mais il conserve son insigne régimentaire et ses couleurs. Il est ainsi renommé Les Fusiliers du St-Laurent (5th Battalion, Royal Régiment), littéralement « Les Fusiliers du St-Laurent ( Bataillon, Royal Régiment) ». Le , le nom du régiment est francisé en Les Fusiliers du St-Laurent ( Bataillon, Royal Régiment).

En 1964, le ministère de la Défense nationale (MDN) effectue une nouvelle réorganisation en intégrant la Milice à l’armée régulière. Dans le cadre de cette réogarnisation, les compagnies de Gaspé et de New Richmond sont intégrées aux Fusiliers du St-Laurent. Le régiment redevient indépendant du Royal Régiment, le , et adopte son nom actuel.

En 1969, le MDN effectue une réduction des effectifs militaires canadiens qui a pour conséquence de réduire le régiment à seulement trois compagnies : la compagnie A à Rivière-du-Loup, la compagnie B à Rimouski qui comprend également le quartier général et la compagnie C à Matane.

Histoire récente (depuis 1970) En 1972, le régiment reçoit ses drapeaux royal et régimentaire en tant que Les Fusiliers du St-Laurent ; les précédents avaient été reçus en 1911 en tant que le Régiment Témiscouata and Rimouski.

Les Fusiliers du St-Laurent sont appelés de temps à autre à aider les autorités civiles dans le cadre d'opérations domestiques. En 1990, lors de la crise d'Oka, Les Fusiliers du St-Laurent fournissent une quarantaine de militaires afin de servir de renfort aux unités régulières. En , des Fus du St-L sont déployés dans la région de la Montérégie dans le cadre de l’opération Récupération afin d’assister le pouvoir civil lors de la tempête de verglas.

De plus, des membres des Fusiliers du St-Laurent rejoignent parfois des unités régulières pour participer à des opérations outremers. En fait, depuis 1992, des Fus du St-L ont pris part à des missions à l'étranger sous l'égide de l'Organisation des Nations unies (ONU) ou de l'Organisation du traité de l'Atlantique nord (OTAN).

Honneurs de bataille

Défense du Canada 1812-1815 Canadian Forces, The Creation of the Commemorative Theatre Honour and Honorary Distinction "Defence of Canada - 1812-1815 - Défense du Canada," 14 September 2012, 2. Châteauguay Canadian Forces, War of 1812 Battle Honours, 14 September 2012, 3. Arras, 1917 Major Michael Mitchell, CD, Ducimus The Regiments of the Canadian Infantry (Ottawa, ON: Canadian War Museum, 1992), 107. Afghanistan Prime Minister of Canada, "South-west Asia Theatre Honours." 9 May 2014

Traditions Musique La marche régimentaire est Rêves canadiens.

Postes honoraires Madame Stéphanie Poitras est la lieutenant-colonel honoraire du régiment depuis . Le Colonel honoraire est M. Gilles d'Amours est le lieutenant-colonel honoraire du régiment depuis .

Insigne L'insigne des Fusiliers du St-Laurent est composée d'une grenade dorée surmontée de 15 flammes d'or. Chacune de ces flammes représente les 15 endroits où le régiment a été stationné, c'est-à-dire Fraserville (Rivière-du-Loup), Trois-Pistoles, Cacouna, Saint-Arsène, Rimouski, Matane, Anse-au-Sable, Le Bic, Saint-Anaclet-de-Lessard, L'Isle-Verte, Mont-Joli, New Carlisle, Gaspé, New Richmond et Montmagny. Un libellé marqué d'or sur du lapis inscrit le nom de l'unité et marqué à sa base un feuille d'érable. Au centre, une tour, en reconnaissance des services rendus, surtout lors de la Deuxième Guerre mondiale.

Droits de cité thumb|Insigne des Fusiliers du St-Laurent sur l'édifice de la deuxième Rue ouest à Rimouski, Qc, Canada. Les Fusiliers du St-Laurent ont reçu le droit de cité à : Rimouski () Matane () Rivière-du-Loup () Sayabec () Mont-Joli () Chérisy () Arras ()

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