ou La Femme des dunes est un film japonais réalisé par Hiroshi Teshigahara et sorti en 1964. Il est adapté du roman éponyme de Kōbō Abe (1962), dont l'auteur signe lui-même le scénario.
Synopsis vignette|Kyōko Kishida, actrice et doubleuse. Dans La Femme des sables, elle joue le rôle de la femme. L'entomologiste amateur Junpei Niki se rend dans une région côtière pour y chercher des insectes spécifiques en bordure de mer. Il rate le dernier bus pour le retour en ville et on lui propose le gîte pour la nuit à proximité. On l'amène à la maison d'une jeune femme, vivant seule depuis que son mari et sa fille ont été ensevelis par une tempête de sable. Sa maison se trouve dans une fosse de sable au fond de laquelle Niki descend par une échelle de corde.
Cette simple et humble femme est chargée par les villageois de déblayer le sable, qu'on revend comme matériau de construction illégalement. Mais enlever du sable sert également à protéger la maison et le village des dunes mouvantes.
Le lendemain Niki, voulant se mettre en route vers sa ville, constate que les villageois ont enlevé l'échelle de corde. Il est prisonnier des villageois et ne peut plus partir puisque la maison est aussi entourée par des dunes de sable mouvant dans lesquelles, s'il essayait de fuir, il périrait. Les villageois le contraignent à rester auprès de la femme pour l'aider à déblayer le sable.
Se révoltant, Niki entreprend plusieurs essais de fuite mais il ne réussit pas. Il est obligé de reconnaître que lui et la femme dépendent de l'approvisionnement des villageois. Finalement il se résigne et accepte son sort.
La femme, elle, contrairement à Niki, n'a pas d'aspirations particulières. Ils se rapprochent peu à peu et finissent par une liaison amoureuse. Aspirant toujours à revoir le monde extérieur, Niki demande aux villageois l'autorisation de sortir voir la mer. Massés au bord de la fosse, masqués et grimés, torches et tambours à la main, ceux-ci le lui accordent à condition qu'il s'unisse à la femme devant eux, en spectacle. Poussé par la foule, Niki tente alors de la forcer, mais elle le repousse.
Lorsque la femme, enceinte, est prise de violentes douleurs, les villageois l'emmènent en urgence chez un médecin, oubliant de retirer l'échelle de corde. Mais alors qu'il pourrait s'enfuir, Niki choisit de rester : il veut d'abord montrer aux villageois son dispositif de captation d'eau, et remet l'évasion à plus tard.
Le dernier plan du film montre un avis de déclaration de disparition émis par le tribunal des affaires familiales de Tokyo, constatant que Junpei Niki est porté disparu depuis plus de sept ans.
Fiche technique Ces informations proviennent du générique du filmLe générique est écrit en trois langues : japonais, anglais et français., de la base IMDb, de la fiche Wikipédia japonaise et des bases de données japonaises NFAJ et EIREN Titre français : La Femme des sables Titres alternatifs : La Femme des dunes ; La Femme du sable Titre original : Titres anglais : Woman in the Dunes, ou Woman of the Dunes Réalisation : Hiroshi Teshigahara Scénario : Kōbō Abe d'après son livre (Prix du Yomiuri en 1962) Musique : Tōru Takemitsu Photographie : Hiroshi Segawa Lumière : Mitsuo Kume Son : Ichirō Katō, Effets sonores : Keiji Mori Montage : Fusako Shuzui Direction artistique : Tōtetsu Hirakawa et Masao Yamazaki Design (générique/graphisme) : Photos de plateau : Production : et Tadashi Ōno Direction de la production : Iwao Yoshida Sociétés de production : Tōhō et Teshigahara Productions Pays de production : Langue originale : japonais Format : noir et blanc — 1,37:1 — format 35 mm — son mono Genre : Drame Durées : 123 minutes (115 minutes selon Sadoul)Dans son Dictionnaire des films, Georges Sadoul indique une durée de 115 minutes. 147 minutes. (métrage : 14 bobines - ) (version originale) Dates de sortie : Japon : ., (sortie nationale) France : (festival de Cannes) - (sortie en salles.) États-Unis : .
Distribution Eiji Okada : Junpei Niki, professeur et entomologiste amateur Kyōko Kishida : la femme Kōji Mitsui : l’ancien du village : un villageois Ginzō Sekiguchi : un villageois : un villageois : un villageois Hideo Kanze : un villageois Hiroko Itō : une femme du passé de Niki, entrevue en surimpression au début du film (rôle non précisé au générique ; « épouse » selon IMDb) Tamotsu Tamura
Réception
Analyse Dans son recueil d'essais, Fenêtres sur le Japon, l'écrivain Éric Faye explique que le film dépasse la simple variation japonaise sur le théâtre de l'absurde pour offrir une fable ouverte à plusieurs lectures. Si Hiroshi Teshigahara a tourné parmi les dunes (Notes sur le lieu de tournage à Omaezaki) Le film a été tourné aux dunes de Hamaoka, à Omaezaki (préfecture de Shizuoka), la région de Sakata (préfecture de Yamagata) ayant seulement inspiré le roman. De nombreuses sources anglophones — et l'écrivain Éric Faye — situent par erreur le tournage aux dunes de Tottori, vraisemblablement par confusion avec la région d'origine du roman., les maisons au fond des entonnoirs de sable relèvent de l'invention de Kōbō Abe. Faye lit d'abord dans la communauté villageoise une image du noyau familial et de l'institution du ie, qu'on ne quitte pas et dont on respecte les règles « carcérales », rapprochant le hameau des Quatre Sœurs de Jun'ichirō Tanizaki. La lutte incessante pour écoper le sable y renvoie à un Japon perpétuellement assailli par les calamités naturelles, chaque habitation devenant, à la manière des jardins zen, une île dans un océan de sable que seule la solidarité maintient à flot. Au-delà, Faye propose une portée métaphorique : la surveillance omniprésente — les villageois prennent d'abord l'entomologiste pour un revizor, un inspecteur de la préfecture venu leur nuire — évoque les comités de quartier du temps de guerre, et le refus de tout départ ferait du hameau le reflet miniaturisé de l'histoire récente de l'archipel ; il y voit la résistance d'un Japon refusant d'être « colonisé » par l'inspecteur de la préfecture, c'est-à-dire l'Occident, du repli du sakoku (1630-1853) jusqu'au sentiment d'insularité contemporain, tout en soulignant qu'il ne s'agit là que d'une interprétation parmi d'autres.
Le critique Łukasz Mańkowski relève une parenté visuelle entre La Femme des sables et Hiroshima mon amour (1959) d'Alain Resnais, où jouait déjà Eiji Okada. L'image granuleuse du sable, captée en gros plans par Hiroshi Segawa, attire selon lui l'attention sur la chair et les textures : les dunes sont présentées comme un « paysage de corps », le sable adhérant à la peau couverte de sueur. Ces plans rappelleraient les corps enlacés du prologue de Resnais, où le grain de l'image était juxtaposé à la rugosité d'une cicatrice chéloïde. Pour Mańkowski, la juxtaposition du sable et de la peau, des dunes et des corps, obtenue par de multiples surimpressions, constitue une projection visuelle délibérée. Il précise toutefois que le film ne porte pas sur le traumatisme nucléaire : le rapprochement souligne seulement l'inséparabilité, dans le contexte japonais, de certaines allégories visuelles — le grain du sable ou de la peau, le corps stigmatisé — et de la question de l'irreprésentable, dont relève l'expérience des hibakusha.
Le générique, conçu par le graphiste (crédité au « design »), accompagne chaque nom de l'équipe de l'empreinte de son sceau personnel (hanko) et de motifs d'empreintes digitales. Le hanko, cachet gravé du nom qui tient lieu de signature sur les documents officiels au Japon, n'est employé par les gens du commun que depuis la fin du XIX siècle. Selon le critique Christopher Weedman, l'association de l'empreinte digitale et des sceaux administratifs annonce l'un des thèmes du film, le conflit entre l'identité individuelle et la société.
Postérité Le film est édité en DVD par The Criterion Collection en 2007, au sein du coffret Three Films by Hiroshi Teshigahara, puis fait l'objet d'une restauration en haute définition éditée en Blu-ray par le même éditeur en 2016.
Distinctions
Récompenses 1964 : prix du jury au festival de Cannes 1965 : prix Blue Ribbon du meilleur film et du meilleur réalisateur pour Hiroshi Teshigahara. 1965 : prix Mainichi du meilleur film et du meilleur réalisateur pour Hiroshi Teshigahara, de la meilleure direction artistique pour Tōtetsu Hirakawa et Masao Yamazaki ainsi que la meilleure musique pour Tōru Takemitsu. 1965 : prix Kinema Junpō du meilleur film et du meilleur réalisateur pour Hiroshi Teshigahara. 1967 : Grand prix de l'Union de la critique de cinéma
Sélections 1964 : Palme d'or au festival de Cannes. 1965 : Oscar du meilleur film en langue étrangère. 1966 : Oscar du meilleur réalisateur.
Notes et références
Annexes Vidéographie
Articles connexes Liste des longs métrages japonais proposés à l'Oscar du meilleur film en langue étrangère
Liens externes
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