La médaille miraculeuse, aussi connue comme médaille de Notre-Dame des Grâces, est le nom que la piété populaire catholique a donné à une médaille créée à la suite d'apparitions mariales qui auraient eu lieu en 1830 rue du Bac, à Paris. C'est là qu'une novice du couvent des Sœurs de Saint Vincent de Paul nommée Catherine Labouré raconta à son confesseur avoir vu la Vierge Marie. Cette médaille fut frappée à la demande qu'aurait exprimée Marie au cours de sa deuxième apparition, le , comme un témoignage d'amour, gage de protection et source de grâce.

Cette médaille, diffusée pour la première fois en 1832, en pleine épidémie de choléra à Paris et dans le reste de l'Europe, connait un succès immédiat : en quelques années, plusieurs millions d'exemplaires sont diffusés dans le monde. Très vite des « miracles » sont rapportés et attribués à cette médaille. L'un des plus retentissants, et qui sera reconnu par l'Église catholique après un procès canonique, est la conversion d'un Juif, Alphonse Ratisbonne, en 1842.

Aujourd'hui encore, la « médaille miraculeuse » fait toujours l'objet d'une dévotion active, et elle est diffusée à plusieurs millions d'exemplaires chaque année.

Origine et histoire Le nom de lui a été attribué parce que l'origine de cette médaille était . Dès le début de sa diffusion, il a été dit que la médaille avait été frappée d'après le dessin et le modèle vu par une religieuse anonyme, dans une vision. C'est pour cela que l'origine de la médaille était considérée comme et que la médaille prit ce nom. Par la suite, très vite, des porteurs de la médaille attribuèrent à cette médaille, et à la Vierge Marie, l'origine de ou de , souvent résumés sous le terme de ..

Apparitions mariales thumb|Azulejos représentant les 2 premières apparitions, Sanctuaire Notre-Dame de la Paix, à Ponte da Barca (Portugal).

Catherine Labouré, jeune fille de la campagne, rentre chez les Filles de la charité en et elle est envoyée en avril de la même année au couvent installé rue du Bac à Paris, pour y faire son noviciat. Elle raconte avoir une première apparition de la Vierge le , lui annonçant qu'elle aurait . Le , lors d'une autre vision, la Vierge lui montre l'avers et le revers d'une médaille à faire frapper et diffuser, assurant que les . Une nouvelle vision en l'encourage à insister auprès de son confesseur pour faire frapper cette médaille..

Premières médailles thumb|150px|Vue deux faces de la . La jeune religieuse Catherine Labouré, toujours en phase de noviciat, parle de ses visions et de la à son directeur spirituel le père Aladel. Mais celui-ci se montre très hostile aux déclarations de cette novice. Catherine prononce ses vœux annuels en , et elle part à l'hospice d'Enghien. La jeune religieuse insiste auprès du prêtre qui, réticent, consulte le Supérieur de la congrégation et ils décident de porter l'affaire à l'archevêque de Paris, de Quélen, sans lui révéler l'identité de Catherine. L'évêque n'émet pas d'objection et déclare : . Mais l'archevêque se montre prudent sur la de la religieuse à l'origine de la médaille, et demande que celle-ci ne soit pas divulguée, concluant ..

Les premières médailles sont frappées en , et aussitôt diffusées. Paris est alors victime d'une épidémie de choléra, partie de Moscou et qui frappe la capitale au printemps 1832L'épidémie fera à Paris.. Les Sœurs de la Charité (dont fait partie Catherine Labouré), qui œuvrent au service des victimes de l'épidémie contribuent à la diffusion de la médaille. Certains rapportent des cas de . Cette médaille devient extrêmement populaire.; elle se répand dans toute la France et dans le monde à très grande vitesse : en sept ans, plus de 10 millionsUne autre source donne le chiffre de 8 millions de médailles en deux ans. Voir . de médailles sont frappées et répandues dans le monde entier.

En février 1834, cette médaille est déjà dite , sans qu’aucun lien ne soit encore fait avec Catherine Labouré et les visions mariales dont elle aurait été gratifiéeLe récit de l'apparition se répand assez vite, mais l'identité de la voyante restera secrète quasiment jusqu'à sa mort.. La médaille, communément appelée , doit ce titre .. Une brochure publiée le (intitulée Notice historique sur l'origine et les effets d'une nouvelle médaille en l'honneur de l'Immaculée Conception de la Très Sainte Vierge Marie, généralement connue sous le nom de la Médaille miraculeuse) est très vite diffusée à plusieurs dizaines de milliers d'exemplaires. Cette brochure indique que la médaille a été réalisée d'après les indications d'une religieuse qui avait eu une , mais sans donner son nom ni d'éléments permettant de l'identifier..

Diffusion et succès La diffusion de la médaille est très rapide : en 1834, plus de , en sept ans plus de 10 millions de médailles sont frappées et répandues dans le monde entier, en 1876, le cap du milliard de médailles diffusées est dépassé.

Une enquête canonique approfondie est faite en 1836. L'archevêque de Paris demande à interroger personnellement la visionnaire, mais le père Aladel (son confesseur) refuse et tient tête à de Quélen, préservant ainsi l'anonymat de la voyante. Dans ses conclusions (le ), on lit que .

Au , la diffusion de la connaît une nouvelle impulsion grâce à saint Maximilien-Marie Kolbe et aux mouvements qu’il suscite, ou qui se sont inspirés de son apostolat marial. De fait, ce jeune religieux des Tiers Mineurs Conventuels choisit la « médaille miraculeuse » comme le signe distinctif pour les membres de la Mission de l’Immaculée qu’il fonde à Rome en 1917.

Aujourd'hui encore, il se vend chaque année 4 millions de médailles dans la seule chapelle de la Rue du Bac..

Drapeau européen thumb|right|upright=0.8|Le drapeau européen, Arsène Heitz, a choisi les douze étoiles en invoquant le même symbole biblique que la Médaille L'auteur du dessin du drapeau européen, Arsène Heitz revendique lui-même, en 1987, son rôle dans la conception de la maquette du drapeau ainsi que dans l’inspiration religieuse de son dessin. Il affirme en effet que . Le fonctionnaire du Conseil de l’Europe, en a déclaré ...

Description de la médaille thumb|Statue de la Vierge portant le globe, dans la chapelle de la Rue du Bac. La forme de la médaille est ovale.

La description initiale de Vierge pour la médaille, donnée par Catherine Labouré, était légèrement différente : la Vierge portait un globe doré surmonté d'une croix, que l'on ne retrouve pas dans l'iconographie de la médaille.. Dans sa vision, le mouvement de la Vierge consistant à incliner les mains vers le bas, était un second mouvement, et une seconde position. C'est celle qui a été retenue pour la réalisation de la médaille.. La statue de la Vierge au globe a été réalisée et installée dans la chapelle de la rue du Bac des années plus tard.. Quand une religieuse de la congrégation, sœur Dufès, évoquera la différence entre la vision de la Vierge au globe, et la représentation sur la médaille, en interrogeant la visionnaire sur la question de , Catherine répondra fermement . La représentation du visuel de la médaille est donc restée inchangée et conforme à la dernière vision de la religieuse en décembre, et tel que le père Aladèle l'avait retranscrit en 1832. Un frère franciscain américain a néanmoins fait tirer quelques médailles de la Les sources bibliographiques ne donnent aucun détail sur la date de tirage de ces médailles, ni de leur succès de diffusion..

Iconographie de l’avers thumb|gauche|150px|Vue de l'avers de la médaille, dans une église de Muntinlupa (Philippines). La Vierge Marie est représentée en pied, les bras légèrement détachés du corps et les mains ouvertes, étendues vers la terre, en geste d’ouverture et de don. Le serpent, sous les pieds de Marie, est écrasé. Cela évoque l’image de la Genèse (): . Dans la lutte entre le bien et le mal (symbolisé par le serpent) Marie vient à notre aide. Les rayons de lumière symbolisent les grâces qui sont obtenues par l’intercessionL'intercession de Marie signifie que c'est la Vierge Marie elle-même qui intercède auprès de Dieu (càd qui prie) pour obtenir les grâces que nous lui demandons, afin que Dieu les accorde. de la Vierge Marie. La prière circule le long du bord de la médaille, entourant la Vierge Marie. évoque le dogme marial de , proclamé en 1854 par le pape, et que l'on retrouve lors des apparitions de Lourdes en 1858 : .. Cette prière est l’invocation suggérée pour en obtenir la grâce souhaitée. 1830 est l’année des trois apparitions successives de la Vierge Marie à Catherine Labouré.

Iconographie du revers thumb|150px|Revers de la médaille. Les éléments du revers sont les suivants : Au centre, la lettre « M » pour Marie. La lettre entrelace une barre transversale qui soutient le pied de la Croix. Ce « M » entrelacé avec la croix de Jésus rappelle le lien indéfectible qui les unit. Les douze étoiles. symbolisent les douze tribus d'Israël et les douze apôtres. Marie se trouve au cœur du peuple d’Israël et de l’Église. Nous retrouvons ces 12 étoiles dans un passage du livre de l'Apocalypse avec la Femme de l'Apocalypse (). Le cœur encerclé d’une couronne d’épines est le cœur de Jésus (Sacré-Cœur). Jésus a révélé à Marguerite-Marie Alacoque le cœur du Christ, symbole de son amour infini et sans limite.. Le cœur transpercé par une épée est le cœur immaculé de Marie, inséparable de celui de Jésus, Nous retrouvons cette image du coeur transpercé par une épée dans la prophétie de Syméon (). Même aux moments les plus tragiques de la passion et la mort du Christ, Marie était là, partageant sa souffrance. La barre et la Croix symbolisent l’épreuve. La célébration eucharistique, dans la vie chrétienne, actualise le sacrifice de la Crucifixion.

Vénération et grâces thumb|right|upright=1.0|La médaille érigée en statue à Coltons Point, dans le Maryland (États-Unis) , le , la fête de l’Immaculée Conception est autorisée dans le diocèse de Paris, et l’invocation, est introduite dans les litanies de la Vierge. En 1842, Alphonse Ratisbonne, juif, frère de Théodore précédemment converti en 1827 (vicaire à l'époque), et fils de banquier strasbourgeois , porte la médaille sur lui, lorsqu’il visite la basilique Sant'Andrea delle Fratte, à Rome. Il a une vision de la Vierge Marie et se convertit au catholicisme.. En 1878, une congrégation religieuse féminine, consacrée au soin des malades et des moribonds, est fondée en Slovénie: ce sont les Sœurs de Marie de la Médaille miraculeuse. En 1894, la Congrégation des rites autorise l’instauration de la fête liturgique de l'apparition de la médaille miraculeuse, célébrée le .. Plusieurs églises ou chapelles dans le monde sont consacrées à Notre-Dame de la médaille miraculeuse. Ainsi à Paris, à Hamrun (Malte), à Ridgewood (New-York), à Toronto. Il en existe également un monument dans le MarylandVoir pour cela le chapitre Notoriété dans le monde..

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Articles connexes Apparitions mariales de la rue du Bac Catherine Labouré Chapelle de Notre-Dame-de-la-Médaille-miraculeuse Notre-Dame de la Médaille-miraculeuse

Liens externes

de la chapelle de la Médaille miraculeuse. de l'Association de la Médaille miraculeuse en France.

Bibliographie . . . . . . . .

Films Vidéo : La Médaille Miraculeuse : la Chapelle de la Rue du Bac, film de Michel Carrier, 2006.

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