Les Ânes (Asinus) sont un sous-genre de mammifères périssodactyles de la famille des Équidés. Ils se caractérisent par une taille plus petite que celle du cheval, de longues oreilles et une échine saillante. Le plus connu des ânes est l'Âne commun (Equus asinus), issu de la domestication de l'Âne sauvage d'Afrique (Equus africanus), et à partir duquel de nombreuses races ont pu être sélectionnées.
Étymologie et terminologie Étymologie Le substantif masculin [consulté le 16 novembre 2016]. [consulté le 16 novembre 2016].Entrée [consulté le 16 novembre 2016].Entrée , dans [consulté le 20 novembre 2016]. « âne » (prononcé ) est issu du latin .
La plus ancienne forme attestée du nom préindo-européen de l'âne dans les régions méditerranéennes et proche-orientales serait le sumérien anšu () [consulté le 21 novembre 2016]. par lequel Émile Benveniste explique , grec ancien auquel le latin serait apparenté.
L'ancien français est attesté au : d'après le Trésor de la langue française informatisé, sa première occurrence se trouve dans la Passion du Christ dite de Clermont [consulté le 20 novembre 2016].. La graphie est attestée au .
Le mot désigne l'âne domestique depuis le .
Par son origine, l'âne n'a pas de nom indo-européen. Celui-ci est un héritage du Proche-Orient qui s'est répandu dans les langues européennes à partir du latin. Ainsi le latin , dérivé du sumérien anshu, est passé dans l'ensemble des langues, sauf dans le roumain. Seul le « A » accentué est présent dans l'ensemble des langues, comme en italien, en espagnol et portugais, ase en occitan et âne en français. Dans le langage familier, le terme « bourrique » est issu de l'espagnol , dérivé lui-même du bas latin désignant un petit cheval.
Vocabulaire L'âne est un « équidé ». « Âne » est le nom vernaculaire généralement donné aux animaux mâles.
L'âne mâle reproducteur est le baudet [consulté le 16 novembre 2016]. [consulté le 16 novembre 2016].Entrée [consulté le 16 novembre 2016]. ; l'âne femelle, lânesse [consulté le 16 novembre 2016]. [consulté le 16 novembre 2016].Entrée [consulté le 16 novembre 2016]. ; l'âne juvénile, lânon [consulté le 16 novembre 2016]. [consulté le 16 novembre 2016].Entrée [consulté le 16 novembre 2016]..
Le cri de l'âne est le braiment [consulté le 16 septembre 2016].Entrée [consulté le 16 novembre 2016]., ou [consulté le 16 novembre 2016].. Il est représenté par l'onomatopée hi-han [consulté le 20 novembre 2016]., ou [consulté le 20 novembre 2016]..
L'âne ne doit être confondu ni avec le mulet, hybride né d'un âne mâle et d'une jument [consulté le 16 novembre 2016]. [consulté le 16 novembre 2016].Entrée [consulté le 16 novembre 2016]., ni avec le bardot, hybride né d'un étalon et d'une ânesse [consulté le 16 novembre 2016]. [consulté le 16 novembre 2016].Entrée [consulté le 16 novembre 2016]..
Caractéristiques communes
Les caractéristiques générales des ânes sont celles des équidés [consulté le 16 novembre 2016].. Ce sont des mammifères terrestres. Herbivores, ils consomment fréquemment des végétaux fibreux de qualité très médiocre. Ce sont des ongulés périssodactyles, c'est-à-dire avec dans leur cas un doigt unique, avec des nuances pour chaque espèce : voir les articles détaillés pour plus d'informations sur leur comportement ou leur physiologie respective.
Les ânes partagent toutefois plusieurs caractéristiques communes à l'ensemble des espèces. Ils sont plus petits que les chevaux. Leurs oreilles sont plus longues que celles des autres équidés. Bien irriguées, adaptées au désert, elles permettent le refroidissement du corps. La queue ressemble à celle de la vache. Elle est pourvue de poils courts à l'exception de l'extrémité recouverte d'une touffe. Leurs yeux sont plus dirigés vers l'avant que ceux des chevaux domestiques. Contrairement aux chevaux, les ânes ont des châtaignes quasiment inexistantes aux postérieurs. Leur échine est saillante. Les ânes ne possèdent pas de cinquième vertèbre lombaire comme on le retrouve dans le squelette des autres équidés. Leurs sabots sont également caractéristiques. Plus verticaux, plus petits et plus durs que ceux des chevaux, ils n'ont pas besoin d'être ferrés, sauf s'ils travaillent. Leur poil est long, rude et présente une grande variété de texture. La crinière, au toupet quasiment inexistant, est courte, dressée sur l'encolure et ne dépasse que rarement les douze centimètres. Leur robe est généralement grise sauf sous le ventre, le museau et le contour des yeux qui sont blancs. Des races domestiques peuvent être à dominante noire, comme le Grand noir du Berry, ou brun, comme le Baudet du Poitou, ou blanc, comme l'âne blanc d'Égypte. Les races grises comme l'âne de Provence ont aussi une bande cruciale qui se dessine sur leur dos, appelée « croix de saint André ». Les espèces sauvages présentent une robe allant du gris au brun-sable, voire brun-rouge chez le kiang ou âne sauvage du Tibet. Leur cri est le braiment qui est une sorte de « hi-han » assez strident et puissant absolument caractéristique.
Taxonomie Pendant longtemps, l’on considérait les ânes comme un ensembles d’espèces éparses au sein du genre Equus, mais des études récentes ont montré des divergences nettes entre le groupe des chevaux (sous-genre Equus), des zèbres (Hippotigris) et des ânes : Le cladogramme du genre Equus ci-dessous est basé sur Vilstrup et al. (2013) et Jónsson et al. (2014)...
Espèces Certaines différences morphologiques, comme la tête, le cou ou les pattes, permettent de distinguer les espèces différentes : l'Âne commun (Equus asinus), c'est l'âne domestique issu de l'âne sauvage d'Afrique, qui se trouve aujourd'hui sur tous les continents. Il est donc aujourd'hui souvent présenté comme une simple sous-espèce de Equus africanus : Equus africanus asinus, Liste des races asines issues de l'âne commun ; l'Âne sauvage d'Afrique (Equus africanus) vit en Afrique de l'Est, en particulier en Somalie ; l'Âne sauvage d'Asie ou hémione (Equus hemionus) qui vit en Asie centrale et a certainement été ponctuellement domestiqué ; l'espèce inclut aussi l'âne sauvage de l'Inde ou onagre (Equus hemionus onager) qui vit en Inde et dans les pays limitrophes du nord-ouest ; l'Âne sauvage du Tibet ou Kiang (Equus kiang) se rencontre dans l'Himalaya ; l'Âne européen ou Hydrontin (Equus hydruntinus), aujourd'hui éteint, peuplait l'Europe du Sud et le Moyen-Orient.
Les populations d’ânes sauvages sont menacées et certaines figurent sur la Liste rouge de l’UICN.
L'âne domestique a formé des populations redevenues sauvages notamment en Australie et en Amérique : c'est le phénomène du marronnage.
L'âne et l'Homme
L'âne et le transport
Selon les récentes études, il semblerait provenir d'Afrique, et sa présence à l'état sauvage est attestée dans la vallée du Nil dès le Paléolithique Moyen (en Nubie, à Khor Musa).
Si l'archéologie nous renseigne peu sur son utilisation à la fin du Néolithique, l'épigraphie nous en raconte davantage. Ainsi existait-il, aux côtés de caravanes constituées d'une dizaine de bestiaux, de larges convois (jusqu'à mille têtes) destinés à acheminer les grains sur plusieurs centaines de kilomètres.
Les traces d'un usage de l'âne comme monture sont relativement récentes. Les plus anciennes remontent à environ 2700 , au Proche Orient.. Il faut attendre la fin du pour le voir apparaître en Mésopotamie (un signe pictographique rend compte de sa présence à l'époque d'Uruk).
À l'échelle de l'Histoire, l'âne demeure le second animal domestiqué mis au service du transport, après le bœuf. Sa présence en Égypte, en tant qu'animal domestique est effective dès le avant notre ère, à El-Omari, puis au début du à Maadi.
Très vite, l'âne devient l'animal de transport terrestre privilégié (bât, débardage, attelage) en raison de ses larges qualités contrastant avec quelques défauts facilement contournables. Intelligent, frugal, rapide (jusqu'à ).
Néanmoins ses besoins journaliers en eau (quarante litres) et sa capacité de charge assez relative (entre cinquante et cent kilogrammes) ont très vite représenté des entraves non négligeables.
L'âne et la protection des troupeaux de berger Depuis longtemps, les éleveurs d'ovins entraînent spécialement des ânes « bergers » avec plus ou moins de succès pour protéger leur troupeau contre des prédateurs comme les coyotes, les renards et les chiens errants (leur efficacité contre les loups est plus sujette à caution, et nulle contre lynx et ours). Ils exploitent en effet son instinct grégaire naturel qui le porte à s'attacher aux ovins (technique d'imprégnation), et à son agressivité innée à l'encontre des prédateursLa plupart du temps, l'âne gardien alerte le berger par ses cris d'alarme, affronte les prédateurs et les chasse du pâturage. Si ces prédateurs ne sont pas découragés, l'âne passe à l'attaque, mord l'agresseur ou se cambre sur ses pattes arrière et les frappe des deux pattes avant, pouvant les mettre à mort. Cette agressivité peut cependant se tourner contre les jeunes agneaux vus comme des étrangers.. De plus, l'âne a un besoin d'entretien minime, a une bonne longévité et est compatible avec les autres méthodes de lutte contre les prédateurs (notamment les chiens patou ou les lamas également entraînés à cette fin). Enfin, il est capable de manger les feuilles des cardères ou les chardons et participe à l'intérêt environnemental du pastoralisme. Cette utilisation ancestrale explique les nombreux contes qui font intervenir l'âne et le loup.
L'âne menacé au début du XXIe siècle La gélatine de peau d'âne (ejiao) a été développé il y a environ 3 000 ans et est utilisé en médecine traditionnelle chinoise, et plus récemment dans les produits de beauté. La production d'ejiao s'est industrialisée au tournant du et dans les années 2020, la consommation d'ejiao équivaut à 4 à 5 millions de peaux par an, soit près d'un dixième de la population mondiale d'ânes. Le cheptel chinois a chuté de 11 millions au début des années 1990 à seulement 2 millions, et l'attention s'est alors portée sur les peaux africaineshttps://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/10670564.2024.2446573.
L'Afrique abrite en 2025 près des deux tiers des 53 millions d'ânes de la planète et la demande chinoise a démultiplié l'exportation d'ânes dont jusqu'à un tiers ont été volés. En 2024, l'Union Africaine a convenu d'interdire l'abattage de cet animal pour sa peau à l'échelle du continent..
L'âne dans la culture
Notamment pour le jour de l'âne du calendrier républicain ou révolutionnaire français.
thumb|Le tisserand Bottom à la tête d'âne dans La Folie de Titania (Paul Gervais , illustrant le Songe d'une nuit d'été).