vignette|redresse=1.75|Âge effectif moyen de départ à la retraite pour les hommes, de 1970 à 2018. La France a l'un des âges effectifs de départ à la retraite les plus bas d'Europe. La retraite en France est l'un des systèmes de retraite en Europe fondés sur la répartition, les pensions versées aux retraités venant des cotisations sociales des actifs.

Un régime général et des régimes spéciaux, avec parfois en plus des régimes complémentaires, font l'objet depuis les années 1990 de réformes contestées.

Selon la Drees, le coût des prestations sociales liées au régime des retraites en France (risque vieillesse-survie) s'établit à 359 milliards d'euros en 2020, 365 milliards d'euros en 2021, 382 milliards d'euros en 2022 et 400 milliards d'euros en 2023 (14,2 % du PIB).

Fonctionnement du régime général en France Age légal et âge de départ à taux plein La loi fixe un âge légal minimum pour le départ, mais qui ne suffit pas pour avoir une retraite à taux plein. Pour inciter à travailler au delà de cet âge, la loi fixe aussi une durée de cotisation pour une retraite à taux plein, en dessous de laquelle la retraite est diminuée par des décotes proportionnelles au nombre de trimestres travaillés en moins. Au delà de cette durée, calculée en trimestres, la retraite est au contraire augmentée des surcotes proportionnelles au nombre de trimestres travaillés en plus. Les personnes en situation de chômage non indemnisé depuis plus d'un an risquent de ne pas obtenir cette durée de cotisation minimum et doivent compléter par une assurance volontaire vieillesse.

La loi fixe également un âge donnant droit au départ en retraite à taux plein, quelle que soit la durée de cotisation. Il a été relevé à 67 ans en 2010 contre 65 ans auparavant, la réforme de 2013 le maintenant à 67 ans. Dispositif pour carrière longue Pour les salariés ayant commencé à travailler très jeunes, un dispositif pour carrière longue permet d'abaisser l'âge légal minimum pour le départ.

Fonds de réserve pour les retraites Un Conseil d'orientation des retraites (COR) évalue les probabilités d'équilibrer les comptes à l'avenir, complété par un Fonds de réserve pour les retraites dont le rôle est d'assurer l'équilibre dans les périodes déforables, quand un pic démographique augmente les dépenses, ou quand un creux conjoncturel comme une récession économique diminue temporairement le nombre de cotisants et donc les recettes.

Inventaire des différents systèmes en France Le système de retraite français repose sur l'existence de 42 régimes différents., auxquels il faut ajouter les régimes complémentaires de retraite et des dispositifs de retraite supplémentaire. On peut distinguer trois grands pôlesBruno Palier, Cahiers français 2010 : la retraite des salariés : ces derniers sont affiliés à la Caisse nationale d'assurance vieillesse (CNAV) pour la retraite de base, ils bénéficient également de retraites complémentaires, versées par des organismes relevant de l'Agirc-Arrco, et de façon plus anecdotique de retraites-chapeaux ; les régimes autonomes des artisans, commerçants, professions libérales, ainsi que des non-salariés et salariés agricoles (affiliés à la mutualité sociale agricole) ; le secteur public compte trois systèmes, selon trois grands groupes d'employeurs : les fonctions publiques territoriale et hospitalière, disposent d'une caisse commune pour la gestion du régime de base : la CNRACL ; les fonctionnaires d'État (et des organismes qui en dépendent) n'ont pas de caisse indépendante. L'employeur paye les pensions de base via le Service des retraites de l'État ; les agents sous statut des entreprises SNCF, RATP et les salariés des industries électriques et gazières (notamment EDF-GDF)La Croix, « Tout savoir sur les régimes spéciaux », jeudi 18 octobre 2008 sont affiliés à des régimes spéciaux de retraite, réformés en 2007 et en 2018. Comme la retraite des fonctionnaires (territoriaux, hospitaliers et d'État) ne tient pas compte des primes, des régimes facultatifs par capitalisation ont été créés dès 1967 (Préfon par exemple)Voir , sur le site prefon-retraite.fr, non trouvé le 14 août 2013. Il existe aussi des régimes complémentaires obligatoires comme l'Ircantec, réservé aux agents non-titulaires, et la retraite additionnelle de la fonction publique (RAFP), par capitalisation, sur le site de l’ERAFP, créée pour les fonctionnaires après la réforme de 2003.

Ces différentes composantes n'ont que peu de points communs, fixés par une loi : un âge légal d'ouverture des droits, fixé à dans le droit commun depuis la réforme des retraites en France en 2023 ; un âge de la retraite à taux plein (ou âge d'annulation de la décote), même en cas de carrière partielle, progressivement repoussé à , à raison de quatre mois de plus par an à partir de 2011 ; une durée de cotisation de référence ( selon l'année de naissance [...] relatif à la durée d'assurance nécessaire pour bénéficier d'une pension de retraite à taux plein […] applicable aux assurés nés en 1955), base pour des calculs de décotes en cas de départ avant l'âge légal et avant d'avoir cotisé suffisamment, ou de surcote en cas de cotisation plus longue (voir infra). La réforme des retraites en France en 2010 prévoyait un premier décret avant le , pour fixer la durée de cotisation des générations 1953 et 1954. Les durées de cotisation des générations suivantes seront fixées par d'autres décrets, chaque annéeProjet de loi portant réforme des retraites : Rapport, Article 4 sur le site du Sénat français. L'augmentation envisagée en 2010 devait porter la durée de cotisation à 165 trimestres pour les générations 1953 et 1954 puis marquer un palier avant d'atteindre 166 trimestres pour les générations 1960 et suivantes, par Éric Woerth le 16 juin 2010 sur le site du ministère du Travail, de la Solidarité et de la Fonction publique.

Les régimes de base fonctionnent à prestation définie (la pension est une fraction définie des revenus pris en compte) et à cotisation définie. L'équilibre financier s'effectue par des réformes, qui se sont succédé depuis 1990, et en théorie par le recours au Fonds de réserve pour les retraites ; pour les retraites de la fonction publique, c'est le budget de l'État qui fait l'appoint.

Existent aussi des dispositifs facultatifs, reconnus ou organisés par l'État, tous par capitalisation. Certains peuvent être souscrits de façon individuelle, dans le cadre des plans d'épargne retraite (PER). D'autres sont souscrits dans un cadre professionnel, pouvant être alimentés aussi bien par le salarié que par l'employeur : plan d'épargne pour la retraite collectif et plan d'épargne retraite entreprises pour les salariés du privé, contrats Madelin pour les professions indépendantesPour plus de détails, voir TEF (Tableaux de l'économe française), 2010, ... Pour préparer sa retraite, les dispositifs d'épargne ordinaires (notamment l'assurance-vie) sont aussi encouragés fiscalement depuis 1993.

+Les différents régimes de retraite. Type assuré Effectifs cotisants (C) et retraités (R) Régime de base Régime complémentaire Retraite additionnelle Autres caractéristiquesSALARIES Salariés de l'Agriculture C : 0,68 million R : 2,5 millions MSA AGIRC-ARRCO Salariés de l’industrie, du commerce et des services C : 18,7 millions R : 14,4 millions CNAV Enseignants du privé RETREP Agents non titulaires de l’État et des Collectivités publiques IRCANTEC Personnel navigant de l’aéronautique civile CRPN Ouvriers de l’État FSPOEIE Salariés des régimes spéciaux C : 0,5 million R : 1 million CRP (RATP), CPRP (SNCF), Banque de France Mines, CNIEG (EDF, GDF...), CRPCF (Comédie-Française), CRPCEN (employes notaires), ENIM (marins) CROPERA(Opéra de Paris), Port autonome de Strasbourg FONCTIONNAIRES Fonctionnaires de l’État, magistrats et militaires C : 2 millions R : 2,16 millions Service de retraite de l'État RAFP Fonctionnaires territoriaux et hospitaliers C : 2,22 millions R : 1,05 million CNRACL Fonctionnaires du Parlement Caisse de retraite des agents de l'Assemblée nationale Caisse de retraite des agents du Sénat NON SALARIES Exploitants agricolesC : 0,48 million R : 1,43 million MSA Artisans, commerçants et industriels C : R : 2 millions Sécurité sociale pour les indépendants Professions libéralesC : 0,67 million R : 0,35 million CNAVPL CPRN (notaire), CAVOM (Officiers ministériels), CARMF (médecins), CARCDSF (dentistes et sages-femmes), CAVP (pharmaciens) CARPIMKO (infirmiers, kinésithérapeutes...), CARPV (vétérinaires) CAVAMAC (agents d'assurance), CAVEC (experts-comptables) CIPAV (architectes et professions libérales diverses) CNBF Artistes, auteurs d’œuvres originales CNAV IRCEC Patrons pêcheurs embarqués ENIM Membres des cultes CAVIMAC ARRCO Débits de tabac Sécurité sociale pour les indépendants RAVGDT Parlementaires et conseillers du CESE Caisse de retraite de l'Assemblée nationale Caisse de retraite du Sénat Caisse de retraite du CESE

Histoire de la retraite en France Avant 1945 Ancien Régime : retraites pour les militaires La vie des anciens a longtemps reposé sur la solidarité inter-générationnelle et de menus travaux artisanaux. De nombreuses formes d'entraide volontaires existaient dès le Moyen Âge : corporations, sociétés de secours mutuel.

La première profession à obtenir une compensation en période d'inactivité est celle des marins sous Louis XIV (Jean-Baptiste Colbert institue en 1673 la Caisse des invalides de la marine, créant la première retraite par répartition au monde, ce qui permit de les fidéliserJean-François Paillard, « Les ouvriers imposent la retraite », Çà m'intéresse, , octobre 2010, ), puis ce furent les militaires gradés, l'administration royale en France, le personnel des Maisons royales, le clergé et la Ferme générale, qui créèrent une des premières caisses de retraite française en 1768, alimentée par des retenues de 1,25 % à 2,5 % sur les salaires. Sous l'Ancien Régime, recevaient une rente de la part du roi. Celui-ci prélevait sur son trésor royal pour distribuer des pensions de cour, des pensions de charité, de mérite et de conversion, les pensions de retraite ne concernant quant à elles que 0,1 % de la populationLaurence Lautrette, Le Droit de la retraite en France, éd. PUF, , 1999. À la Restauration, les rentes royales sont à nouveau payées, sur la liste civile.

Sous la monarchie de Juillet, Louis-Philippe crée le une nouvelle législation sur les pensions militaires.

, paternalisme, mutualisme et émergence de la gestion ouvrière Après la révolution de 1848, l'ensemble des fonctionnaires bénéficient d'une retraite, à partir de la loi sur les pensions civiles du : Napoléon III généralise le régime de pension par répartition pour la fonction publique, l'âge normal de la retraite à cette époque étant de (55 pour les travaux pénibles) et crée la pension de réversion.

Pour le secteur privé, les sociétés de secours mutuel (les premières en 1804 pour les ouvriers), dites aussi sociétés de prévoyanceIsidore Didion, Calcul des pensions dans les sociétés de prévoyance, F. Blanc, 1864.Isidore Didion, Notice sur la caisse d'épargne et la caisse de prévoyance et de secours mutuels de Metz, Mémoire de l'Académie royale de Metz, 1838 ont permis un palliatif, mais leur développement était entravé par la réglementation (en 1890, seuls 3,5 % des ouvriers âgés ont accès à une pension), les pouvoirs publics craignant une agitation ouvrière. La pression populaire augmentait donc, comme en témoigne la légalisation du syndicalisme.