La penne est la coiffe traditionnelle et folklorique des étudiants belges des universités non catholiques (d'État comme l'ULiège et l'UMons, ou libre comme l'ULB et la VUB) ainsi que de plusieurs hautes écoles et écoles supérieures des arts en Belgique (à Liège, à Namur, à Gembloux et à Charleroi, y compris dans les établissements catholiques).

Bien que la penne soit considérée comme un élément traditionnel porteur d'une grande signification symbolique, tant les traditions que leur symbolique varient de faculté en faculté et d'université en université.

La penne est indissociable du baptême et du cercle étudiant qui l'a administré. Ce cercle est fortement lié à une faculté ou à une section de faculté. Le corps professoral de chaque faculté a fréquemment été baptisé ou baptiste (ou farouchement anti-baptême) en d'autres temps. Toutes ces notions tendent à se télescoper. On ne peut parler de la penne sans parler de cercle, faculté et baptême estudiantin.

Historique Origine Elle serait apparue vers 1850 dans les internats de l'. Les premières mentions de ce couvre-chef à Liège datent des années 1860..

Plusieurs interprétations de son origine et de sa signification existent : la casquette, emblème à l'époque des gens du peuple, permet à l'étudiant de marquer son indépendance par rapport à la bourgeoisie (dont l'étudiant est bien souvent issu lui-même); une interprétation nous vient du bibliothécaire de l' Eugène Polain: d'autres considèrent que la penne ayant été créée en opposition à la calotte, la longue visière de cette casquette sert à protéger nos yeux du regard de Dieu. Cette interprétation est cependant soumise à polémique, la calotte ayant été créée en 1895, donc postérieurement à la penneBréviaire du folklore calottin, Bitu Magnifique, édité par l'Academicus Sanctae Barbae Ordo. Cela dit les étudiants portant la penne étaient souvent athées voire anticléricaux. on trouve aussi quelques sources qui font référence, en tout cas pour les pennes noires de Polytechnique, aux casquettes portées au par les mineurs, les métallurgistes et les cheminots.

Évolution À l'époque de son apparition à Liège, elle est décrite comme une .. Elle était alors verte, couleur également de l’, bien qu'il ne soit pas possible de déterminer dans quel sens s'est fait influence. 20 ans plus tard, la casquette est clairement devenue commune chez les étudiants. Les couleurs se sont, alors, multipliées: le vert pour les étudiants en médecine, le blanc pour les juristes et les philosophes et le noir ou le bleu chez les étudiants des Mines.Jusqu'en 1926 à l', les pennes arboraient toutes un ruban vert et rouge (couleurs de Bruxelles). L'assemblée générale des étudiants de l', voulait se différencier des étudiants d'autres écoles. Même les élèves de l'enseignement secondaire portaient une penne, comme en témoignent les fresques de l'Athénée Solvay de Charleroi. Elle instaure donc le code de couleurs des bordereaux distinguant les facultés. L'écusson de l' et l'insigne facultaire sont alors également ajoutés aux pennes (Basé sur le Bruxelles Universitaire du 15/11/1926)

La visière s’est progressivement allongée pour atteindre ses dimensions actuelles au cours des années 1970.

Appellations À l'origine à Liège, le couvre-chef est simplement appelé casquette. À partir de 1908, le mot d'origine wallonne penne signifiant visière s'étend à l'ensemble du chapeau.

En 1912, La revue estudiantine Viens-y-Philis !! de l’Association des étudiants en médecine de Liège voit apparaître le terme crapuleuse (du grec kraipalê et du latin crapula signifiant ivresse) qui sera utilisé jusqu'à la Seconde Guerre mondiale dans la cité ardente. À l' au début du , on utilisait également le terme de clippe pour désigner la penne, celui qui la porte étant un clippard<ref> (Basé sur lAlmanach de l'Université de Gand de 1910 consultable ici sur la digithèque de l'ULB)</ref>

Description

La penne se compose de quatre parties : le calot le bordereau le liseré la visière

Des similitudes et des différences notables entre universités et facultés compliquent grandement la description de ces trois pièces.

Le calot

Il s’agit de la pièce de tissu recouvrant le crâne. Sur son sommet est fréquemment inscrit le nom de l'université ou de l'école supérieure. Sa couleur de départ varie selon les facultés et les universités et peut par la suite être altérée par les produits utilisés lors des baptêmes (bleu de méthylène, mélasse de betteraves, etc.).

On y accroche toutes sortes d'insignes, symboles et décorations ; notamment le symbole facultaire. Ce symbole peut être classique (Bâton d'Asclépios, souvent appelé erronément caducéeVoir les pages wikipedia respectives pour la différence entre caducée et bâton d'Asclépios.) pour la médecine, couronne de laurier pour les sciences politiques...) ou inattendu (serpent enlaçant une flèche entre deux éclairs pour la psycho, au lieu de la lettre grecque (Ψ) à laquelle on s'attendrait).

L’ possède un système particulièrement élaboré de symboles sous forme de petites broches en métal doré à placer sur les calottes, qui n'est repris que partiellement sur les pennes.

Une penne porte fréquemment des objets ordinaires (voir photo) ayant une signification particulière pour l'étudiant. Il est sous-entendu que des pennes portant des objets semblables (pompon, plaquette de contraceptif...) indiquent une communauté d'expérience chez leurs porteurs (participation aux mêmes évènements, accidents semblables...)

À l' et à la

L’ et la , son homologue néerlandophone, suivent les mêmes traditions.

Le calot est au départ de couleur beige clair (noir charbon pour les ingénieurs) et porte un large triangleÀ noter que ce dernier ne se retrouvait pas à l'origine comme on peut voir sur cette penne de 1929 sur le site http://www.quevivelaguindaille.be. Dernière consultation le 29 octobre 2009. . brodé sur le sommet contenant les lettres ou dans la couleur facultaire. Un écusson en tissu représentant le symbole du cercle est cousu à l'avant du callot. Un insigne métallisé représentant le même symbole (ou un assimilé) est placé de l’autre côté, à l'arrière. Fréquemment, cet insigne permet de distinguer les étudiants de départements différents (par exemple Chimie versus Mathématiques) qui appartiennent à la même faculté (la Faculté des sciences dans notre exemple).

Après la bleusaille de son propriétaire, la date du baptême est écrite (ou cousue) sur le côté droit ou à l'arrière avec d'éventuels détails cérémonials (Baptisé versus Accueilli, Tondu, Picraté).

L' et la se distingue également par les médailles de Saint-Verhaegen, éditées chaque année pour la date anniversaire de l'université. Ses médailles font l’objet de collections, même longtemps après que l’étudiant a quitté l’université. À Liège

À Liège (à l'exception de la faculté de médecine vétérinaire), les baptisés cousent un morceau de tissu représentant le blason de la Province de Liège. L’insigne métallisé représentant le symbole de la faculté est placé à l'avant de la penne en faculté de médecine vétérinaire, à la droite de l'insigne représentant le perron, sur le calot au-dessus du ruban, pour les autres..

À Mons thumb|200px|right|Pennes (1976 & 2009).

À l'exception des étudiants de la Faculté Warocqué sur la penne desquels est cousu le logo de leur cercle (La penne wawa, a un calot noir (rappelant les ingénieurs des mines, un liseré rouge (pour mons), un bordereau bleu (pour la faculté de gestion) et le symbole cousu représente les ailes croisées de mercure le dieu du commerce)., les calots montois sont généralement de couleurs unies et sobres. Autre dérogation à cette règle, chez les étudiants de l'Institut d'architecture dont le calot s'orne du fameux triangle reprenant le "A" pour Archi et le "M" pour Mons, ainsi que du logo des étudiants en architecture représentant des outils de dessin.

Les étudiants de l'UCL Mons (Fucam-Consule) portent une penne à courte visière, pour laquelle le folklore d'attribution est pareil aux autres facultés du folklore de la penne, mais étant inscrit à une université obédience catholique leur couvre chef est parfois appelé calotte, le plus souvent penne consulaire.

À Gembloux

À Gembloux, les pennes sont de couleur blanche à bande verte. Pour la faculté agronomique, le calot est brodé FAGx, et pour l'ISIa il est brodé ISI. En tête du calot, il y a un écusson représentant une charrue et quelquefois un ou deux autres ornements. L'ancienne tradition qui consistait à orner la penne avec différents éléments liés aux orientations des études et à divers événements de la vie du guindailleur a évolué vers la collection de ces objets accrochés directement aux maillons de la chaîne d'attache.

À La Reid

À La Reid, le callot est blanc et le liseret est vert maïs, sur le dessus de celui-ci est inscrit dans un octogone : ISA (institut supérieur agronomique). À l’avant du callot, une charrue y est brodée. Les chaines, attachées à la penne, sont par coutûmes, des chaines d’attelage pour vache, portée croisée dans le dos et sur le torseFolklore oral transmis par le comité de Baptême de La Reid depuis sa création en 1988.

À Arlon

À Arlon, les pennes sont de couleur noir à bande verte et blanche. Pour les deux Hautes Écoles d'Arlon, la Haute École Robert Schuman (HERS) et la Haute Blaise Pascal (HEBP), il est brodé ISI en tête du calot. Il est de coutume d'orner sa penne avec les décorations et la chaine avec les trophées de guindaille. Contrairement aux autres grandes villes belges comprenant plus d'une haute école, la ville d'Arlon n'a qu'un seul comité de baptême pour deux Hautes écoles.

À Namur À Namur, il existe six cercles pennés, chacun associé à une Haute École de la région. Contrairement aux calottés de l’université, qui sont liés aux régions, les cercles pennés représentent les écoles supérieures namuroises et rassemblent les étudiants de leur institution respective.

Les couleurs des pennes et leurs liserts (bords) varient selon l’école : vignette

Blanches et vertes pour le Cercle Espena-Mat (HEAJ pour l’ESPENA et secteur Maternité de la HEPN). Les pennes vertes symbolisent l’ESPENA, tandis que les blanches représentent la Maternité. Certaines pennes arborent le blason de la ville de Namur cousu au sommet. Grises pour le Cercle Sainte-Élisabeth (département paramédical de l’HENALLUX), penné depuis 1997. Lisert : jaune sur vert. Lie-de-vin pour le Cercle ISGH (Institut Supérieur de Gestion Hôtelière de la HEPN), penné depuis 1996. Les comitards de l’ISGH portent tous la toge. Lisert : blanc sur rouge. Bleues royal pour le Cercle ISFS (Institut Supérieur de Formation Sociale de l’HENALLUX), penné depuis 1997. Lisert : vert sur bleu. Noires pour le Cercle IESN (Institut d’Enseignement Supérieur de Namur, départements économie, technique et pédagogie de l’HENALLUX), penné depuis 2002. Les lettres de l’IESN y sont brodées sur le dessus. Lisert : bleu sur rouge. Rouges pour le Cercle IMEP (Institut de Musique et de Pédagogie), penné depuis 2014. Lisert : jaune sur bleu.

À Charleroi