La bataille de Barrosa, également connu sous le nom de bataille de Chiclana, se déroule le près de Cadix, dans le Sud de l'Espagne, dans le cadre de la guerre d'indépendance espagnole. Elle oppose les troupes françaises du maréchal Claude-Victor Perrin à un corps expéditionnaire anglo-espagnol commandé par les généraux Thomas Graham et Manuel la Peña. Tactiquement favorable aux Alliés, l'affrontement se solde néanmoins par un statu quo stratégique.
Au début de l'année 1810, le corps d'armée français du maréchal Victor envahit l'Andalousie et assiège Cadix. Ravitaillée par la mer, la place résiste de longs mois aux forces impériales qui, affaiblies par d'importantes ponctions d'effectifs en , se retrouvent en difficulté. Profitant d'une situation qui leur est favorable, les Anglo-Espagnols débarquent un contingent expéditionnaire à Tarifa, au sud de Cadix, afin de prendre à revers les lignes françaises. Informé de cette manœuvre, Victor redéploye néanmoins son dispositif afin de tendre un piège à ses adversaires. Il dépêche une de ses divisions sur la route de Cadix afin d'arrêter la marche des Alliés, tandis que lui-même avec le reste du tombe à l'improviste sur l'arrière-garde anglo-portugaise dirigée par le général Graham.
Soutenant un combat acharné sur deux fronts, les Britanniques réussissent à mettre en déroute les colonnes françaises, mais l'absence presque totale de soutien de la part des Espagnols empêche de transformer cette victoire en triomphe. Les Français parviennent en effet à se regrouper et à réoccuper leurs lignes de siège, de sorte que la victoire de Graham n'a qu'un impact limité sur la poursuite de la guerre. Les positions françaises demeurent inchangées jusqu'à l'année suivante, date à laquelle Victor lève définitivement le siège le .
Contexte Au printemps 1811, les troupes de Napoléon occupent l'Espagne. La ville de Cadix, défendue par ( Espagnols et Britanniques) est assiégée par Français commandés par le maréchal Victor. Un peu au nord, la ville de Badajoz est assiégée par les Français après la bataille de Gebora, le , au cours de laquelle un petit contingent de troupes françaises et polonaises dirigé par Soult disperse une armée espagnole composée de deux divisions et fait prisonniers. Soult considère que la prise de Badajoz, sur la frontière hispano-portugaise, . ; cependant, en dépit du succès français à Gebora, la citadelle tient toujours. À ce moment, Soult apprend qu'un corps anglo-espagnol vient de débarquer à la pointe de Tarifa afin de débloquer Cadix. Le maréchal donne alors l'ordre d'attaquer les remparts de Badajoz qui capitule le .
Ainsi que Soult en a été informé, une force composite anglo-espagnole a quitté Cadix par la mer pour tenter de lever le siège de cette ville et, débarquant à Algésiras à au sud de Cadix, se prépare à attaquer par l'arrière les assiégeants français. Cette force est composée d'environ Espagnols, sous le commandement du général espagnol Manuel la Peña, et de Britanniques commandés par le lieutenant-général Thomas Graham.
Suivant les dispositions prises par leur commandant, le maréchal Victor, les Français ont pris position à un endroit maintenant connu sous le nom de Pinar de los franceces, une zone marécageuse d'environ à l'est de la plage de Barrosa, à Chiclana de la Frontera, où la route vers Cadix et San Fernando passe entre un marécage et une forêt de pins. Cette situation empêche toute attaque sur les forces françaises mais elle laisse près de la côte une route qui mène directement à Cadix. Les troupes espagnoles, exténuées par une longue marche, arrivent sur la colline de Barrosa le où la Peña décide de regagner au plus vite Cadix par la route côtière sans se mesurer aux positions françaises.
Déroulement de la bataille vignette|gauche|upright=1.5|Carte de la bataille.
Le maréchal Victor place une de ses divisions, commandée par le général Eugène Casimir Villatte, pour barrer la route aux soldats espagnols mais cette division est prise en tenaille par des forces venues de Cadix. Victor fait ensuite attaquer la colline par une autre de ses divisions, la , sous les ordres du général François Amable Ruffin. Les forces françaises partent à l'assaut de la colline et le contingent anglais — — doit battre en retraite. Quand les troupes françaises s'installent sur les hauteurs, le général Graham fait faire demi-tour au reste de ses troupes afin d'attaquer la colline. L'infanterie britannique avance en ligne tandis que les Français descendent de leur position en colonnesVoir note 1 de la Bataille d'Albuera sur les tactiques d'attaque respectives des Français et des Britanniques à cette époque. pour les attaquer. Après un duel de mousqueterie à bout portant, les deux divisions françaises rompent les rangs et reculent vers Chiclana. Dans la mêlée, les Britanniques capturent l'aigle d'un régiment.
Le général Graham propose à son homologue la Peña de poursuivre les Français en déroute, ce que celui-ci refuse. Rentrant à Cadix, il contraint les forces anglaises à le suivre.
Conséquences D'un point de vue tactique et en termes de pertes infligées à l'ennemi, la bataille est une victoire des troupes britanniques. Elles ont déjà marché sur une distance considérable durant le jour et la nuit précédente et combattent les Français pratiquement deux fois plus nombreuxSur instruction de La Peña, les Espagnols ne bougent pas et observent à distance alors que leurs alliés sont attaqués.. D'un point de vue stratégique, cette bataille n'a aucun effet puisque, après l'affrontement, les forces espagnoles reprennent leur marche vers Cadix sans tenter d'attaquer les lignes de siège françaises.
vignette|gauche|Portrait de Thomas Graham, provenant du frontispice de sa biographie par Alexandre M. Delavoye publiée en 1880.
Dans cette bataille, un certain Keogh du d'infanterie tente d'arracher l'aigle du de ligne français. Keogh est tué dans sa tentative, mais le sergent Patrick Materson (ou Matersman, les documents sont contradictoires) finit par s'assurer de l'aigle en criant . Il reçoit plus tard pour cet exploit une « promotion sur le champ de bataille » et est élevé au grade de capitaine. L'ironie de l'histoire est que cette aigle a reçu une couronne de lauriers dorée de la main de Napoléon lui-même, en signe de distinction du de ligne pour avoir forcé ce même britannique à battre en retraite avec de lourdes pertes à la bataille de Talavera.
Sources
Notes et références
Liens externes texte très détaillé.
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