Moïse Katumbi Chapwe, né le à Kashobwe dans le Haut-Katanga, est un homme d’affaires, homme politique et dirigeant sportif congolais. Il est président du parti Ensemble pour la République. Il est gouverneur de la province du Katanga de à , date à laquelle il démissionne du gouvernorat et du Parti du peuple pour la reconstruction et la démocratie (PPRD). Depuis 1997, il est le président du Tout Puissant Mazembe, club de football congolais, sacré cinq fois champion d'Afrique et finaliste de la Coupe du monde des clubs de la FIFA en 2010.
En 2015, Moïse Katumbi est décrit comme , par l'hebdomadaire anglais The Economist et nommé « personnalité de l'année 2015 » selon un sondage mené par le magazine Jeune Afrique auprès de ses lecteurs. Moïse Katumbi fait partie de la coalition de l'opposition "Le Rassemblement".
Il est désigné candidat à la présidence par les opposants du G7, une coalition de 7 partis de l'opposition politique congolaise, en , et par les opposants d'Alternance pour la République en . L'élection présidentielle est repoussée, permettant à Joseph Kabila de se maintenir au pouvoir et provoquant une crise politique majeure dans le pays. Moïse Katumbi s'exile alors en Europe après avoir été condamné en république démocratique du Congo (RDC), ce qu'il a dénoncé comme étant un harcèlement judiciaire du régime de Joseph Kabila pour l'empêcher d'être candidat. Le , il effectue son retour en république démocratique du Congo après trois ans d'absence.
Moïse Katumbi est candidat à l'élection présidentielle de où il arrive en deuxième position avec 18 %.
Cette campagne est marquée par des tensions judiciaires : le , le militant de la LUCHA Benjamin Tshikangu dépose une plainte contre lui devant la Cour de cassation, l'accusant d'incitation à la haine tribale.
Histoire familiale
Né le à Kashobwe., une ville moyenne du Haut-Katanga, à la frontière avec la Zambie, au sein de l’ethnie bemba, Moïse Katumbi est né d’une mère congolaise et d’un père grec, issu de la communauté juive de Rhodes, Nissim Soriano. Celui-ci avait fui entre les deux guerres mondiales l’île de Rhodes alors contrôlée par l’Italie fasciste et était venu s’établir au Katanga, près du lac Moero, non loin de la frontière zambienne. Nissim Soriano y développa un commerce de poissonnerie repris ensuite par le demi-frère aîné de Moïse Raphaël Katebe Katoto (né en 1944). Moïse Katumbi est marié à Carine Katumbi et il est le père de cinq enfants : Nissim, Champion, Moses, Ishmael et Jonathan Katumbi.
Éducation Moïse Katumbi fait ses études primaires au lycée Kiwele de Lubumbashi. Il a poursuivi sa et à l'école primaire Kabukwikwi et ses études secondaires à la mission de Kapolowe pour y obtenir un diplôme d’état, option pédagogie générale.
Carrière privée
Homme d’affaires Moïse Katumbi s'enrichit dans la pêche, s’approvisionnant dans le lac Moero et faisant la plus grande partie de son commerce avec la Gécamines, une des principales entreprises minières de la région. Son commerce s’étend également à la Zambie et se diversifie : transport, commerce, approvisionnement alimentaire. Il crée en 1987 la société Établissement Katumbi qui regroupe ses activités.
En 1997, Moïse Katumbi crée la société MCK (Mining Company Katanga) active dans les services aux activités d’exploitation du cuivre et du cobalt de la Gécamines.
En , il vend MCK, sa principale société, à la société française Necotrans. Ses multiples activités développées avant d’entrer en politique au Congo, en Zambie, en Afrique du Sud font de lui un entrepreneur important.
Il est aussi patron et partenaire dans plusieurs entreprises et sous traitance tel que Hakuna Matata, Habari Kani et Muzuri Sana, ainsi que Katumbi Construction et Virginika, employant directement plus de salariés et d'autres indirectement.
Football Président du TP Mazembe Depuis 1997, Moïse Katumbi est président du Tout Puissant Mazembe (TP Mazembe), le principal club de football congolais et l'un des plus titrés en Afrique. Le club a remporté cinq fois la Ligue des champions africaine (1967, 1968, 2009, 2010 et 2015) dont trois fois sous sa présidence et a atteint la finale de la Coupe du monde des clubs à Abou Dabi en 2010, premier club non européen ou sud-américain à accéder à la finale du mondial des Clubs en 2010. Le club remporte la Coupe de la confédération en et 2017.
En 2011, Moïse Katumbi inaugure un stade flambant neuf, le stade Tout Puissant Mazembe, avec une capacité de places. C'est le premier stade privé du pays appartenant à un club. La même année, un centre de formation appelé Katumbi Football Académie ouvre ses portes. L’objectif est de former l’élite du football africain. D’importants travaux en 2015 ont permis à l’académie de se mettre au niveau des centres les plus modernes du monde.
Commission stratégique de la FIFA En , Moïse Katumbi est élu membre de la commission stratégique de la FIFA.
Carrière politique
Pour l'élection présidentielle de 2006 et celle de 2011, Moïse Katumbi soutient la campagne électorale de Joseph Kabila. Entre 2007 et 2015 il est gouverneur du Katanga. Il démissionne du PPRD et du gouvernorat le dénonçant par une déclaration publique les dérives anticonstitutionnelles du régime, le recul de l'État de droit et des libertés individuelles en république démocratique du Congo et la volonté du président Kabila de se maintenir au pouvoir au-delà de ses deux mandats constitutionnels. Il appelle par la même occasion à un large rassemblement républicain et démocratique dans le pays. Cette démission provoque un séisme dans le paysage politique congolais.
Le , Moïse Katumbi prend la parole pour annoncer que « 2016 sera l'année où il y aura la première alternance » en RDC.
Député à l'Assemblée nationale Aux élections législatives de 2006, Moïse Katumbi est élu député du Katanga avec plus de voix en sa faveur. Il travaille à l’Assemblée nationale de la république démocratique du Congo et à l’Assemblée provinciale du Katanga.
Gouverneur du Katanga Moïse Katumbi est élu gouverneur de la province du Katanga en avec 94 voix sur 102. Dès son arrivée à la tête du Katanga, Moïse Katumbi met en place l’interdiction d’exporter les minerais bruts, forçant ainsi les industriels à construire leurs unités de transformation au Katanga, source d’emplois pour la population et de développement pour la province. En 2010, à la suite de la chute du prix du cuivre et du départ précipité des entreprises minières (principalement chinoises) de la province, Moïse Katumbi demande à toutes les entreprises concernées de payer les indemnités de loyer et les taxes dues à la province, sous peine de mettre leurs biens aux enchères. De 2008 à 2013, la production de cuivre du Katanga passe de à 1 million de tonnes par an.
Les revenus générés avec l’industrie minière permettent le développement rapide de la province.
La construction d’une centrale hydro-électrique sur la rivière Luapula est lancée en . Plusieurs hôpitaux sont également construits. Des écoles et universités sont rénovées.
De 2007 à fin 2012, la part de la population alimentée en eau potable passe de 48 % à 70%. Sur la même période, la tonne de farine de maïs passe de à . Sur le plan agricole, depuis 2008, un arrêté oblige toute entreprise minière implantée dans la province à aménager de terres cultivables afin de répondre aux ambitions d’autosuffisance alimentaire de la région. La part de dépendance à l'importation passe de 98 % en 2007 à 25 % en 2015.
Entre 2007 et 2015, le nombre d'enfants scolarisés est passé de à plus de 3 millions.
En 2007, les employeurs de la province se voient par ailleurs obligés de verser un salaire minimum de à tous leurs employés.
Il est à cette époque l'une des principales personnalités présentées dans le film Katanga Business de Thierry Michel.
Démission du gouvernorat et opposition politique Il démissionne le de son poste de gouverneur et du PPRD en dénonçant le non-respect de la constitution par le gouvernement : . Dans une déclaration politique rendue publique, il fustige aussi les du régime, notamment les arrestations arbitraires et intimidations. Il annonce dans la même déclaration l'organisation de larges concertations citoyennes afin de créer un mouvement républicain et démocratique dans le pays. Le , Moïse Katumbi est signataire de la déclaration du "Front citoyen 2016", une coalition entre l'opposition et la société civile congolaises engagée pour protéger la Constitution et le respect d'un calendrier électoral en 2016. Il soutient également la création du « Rassemblement », le mouvement principal de l'opposition politique et de la société civile du pays. La majorité des personnalités politiques de l'opposition qui le soutiennent sont des membres actifs du « Rassemblement ».
En , un sondage mené par l'institut Berci et le Groupe d'étude sur le Congo (GEC) place Moïse Katumbi à la première place des intentions de vote pour la prochaine élection présidentielle.
Candidat aux élections présidentielles (2018 et 2023) Il est désigné candidat à l'élection présidentielle de 2018 par le groupe G7, une coalition de 7 partis politiques de l'opposition issus de la majorité présidentielle, en et par Alternance pour la République, une autre coalition formée par 16 partis politiques, en . Le mercredi , il officialise sa candidature sur son compte Twitter et par voie de communiqué de presse. Il déclare souhaiter avant tout instaurer l'État de droit afin d'offrir aux Congolais la stabilité, la paix et le développement économique. Le à Johannesburg, il lance avec ses soutiens la plateforme électorale Ensemble pour le changement. Il en est président.
Poursuivi et condamné dans son pays – pour plusieurs chefs d’accusations que ses avocats qualifient de « procès politiques » –, il tente en vain de revenir au Congo pour poser sa candidature à l’élection présidentielle prévue en . Un mandat d'arrêt est émis à son encontre lorsqu'il demande une autorisation d’atterrissage et de survol de l’espace aérien congolais. La demande lui est refusée. À deux reprises, il tente de forcer le passage par le poste frontalier de Kasumbalesa. Quatre jours avant l’expiration des dépôts de candidature à la présidentielle, le gouvernement zambien lui notifie officiellement que Kinshasa n’agrée pas son entrée en république démocratique du Congo. Moïse Katumbi annonce qu’il compte saisir les instances régionales et sous-régionales, afin de trouver gain de cause.
Le , alors qu'il se trouve en Namibie, la RDC émet un mandat d'arrêt international à son encontre.
Katumbi apporte son soutien à Martin Fayulu, candidat de la plateforme Ensemble pour le changement, pour l'élection présidentielle mais c'est Félix Tshisekedi qui est élu.
La condamnation de Katumbi dans l'affaire Stoupis est annulée par le nouveau président Félix Tshisekedi et Katumbi revient en RDC en .
Katumbi et les 70 députés d'Ensemble pour la République, parti fondé par Katumbi en , rejoignent l'Union sacrée mise sur place en par Tshisekedi et l'Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) pour avoir la majorité à l'Assemblée.
En , le président Tshisekedi propose le poste de premier ministre à Katumbi qui le refuse.
Les tensions dans l'Union sacrée croissent à mesure que la volonté de Katumbi de se présenter à la prochaine élection présidentielle se matérialise.
En , une polémique enfle concernant sa nationalité car une proposition de loi proposée par Noël Tshiani et présentée par le député Cerveau Nsingi Pululu de l'Union sacrée, vise à exclure de l'élection présidentielle les personnes de double nationalité. Les proches de Tshisekedi nient que le président est à l'origine du dépôt de cette proposition de loi. Katumbi s'oppose fermement à toute loi qui interdirait à une personne née d'un parent étranger de candidater à l'élection présidentielle. Cette proposition suscite aussi des oppositions à l'étranger : l'ambassadeur américain en RDC, que l'adoption de la proposition est une « ligne rouge ».