Nouméa (prononcé ), la principale ville portuaire de Nouvelle-Calédonie, est le chef-lieu de cette collectivité d'outre-mer française au statut spécifique et de la Province Sud, située sur une presqu'île du sud de la côte ouest de la Grande Terre.
D'importance moyenne à l'échelle française ( en 2025), même en comptabilisant sa banlieue et sa couronne périurbaine (), Nouméa est la plus grande ville francophone d'Océanie devant Papeete, et l'une des plus importantes de la France d'outre-mer (la troisième, après Saint-Denis et Saint-Paul de La Réunion). Elle est la la plus peuplée en France et le Grand Nouméa correspond à la (la quatrième d'outre-mer, après celles de Pointe-à-Pitre-Les Abymes en Guadeloupe, de Mamoudzou à Mayotte et de Saint-Denis à La Réunion).
Créée en 1854 sous le nom de Port-de-France pour servir de centre administratif et militaire à la colonisation française en Nouvelle-Calédonie, elle prend le nom « Nouméa », d'origine kanak mais à l'étymologie incertaine, le . Elle s'est développée avec la colonisation, notamment du fait de la présence du bagne, mais aussi grâce à l'activité minière depuis les années 1870. Celle-ci est dominée par l'extraction du nickel et a connu plusieurs « boom » (surtout dans les années 1960 et 2000). Longtemps liée au pouvoir colonial et très européenne, elle est surnommée par les premiers indépendantistes « Nouméa la blanche » dans les années 1980. C'est pourtant une ville où se croisent aujourd'hui toutes sortes de communautés. Si une forte proportion de la population est toujours d'origine européenne, principalement des Calédoniens (ou « Caldoches ») mais aussi des Métropolitains (appelés « zoreilles ») qui y vivent définitivement ou qui y résident temporairement (notamment des fonctionnaires ou militaires français), il s'y trouve aussi une forte proportion, qui va en augmentant, de Kanaks ainsi que de Polynésiens (Wallisiens et Futuniens avant tout, mais également Tahitiens) et d'Asiatiques (Indonésiens, Vietnamiens, Chinois). C'est donc une ville très métissée mais à culture majoritairement européenne, où le français est très présent. Politiquement, il s'agit d'un bastion de la droite anti-indépendantiste.
Nouméa reste l'une des villes les plus industrialisées de l'Outre-mer français, par le biais surtout de l'usine de transformation de nickel de Doniambo, mais aussi par la présence d'un réseau assez dense de petites industries produisant pour le marché local, surtout dans les secteurs de l'agroalimentaire et des biens intermédiaires. Mais l'économie est avant tout tertiaire, avec une présence importante des fonctions et services publics d'État, de la Nouvelle-Calédonie, de la Province Sud et de la ville. Les activités touristiques, bien que peu développées comparativement à d'autres agglomérations d'Océanie ou de l'outre-mer françaisChr. JOST, « Contraintes et enjeux de développement de la Nouvelle-Calédonie : Quel schéma d’aménagement et de développement à l’horizon 2025 ? », EchoGéo, n°11 (décembre 2009-février 2010), mis en ligne le 24 février 2010, consulté le 28 mai 2016., sont surtout balnéaires et concentrées dans les baies au sud de la presqu'île, ce qui vaut à Nouméa d'être comparé par les visiteurs et les guides à un « petit Nice »Mémoires perdues, éd. Le Manuscrit, .. De même, la présence de boutiques de luxe ou d'habillement dans son centre-ville, ses bistrots, restaurants et boulangeries lui ont valu le surnom touristique de « Paris du Pacifique » ou « petit Paris ».... Ces deux surnoms sont toutefois très peu utilisés par la population locale.
Géographie
Le territoire nouméen est une péninsule dans l'océan Pacifique Sud, dont la superficie terrestre est de Chiffres clefs de la commune de Nouméa, ISEE, consulté le 27 juillet 2017., ce qui en fait la plus petite commune néo-calédonienne. Ses milieux naturels, marqués par un relief vallonné, sa situation littorale sur une côte-sous-le-vent ainsi que son climat et sa biocénose tropicaux, ont été fortement anthropisés du fait de l'urbanisation qui s'est accélérée à partir des années 1960.
Site et situation Le territoire de Nouméa est constitué d'une presqu'île sur la côte sud-ouest de l'île principale de Nouvelle-Calédonie, la Grande Terre, donnant sur son lagon ouest et la mer de Corail, dans l'océan Pacifique Sud. Elle est bordée au nord-est et à l'est par la commune du Mont-Dore, et au nord et au nord-ouest par celle de Dumbéa, qui font toutes deux partie de son agglomération.
Une ville française en Océanie Nouméa est d'abord située en Océanie, à au sud-sud-ouest de Port-Vila (Vanuatu) Distance entre Port-Vila et Nouméa, www.mapcrow.info., à à l'est-nord-est de Brisbane (Queensland, Australie) Distance entre Brisbane et Nouméa, www.mapcrow.info., à au nord-est de Sydney (Nouvelle-Galles du Sud, Australie) Distance entre Sydney et Nouméa, www.mapcrow.info., à au nord-nord-ouest d'Auckland (Nouvelle-Zélande) Distance entre Auckland et Nouméa, www.mapcrow.info., à à l'ouest-sud-ouest de la collectivité d'outre-mer de Wallis-et-Futuna Distance entre Wallis-et-Futuna et Nouméa, www.mapcrow.info. ou encore à à l'ouest-sud-ouest de Papeete Distance entre Auckland et Nouméa, www.mapcrow.info..
Mais Nouméa est également la ville française la plus éloignée de la capitale nationale, étant située, à vol d'oiseau, à de Paris.
Communes limitrophes
Géomorphologie et formations géologiques vignette|gauche|Le point culminant de Nouméa, la colline de Montravel surmontée de sa tour OPT, vue depuis le port. Au premier plan, le navire-école norvégien Sørlandet lors de sa tournée dans le Pacifique en 2016. vignette|Géomorphologie de la région de Nouméa
Son terrain est essentiellement composé de flyschs sédimentaires datées dans une fourchette allant du Priabonien à l'Éocène moyen, associés à quelques terrains allochtones isolés, ou klippes, de roches silicieuses (cherts ou phtanites) et calcaires (moitié ouest de la presqu'île de Nouville, la pointe sud de la péninsule autour du Ouen Toro), et à certains îlots plus anciens remontant au Sénonien et donc au Crétacé (autour de la baie des Citrons dans le sud-ouest de la péninsule, Tina au nord-est). L'essentiel des terrains des communes du Grand Nouméa sont d'âge Sénonien, avec une large bande littorale de terrains volcano-sédimentaires du Lias (Jurassique) autour de l'embouchure de la Dumbéa..
Elle dispose d'un relief accidenté constitué de plusieurs collines (Ouen Toro, Montravel, mont Coffyn, mont Vénus, etc.), culminant à celle de Montravel à d'altitude.
Sa particularité est que son centre-ville et certains de ses quartiers (dont la zone industrielle de Ducos) sont essentiellement construits sur des remblais ou des polders, réalisés après l'assainissement de différentes zones marécageuses littorales au (centre ville de 1855 à 1872, quartier Latin et quartier de Montravel en 1882) ou bien plus récemment gagnés sur la mer (zone industrielle, port autonome, marinas, notamment celle du Port-Moselle qui a fait l'objet de plusieurs tranches entre 1906 et les années 1980). L'ancienne île Nou, autrefois un des sites du bagne de Nouvelle-Calédonie, est devenue une presqu'île artificielle rebaptisée Nouville après la construction de remblais et d'un pont reliant le port à l'île durant les années 1970 et la période dite du « boom du nickel »..
Littoral et hydrographie Nouméa est un port avec une rade profonde à laquelle l'accès se fait par l'une des plus grandes passes dans le récif corallien, donnant sur la mer de Corail dans l'océan Pacifique, entouré par plusieurs bassins hydrographiques.
Littoral vignette|gauche|La marina « Port du Sud » dans la baie de l'Orphelinat. vignette|Coucher de Soleil vu depuis la plage de l'anse Vata. Délimitée par les baies de Koutio-Kouéta au nord-ouest et de Boulari au nord-est, la côte où se situe Nouméa forme une succession de baies qui offrent un éventail d'activités : baignade (plages de l'anse Vata, de la baie des Citrons, de la baie de Magenta, de l'anse du Kuendu à l'extrémité ouest de Nouville), plaisance et nautisme (baie de Sainte-Marie, marinas des baies de l'Orphelinat et de la Moselle), port touristique (petite rade et quai Jules-Ferry) ou commercial et industriel (grande rade, baie de Numbo). Comme l'essentiel de la côte occidentale de la Grande Terre, le littoral nouméen était essentiellement constitué de mangroves, mais il est estimé aujourd'hui qu'entre 23 à de celle-ci a été détruite depuis 1960 du fait de l'urbanisation.. Il existe toutefois encore certaines zones de mangrove, comme dans le fond de la baie de Sainte-Marie au sud-est, celui de la baie de Koutio-Kouéta à l'arrière de la zone industrielle ainsi qu'à Rivière-Salée au nord-ouest, ou à Tina.
Domaine public maritime vignette|gauche|La baie de Sainte-Marie, vue vers le Mont-Dore. Le domaine public maritime communal comprend de nombreux îlots au large de la presqu'île. Le plus important d'entre eux par sa superficie est longtemps resté l'île Nou, transformée en une semi presqu'île artificielle par la construction de polders et d'un pont. Désormais, l'îlot le plus vaste de la commune est celui de Sainte-Marie (aussi appelé « Grand Sainte-Marie » ou île N'géa) qui constitue la limite est de la baie du même nom. Le littoral nouméen est ainsi entouré d'un chapelet d'îles et d'îlots côtiers : l'îlot Lassalle, dans le prolongement de la presqu'île de Tina, au nord-est ; les îlots Fourmis qui comprennent le Petit Fourmi (ou îlot Kuru) et le Grand Fourmi (ou îlot Tué), au large de la baie de Magenta, à l'est ; vignette|droite|L'îlot Uéré (ou Petit Sainte-Marie) et l'îlot N'Do, à l'entrée de la baie de Sainte-Marie. les îlots Sainte-Marie qui encadrent la baie du même nom au sud-est : l'îlot Sainte-Marie (ou Grand Sainte-Marie ou île N'Géa), l'îlot Uéré (ou Petit Sainte-Marie) et, plus petit, l'îlot N'Do. L'îlot Sainte-Marie, assez grand, offre plusieurs plages servant de lieux de camping ou de déjeuners pour les Nouméens, et notamment pour les élèves de la base nautique de la côte blanche, de l'autre côté de la baie. L'îlot Uéré possède une unique plage dans une petite anse qui sert de lieu de mouillage aux bateaux de plaisance et est un lieu fréquenté par les motomarines ; l'îlot Canard ou île aux Canards à l'entrée de l'Anse Vata, au sud. Accessible par des « taxis-boats », petites navettes maritimes partant de la plage de l'anse, ainsi que par voile, il est aménagé avec un fare servant de restaurant et un sentier sous-marin de découverte et de sensibilisation à la protection de la naturePrésentation sur le site du Nouvelle-Calédonie Tourisme Point Sud. ; l'îlot Brunbaptisée du nom du lieutenant de vaisseau Jean Joseph de Brun commandant le Prony : ., dans le prolongement de la pointe Chaleixbaptisé du nom du chirurgien de La Constantine : Jacques Eugène Chaleix (à laquelle il est désormais relié par un pont) avec laquelle il forme le terrain de la base navale militaire de Nouméa. Il ferme la baie de l'Orphelinat, à l'ouest ; l'île Nou devenue la presqu'île artificielle de Nouville ; l'îlot Freycinet, dans le prolongement de la pointe Lestelle et du quartier de Koumourou qui constitue l'extrémité ouest de la presqu'île de Ducos ; les îlots Tindu et Kaméré, à l'entrée de la baie de Tindu, au nord de Ducos et au nord-ouest de la ville.
thumb|gauche|L'îlot Canard et ses aménagements dans la baie de l'Anse Vata. À cela il faut ajouter les îlots coralliens du lagon, plus éloignés vers le sud, plus ou moins aménagés et lieux de villégiatures pour les plaisanciers nouméens pour des sorties d'une journée ou pour les pratiquants des sports de glisse (planche à voile, funboard ou kitesurf) : l'îlot Maître, à 4 milles marins (environ ) au sud-sud-ouest du port Moselle et à 2,5 milles (environ ) de l'Anse Vata, dans l'alignement de l'îlot Canard. Doté d'un hôtel (il est ainsi le seul îlot nouméen à en posséder un), il est agrémenté d'un récif d'un mille de large entre l'îlot et sa balise ;