Franklin Pierce (Prononciation en anglais américain retranscrite selon la norme API.), né le à Hillsborough (New Hampshire) et mort le à Concord (New Hampshire), est un homme d'État américain. Membre du Parti démocrate, il est le président des États-Unis, en fonction du au . Pierce préside les États-Unis à une époque où la question de l'esclavage déchire le pays.

Avocat de profession, il commence sa carrière politique en 1833 à la Chambre des représentants des États-Unis, élu dans le New Hampshire ; il est élu au Sénat en 1837, également dans son État natal. Nommé à la cour de district du New Hampshire en 1845, il combat lors de la guerre américano-mexicaine avec le grade de brigadier-général deux ans plus tard.

Considéré comme un candidat de compromis par le Parti démocrate, il est désigné en 1852 pour briguer la présidence du pays aux côtés de William R. King. Il remporte aisément l'élection présidentielle face au candidat whig, Winfield Scott.

Considérant le mouvement abolitionniste comme une menace pour l'unité du pays, il mène une politique favorable aux intérêts esclavagistes en défendant l'acte Kansas-Nebraska et en faisant appliquer le . Il est par la suite considéré comme l'un des pires présidents américains pour son incapacité à juguler la crise qui mène à la guerre de Sécession quelques années après sa présidence.

Franklin Pierce et son cabinet s'efforcent d'améliorer l'efficacité étatique et de réduire la corruption de l'administration, mais ces succès n'empêchent pas de nombreuses tensions politiques. Au niveau international, il embrasse les idéaux expansionnistes du mouvement ; il négocie l'achat Gadsden avec le Mexique ainsi que des accords commerciaux avec le Canada et le Japon.

Sa popularité dans les États abolitionnistes du Nord s'effondre après l'adoption de l'acte Kansas-Nebraska et les violences qui amènent un gouvernement esclavagiste au pouvoir dans le Kansas en violation du compromis de 1820. Critiqué au sein même de son camp, il ne parvient pas à obtenir la nomination de son parti pour un second mandat en 1856. Ses critiques envers le président Abraham Lincoln durant la guerre de Sécession ne font rien pour améliorer sa réputation au nord.

Affable, Franklin Pierce connaît une vie familiale émaillée de tragédies. Son épouse, Jane, a une santé fragile et souffre de dépression pendant une grande partie de sa vie, situation aggravée par la mort prématurée de leurs enfants. Leur troisième fils, notamment, est tué lors d'un accident de train qui manque de tuer le couple peu avant la cérémonie d'investiture. Alcoolique, Pierce meurt d'une cirrhose à l'âge de 64 ans.

Jeunesse Enfance vignette|gauche|alt=Photographie d'une maison blanche à deux étages|Photographie de la maison où grandit Pierce à Hillsborough dans le New Hampshire.. La résidence est aujourd'hui un . Franklin Pierce naît le dans une cabane à Hillsborough, dans le New Hampshire. Il est le cinquième enfant de et de sa seconde épouse Anna Kendrick ; sa première femme, Elizabeth Andrews, était morte en couches en 1787 en donnant naissance à sa première fille. Benjamin Pierce avait combattu comme lieutenant durant la guerre d'indépendance américaine et avait quitté Chelmsford dans le Massachusetts après avoir acheté un terrain de à Hillsborough. L'histoire américaine de la famille remontait aux années 1630 avec l'arrivée dans la colonie de la baie du Massachusetts de Thomas Pierce originaire du Shropshire en Angleterre. Benjamin Pierce était un membre influent du Parti républicain-démocrate qui siégea à la Chambre des représentants du New Hampshire de 1789 à 1802 avant d'intégrer le conseil exécutif de l'État et de devenir shérif du comté de Hillsborough ; le jeune Franklin Pierce grandit donc dans un environnement politisé.

Son père, qui voulait que ses enfants reçoivent une éducation universitaire, envoya Pierce âgé de au collège privé de Hancock. Le garçon n'aimait cependant pas les études et, malheureux, il décida de rentrer chez lui. Il parcourut à pied les séparant les deux villes et arriva le dimanche soir dans sa famille. Le lendemain, son père décida de le ramener en calèche à l'école mais au bout de quelques kilomètres, il fit descendre son fils de l'attelage et lui ordonna de marcher jusqu'à sa destination sous une pluie battante ; Pierce indiqua par la suite que cela fut . Plus tard dans l'année, il fut envoyé à la pour préparer son admission à l'université. Il y développa une réputation d'élève charmant mais parfois perturbateur.

vignette|alt=Peinture d'un jeune homme aux cheveux bruns ramenés en arrière portant une veste et un nœud papillon noirs sur une chemise blanche|Le romancier Nathaniel Hawthorne fut un ami proche de Pierce dont il écrivit une biographie élogieuse, , lors de sa campagne présidentielle de 1852. À l'automne 1820, Pierce intégra le Bowdoin College de Brunswick dans le Maine. Il y forma une amitié durable avec Jonathan Cilley, qui fut plus tard élu à la Chambre des représentants des États-Unis, et Nathaniel Hawthorne, qui devint un auteur reconnu. Étudiant médiocre, Pierce travailla avec acharnement durant sa troisième année et termina cinquième de sa promotion de quatorze élèves. En plus de ses études, il enseigna plusieurs mois dans une école rurale à Hebron.

Après avoir brièvement étudié le droit à Portsmouth auprès de l'ancien gouverneur et ami de la famille, Levi Woodbury, il passa un semestre à la faculté de droit de Northampton et accompagna le juge Edmund Parker à Amherst. Il fut admis au barreau à la fin de l'année 1827 et devint avocat à Hillsborough. Même s'il perdit son premier procès et que sa connaissance théorique du droit était incomplète, sa mémoire des noms et des visages ainsi que son charme personnel et sa voix grave le firent rapidement connaître.

Politiques nationales En 1824, la désintégration du Parti républicain-démocrate entraîna une reconfiguration du paysage politique américain. Dans le New Hampshire, des personnalités comme Woodbury et défendaient la création d'un parti de « démocrates » soutenant le général Andrew Jackson. Ils s'opposaient aux fédéralistes et à leurs successeurs nationaux-démocrates menés par le président John Quincy Adams. Les efforts du Parti démocrate du New Hampshire portèrent leurs fruits en quand leur candidat pro-Jackson, Benjamin Pierce, obtint le soutien de la faction pro-Adams et fut élu gouverneur de l'État sans opposition. Ce fut à ce moment que Franklin Pierce entra en politique alors qu'approchait l'élection présidentielle de 1828 entre Jackson et Adams. Lors des élections nationales de , la faction pro-Adams retira son soutien à Benjamin Pierce qui perdit son poste de gouverneur mais Franklin Pierce remporta sa première élection en devenant modérateur de la ville de Hillsborough, une fonction à laquelle il fut réélu six années consécutives.

Pierce fit activement campagne dans son district pour Jackson qui remporta largement l'élection au niveau national mais perdit dans le New Hampshire. Ce succès renforça le Parti démocrate et Pierce fut élu la même année à la Chambre des représentants du New Hampshire. Son père fut à nouveau élu gouverneur mais il se retira au bout d'une année. Franklin Pierce fut nommé président du comité sur l'éducation en 1829 et du comité sur les villes l'année suivante. En 1831, les démocrates obtinrent une majorité et Pierce fut élu président de la Chambre. À seulement , il était devenu l'étoile montant du parti démocrate du New Hampshire mais malgré ses réussites professionnelles et politiques, Pierce déplorait son célibat et désirait une vie meilleure au-delà d'Hillsborough.

Comme tous les hommes blancs de l'État âgés de 18 à , Pierce appartenait à la milice du New Hampshire et fut nommé aide de camp du gouverneur en 1831. Il resta dans la milice jusqu'en 1847 et il était alors colonel... Désireux de revitaliser et de réformer la milice dont l'état avait décliné après la guerre de 1812, Pierce travailla avec , le président de l'université de Norwich, une académie militaire du Vermont pour accroître le recrutement et améliorer l'entraînement et la préparation des forces... Pierce appartint au conseil d'administration de l'université de 1841 à 1859 et reçut un doctorat honoraire en droit en 1853..

À la fin de l'année 1832, la convention démocrate désigna Pierce pour briguer un siège à la Chambre des représentants des États-Unis. L'élection fut une formalité car le Parti national-républicain avait perdu toute son influence politique tandis que les whigs ne disposaient pas encore d'une forte assise électorale. Le succès de Pierce dans le New Hampshire s'accompagna au niveau national d'un raz de marée en faveur du président sortant, Andrew Jackson. De 1832 jusqu'au milieu des années 1850, le New Hampshire fut un bastion démocrate et cela aida facilita l'ascension politique de Pierce.

Mariage vignette|alt=Gravure de profil d'une femme aux cheveux bouclés portant une coiffe|Pieuse et réservée, Jane Pierce était sur de nombreux points à l'opposé de son époux. Le , Pierce épousa Jane Means Appleton ( - ), la fille de Jesse Appleton, pasteur et ancien président du , et d'Elizabeth Means. Contrairement aux affiliations démocrates de la famille Pierce, les Appleton étaient une influente famille whig. Sur de nombreux points, les partenaires avaient peu en commun. Jane était une femme timide, profondément pieuse et partisane de la tempérance qui encouragea son mari, gros buveur, à s'abstenir de boire. De santé fragile, elle souffrit fréquemment de la tuberculose et de problèmes psychologiques. Par ailleurs, Jane n'aimait pas la politique et détestait en particulier Washington, ce qui causa des tensions dans son couple en raison de l'ascension politique de Pierce.

Jane détestait tout autant Hillsborough et, en 1838, le couple s'installa dans la capitale de l'État, Concord. Ils eurent trois enfants, qui moururent tous dans leur enfance : Franklin, Jr. ( - ), mort trois jours après sa naissance, Frank Robert ( - ), mort à quatre ans du typhus, et Benjamin ( - ), qui décéda dans un accident de train.

Carrière au Congrès Chambre des représentants Pierce quitta Concord pour Washington en pour participer à l'ouverture de la session parlementaire le . Le second mandat de Jackson avait débuté et le principal objectif de la large majorité démocrate de la Chambre était d'empêcher le renouvellement de la charte de la Seconde Banque des États-Unis. Avec ses collègues, Pierce rejeta les propositions défendues par le Parti whig et la charte expira. Il s'opposa néanmoins à plusieurs reprises à son parti notamment sur la question du financement fédéral de travaux publics. Pour Pierce, ces lois étaient inconstitutionnelles car ces mesures étaient de la responsabilité des États. Hormis cela, son premier mandat fut peu mouvementé et il put poursuivre son activité d'avocat quand il n'était pas à Washington. Il fut facilement réélu en et retourna à la capitale en décembre.

Alors que le mouvement abolitionniste devenait plus puissant, le Congrès était inondé de pétitions lui demandant de prendre des mesures pour limiter ou interdire l'esclavage aux États-Unis. Pierce était personnellement opposé à cette pratique et il déclara : . En revanche, il considérait l' abolitionniste comme une gêne et estimait que des mesures fédérales contre l'esclavage seraient en violation avec les droits des États du Sud. Il fut également irrité par le « sectarisme religieux » des abolitionnistes qui qualifiaient leurs opposants de pécheurs. Il écrivit ainsi en : .