Ailanthus altissima, en français Ailante glanduleux, Ailante, Faux vernis du Japon, Frêne puant ou Vernis de Chine, est une espèce de plantes à fleurs de la famille des Simaroubaceae. C'est un arbre à feuilles caduques. Il possède de grandes feuilles composées, une écorce lisse et grise et a pour fruits des samares. Il est natif à la fois du nord-est et du centre de la Chine et de Taïwan et présent davantage dans la forêt tempérée que dans la forêt subtropicale d’Extrême-Orient. Cette espèce pousse vite, elle est capable d'atteindre une hauteur de en . Elle a une durée de vie courte et vit rarement plus de , mais peut cependant poursuivre son existence bien au-delà grâce à son pouvoir drageonnant particulièrement développé.
L'Ailante glanduleux a été introduit, comme arbre d'ornement ou pour l'élevage du Bombyx de l'ailante pour la production de soie, dans la majeure partie des climats tempérés à subtropicaux, et il est considéré comme l'une des plantes les plus envahissantes au en Australie, aux États-Unis, en Nouvelle-Zélande et dans plusieurs pays d'Europe méridionale et orientale.
Appellations Ailanthus altissima est souvent simplement nommé en français « Ailante ». L'orthographe « Ailanthe », peut également être trouvée, mais l’origine de ce nom ne la justifie pas.. Selon le code de la nomenclature, le « h » de son nom scientifique doit par contre être préservé pour respecter le choix de son auteur, même s'il n'a pas de fondement. L'arbre porte également d'autres noms communs en français et dans d'autres langues.
En français L'espèce est également appelée « Ailante glanduleux », « Faux vernis du Japon », « Frêne puant » ou encore « Vernis de Chine ». Le nom « Faux Vernis du Japon » est dû à la ressemblance de ses feuilles avec celles du « vrai » Vernis du Japon (Toxicodendron vernicifluum), et « Frêne puant » est justifié par sa relative ressemblance avec le frêne et son odeur nauséabonde..
Dans certaines régions du Sud de la France il est appelé "monte-aux-cieux", probablement en raison de son développement rapide et haut.
En chinois Dans le plus ancien dictionnaire chinois existant, Er ya, datant du , l'Ailante glanduleux figure en deuxième position dans une liste d'arbres. Il est mentionné de nouveau dans un dictionnaire médical datant de la dynastie Tang, en apr. J.-C.. Les deux le dénomment de façon différente et il y a toujours un débat dans la communauté chinoise sur le nom qui doit être utilisé. Le nom actuel, chouchun (), signifie « cédrèle malodorante », pour le distinguer de Toona sinensis, nommé « cédrèle odorante » (). Les personnes vivant près de la partie basse du fleuve Jaune le dénomment chunshu ().
Autres langues Ailanthus altissima est nommé « Arbre du Paradis » dans plusieurs langues : , (Arbre des dieux) ; , , et , il est appelé « arbre du ciel ». C'est une plante envahissante capable d'occuper le moindre espace laissé libre, ce qui lui vaut le surnom de , « palmier du ghetto », à Détroit, aux États-Unis.
Taxonomie Les premières descriptions scientifiques de l'Ailante glanduleux sont faites peu de temps après son introduction en Europe par le jésuite français Pierre Nicolas Le Chéron d'Incarville. D'Incarville envoie des graines de cette espèce depuis Pékin via la Sibérie à son ami botaniste Bernard de Jussieu à partir de 1743. D'Incarville pense alors que les graines envoyées provenaient d'une espèce d'arbre importante économiquement et à l'allure similaire, Toxicodendron vernicifluum, qu'il avait pu observer dans la région du bas Yangzi, plutôt qu'à l'Ailante glanduleux. D'Incarville joint une note en ce sens, causant beaucoup de confusion taxonomique au cours des décennies suivantes. Quelques-unes de ces graines sont semées en France en 1743, puis les années suivantes alors que d'autres lots sont expédiés en 1751 à Philip Miller, le directeur général du jardin botanique de Chelsea et à Philip C. Webb, le propriétaire d'un jardin de plantes exotiques à Busbridge, en Angleterre.
La confusion dans la dénomination commence quand l'arbre est décrit par les trois hommes avec trois noms différents. À Paris, alors qu'il est appelé communément « Grand vernis du Japon », Carl von Linné lui donne le nom de Rhus succedanea (Rhus succedanea L. étant considéré depuis comme synonyme de Toxicodendron succedaneum, une autre espèce). À Londres, Miller nomme ses spécimens Toxicodendron altissima et à Busbridge un ancien système de classification choisi Rhus Sinese foliis alatis. Des documents, à partir des années 1750, montrent les différends entre Philip Miller et John Ellis, conservateur du jardin de Webb à Busbridge, sur le nom approprié. Avant que la question ne soit réglée, d'autres noms apparaissent rapidement pour la plante : ainsi Jakob Friedrich Ehrhart observe un spécimen à Utrecht en et lui donne le nom de Rhus cacodendron.
La lumière est faite sur le statut taxonomique d'A. altissima en lorsque René Desfontaines observe les samares des spécimens de Paris qui sont encore marqués Rhus succedanea. Il en vient à la conclusion que le plant n'est pas un sumac. Il publie un article avec une description illustrée et lui donne le nom de Ailanthus glandulosa, le plaçant dans le même genre que les espèces tropicales alors connues sous le nom d’A. integrifolia (maintenant Ailanthus triphysa). Le nom est dérivé du mot de la langue de l'île d'Ambon Ailanto signifiant « arbre qui monte vers le ciel ».. L'épithète spécifique glandulosa, faisant référence aux glandes présentes sur les feuilles, persiste jusqu'en mais est finalement invalidée plus tard par un homonyme. La combinaison actuelle est due à Walter T. Swingle, un employé de l’. Ce dernier transfère l'espèce Toxicodendron altissima, décrite par Miller, dans le genre de Desfontaines, créant ainsi le nom accepté de Ailanthus altissima.. Altissima signifie en latin « le plus haut » et fait référence à la taille que l'arbre peut atteindre. La plante est parfois incorrectement citée avec l'épithète spécifique au masculin (glandulosus ou altissimus), usage incorrect en botanique, comme en latin classique, la plupart des noms d'arbres étant féminins.
Deux variétés d’A. altissima sont reconnues à côté de la variété type : Ailanthus altissima var. sutchuanensis (Dode) Rehd. & Wils., 1917 (Synonyme : Ailanthus sutchuanensis Dode), originaire de Chine et du Vietnam ; Ailanthus altissima var. tanakai (Hayata) Kanehira & Sasaki, 1936 (Synonyme : Ailanthus glandulosa var. tanakai Hayata) qui est endémique des hauts-plateaux du nord de Taïwan. Il diffère de la première variété par son écorce jaunâtre, ses feuilles pennées impaires plus courtes, faisant en moyenne de de longueur avec seulement en forme de faux FHTET-2004-05...
Paradoxalement, cette dernière variété est classée « en danger » (EN) sur la Liste rouge de l'UICN des espèces menacées en raison de la perte de son habitat transformé en chantiers de construction et en plantations industrielles.
Description Appareil végétatif A. altissima est un arbre de taille moyenne qui atteint une hauteur de avec un diamètre à hauteur de poitrine d'homme d'environ AH654.. L'écorce est lisse, gris clair, devenant souvent un peu plus rêche avec les fissures de couleur ocre pâle lorsque l'arbre vieillit. Les rameaux, robustes, lisses à légèrement pubescents, sont rougeâtres ou marron. Ils portent des lenticelles ainsi que des cicatrices foliaires (cicatrices laissées sur le rameau après la chute des feuilles) en forme de cœur. Les bourgeons sont finement pubescents, en forme de dôme, et partiellement cachés derrière le pétiole, mais ils sont bien visibles pendant la période de dormance au-dessus des cicatrices foliaires.. Les branches sont gris pâle à gris foncé, lisses, brillantes et portent des lenticelles boursouflées qui se transforment en fissures avec l'âge. Les extrémités des branches sont pendantes. Toutes les parties de la plante dégagent une odeur forte qui est souvent comparée à celle du tabac ou bien d'arachides, ou de noix de cajou, pourries GTR-SRS-062..
Les feuilles sont caduques, grandes, alternes, imparipennées, d'odeur désagréable au froissement. Elles mesurent de de longueur et portent de disposées par paires, les plus grandes feuilles se trouvant sur les jeunes pousses les plus vigoureuses. Le pétiole est vert clair à rougeâtre avec une base renflée. Les folioles sont lancéolées, à bords lisses, un peu asymétriques et parfois ne sont pas directement en face les unes des autres. Elles mesurent de de long et de large. Elles ont une extrémité effilée tandis que la base porte de deux à quatre dents, chacune d'entre elles ayant une ou plusieurs glandes à son extrémité. La face supérieure est vert foncé avec des nervures plus claires, tandis que la face inférieure est d'un vert plus blanchâtre. Les pétioles font de de long. Les lobes des bases et les glandes le distinguent de certaines espèces assez similaires de sumacs.
Appareil reproducteur vignette|redresse|Planche des feuilles, fleurs et samares selon Britton et Brown's dans Illustrated flora of the northern states and Canada ().|alt=Gravure ancienne en noir et blanc de feuilles, fleurs et samares. Les fleurs sont petites et groupées en grandes panicules pouvant atteindre jusqu'à de longueur situées à l'extrémité des nouvelles pousses. Les fleurs sont d'un vert jaunâtre à rougeâtre, chacune ayant cinq pétales et sépales. Les sépales sont en forme de coupe, lobés et soudés tandis que les pétales sont jointifs (leurs bords se touchent sans se chevaucher), blancs et velus à l'intérieur A 2-volumes modern facsimileis published by Eclectic Medical Publications... Les fleurs apparaissent de la mi-avril dans le sud de son aire de répartition jusqu'en juillet dans le Nord. A. altissima est le plus souvent un arbre dioïque, les fleurs mâles et femelles étant portées par des arbres différents. Les arbres mâles produisent trois à quatre fois plus de fleurs que les femelles, ce qui les rend plus attractifs. Mais les plants mâles émettent une odeur nauséabonde plus forte lorsqu'ils sont en fleurs, attirant ainsi davantage les insectes pollinisateurs. Les fleurs femelles possèdent dix (ou plus rarement cinq) étamines stériles (staminodes) à anthères en forme de cœur. Le pistil est composé de cinq carpelles libres (c'est-à-dire qu'ils ne sont pas fusionnés), contenant chacun un seul ovule. Leurs styles sont unis et minces avec des stigmates en forme d'étoile. Les fleurs mâles sont semblables en apparence, mais elles sont dépourvues de pistil et leurs étamines sont fonctionnelles, chacune d'entre elles étant surmontée d'une anthère globuleuse et d'un disque vert porteur de glandes. Les graines ovoïdes, portées par les arbres femelles, font de diamètre et sont encapsulées individuellement dans une samare qui mesure de long et de large, brune ou rougeâtre, bien visible en juillet-août et persistant le plus souvent sur l'arbre jusqu'au printemps suivant. La samare est tordue à l'extrémité ce qui en fait une vrille lorsqu'elle tombe ce qui aide à sa dispersion par le vent. Les arbres femelles peuvent produire d'énormes quantités de graines, normalement environ par kilogramme d'arbre.
Confusions fréquentes Sumac vinaigrier L'Ailante glanduleux est souvent confondu avec le Sumac vinaigrier (Rhus typhina), surtout quand les arbres sont jeunes, car leurs feuillages sont très semblables et ce sont des plantes envahissantes qui colonisent toutes deux les talus et bords de routes. En revanche, le bord des folioles du Sumac est dentelé ; un Sumac adulte ne dépasse guère cinq mètres, tandis que l'Ailante peut mesurer plus de vingt mètres de hauteur ; leurs fructifications sont aussi bien différentes. Cette confusion entre les deux espèces a pu faire accuser à tort l'Ailante glanduleux d'être toxique.
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