La Banque postale est une banque publique française née le , filiale à 100 % du groupe La Poste dont elle a repris les services financiers. Son réseau de distribution s'appuie sur les quelque sept mille bureaux de poste répartis sur le territoire.
Elle est la succession transformée des anciens CCP (centre de chèques postaux, gérant les comptes courants postaux) qui avaient été créés par la loi du , sous l'autorité d'Étienne Clémentel, alors ministre des Postes et Télégraphes depuis et qui le restera jusqu'en .
Initialement banque de particuliers (environ onze millions de clients en 2020) et connue pour les obligations qui lui sont faites d'assurer un service bancaire de base à tous (droit au compte et produit d'épargne), elle s'est diversifiée aussi bien en termes de clientèle qu'en termes de produits, avec un développement de la gamme de ses prêts et l'ouverture d'une activité de gestion d'actifs (« »).
Histoire
Les origines
En 1477, les premiers relais de poste sont créés par Louis XI mais ils ne s’occupent alors que du courrier royal. Un siècle plus tard, en 1576, sont créés les offices de messagers royauxLECOUTURIER Y., Histoire de la Poste en France, Paris, Ouest-France, 128 pages. Spécialisés dans le transport de documents administratifs et juridiques, ils sont toutefois autorisés à prendre les lettres de particuliers. À la fin du , les premiers bureaux de poste sont installés et en 1707 , on en compte alors près de 800, puis en 1789Ibid. .
1817-1945 vignette|Façade de l'agence postale à Château-l'Évêque. En 1817, l’arrêté du interdit le transfert matériel des espèces par voie postale à cause de problèmes récurrents d’insécurité. Le transfert de fonds est remplacé par des mouvements comptables : le mandat postalCHARBON P., Quelle belle invention que la poste ! , coll. « Découvertes Gallimard/Sciences et techniques » (), Paris, Gallimard, 1991, 144 pages. En échange d’un dépôt d’espèces dans un bureau de poste, l’expéditeur reçoit une reconnaissance qu’il envoie par courrier au bénéficiaire pour que ce dernier puisse retirer à son tour un montant équivalent. Ce système connaît un immense succès au , notamment après l’arrivée du télégraphe électrique (utilisant l'alphabet type Morse) dans les années 1860. Le mandat peut alors être payé le jour de son émissionSF Mag, hors série, « Les services financiers de la Poste de 1817 à nos jours », 2004, .
Parallèlement au développement du mandat, le réseau postal est autorisé dès 1835 à collecter l’épargne populaire pour les cinquante-neuf Caisses d'épargne et de prévoyance (CEP), structures de droit privé reconnues d’utilité publique, dont la première a été fondée à Paris en 1818 par Ferdinand Delessert. L’État souhaite aider une clientèle modeste à se constituer une épargne par le jeu de dépôts successifs et l’accumulation d’intérêts annuels peu élevés (inférieurs à 3 %) exonérés d’impôtDUET D., Les Caisses d’Epargne, Paris, PUF, 1991, 127 p..
C'est en 1875 que les bureaux de poste sont autorisés à proposer des produits d'épargne.
Puis, le , la Caisse nationale d’épargne (CNE) est créée. Placée sous l’autorité de l’administration des Postes, celle-ci assure la gestion administrative et la collecte, dans tous les bureaux postauxOGER B., Histoire de la Caisse nationale d’épargne, une institution au service du public et de l’État, Paris, L’Harmattan, 2006, 327 p.. Les bureaux de poste ne collectent plus désormais de l'argent pour le réseau des CEP et la collecte est faite uniquement pour la Caisse nationale d'épargne.
Le livret national d’épargne remporte rapidement un grand succès dans les campagnes, et ce, grâce à la mobilisation du personnel des Postes (facteurs, receveurs des postes)Ibid., . Ces derniers sont rétribués selon les montants recueillis ou au nombre de nouveaux livrets ouverts. Dès 1882, les services de la Caisse nationale d’épargne sont étendus en dehors du territoire métropolitain, dans les colonies et protectorats. En 1900, trois millions de livrets de la CNE sont en circulation, et plus de six millions dix ans plus tardSF Mag, hors série, op.cit., .
Par la loi du , le ministère des Postes et des Télégraphes crée un système particulier de chèque dit « compte courant postal » qui est géré par des centres régionaux de gestion en nombre restreint (trois en 1918 puis onze sur toute la France) que sont les centres de chèques postaux. Le compte courant postal n'est pas équivalent à un compte de chèque bancaire, car il ne permet aucun découvert et aucun prêt, par exemple. Il est possible dans chaque bureau de poste de déposer de l'argent et d'en demander, avec une carte de retrait « papier » et sur présentation d’un chéquier. L’encaissement des chèques est fait à distance, en envoyant le chèque avec une enveloppe avec franchise postale, au centre de chèques postaux qui gère le compte détenu par un particulier, par une administration ou par une société. Le chèque postal est toutefois accepté par tous les acteurs économiques. Le premier centre à être créé est celui de Paris et compte à la fin de 1918 environ soixante mille comptes individuels.
1945-1980 Avec la loi du , le chèque postal devient payable à vue, ce qui en fait un instrument de paiement égal au chèque bancaire. En 1959, la Caisse nationale de prévoyance est créée et s’associe avec La Poste pour diffuser sa gamme de produits d’assurance. Puis, en 1967, les services financiers de La Poste créent leur première société d'investissement à capital variable (Sicav)Ibid., .
Dans les années 1960-1970, l’assouplissement des règles en vigueur dans le secteur bancaire entraîne le développement de la concurrence. Pour consolider sa position sur le marché bancaire, La Poste doit proposer de nouveaux services. Ainsi, les petits découverts sont désormais autorisés, qui doivent toutefois être comblés dans un délai rapide (moins de huit jours), tout comme les comptes joints et les comptes associés. À partir d'avril 1975, La Poste crée un réseau spécifique de distributeurs automatiques de billets fonctionnant avec les nouvelles cartes CCP 24/24Ibid. qui ne sont ni des cartes de crédit, ni des cartes de débit, mais uniquement des cartes de retrait d’argent liquide. Les DAB postaux sont environ six cents sur toute la France, répartis dans les villes chefs-lieux de départements, dans les villes chefs-lieux d'arrondissement et dans des villes d’au moins vingt mille habitants à la mi-1975.
Avec le décret du applicable au , le livret A remplace le livret d'épargne classique. Rapidement, le livret A devient un outil courant dans la vie quotidienne des FrançaisCONSTANTIN G., Le livret A : une histoire de l'épargne populaire, Paris, La Documentation française, 1999, 294 p.. En 1970, la CNE gère ainsi près de de livrets d’épargne. Cependant, il faut attendre 1974 et une campagne de communication à grande échelle pour que le terme livret A soit utilisé et reçoive l’adhésion massive du grand publicSF Mag, hors série, op.cit., ..
1980-2000 À compter de 1984, la Poste propose l'émission de cartes bleues, qu'elles soient limitées à la France ou internationales, en diffusant les cartes bancaires du réseau VISA.
La loi du réforme La Poste et les services financiers dans leur ensemble. La Poste devient un établissement public doté d’une autonomie financièreLoi du 2 juillet 1990 relative à l'organisation du service public de la poste et à France Télécom Sur le site legifrance.gouv.fr.
Une nouvelle politique commerciale est alors amorcée avec pour objectifs d’élargir et de fidéliser une nouvelle clientèle (notamment les jeunes) et offrir de nouveaux services. À partir de 1989 via le minitel, puis en 1992 avec Audiotel, les clients des services financiers de La Poste peuvent réaliser des opérations bancaires à distance comme la consultation de solde.
Parallèlement, La Poste établit de nombreux partenariats pour élargir sa gamme de produits (OPCVM, assurance vie…) et de services bancaires : par exemple, avec la Société générale, Indosuez et le Crédit foncier de France pour l’élaboration de produits de placement ; avec les AGF pour des produits d’assurance-vie et avec Gras Savoye pour des produits de prévoyance.
Au début des années 2000, les services financiers de La Poste se restructurent et une nouvelle organisation financière apparaît. Le groupe se dote de filiales fonctionnelles sous l’égide d’une holding unique « SF2 » : Sogeposte spécialisée dans la gestion des OPCVM des clients de La Poste, Efiposte qui assure la gestion financière des CCP, Assurposte pour la gestion des produits d’assurance de personnes et de prévoyance ou encore Sogerco, une société de courtage d’assurance.
La Banque postale La loi du relative à la régulation des activités postales prévoit la création par le groupe La Poste d’une filiale recevant tous les biens, droits et obligations relatifs aux activités des services financiers de La PosteLa loi du 20 mai 2005 sur le site légifrance. Cette création est autorisée le par la Commission européenne Décision de la Commission européenne Sur le site EuropaLe feu vert pour la création de La Banque postale Sur le site lemonde.
Le , la naissance de La Banque postale est officielle Rapport annuel 2006 Sur le site labanquepostale.
La loi du 20 mai 2005 concerne les services financiers de La Poste qui est investie d’une mission de service public dans les domaines bancaires, financiers et d’assurance en lui faisant obligation de proposer des produits et services au plus grand nombreLa loi de régulation des activités postales Sur le site légifrance.
La loi n° 2008-776 du de modernisation de l’économieloi de modernisation de l’économie sur le site légifrance reconnaît à la seule Banque postale la mission d’accessibilité bancaireLa mission d'accessibilité bancaire Sur le site du Sénat : elle a ainsi l’obligation d’« ouvrir un livret A à toute personne qui en fait la demande » et d’effectuer gratuitement sur ce livret les dépôts et retraits à partir d’ et également les virements et prélèvements relatifs à certaines opérations : prestations sociales, factures EDF, GDF, téléphonie, eau, etc. Le Contrat de service public entre l'État et La Poste Sur le site du ministère de l'Économie, des Finances et de l'Industrie.
La Banque postale reçoit dès sa création l’autorisation d’élargir sa gamme à tous les types de crédits immobiliers. En 2007, elle obtient de l’État l’autorisation d’étendre sa gamme de produits aux crédits à la consommationAutorisation de commercialiser des crédits à la consommation Sur le site du Figaro, puis à l’assurance de dommages en 2009Commercialisation assurance de dommages Sur le site news-assurances. Enfin en 2010, elle est autorisée à lancer une offre de produits et de services pour le financement des personnes moralesLe financement des personnes morales Sur le site la Croix.
Création de la Banque postale collectivités territoriales En 2011, la Caisse des dépôts et consignations et La Banque postale établissent avec Dexia SA et Dexia Crédit local un protocole de négociations en vue de la constitution d’un pôle de financement des collectivités locales françaises chargées de la commercialisation, de la gestion des nouveaux crédits et du refinancement sur les marchés financiers grâce à des obligations foncières sécuriséesFusion Dexia-CDC-La Banque postale : une bonne nouvelle pour les collectivités Sur le site lagazettedescommunes. En , l'accord entre Dexia et La Banque postale est approuvé par la Caisse des dépôts et consignations et La Banque postale Développement local est créée..