vignette|269x269px|Grande vente foncière à Melbourne, gravure représentant une vente aux enchères de terrains organisée par Munro & Baillieu, gravée par Morison, 1889 (Bibliothèque d’État du Victoria) Une enchère est une Académie française, « enchère », Dictionnaire de l'Académie française. Le terme synonyme de au Québec est .
Définition Une vente aux enchères est .
Deux éléments essentiels ressortent de cette définition : thumb|Vente de bétail aux enchères en Nouvelle-Galles du Sud en 2007.|gauche|189x189px ce type de vente fonctionne sur la base de règles du « jeu de l’offre et de la demande », structurées et préétablies, qui fixent, par exemple, qui peut enchérir, quelles sont les conditions d’adjudication, comment se calcule le prix final, etc. ; la mise en concurrence entre plusieurs enchérisseurs souhaitant remporter la vente est une condition sine qua non pour que l’on puisse parler de vente aux enchères.
Historique Les enchères sont des mécanismes d’allocation de ressources rares dont l’utilisation remonte à l’Antiquité. On reconnaît généralement que l’histoire des enchères a débuté vers 500 av. J.-C. avec le marché du mariage de Babylone. Dans ses écrits, Hérodote décrit des enchères au premier prix au cours desquelles la main des jeunes femmes était accordée au plus offrant.
Dans la Rome antique, il était fréquent que les biens confisqués lors de guerres de conquête soient vendus aux enchères publiques.
Le terme auctio désignait toutes les ventes aux enchères, celles des particuliers et de l’État, les ventes volontaires comme les ventes forcées. Diverses formalités les entouraient. Elles étaient précédées de publicité par affiches ou annonces verbales faites par le praeco, le crieur ; donnaient lieu à la rédaction d'un cahier des charges, appelé lex bonorum vedendorum.. Elles avaient lieu par l'intermédiaire d'un officier public, le magister et d'officiers publics intermédiaires, les auctionatores. Les auctionatores réalisaient les ventes aux enchères à l'aide du crieur, le praeco, dans la salle de vente appelée atrium auctionarium.
Après les invasions barbares du Ve siècle, la profession d'auctionator disparaît pour ne réapparaitre véritablement qu'à l'époque moderne. vignette|Une vente aux enchères à l'Hôtel Drouot par Albert Bettannier, 1921. En France, une ordonnance de Saint Louis de 1254 relative à l’organisation du guet de Paris, différencie les ventes volontaires, confiées aux marchands fripiers et les ventes judiciaires confiées aux sergents à verge dans Paris et sa banlieue et aux sergents à cheval dans les bailliages et sénéchaussées.
C’est Henri II par un édit de 1556 qui introduit en France le commissaire-priseur moderne par la création : .
confirme par un édit de 1758 le maintien dans leurs fonctions des Huissiers-Commissaires-priseurs vendeurs de meubles moyennant finances. C’est la première apparition du terme « commissaire-priseur » dans les textes.thumb|Vente d'esclaves et de domaines aux enchères à La Nouvelle-Orléans (gravure publiée en 1842).|gaucheLors de la Révolution française, les huissiers-priseurs de province furent supprimés en juillet 1790, puis ce fut au tour des huissiers-priseurs parisiens en septembre 1793.
C’est en mars 1801 (27 ventôse an IX) que Napoléon Bonaparte, premier consul, rétablit des offices de commissaires-priseurs à Paris, avec la création de 80 charges. Les nominations sont effectuées par le tribunal d’instance de la Seine, une chambre de discipline est créée et la rémunération des commissaires-priseurs devient décroissante par tranche.
La province suit par une ordonnance de en 1816 qui rétablit des offices de commissaires-priseurs en province, « au chef lieu d’arrondissement ou siège un tribunal de grande instance ou une agglomération de plus de âmes ».
L’ordonnance de 1816 maintes fois modifiée est toujours en vigueur à ce jour et reste l’un des fondements de la profession actuelle de commissaire-priseur judiciaire..
Dans les sociétés contemporaines, les mécanismes de vente aux enchères ont été traditionnellement utilisés pour les produits de l’agriculture et de l’élevage. Parallèlement, les objets pour lesquels il est difficile d’estimer les coûts de production et ceux pour lesquels les coûts ne reflètent pas la valeur font également l’objet de ventes aux enchères (comme c’est le cas pour les objets et œuvres d’art).
Plus récemment, les enchères sont devenues un mode d’achat et de vente de plus en plus répandu. Ainsi les ventes aux enchères concernent des biens ou des services de plus en plus complexes comme des concessions pétrolières, des licences de téléphonie mobile ou encore des fréquences radio et des biens ayant une valeur de plus en plus grande.
Avec l'apparition des premières ventes aux enchères sur Internet en 1995 sur le site Onsale, puis sur le site eBay., acheter et vendre aux enchères s'est popularisé de manière exponentielle. Les enchères en ligne ont permis la suppression des contraintes géographiques et de temps : les acheteurs potentiels peuvent enchérir n'importe quand, à domicile. Ce mode d’achat et de vente a aussi permis d’étendre considérablement la diversité des produits mis en vente, qu'il s'agisse de biens neufs ou d'occasion.
Les mécanismes d'enchères Il existe une très grande diversité de mécanismes d'enchères que l'on peut classer dans trois grandes catégories : Les ventes aux enchères standard qui permettent de mettre en concurrence les acheteurs. Les ventes aux enchères inversée qui reposent sur la mise en concurrence de vendeurs. Les ventes aux enchères à adjudications multiples qui donnent la possibilité d’avoir plusieurs gagnants simultanés La classification des différents mécanismes est complexe car chaque grande catégorie peut se décliner en sous-catégories : enchères anglaises standards, enchères anglaises inversées, enchères inversées sous pli cacheté, enchères adjudications multiples séquentielles ou simultanées…
On peut aujourd’hui recenser plus de trente mécanismes différents si l'on reprend ceux plus atypiques ou inclassables tels que les enchères doubles de type boursiers (où les deux côtés du marché sont en concurrence), les enchères de type Google AdwordsGoogle Adwords, les enchères Real time Bidding, les enchères silencieusesenchères silencieuses…
La performance des différents types de mécanismes varie en fonction de nombreux paramètres comme la stratégie poursuivie par le vendeur, les enchérisseurs, la nature des informations communiquées à chacun…
À titre d'exemple, voici quelques mécanismes courants expliqués :
Les enchères anglaises standards vignette|Thomas Rowlandson et Augustus Charles Pugin, Salle des ventes chez Christie’s (Auction Room, Christie’s), planche VI de Microcosm of London, gravure en couleurs, 1808. Ces enchères sont certainement les plus populaires et les plus communes de toutes. Il s'agit d'enchères ascendantes (le prix augmente durant la vente) où l'organisateur de la vente (en France, on parle d'un commissaire-priseur) commence avec un prix de départ, chaque intéressé offre dès lors successivement un prix plus élevé, tout en respectant une surenchère minimum (aussi appelé incrément minimal). Le processus d'élimination s'arrête lorsqu'il ne reste plus en lice qu'un candidat. Le bien est attribué au candidat « le plus offrant » (s'il atteint ou dépasse le prix de réserve fixé par le vendeur) soit au prix que ce dernier a proposé « au premier prix », soit à un prix de cession égal à l'offre la plus élevée parmi celles des candidats éliminés, appelé « deuxième prix » (version japonaise). Ce dernier cas est donc stratégiquement analogue à celui d'une enchère fermée au second prix. L'enchère ascendante est le processus courant dans les salles de ventes.
Les enchères hollandaises standards
Il s'agit d'enchères descendantes ou dégressives (le prix baisse continuellement durant le processus). Dans ce mécanisme, l'organisateur de la vente annonce un prix de départ élevé, puis l’abaisse par étapes, jusqu'à ce qu'un enchérisseur se déclare preneur. Le bien est alors attribué à cet enchérisseur « le plus offrant », à un prix de cession égal à son offre, appelé « premier prix » (les offres des autres candidats restent, dans cette procédure, inconnues). Ce type d'enchère rend la procédure d'allocation très rapide, c'est pourquoi elle est utilisée pour la vente de denrées périssables, comme aux Pays-Bas pour la vente des fromages et des fleurs coupées et au Japon sur les marchés au poisson.
Les enchères anglaises inversées Dans ce cas de figure, il s'agit d'un acheteur qui initie la vente en demandant à des vendeurs/fournisseurs potentiels de lui remettre leur meilleure offre de prix pour s’approvisionner chez eux. C'est un type d'enchères descendantes vu que le prix baisse à chaque nouvelle enchère. Ce mécanisme d'enchères se rencontre très fréquemment au niveau des processus d'attribution des marchés publics. Il s'agit bien d'enchères anglaises vu que les différents fournisseurs/vendeurs sont constamment informés des offres faites par les enchérisseurs concurrents et peuvent réagir en proposant un prix plus bas. À la fin des enchères, le vendeur ayant proposé le prix le moins élevé remporte le marché et c'est donc à ce prix que l’acheteur devra lui acheter le bien ou le service.
Les enchères standards sous pli cacheté Les enchères sous pli cacheté à un tour (au premier prix) Aussi appelées enchères scellées au premier prix. Chaque enchérisseur, indépendamment des autres, remet une offre en privé au commissaire-priseur, qui les examine toutes ; l’objet est attribué au plus offrant, qui paie son montant proposé. C'est un processus « statique » puisqu'il ne comporte qu'un tour. La caractéristique de ce mécanisme est que l'enchérisseur ne reçoit aucun signal de la part des autres enchérisseurs. C'est le procédé classique utilisé lors de la vente de concessions étatiques, de droits de retransmission audio-visuelle ou encore de forage sur des terrains de l'État.
D'un point de vue stratégique, les enchères hollandaises standards sont équivalentes à celles sous pli cacheté au premier prix car l'enchérisseur ne fera connaître son offre que lorsque le prix des enchères sera descendu au niveau de son évaluation initiale du montant auquel il souhaitait faire l'acquisition du lot.
Toutefois, Cox, Roberson, et Smith (1982) ont testé cette équivalence supposée entre les deux formes d'enchères et ont fini par réfuter cette théorie, en montrant trois résultats : les prix dans l'enchère scellée au premier prix sont supérieurs aux prix dans l'enchère hollandaise (88 % plus élevés contre 80 %); cette différence de prix varie avec le nombre d'acheteurs et de vendeurs en présence; et enfin les acheteurs sont généralement averses au risque. Deux explications de ces résultats sont avancées par Cox et al. : dans l'enchère hollandaise, les prix bas peuvent s'expliquer par l'introduction du temps réel dans le jeu permettant, ainsi aux sujets de revoir leurs estimations quant au prix maximum que les concurrents sont prêts à débourser pour acquérir le bien. De plus, ils soutiennent qu'il existe une utilité positive liée à l'incertitude se traduisant par la stratégie d'attente dans le cas de l'enchère hollandaise.
Les enchères sous pli cacheté à un tour (au second prix)