L’Ours noir d’Amérique (Ursus americanus), l’ au sens strict, également connu sous le nom de Baribal, est une espèce de mammifère carnivore de la famille des Ursidés.

Très commun en Amérique du Nord, il se rencontre dans une aire géographique qui s'étend des parties septentrionales du Canada et de l'Alaska au nord du Mexique, et des côtes atlantiques aux côtes pacifiques de l'Amérique du Nord. Il est présent dans un bon nombre d'États américains et dans toutes les provinces canadiennes. Il préfère les forêts et les montagnes où il trouve sa nourriture et peut se cacher. La population d'ours noirs était sans doute de deux millions d'individus autrefois. Aujourd'hui, l'on estime qu'il existe entre et ours noirs sur ce continent. Longtemps chassé pour sa fourrure, il subit aujourd'hui la réduction de son milieu naturel par l'homme. La population de l'Ours noir est généralement stable..

Plus petit que l'Ours brun et l'Ours blanc, cet animal présente une couleur de fourrure plus ou moins foncée selon les régions, allant du noir au blanc en passant par le roussâtre et le gris argenté. Seize sous-espèces, dont certaines sont menacées, sont reconnues. L'Ours noir n'hiberne pas au sens strict, mais passe l'hiver dans un état de somnolence en vivant sur ses réserves de graisses accumulées pendant l'automne. Il est omnivore, même si son régime alimentaire est dominé par les végétaux. L'Ours noir est un bon nageur et il grimpe facilement aux arbres pour échapper à un danger.

Dénominations Nom scientifique valide : Ursus americanus Pallas, 1780 selon ; Synonymes :

Nom normalisé anglais : American black bear ; Nom vulgaire typique et recommandé en français : Ours noir d’Amérique ; Autres noms vulgaires : Ours d’Amérique, Ours gulaire ; Noms vernaculaires : Ours noir, Ours.

Taxonomie Historique vignette|gauche|Illustration d’Ursus nasutus par Joseph Wolf dans Proceedings of the Zoological Society of London, 1868. L'Ours noir d’Amérique a été décrit scientifiquement pour la première fois en 1780 par le zoologiste et botaniste germano-russe Peter Simon Pallas dans son ouvrage Spicilegia Zoologica sous le nom binominal d'. Pallas base sa description sur l'examen de trois spécimens vivants gardés dans la tour de Londres (), soulignant à quel point leur faciès et leurs caractéristiques diffèrent de l’ours brun d’Europe au point de devoir être considérés sans hésitation comme une espèce distincte. Un même constat est fait par Buffon dans son histoire naturelle dans son chapitre consacré à l’ours.

Dans sa diagnose, Pallas note que cet animal possède une tête proportionnellement plus étroite avec un museau évoquant celui d’un chien, un corps entièrement noir avec un pelage plus doux et plus brillant, ainsi que des joues et une gorge de couleur rousse. L'auteur rapporte également des éléments sur son comportement et son habitat fournis par des observateurs coloniaux et des récits de voyageurs, notamment sur sa façon d’escalader les arbres pour échapper aux chiens, ses cris plaintifs, ou encore les usages de sa fourrure et de son huile par les Amérindiens et les planteurs.

Quelques spécimens sont décrits ça et là en Amérique du Nord, comme l’Ours de Kermode dans les années 1810 ou encore l’Ours Cannelle en 1859. En 1864 dans le journal de la société zoologique de Londres, John Edward Gray propose alors de regrouper ces petits ours américains à courtes griffes sur la base de critères morphologiques : un pelage court et uniforme, des griffes antérieures modérées mais un peu plus longues que les postérieures, des pattes arrière courtes, ainsi qu'une dent tuberculeuse supérieure modérément longue et rétrécie vers l'arrière, il y établie alors le sous-genre Euarctos. Il y rattache principalement l'ours noir d'Amérique (Ursus americanus) ainsi que, de manière interrogative, l'ours cannelle (Ursus cinnamomeus). Au XXème siècle, les premières sous-espèces sont recensées, et Euarctos devient un genre à part entière selon certaine auteurs. Finalement, l’espèce retrouvera son genre Ursus dans les premières édition du Mammal species of the World de 1982. Aujourd’hui, le sous-genre Euarctos est monotypique et sert principalement à dissocier cette espèce des ours brun et polaire au sein du genre Ursus.

En effet, l'Ours noir d'Amérique n'est pas étroitement apparenté à l'ours brun ou à l'ours polaire ; des études génétiques révèlent qu'ils ont divergé d'un ancêtre commun il y a 5,05 millions d'années. L'ours noir d'Amérique et l'ours noir d'Asie (Ursus thibetanus) étaient traditionnellement considérés comme des taxons frères, plus étroitement apparentés entre eux qu'aux autres espèces d’Ursidés. Cependant, des études récentes , notamment une menée en 2017, tendent à montrer que les deux taxons ne sont pas aussi proche que l’on le pensait jusqu’à lors : l’ours noir d’Amérique est en fait, compris dans un clade comprenant l’ours brun et l’ours polaire, alors que l’ours noir d’Asie est compris avec l’ours malais et l’ours lippu, ces deux dernières espèces étant considérés, selon les auteurs, comme des ours proprement dits.

Évolution Les ancêtres des ours noirs d'Amérique et d'Asie ont divergé des Hélarctes il y a 4,58 millions d'années. L'ours noir d'Amérique s'est ensuite séparé de l'ours noir d'Asie il y a 4,08 millions d'annéesLisette Waits, David Paetkau et Curtis Strobeck, « Overview » dans Genetics of the Bears of the World, chapitre 3 de Bears: Status Survey and Conservation Action Plan, compilé par Christopher Servheen, Stephen Herrero et Bernard Peyton, IUCN/SSC Bear Specialist Group.. Un petit genre d'ours primitif appelé Protarctos (U. abstrusus) est le plus ancien membre fossile nord-américain connu du genre Ursus, daté d'il y a 4,95 millions d'années. Cela suggère que U. abstrusus pourrait être l'ancêtre direct de l'ours noir d'Amérique, qui a évolué en Amérique du Nord.

Les premiers fossiles d'ours noir d'Amérique, datant du début du Pléistocène à Port Kennedy, en Pennsylvanie, ressemblent beaucoup à l'espèce asiatique, bien que des spécimens ultérieurs aient atteint des tailles comparables à celles des grizzlis. Autrefois décrit comme une espèce précurseur (Ursus vitabilis), ces spécimens ont été synonymisés avec U. americanus.

Hybrides Les ours noirs d'Amérique sont interfécond avec plusieurs autres espèces d’ours proprements dits et produisent occasionnellement des descendants hybrides. Selon l'ouvrage de Jack Hanna Monkeys on the Interstate, un ours capturé à Sanford, en Floride, serait issu d'une femelle ours noir d'Asie échappée et d'un mâle ours noir d'Amérique. En 1859, un ours noir d'Amérique et un ours brun d'Eurasie ont été accouplés au zoo de Londres, mais les trois oursonnes nés sont morts avant d'atteindre l'âge adulte. Dans De la variation des animaux et des plantes sous l'action de la domestication, Charles Darwin note :

Un ours abattu à l'automne 1986 dans le Michigan a été considéré par certains comme un hybride entre un ours noir d'Amérique et un grizzly, en raison de sa taille anormalement grande et de la morphologie de son crâne. Les tests ADN n'ont toutefois pas permis de déterminer s'il s'agissait d'un grand ours noir d'Amérique ou d'un grizzly.

Liste des sous-espèces