d'Aragon ou Sancho Ramírez (lieu inconnu, vers 1043Ana Isabel Paúl Lapeña, Sancho Ramírez, rey de Aragón (¿1064?–1094) y rey de Navarra (1076–1094), Trea, Gijón, 2004, p. 22. – Huesca, après le ) est le fils de et d'Ermesinde de Foix. Il succède à son père en 1063 et règne sur le royaume d'Aragon. En 1076, il est appelé au trône de Pampelune par la noblesse navarraise et devient roi comme de Pampelune.
Son règne est marqué par l'expansion croissante de la jeune monarchie aragonaise, qui s'étend vers le sud, le long des vallées de l'Èbre, du Cinca et du Gállego, aux dépens des royaumes de taïfas, auxquels il impose le paiement de tributs. Il réorganise aussi religieusement son royaume, qu'il place dans la vassalité du pape, par la rénovation des monastères et l'adoption du rite romain« Sancho Ramírez », Gran Enciclopedia Aragonesa, 23 décembre 2008..
Biographie
Jeunesse
Le lieu et la date de naissance de Sanche sont mal connus : il semble qu'il naisse aux alentours de 1043. Il est le fils aîné du premier roi d'Aragon, , et de sa première épouse, Gilberge de FoixElle prend le nom d'Ermesinde à son mariage., fille de Bernard Roger, comte de Foix, de Comminges et de Bigorre. Son enfance n'est pas connue.
Il épouse, en 1062 ou 1063, Isabelle d'Urgell, fille du comte d'Urgell et d'Adélaïde de BesalúAna Isabel Paúl Lapeña, Sancho Ramírez, rey de Aragón (¿1064?–1094) y rey de Navarra (1076–1094), Trea, Gijón, 2004, p. 59-61.. Son père meurt peu de temps après, et il devient roi d'Aragon.
Règne
La croisade de Barbastro
En 1063, le pape lance un appel à la croisade contre les Maures, auxquels répondent des chevaliers et des seigneurs francs : un contingent d'Aquitains est mené par le duc d'Aquitaine , le contingent papal par le Normand Guillaume de Montreuil, tandis que dirige le contingent espagnol, formé de Catalans et d'Aragonais, auquel participe son beau-père, . Le but de l'entreprise était la conquête de Barbastro, devant laquelle le siège est mis en 1064. À la suite de la prise de la ville, est nommé chef de la place. Il meurt cependant le , lorsque Al-Muqtadir, roi de la taïfa de Saraqusta, réagit pour récupérer Barbastro et mena le djihadAna Isabel Paúl Lapeña, Sancho Ramírez, rey de Aragón (¿1064?–1094) y rey de Navarra (1076–1094), Trea, Gijón, 2004, pp. 159-160..
Malgré la perte de Barbastro, mena en 1065 d'autres campagnes militaires victorieuses contre la taïfa de Saraqusta et conquit la ville d'Alquézar, ainsi que les villages proches de Buera, Colungo et Adahuesca, au nord de BarbastroAna Isabel Paúl Lapeña, Sancho Ramírez, rey de Aragón (¿1064?–1094) y rey de Navarra (1076–1094), Trea, Gijón, 2004, p. 165..
Entre 1065 et 1067, fut impliqué dans la guerre des trois Sanche, avec ses cousins et . Le roi d'Aragon apporta son aide à son cousin de Navarre, mais les deux cousins sont défaits par le roi de Castille à Bureba et en Alava.
se lie d'amitié avec , seigneur champenois venu combattre à Barbastro, qui lui apporte aide et conseil durant la guerre des trois Sanche. Après avoir - sans doute - répudié son épouse, en 1070, il épouse la sœur de son nouvel ami, Félicie de Roucy.
Le voyage à Rome et l'œuvre religieuse
En 1068, se rendit à Rome, dans l'idée de consolider son royaume. Il offrit au pape de lui rendre hommage pour les terres de Matidero et VadoluengoLes rois d'Aragon, , puis exerçaient leur autorité sur les terres de Matidero à Vadoluengo, mais elles dépendaient du royaume de Pampelune. Les rois d'Aragon devaient donc rendre hommage pour ces terres au roi de Pampelune.Ana Isabel Paúl Lapeña, Sancho Ramírez, rey de Aragón (¿1064?–1094) y rey de Navarra (1076–1094), Trea, Gijón, 2004, pp. 80-84.. En échange de cette reconnaissance de vassalité, promit de payer chaque année la somme de 600 marcs d'orAna Isabel Paúl Lapeña, Sancho Ramírez, rey de Aragón (¿1064?–1094) y rey de Navarra (1076–1094), Trea, Gijón, 2004, p. 111.. Ce contrat est à l'origine de l'« hypothèse des fils de soie » (hipòtesi dels lemniscs), qui soutient que le drapeau royal d'Aragon tient son origine dans les fils de soie (lemniscs) rouge et or qui pendaient des sceaux de la papautéGuillermo Fatás et Guillermo Redondo, Blasón de Aragón. El escudo y la bandera, Diputación General de Aragón, Saragosse, p. 68.. ne commença cependant à verser le tribut avant 1087.
se fait d'ailleurs le promoteur de la réforme grégorienne dans son royaume. C'est l'abbaye de Fanlo qui la première décide de réformer la règle des moines. Le roi d'Aragon promeut aussi la réforme clunisienne qui touche d'abord le monastère Saint-Victorien, puis Saint-Jean de la Peña. Il ordonna d'ailleurs la reconstruction du monastère Saint-Jean de la Peña, nécropole des rois d'Aragon.
Le , le mercredi des Cendres, le rite romain commença à remplacer le rite wisigoth dans les abbayes royales d'Aragon. Ce changement de liturgie provoqua des résistances, en particulier de la part de Garcia, évêque de Jaca et frère du roi.
Enfin, décide du transfert de l'évêché d'Aragon, dont le siège était à Saint-Adrien de Sasabe, Saint-Pierre de Siresa et Saint-Jean de la Peña, dans sa nouvelle capitale, Jaca.
La conquête de la Navarre et les relations avec la Castille
, roi de Navarre, allié de , s'inquiéta de l'expansionnisme aragonais et se retourna contre lui. Il passa des traités d'alliance avec le roi de Saraqusta, Al-Muqtadir, en 1069 et en 1073.
fut cependant assassiné le lors d'une partie de chasse à Peñalén, victime d'une conjuration de son frère Raimond et de sa sœur Ermesinde, peut-être avec le soutien d'Al-Muqtadir. Le meurtre provoque une crise de succession. Le roi de León et Catille, en profite pour s'emparer de la Rioja. Les nobles navarrais, refusant d'être dirigés par le fratricide Raimond, qui part se réfugier à Saraqusta, ou par le fils de , Garcia, qui n'est qu'un enfant, choisissent comme roi. En août, bat le roi de León et Castille, qui menace son nouveau royaume et l'incorpore au sien sous le nom de de Navarre. Quant au jeune fils de Sanche, Garcia, il est poussé à l'exil en Castille.
s'efforce ensuite de rétablir de bonnes relations avec . Il lui vient en aide contre le général almoravide Youssef Ibn Tachfin lors de la bataille de Sagrajas, en 1086. En 1090, il envoie un contingent lors du siège de Tolède de 1090. Il conclut même un traité d'aide mutuelle avec le Cid en 1092. vignette|Le royaume d'Aragon de 1065 à 1085.
Œuvre législative
En 1077, concède à la ville de Jaca son premier fuero, par lequel il confirme les « bons fueros » et supprime les « mauvais fueros »Les fueros de Jaca furent par la suite la base des fueros des autres villes d'Aragon, puis en 1242, des fueros d'Aragon.. Jaca connut une exceptionnelle promotion et un important développement, qui en fit le véritable cœur du royaume de .
Poursuite de la Reconquista
En 1078, ravagea la région de Saraqusta. En 1083, il s'empara de Graus et d'Ayerbe, qu'il ordonna de repeupler. La conquête de ces deux villes ouvraient au roi d'Aragon la porte des terres basses du Cinca et de la Hoya de Huesca. Tenant plusieurs villes de la Sotonera et de la plaine de la Violada, comme Almudévar, Barbués, Sangarrén, Tabernas et Vicién, sous sa menace, il put leur imposer un tribut. L'année suivante, il fit la conquête de Naval au nord de Barbastro, puis, le , Arguedas, à seulement 15 km de Tudèle.
En 1087, décida de nouvelles conquêtes dans la vallée du Cinca, réunit son armée, accompagné de son fils Pierre, comte de Ribagorce, et soumit Estada puis, en 1089, Monzón et Estadilla. En 1092, Pierre, qui avait obtenu de diriger une partie du territoire conquis, à savoir le plateau de Monzón, élevé au titre de « royaume de Monzón », s'empara de ZaidinAntonio Ubieto Arteta, Historia de Aragón, , La formación territorial, Éd. Anubar, Saragosse, 1981, p. 100..
Au fur et à mesure des conquêtes, ordonna la construction de forts qui servaient à la fois à relayer son action et à protéger les terres conquises. Lors de ses expéditions dans le nord de Saraqusta, il fit élever la forteresse d'El Castellar, sur les rives de l'Èbre, à seulement 20 km en amont de la capitale musulmane. Il fut alors capable de soumettre le royaume de Saraqusta à un tribut. Il fortifia également le château de Loarre, au nord de Huesca, et fit élever les forteresses d'Obanos, Garisa, Montearagón, Artasona et Castiliscar. Enfin, il compléta l'encerclement de l'importante ville de Huesca en fortifiant Abiego, Labata et Santa Eulalia la Mayor en 1092. vignette|Le royaume d'Aragon de 1085 à 1115.
Mort
Ayant resserré son emprise sur Huesca, tenta de s'emparer de la ville et la soumit à un siège. Mais il fut mortellement blessé lors du siège et mourut quelques jours après, le , à Montearagón.. Son corps est ensuite transporté au monastère de Saint-Jean de la Peña.
Famille
d'Aragon épousa, en 1062 ou 1063, Isabelle d'Urgell, fille du comte d'Urgell , qui disparaît de la documentation : elle fut probablement répudiée vers cette date. De cette union naquit : (vers 1068-1104), roi de Navarre et d'Aragon, de 1094 à 1104.
d'Aragon épousa en 1071 Félicie de Roucy, fille d', seigneur de Ramerupt et comte de Roucy, et d'Alix de Roucy. De cette union naquirent : Ferdinand d'Aragon (1071-1094) ; dit le Batailleur (1073-1134), roi de Navarre et d'Aragon, de 1104 à 1134 ; dit le Moine (vers 1086 - 1157), roi d'Aragon de 1134 à 1157.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie
Antonio Ubieto Arteta, Historia de Aragón, , La formación territorial, Éd. Anubar, Saragosse, 1981 . Ana Isabel Paúl Lapeña, Sancho Ramírez, rey de Aragón (¿1064?–1094) y rey de Navarra (1076–1094), Trea, Gijón, 2004 . Domingo Buesa Conde, Sancho Ramírez, rey de aragoneses y pamploneses (1064-1094), Caja de Ahorros y Monte de Piedad de Zaragoza, Aragón y Rioja, Saragosse, 1996 . Ángel Canellas López, Colección diplomática de Sancho Ramírez, Real Sociedad Económica Aragonesa de Amigos del País, Saragosse, 1993 . Esteban Sarasa Sánchez (coord.), Sancho Ramírez, rey de Aragón, y su tiempo (1064-1094), Instituto de Estudios Altoaragoneses, Huesca, 1994 . Bernard F. Reilly, « Aragón y la sombra de León-Castilla », Historia de España, vol. 6, Cristianos y musulmanes 1031-1157, Éd. Crítica, Barcelone, 1992 . Guillermo Fatás et Guillermo Redondo, Blasón de Aragón. El escudo y la bandera, Diputación General de Aragón, Saragosse. Philippe Sénac, La frontière et les hommes, : le peuplement musulman au nord de l'Èbre et les débuts de la reconquête aragonaise, Maisonneuve & Larose, Paris, 2000 .
Articles connexes
Royaume d'Aragon
Liens externes
« Sancho Ramírez », Gran Enciclopedia Aragonesa, mis à jour le . Jorge Martín Quintana, « Biografía de Sancho Ramírez, Rey de Aragón y Navarra », sur le site www.arteguias.com.
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