Laéroport de Lyon-Saint-Exupéry , jusqu'en 2000 dénommé Lyon-Satolas, est un aéroport international français situé sur le territoire des communes de Colombier-Saugnieu, Pusignan, Janneyrias, Saint-Laurent-de-Mure et Villette-d'Anthon à à l'est de Lyon, dans les départements du Rhône et de l'Isère.
Avec en 2025, il se classe comme le cinquième aéroport français derrière ceux de Paris-Charles-de-Gaulle, Paris-Orly, Nice-Côte d'Azur et Marseille-Provence. Sa gestion est assurée par la société Aéroports de Lyon.
En 2019, il est désigné par le conseil international des aéroports meilleur aéroport européen de l'année parmi ceux accueillant de 10 à 25 millions de passagers par an.
Géographie
L'aéroport s'étend sur , dont de réserves foncières. Il est situé dans les communes de Colombier-Saugnieu (majoritairement), Pusignan, Genas, Villette-d'Anthon et Saint-Laurent-de-Mure. L'aéroport profite de la situation de la région lyonnaise, carrefour historique entre les vallées du Rhône et de la Saône, et de sa proximité avec la Suisse et l'Italie.
Histoire
vignette|redresse=0.5|Affiche publicitaire des années 1980 pour le vol Air France Lyon - New-York. vignette|redresse=0.5|Aéroport de Lyon, vue de nuit (2024). vignette|Avions à l'arrêt sur le tarmac de l'aéroport de Lyon-Saint-Exupéry. La décision de construire un nouvel aéroport est prise à la fin des années 1960., afin de pallier la saturation progressive de l'aéroport de Lyon-Bron. En effet, celui-ci, situé en milieu urbain, ne possédait pas de possibilité d'extension et ses pistes trop courtes étaient inadaptées à l'accueil de vols long-courrier. Par ailleurs, la Chambre de commerce et d'industrie de Lyon souhaitait doter la région Rhône-Alpes d'un aéroport à la mesure de son développement et de ses ambitions internationales.
À cet effet, des études préliminaires sont entreprises dès 1965 pour rechercher un site capable d'accueillir ce futur aéroport, alors même que sa réalisation n'est pas encore décidée. L'emplacement doit répondre à plusieurs critères : la proximité des grandes villes régionales, une faible urbanisation de la zone et de bonnes caractéristiques aéronautiques. La plaine de l'est lyonnais est rapidement retenue, qui répond à tous ces critères.
Le nouvel aéroport est conçu par Guillaume Gillet, assisté des architectes Christian Drevet et Guy Tetard. Sa construction dure quatre ans et n’enregistre aucun retard ni dépassement de budget. Il est inauguré le par le président de la République Valéry Giscard d'Estaing, le préfet de région Pierre Doueil et le président de la CCI de Lyon, Fernand Blanc. Les activités de l'aéroport de Lyon-Bron y sont transférées dans la nuit du au et l'aéroport accueille ce même jour son premier vol commercial, un Mercure de la compagnie Air Inter en provenance de Paris.
À l'origine, l'aéroport ne comporte qu'une seule piste longue de et deux terminaux. La capacité de traitement est alors de de passagers par an. Face à la croissance régulière de la fréquentation, un programme d'investissement est lancé en 1989 visant à doubler les capacités de l'aéroport. À cet effet, une nouvelle piste, longue de , entre en service en afin d'écouler les pointes de trafic.
En 1994 est inaugurée la gare TGV. Œuvre de l'architecte et ingénieur espagnol Santiago Calatrava, son architecture audacieuse et visible plusieurs kilomètres à la ronde évoque pour certains un oiseau prenant son envol. Vue du ciel, la nouvelle configuration de l'aéroport (terminaux, parkings et gare) évoque une tête d'oiseau.
Le , Air France ouvre un hub euro-régional, véritable plateforme de correspondances aériennes. À cette occasion, les terminaux sont réorganisés.
Le , l’aéroport est renommé Lyon-Saint-Exupéry, à l'occasion du centième anniversaire de la naissance d’Antoine de Saint-Exupéry, né à LyonSix jours avant le changement de nom de l’aéroport, plusieurs expositions consacrées à la mémoire d'Antoine de Saint-Exupéry furent inaugurées à Lyon par Jean-Jack Queyranne, figure politique locale et alors secrétaire d'État chargé de l'Outre-mer. Bertrand Piccard, auteur du premier tour du monde en ballon, était également présent ainsi que le pilote de chasse Hervé de Saint-Exupéry. Le jour de la cérémonie, le , ce dernier survola l’aéroport aux commandes d’un Mirage 2000 en compagnie de la Patrouille de France (La Provence du )..
En 2005, un rapport commandé par le gouvernement au groupe de travail des Conseillers au commerce extérieur (CCE) critique violemment la gestion de l'aéroport, pointant du doigt son retard de développement par rapport à d'autres aéroports européens de taille comparable, le manque de compagnies régulières et à bas prix, l'insuffisance de la desserte ferroviaire (pas de TER allant jusqu'à l'aéroport) et de la signalisation routière, des dysfonctionnements internes (notamment la livraison des bagages au terminal 2), et un manque flagrant de cohérence de la politique commerciale de la plate-forme. Les conseillers accusent très clairement le directeur de l'aéroport d'alors, remercié quelques mois plus tardLe Progrès du vendredi .
vignette|Salles d'embarquement.
À la suite de ce rapport et du vote d'une nouvelle loi sur la gestion des aéroports français, la société Aéroports de Lyon, destinée à gérer les deux aéroports lyonnais et attirer des capitaux privés dans leur gestion est créée le . La concession est cédée par la CCIL le , et la société est officiellement lancée le . À cette occasion, la concession de l'aéroport est renouvelée jusqu'en 2047.
En 2009, Aéroports de Lyon a investi d'euros pour la rénovation et l'agrandissement du terminal 1. Outre le remplacement du carrelage par de la moquette, le changement des couleurs, l'amélioration de la luminosité et de la circulation au sein de l'aérogare, ainsi que l'installation de sièges supplémentaires, la capacité du terminal a été augmentée de pour être portée à trois millions de passagers par an. De nouveaux commerces se sont en outre installés. Les travaux se sont terminés le ..
Le , l'aéroport a pour la première fois de son histoire franchi le cap des huit millions de passagers..
Afin d'accueillir la hausse attendue du trafic, des projets d'extension de l'aéroport sont lancés depuis 2011, avec notamment l'agrandissement du terminal 1, par la construction d'une extension au sud de l'aérogare actuelle. Elle est conçue par le cabinet d'architectes Rogers Stirk Harbour + Partners, groupé avec l'entreprise GFC du groupe Bouygues. Les travaux de ce terminal de ont débuté à l'été 2014, pour un coût de d'euros. La première tranche a été livrée en . Le est inauguré le nouveau terminal 1B.
À partir de 2013/2014, les terminaux 1 et 2 sont réhabilités et l'ensemble rouvre en 2020..
Le , l'aéroport devient le quatrième aéroport français à franchir le cap symbolique des dix millions de passagers..
En 2019, un nouveau parking aérien est construit à la place de l'ancien parking P3, pour une capacité de au lieu de 300. Ce nouveau bâtiment est achevé en .
En , le terminal 2 est fermé pour rénovation, les compagnies y opérant étant transférées dans le terminal 1.. Le hub régional d'Air France est pour l'occasion relocalisé dans le satellite D, initialement dédié aux vols low-cost. La réouverture du terminal 2, prévue en , a bien eu lieu à cette date..
Gestion
À son ouverture en 1975, la gestion de l'aéroport est confiée à la Chambre de Commerce et d'Industrie de Lyon (CCIL), qui gère également celui de Lyon-Bron. La durée de la concession est fixée à , soit jusqu'en 1990. Cette concession a été renouvelée à plusieurs reprises, la dernière fois le pour une durée de dix ans.
Le , une nouvelle loi sur la gestion des principaux aéroports français est promulguée. Parue au Journal officiel le , elle prévoit la mise en place d'un nouveau régime de gestion des aéroports : ces derniers restent dans la compétence de l'État mais leur gestion est confiée à une société d'exploitation aéroportuaire.
À ce titre, la SASU Aéroports de Lyon est créée le . Le , la CCIL cède sa concession de l'aéroport à la SASU. Quatre jours plus tard, le , la société Aéroports de Lyon est officiellement lancée et la concession renouvelée pour quarante ans, jusqu'en 2047. Elle est destinée à gérer les deux aéroports lyonnais (Lyon-Bron et Lyon-Saint-Exupéry). Son capital est réparti entre l'État (60 %), la CCIL (25 %) et les trois collectivités territoriales à parts égales (5 % chacune ; Métropole de Lyon, le conseil départemental du Rhône et le conseil régional de Rhône-Alpes).
Le capital détenu par l'État pourra être progressivement cédé aux entreprises publiques ou privées à partir de 2013. En , un décret officialise la privatisation de l'aéroport de Lyon et la vente de la participation de 60 % de l'État à un consortium composé de Vinci, Predica et de la Caisse des dépôts et consignations pour d'eurosAéroports de Nice et Lyon : privatisation bouclée, Le Figaro, 30 octobre 2016..
Infrastructures et équipements vignette|La gare TGV est desservie par des trains TGV et Ouigo. L'aéroport est équipé de : Deux pistes parallèles équipées de l'ILS de catégorie III : Piste A, d'origine, × , orientation 17R/35L, utilisée préférentiellement pour les décollages ; Piste B, mise en service en , × , orientation 17L/35R, utilisée préférentiellement pour les atterrissages. Deux terminaux équipésAéroport de Lyon-Saint Exupéry, sur le site aeroport.fr de 22 passerelles télescopiques d'embarquement direct et 80 postes hors passerelles : Terminal 1 et son satellite (ancien Terminal 3 ouvert en 2011) dédié aux compagnies à bas prix, notamment EasyJet, ouvert en totalité fin 2017 ; Terminal 2 et sa jetée dédiée au hub d'Air France. Six parkings, quatre dépose-minute et deux petites zones d'attente (avant l'aéroport et gratuites) d'une capacité totale d'environ . Les parkings les plus éloignés sont reliés aux terminaux par un service de navettes gratuites. Ces navettes fonctionnent 24h/24 (toutes les 10 à de 4 h 15 à 23 h 15, toutes les de 23 h 15 à 4 h 15). Zone d'attente Nord : en arrivant par Pusignan : 17 places gratuites à 6 minutes du Terminal 1 et 8 minutes du Terminal 2 en voiture. Zone d'attente Sud : en arrivant par A43/A432 et Saint-Laurent-de-Mure : 24 places gratuites à 4 minutes du Terminal 1 et 6 minutes du Terminal 2 en voiture. Parking minute - Gare TGV (autocars de tourisme) : , 5 min à pied du Terminal 1 et 5 min à pied du Terminal 2. Parking minute A - Terminal 1 : , au pied du Terminal 1 et 6 min à pied du Terminal 2. Parking minute B - Terminal 1 : , au pied du Terminal 1 et 6 min à pied du Terminal 2. Parking minute - Terminal 2 : , 10 min à pied du Terminal 1 et au pied du Terminal 2. P0 : couvertes, 8 min à pied du Terminal 1 et 2 min à pied du Terminal 2. P1 : couvertes, 8 min à pied du Terminal 1 et 4 min à pied du Terminal 2. P2 : , 10 min à pied du Terminal 1 et 2 min à pied du Terminal 2. P3 : + pour les véhicules électriques, 3 min à pied du Terminal 1 et 7 min à pied du Terminal 2. P4 : + pour les véhicules électriques, 10 min à pied des Terminaux 1 et 2. P5 : , 8 min avec la navette du Terminal 1 et 11 min avec la navette du Terminal 2. D'une gare routière de seize quais le long du Terminal 1 pour les navettes parkings/loueurs, pour les lignes Cars TCL (Bus 47 - Meyzieu ZI - Aéroport Saint-Exupéry - Saint-Laurent-de-Mure Maréchal Juin et Bus 48 - Genas Bornicat - Aéroport Saint-Exupéry) et ensuite pour les lignes de cars privées Blablabus, Flixbus ainsi que durant la saison hivernale pour Altigliss et BenBus. Les cars de tourisme sont autorisés uniquement dans le parking minute de la gare TGV. Les transferts des charters hivernaux du samedi et dimanche se font devant le nouveau Terminal 1 ou à côté des parkings P0/P1. Devant le Terminal 2 ne passent que les navettes parkings/loueurs. Des parkings privés situés à proximité de l'aéroport.