vignette|Le cylindre Teinte, saturation, lumière Teinte, saturation, luminosité (ou valeur) sont les trois paramètres de description d'une couleur définies par l'approche de la psychologie des couleurs. Cette expression désigne des modèles de description des couleurs utilisés en graphisme informatique et en infographie, qui adaptent ces paramètres.

Les sigles TSL ou, en anglais HSL ( Hue, Saturation, Lightness) désignent de tels systèmes de description des couleurs. La luminosité étant à peu près ce qu'on appelle la valeur ( Value), TSV ou HSV s'utilisent pour différencier des systèmes basés sur les mêmes principes, avec une mise en œuvre différente.

De nombreux logiciels de retouche et de création graphiques matricielle offrent une interface de description des couleurs Teinte, Saturation, Luminosité. Dans ce cas, les couleurs sont toujours enregistrées comme composantes trichromes (rouge, vert, bleu).

Dans les logiciels d'édition d'image vectorielle, les paramètres de Teinte, saturation, luminosité peuvent servir de définition de la couleur et être enregistrés. Le W3C a adopté cette description perceptuelle, en parallèle avec les descriptions trichromes, pour définir les couleurs, au format texte, dans les feuilles de style en cascade et les dessins vectoriels SVG.

Systèmes de codage informatique des couleurs

Les systèmes de codage informatique des couleurs les représentent par un triplet de valeurs se rapportant à chacune des couleurs primaires de la synthèse additive (rouge, vert, bleu) de l'écran.

Le plus souvent, ces valeurs sont des nombres entiers entre 0 et 255, qu'on peut coder sur un octet. On peut créer de la sorte plus de de codes de couleur. La vision humaine arrive à distinguer, dans les meilleures conditions d'examen, un demi-million de couleurs d'après ; . ; en appliquant les différences de couleur juste perceptibles définies par la CIE, on trouve qu'un écran standard donne couleurs a trouvé couleurs en appliquant la colorimétrie des écarts de couleur CIE94 à l'écran sRGB.. Plusieurs dizaines de codes s'affichent ainsi comme des couleurs indiscernables les unes des autres. Deux codes qui ne diffèrent que de 1 sur les 256 valeurs possibles de chaque canal doivent donner une couleur parfaitement indistincte.

Le codage direct de la couleur par les valeurs des couleurs primaires (Rouge-vert-bleu) a l'avantage de la simplicité pour la programmation, mais il demande de l'utilisateur des calculs et des raisonnements pour les manipulations de couleurs les plus simples. Pour rendre une nuance plus lumineuse, il faut multiplier les valeurs des trois composantes par le même nombre. Pour laver de blanc une teinte trop vive, il faut ajouter la même quantité aux trois paramètres ; mais ce faisant, on l'éclaircit. Pour la faire virer vers une des deux primaires les plus proches, il faut ajouter une quantité à cette primaire, puis compenser l'éclaircissement. Les paramètres utilisés par les psychologues de la couleur, teinte, saturation, luminosité donnent un accès plus direct à ces modifications.

Ces paramètres sont une systématisation des concepts utilisés pour l'enseignement de la couleur dans les arts graphiques. Ils sont, de ce fait, plus familiers aux utilisateurs envisagés. Un cercle chromatique oriente la compréhension des teintes, le dessin monochrome inculque la notion de valeur. La diffusion d'outils informatiques basés sur la luminosité, la teinte et la saturation va contribuer à son tour à former les notions de couleur de ceux qui les pratiquent.

Comme le codage RVB qui leur sert de base, ces systèmes recherchent la simplicité, évitant de charger les ordinateurs de calculs. Ils sont relatifs à un dispositif de synthèse trichrome des couleurs : un même code produit deux couleurs différentes sur deux écrans dont les luminophores donnent des couleurs primaires différentes ou dont les réglages sont différents ; grâce à l'adaptation visuelle, les rapports entre les couleurs restent suffisamment bien perçus.

Système HSV ou TSV

La conception d'interfaces graphiques pour les programmes informatiques commence au début des années 1970. Alvy Ray Smith travaille avec Richard Shoup au Xerox PARC sur le logiciel SuperPaint., qui permet la création d'images pour la télévision couleur. A.R. Smith publie ce système lors de l'édition 1978 du SIGGRAPH ; .. Il nomme ses paramètres « », selon les termes utilisés en psychologie des couleurs. Ils seront largement repris sous les noms « ». est le nom du réglage de luminosité sur les télévisions en couleurs, qui augmente toutes les valeurs d'une quantité uniforme. Dans l'univers du logiciel libre, la plupart ont repris l'appellation d'origine traduite en français par « Teinte Saturation Valeur ».

Les outils de sélection de couleur de MacOS, d'AdobeGUIdebook > Screenshots > Colour selector, CorelDRAW, QuarkXPress, OpenOffice/LibreOffice, Gimp et Blender ainsi que l'API de la bibliothèque logicielle OpenCV utilisent ce modèle.

Système HSL ou TSL

Lors de la même édition du SIGGRAPH, George H. Joblove et Donald Greenberg présentent d'autres modèles basés sur un cercle chromatique qu'ils nomment « Hue/Relative chroma/Intensity » qui sera largement diffusé en tant que « Hue/Saturation/Lightness » ou parfois « Hue/Saturation/Luminance ». Il sera, comme HSV, popularisé en français sous les termes de « Teinte/Saturation/Luminosité » avec quelques exceptions (CorelDraw et AutoCAD, par exemple) qui traduisent le paramètre L par « Luminance » bien que les deux termes n'aient pas exactement le même sens.

On le retrouve actuellement dans les outils de sélection de couleur de Microsoft, CorelDRAW, AutoCAD, Paint Shop Pro, Inkscape

Le W3C a normalisé la description textuelle HSL des couleurs, concuramment avec les autres descriptions de couleur pour les Feuilles de style en cascade et les dessins vectorielsW3C CSS Color Module Level 3, 2011..

Paramètres Teinte, saturation et luminosité décrivent une couleur dans une approche psychologique de cette perception. Ce volume est daté 1946, mais l'auteur mentionne les réunions de 1948, et apporte en 1952 des précisions à cet article ; voir aussi . Les paramètres perceptifs de la description des couleurs sont homologues à des grandeurs de la colorimétrie, sans qu'on puisse toujours passer des uns aux autres par un calcul. + Paramètres de description des couleurs

Usage courant Colorimétrie Psychologie T Ton et teinte, noms et adjectifs de couleur Longueur d'onde dominante Teinte, tonalité ( hue) S Coloration, Pur s'oppose à lavé de blanc ; vivacité : une couleur est vive si elle est à la fois suffisamment lumineuse et pure. Puretés colorimétrique et d'excitation Saturation L lumière Éclat, luminosité, intense s'oppose à faible Luminance LuminanceLuminance, terme préféré par la section américaine de la Commission internationale de l'éclairage, s'est imposé sur Phanie pour les lumières et Leucie pour les objets, proposés en 1940 afin d'avoir des noms différents pour chaque paramètre de la couleur en colorimétrie et en psychologie ( ; ; ). objet Brillance, clarté ; clair s'oppose à foncé ; Facteur de luminance

Les études colorimétriques, c'est-à-dire, qui prennent pour base une mesure physique, cherchent, au-delà de la colorimétrie de base, à rapprocher ces mesures de la perception. La Commission internationale de l'éclairage donne de la teinte (ou tonalité (chromatique), de la chromie ou niveau de coloration, de la saturation et de la chroma des définitions brèves qui s'appliquent aux modèles colorimétriques perceptuelsCommission électrotechnique internationale IEC 60050 Vocabulaire électrotechnique international, section 845 « Éclairage », notices Electropedia 845-02-35 « teinte, tonalité (chromatique), 845-02-40 « chromie, niveau de coloration », 845-02-41 « saturation », 845-02-42 « chroma ».

L'espace colorimétrique CIE LUV, conçu pour la mesure de couleur de lumières, possède une représentation en teinte, saturation, luminosité, dans laquelle ces paramètres se déduisent rigoureusement de l'analyse spectrale colorimétrique trichrome des lumières réfléchies par ces objets. Ce modèle abandonne la linéarité postulée pour la colorimétrie de base, au profit d'une représentation des couleurs plus conforme à leur perception ; voir aussi CIE L*a*b.. Les paramètres des systèmes de description de couleurs informatiques ne permettent pas cette correspondance. Ils s'attachent à créer une représentation utile des couleurs qui n'exige pas une charge de calcul importante. Le profil ICC des terminaux, qu'ils soient écrans ou imprimantes, permet cette conversion. La restriction des paramètres au gamut accessible par les terminaux simplifie substantiellement le problème de la définition des couleurs.

Teinte vignette|Représentation des teintes TSL ou TSV

La teinte est la forme pure d'une couleur en ce qu'elle s'oppose au blanc, au noir et au gris.

Un cercle chromatique permet d'ajouter une quantité à n'importe quelle valeur de teinte, puis, en la soustrayant, de retrouver la valeur d'origine, ce qui serait impossible avec une échelle du minimum au maximumCette propriété est uniquement psychologique et perceptuelle ; il n'y a rien de semblable avec les longueurs d'onde dominantes des lumières qui induisent la perception colorée.. La valeur de la teinte se calcule donc modulo celle du tour (360 degrés d'angle).

Les deux systèmes, TSV et TSL définissent identiquement la couleur. Les positions des couleurs se construisent avec des règles simples : les trois couleurs primaires sont interchangeables dans les formules ; les couleurs complémentaires se trouvent à l'opposé sur le même diamètre (180°) ; les couleurs de l'arc-en-ciel suivent dans le sens des valeurs croissantes. La couleur primaire rouge se trouve au point de teinte 0. Par conséquent le cyan se trouve à un demi-tour (180°). Comme, en synthèse additive, le cyan est fait de parts égales des primaires verte et bleue, celles-ci doivent être disposées symétriquement, au tiers de tour (respectivement 120° et 240°) pour respecter la condition d'interchangeabilité des primaires.

On a ainsi défini les positions des trois primaires et de leurs complémentaires, tous les 60°. Les valeurs des autres couleurs s'obtiennent par interpolation.

L'angle de teinte se trouve à partir des valeurs des primaires (rouge, vert, bleu). Le procédé de calcul s'inspire d'un résultat de la colorimétrie de base, selon lequel toute couleur peut s'obtenir en ajoutant une couleur pure et de la lumière blanche. Dans les systèmes TSL, la lumière blanche (ou grise) a ses trois composantes trichromes égales. On peut donc retirer de chacune des composantes trichromes de la couleur dont on recherche la teinte la plus petite des trois valeurs, sans affecter la teinte. Il reste deux composantes non nulles. La primaire de la plus grande donne l'angle de départ, (0 pour rouge, 120° pour vert ou 240° pour bleu). On obtient le décalage par rapport à cette valeur en multipliant 60° par le rapport entre la plus petite et la plus grande des valeurs restantes. Si en ajoutant 120° à l'angle de départ, on obtient l'angle de la seconde primaire (modulo 360°), on ajoute cette quantité ; dans le cas contraire, on le soustrait, et si l'angle est inférieur à 0, on ajoute 360°.

Les deux systèmes, TSL et TSV suivent les mêmes règles pour déterminer la teinte. Celle-ci n'a pas de rapport avec une grandeur colorimétrique, mais exige peu de calculs, et donne une représentation suffisamment familière pour l'utilisateur.

Saturation

vignette|right|Saturées maximale (= 1) en haut, minimale (= 0) en bas En théorie de la perception des couleurs, la chromaticité chroma, défini par Albert Henry Munsell, est l'intensité de la coloration, en ce qu'elle se distingue du gris, dit aussi achromatique.

Une couleur vive a une luminosité moyenne ou forte, et une chromaticité élevée. Une couleur pâle a une luminosité moyenne ou forte, et une chromaticité faible.