Philippe Sarde, né le Philippe Sarde sur Les Gens du cinéma. à Neuilly-sur-Seine, est un compositeur français de musique de film.

Il est le frère aîné du producteur Alain Sarde.

Biographie Enfance et formation Son père, Henri Sarde, exerce la profession d'antiquaire.. tandis que sa mère, Andrée Gabriel, est chanteuse à l'Opéra de Paris.. Il a deux frères : Frédéric et le futur producteur de cinéma Alain Sarde. Philippe Sarde a également pour parrain Georges Auric qui était à l'époque directeur de l'Opéra où il accompagne très tôt sa mère aux répétitions et cherche à imiter le chef d'orchestre en utilisant un spaghetti comme baguette. Son père l'inscrit dès son plus jeune âge à des cours de solfège, et à 5 ans, il apprend le piano avec Odette Delamarre (qui fut l'assistante de Jeanne-Marie Darré). En 1955, il entre au Conservatoire de Paris.. Puis, pendant neuf ans, il prend des cours d'harmonie, de contrepoint, de fugue et de composition avec Noël Gallon. (qui enseigna également à d'autres musiciens renommés comme Michel Legrand ou Henri Dutilleux). Plus tard, il se perfectionne auprès de Georges Auric qui lui apprend les rudiments de la musique de film et l'écriture de thèmes. Tout jeune, il s'intéresse aussi énormément au cinéma et collectionne des bobines de vieux films français oubliés, comme Fantômas (1947) de Jean Sacha, avec Simone Signoret.

Les débuts À 17 ans, il réalise Florence, un court-métrage noir et blanc en dont il compose la musiqueLa bande originale de ce court-métrage a été éditée par le label Orbis : . et demande à Vladimir Cosma de l'aider à l'orchestrer. Il hésite alors entre la réalisation cinématographique et la musique. Après avoir demandé à cinquante personnes de son entourage de visionner son court-métrage, et à la suite de leurs réflexions admiratives sur ses talents de musicien, il décide d'opter pour une carrière de compositeur de cinéma.

vignette|upright=0.65|left|Michel Piccoli a interprété La Chanson d'Hélène avec Romy Schneider en 1970.|alt=Michel Piccoli au festival de Cannes en 1993. En 1969, il rencontre Claude Sautet qui lui propose de signer la musique de son film Les Choses de la vie grâce à une recommandation de son producteur qui avait vu le fameux court-métrage du jeune musicien, et à la suite du désistement de Georges Delerue qui avait signé la musique d'un des précédents films du réalisateur. Le cinéaste est d'emblée touché par la mélodie au piano écrite en La mineur que le musicien a imaginée comme thème principal pour son film. En larmes, il lui confie que c'est exactement ce qu'il désirait. Avec le parolier Jean-Loup Dabadie, Philippe Sarde prévoit aussi une chanson d'après le thème principal qu'il souhaite confier aux comédiens Romy Schneider et Michel Piccoli dans une version simplifiée au niveau de l'instrumentation. Par crainte qu'elle ne fasse vieillir le film, La Chanson d'Hélène ne figure pas dans le long-métrage finalisé mais a néanmoins fait l'objet d'un 45 tours à l'époque.

Écrite en un mois seulement pour quelque 70 musiciens avec une orchestration signée Jean-Michel Defaye qui comporte des cordes divisées, des cors et un piano, la bande originale des Choses de la vie est le premier coup de maître d'un compositeur alors seulement âgé de 20 ans.

vignette|upright=0.5|right|Philippe Sarde a débuté comme compositeur pour Régine.|alt=La chanteuse Régine au festival de Cannes. Parallèlement, il écrit deux chansons pour la chanteuse Régine dont le tango J'ai la boule au plafond qui obtient un grand succès. De fil en aiguille, celle-ci lui demande d'écrire la musique d'un film dont elle serait la vedette et qu'Alain Delon produirait. Ce sera Sortie de secours sorti en salles juste après Les choses de la vie. Après celle du film de Sautet, la musique de Sortie de secoursDestiné aux collectionneurs, le 33 tours rarissime de Sortie de secours (1970) a fait l'objet d'une réédition par le label Orbis : . contient déjà tout ce que le compositeur développera dans ses travaux ultérieurs : un thème musical principal qui retient immédiatement l'attention, des airs de jazz ou des rengaines à l'accordéon pour les musiques entendues dans le film lui-même (qu'on appelle aussi « musiques de source » ou intradiégétiques) et de surcroît un goût osé pour l'expérimentation audible dans des pistes de free jazz comme Hôtel des Familles voire de musique contemporaine, très en vogue depuis la fin des années 1960 au cinéma. Cela s'entend particulièrement sur des morceaux comme Messe noire ou Square des innocents. C'est le réalisateur Roger Kahane lui-même qui a voulu ce type d'expérimentations afin d'illustrer la scène finale qui décrit la dérive d'une actrice ratée sombrant dans la mythomanie.

Fort de l'expérience acquise avec ces deux longs-métrages très différents, Philippe Sarde réalise la et que la réussite de la musique d'un film dépend étroitement du bon fonctionnement de ce dernier, c'est le début d'une longue carrière...

Carrière française vignette|redresse=0.72|gauche|De 1971 à 1982, Philippe Sarde a collaboré à sept reprises avec Alain Delon.|alt=Alain Delon en janvier 2011 au théâtre des Bouffes-Parisiens. Philippe Sarde a la réputation d'être un professionnel fidèle en amitié et, outre Claude Sautet, il va développer une collaboration très suivie avec certains cinéastes, dont André Téchiné, Jacques Doillon, Pierre Granier-Deferre, Georges Lautner, Marco Ferreri, Laurent Heynemann ou Bertrand Tavernier. Il est très rare qu'un seul musicien parvienne à fidéliser plusieurs metteurs en scène simultanément comme l'a fait Philippe Sarde et cette situation apparaît comme presque unique en France. Certains d'entre eux comme Bertrand Tavernier, Yves Boisset, Alain Corneau ou Nadine Trintignant ont témoigné de son caractère entier, de son regard toujours pertinent sur le montage des films, ou sur la place réservée à la musique voire aux silences quand les notes ne sont pas nécessaires. Cette relation privilégiée avec les cinéastes, mais aussi avec certains acteurs comme Alain Delon qui a travaillé à sept reprises avec le musicien, a parfois entraîné des jalousies, de la méfiance de la part de certains producteurs comme Ralph Baum ou encore des critiques assassines comme celles de l'historien du cinéma Alain Garel qui, sans les nommer explicitement, fustige les musiciens les plus populaires des années 1970 et 1980 (essentiellement Philippe Sarde et Vladimir Cosma) en les accusant de n'être que des « bons techniciens », écrivant de simples « musiquettes », et dénonçant une régression vers le « concept archaïque » de musique d'accompagnement lorsque ces derniers font travailler de grands solistes de jazzAlain Garel, « Au-delà du mépris », dans François Porcile et Alain Garel (dir.), La Musique à l'écran, Éditions Corlet / SACEM / Télérama, 1992 , ..

Depuis plusieurs années, quelque peu déçu par le cinéma français, il a considérablement ralenti sa cadence. Il n'accepte plus que des projets qui lui tiennent à cœur et se consacre prioritairement à des œuvres plus confidentielles comme certains films d'auteurs de réalisateurs français (ceux du jeune Louis Garrel ou du vétéran Jacques Doillon) voire italiens (Paolo Franchi). Néanmoins, il continue de travailler pour des films plus accessibles, dont les deux derniers longs-métrages de fiction de Bertrand Tavernier, La Princesse de Montpensier et Quai d'Orsay.

Mais depuis 2010, le nom de Philippe Sarde n'apparaît pas ou plus au générique des films. Ses réalisateurs de prédilection ont disparu : Lautner, Ferreri, Granier-Deferre, Boisset. Quant à Jacques Doillon et André Téchiné, ils semblent moins faire appel à lui, préférant se tourner vers des musiciens issus de la nouvelle génération .

Carrière internationale Le succès de sa musique pour le film Tess et sa proposition pour l'Oscar de la meilleure musique en 1981 lui ouvrent les portes de Hollywood avec le film Le Fantôme de Milburn.

Néanmoins, Philippe Sarde souhaite conserver ses pratiques professionnelles, notamment la maîtrise du choix des orchestrateurs ou la possibilité de se diversifier sans se cantonner à un certain style. C'est pour cette raison que, contrairement à ses illustres aînés tels Georges Delerue ou Maurice Jarre, le compositeur ne mènera qu'une carrière timide aux États-Unis.

Activités annexes Philippe Sarde est l'un des rares compositeurs de musique de film à n'avoir travaillé quasiment que pour l'écran. Ne parvenant pas à composer pour lui-même et ayant absolument besoin des autres, il n'a jamais écrit de musique destinée au concert (opéras, symphonies ou concertos), même s'il a parfois joué sur scène en tant que pianiste notamment lors du septième Festival du Cinéma et Musique de Film de la Baule duquel il était l'invité d'honneur en 2021..

Curieusement, et malgré sa grande facilité à composer des mélodies pour des chansons destinées à de multiples interprètes, le compositeur n'a jamais ressenti le besoin d'écrire des comédies musicales, y compris pour le cinéma. À ce sujet, il a affirmé qu'il aimait mais que ça lui avait .

vignette|upright=0.8|L'ingénieur du son William Flageollet.|alt=Portrait de William Flageollet en 2008. En revanche, Philippe Sarde n'a pas hésité à écrire la musique de plusieurs spots publicitaires. réalisés par de grands cinéastes français, entre autres pour l'entreprise SNCF.., la purée Mousline.., le magazine Marie Claire., le parfum Antheus de Chanel. ou les pralinés Lingots de Tour d'argent. (musique co-composée avec Laurent Bacri).

En 1983, le compositeur s'est également lancé dans un tout autre projet en créant le Studio Philippe Sarde dont il a été le gérant durant plusieurs années.. Ce studio avait la particularité d'être spécialisé dans le montage et le mixage, et a fait travailler de grands ingénieurs du son comme William Flageollet.. Les Studios Sarde ont produit quelques disques de variété et surtout plusieurs bandes originales de films des années 1980., dont celle du célèbre Autour de minuit, long-métrage réalisé par Bertrand Tavernier avec de grandes vedettes du jazz comme Herbie Hancock, Dexter Gordon et Bobby Hutcherson.

Vie privée En 1990, il épouse Florence Nave dite Florence Evan, jeune actrice et chanteuse devenue romancière., avant de divorcer un an plus tard.. Il se remarie le avec Clotilde Bürrer. avec qui il a deux filles : Ponette et Liza.

Style musical Un scénariste musical Le compositeur se définit lui-même comme un , dont le rôle est d'exprimer musicalement ce que le réalisateur ne peut traduire par les imagesDocumentaire (TV) de Frédéric Chaudier et Frédéric Zamochnikoff Philippe Sarde: Un voyage musical dans l'histoire du cinéma (2013).. Il insiste aussi sur le fait qu'au cinéma, la musique doit raconter

Interrogé par Alain Lacombe, il a affirmé cette proximité avec les metteurs en scène, avec lesquels il met un point d'honneur à parler le même « langage » :

Une sorte de « casting musical » doit donc s'élaborer parallèlement au casting traditionnel propre au monde des arts du spectacle, puisque Sarde soutient que son travail,

Revers de la médaille, le fait de multiplier les casquettes et d'endosser tant de rôles à la fois (compositeur, pianiste, directeur de « casting musical », consultant auprès des cinéastes, conseiller au montage des films) lui a parfois joué de mauvais tours. Notamment auprès de réalisateurs pourtant fidèles comme Jacques Rouffio qui a finalement dû confier à Georges Delerue la musique de son film La Passante du Sans-Souci à cause de l'énorme retard pris par Sarde, ou encore lorsqu'il a eu toutes les peines du monde à livrer dans les temps la quantité de musique très importante qu'il s'était engagé à écrire pour le film Pirates de son ami Roman Polanski

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