Judicaël ou Juhel (forme hypocoristique de Judicaël) Bérenger, comte de Rennes actif de 930 à 970 environ. Son fils, , sera duc de Bretagne de 990 à 992.

Origine L’origine familiale de Juhel Bérenger est incertaine. Aux , la plus grande obscurité régnait déjà sur ce point, comme le démontrent les approximations d’un tableau généalogique dressé à l’abbaye Saint-Serge d'Angers, qui indique que le père de Bérenger serait Pascweten, fils d’ René Poupardin « Généalogies Angevines du ». Dans: Mélanges d'archéologie et d'histoire T. 20, 1900. .. Malheureusement, rien ne permet de confirmer cette filiation, ni d’expliquer l’apparition du nom de Bérenger à cette époque dans la dynastie des comtes de Vannes et rois de Bretagne.

L’historien Pierre Le Baud, dans la seconde rédaction des Cronicques & Ystoires des Bretons, donne à Juhel Bérenger la généalogie suivante : Modérand, comte de Rennes au (?) et gendre (sic ?) du roi Salomon de Bretagne ; Salomon, comte de Rennes (?) ; Bérenger ; Juhel Bérenger.

Cette généalogie, que n’appuie aucun document historique, a été contestée dès le par l’historien Dom Lobineau. Le savant bénédictin, suivi en cela par Arthur de La Borderie, considérait Juhel Bérenger comme le fils d’un « comte Bérenger » actif vers 890, qui aurait été frère de Judicaël et aussi le fils de GurwantArthur de la Borderie Histoire de Bretagne « Table chronologique des rois, des ducs, des comtes de Bretagne », ., le gendre du roi Erispoë, qui contrôlait une partie de la Bretagne après la mort du roi Salomon. Aucun document ne confirme non plus cette filiation.

Actuellement, on peut constater que si Bérenger portait un nom d’origine germanique , ses descendants directs, qui ont contrôlé le comté de Rennes jusqu’en 1066, portaient des noms bretons.

Selon l’hypothèse avancée dès 1984 par Hubert Guillotel et André Chédeville et confirmée depuis par les études onomastiques effectuées par Christian Settipani et Katharine Keats-Rohan, Bérenger serait un petit-fils de , dont une fille (de nom inconnu) aurait contracté un mariage dans une grande famille bretonne vraisemblablement apparentée au roi Erispoë, et donc au « Princeps » Judicaël, mort en 888.

L’intervention de ce facteur féminin dans sa généalogie permet d’expliquer le problème, crucial pour l’époque et le milieu social, de la transmission du nom. Le comte de Rennes s’appelait Bérenger comme son grand-père maternel, mais ses descendants auraient privilégié les noms royaux d’origine bretonne, de leur lignée paternelle, pour justifier leurs prétentions au contrôle politique du pays.

Dans son ouvrage de 2002, Joëlle Quaghebeur conserve cette filiation, mais, selon elle, c'est le « princeps » Judicaël lui-même qui épouse une fille du marquis Bérenger. Elle distingue de plus leur fils « Bérenger » et leur petit-fils « Juhel ou Judicaël Bérenger »Joëlle Quaghbeur La Cornouaille du , Presses universitaires de Rennes, Rennes (2002) , tableau 2 « Maison de Rennes » .

Union et postérité Le nom de l’épouse de Juhel Bérenger n’est mentionné dans aucun document contemporain ; pourtant, certaines généalogies modernes avancent, sans source, qu’il se serait marié avec une certaine « Gerberge de Nantes », une fille par ailleurs inconnue d’Alain Barbetorte et d'une pseudo Roscille d’AnjouGénéalogie Famille de Carné. (l’existence de cette dernière union n'est, elle aussi, confirmée par aucun document contemporain).

De cet hypothétique mariage serait né un fils, Conan. Par ailleurs, au , Augustin du Paz lui attribue un autre fils : Martin, père de Riwallon de VitréAugustin Du Paz Histoire généalogique de plusieurs maisons illustres de Bretagne, enrichie des armes et blasons d'icelles avec l'histoire chronologique des Evesques de tous les diocèses de Bretagne, Nicolas Buon, Paris, 1619, ..

Il convient de souligner que porte le même nom que le fils et héritier du roi Erispoë, et que Conan et son fils auraient, selon Arthur de la Borderie et René Merlet, encore été surnommés « Bérenger »Il semble en fait que l'octroi de ce surnom est lié à une mauvaise interprétation du Chronicon Briocense par Dom Morice et de la Translatio sancti Maglori reprise par Arthur de la Borderie et ses successeurs les historiens du début du ..

Il aurait eu une fille, Sprota, qui aurait épousé à la Danesche-Manere Guillaume Longue-Épée, et qui aurait été envoyée à Rouen en 931 pour échapper au révolté Rioulf..

Comte de Rennes Les mentions de l’activité de Bérenger/Juhel Bérenger comme comte de Rennes se situent entre environ 922 et 970. Entre le et le : le comte Bérenger prête hommage au roi des Francs Joëlle Quaghbeur op.cit , estime toutefois qu'il s'agit du comte Bérenger, père de Juhel ou Judicaël Bérenger.. 931 : Bérenger est mentionné dans le cartulaire de l’abbaye de RedonCartulaire de Redon Chartre . avec le titre de « Consul ». Cette même année, il aurait participé à la révolte des Bretons contre l’envahisseur scandinave, qui fut réprimée par le duc . Ce dernier était un petit-fils attesté du marquis , ce qui peut expliquer la mansuétude dont bénéficia le comte de Rennes à cette occasionChroniques féodales de Flodoard.. 939 : il participe au combat de Trans, aux côtés du duc , contre les Normands de la LoireChroniques féodales de Flodoard & Chronique de Nantes.. 942 : d'après le témoignage de Dudon de Saint-Quentin, suivi par Guillaume de Jumièges, les « Bretons Bérenger et Alain » sont présents aux côtés du duc Guillaume de Normandie lorsque celui-ci est tué, le à Picquigny dans la Somme, dans un guet-apens lors d'une entrevue avec François Neveux La Normandie des ducs aux rois Éditions Ouest-France, Rennes 1998 .. 944 : selon la Chronique de Flodoard, les « princes Béranger et Alain » se livrent à une guerre fratricide, que les Scandinaves mettent à profit pour piller de nouveau la Bretagne. 944/952 : le comte « Iudhael » est témoin d'une charte d'Cartulaire de Landévennec ; charte "De Baht VVenrann" pages 156 & 157.. Après 952 : après la mort du duc , il entre dans la vassalité de , oncle et tuteur de Drogon de Bretagne, et contrôle pour son compte le Nord-Est de la BretagneAndré Chédeville & Hubert Guillotel, La Bretagne des saints et des rois . Éditions Ouest-France (1984) , .. Entre 952-960 : le comte Juhel confirme à Nantes une charte notice relatant une donation à Saint-Guénolé par un certain MoïseHubert Guillotel Actes des duc de Bretagne (944-1148), Presses universitaires de Rennes, Rennes 2014 acte n°4 .. 958 : « Berengerii comitis » est présent lors d'une assemblée d'évêques et de seigneurs bretons en Anjou Pierre-Hyacinthe Morice de Beaubois Mémoires Pour Servir De Preuves A L'Histoire Ecclesiastique Et…, volume 1 col. 346-347.. : le comte Bérenger apparaît pour la dernière fois dans un acte daté de manière précise.. vers 960 : Selon la Chronique de Nantes, affaibli par l’âge, il est lui-même mis sous tutelle par l’entreprenant archevêque de Dol, Wicohen, qui contrôle la DomnonéeAndré Chédeville et Hubert Guillotel, op.cit, .. 960 : Pierre Le Baud relève la mort de « Juhael Beranger comte de Rennes »Pierre Le Baud Cronicques & Ystoires des Bretons, réédition en 1911 par la Société des Bibliophiles Bretons. , chapitre .. entre 958 et 979 : le comte Juhel confie sa fille Penvéan, ainsi que la paroisse qui porte son nom, à Saint Cunval Hubert Guillotel Op.cit Acte 1 bis .. entre 965-972 : le pape adresse un message aux chefs bretons Berangarius et filius suus Conanus afin de les inviter à rentrer dans l'obédience de la Métropole de ToursBarthélemy-Amédée Pocquet du Haut-Jussé : Chapitre préliminaire, Les Papes et les Ducs de Bretagne ..

Notes et références

Notes

Références

Voir aussi

Bibliographie Pierre Le Baud, « Cronicques & Ystoires » des Bretons. Réédition par la Société des Bibliophiles Bretons (1922), , Extraits de la seconde rédaction, . Arthur de La Borderie, Histoire de Bretagne. Réimpression Joseph Floch, Imprimeur Éditeur Mayenne (1975). . . . . , contenant, entre autres, les deux communications suivantes : Hubert Guillotel, Une autre marche de Neustrie ; Katharine Keats-Rohan, Poppa de Bayeux et sa famille. René Poupardin « Généalogies Angevines du ». Dans: Mélanges d'archéologie et d'histoire T. 20, 1900. . « Mélanges d'histoire du Moyen Age offerts à M. Ferdinand Lot » Ouvrage Collectif, Mélanges d'histoire du Moyen Âge Paris 1925, René Merlet « La famille des Bérenger » .

Liens externes

Généalogie de saint Aubin d’Angers

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