Le fiqh (arabe : fiqh, : dérive du verbe signifiant comprendre) est l'interprétation temporelle des règles de la charia. Il est quelquefois traduit par droit musulman, jurisprudence islamique ou science du droit islamique, par référence aux avis juridiques pris par les juristes (fuqahā') de l'islam. Il s'agit d'une compréhension du message de l'islam sur le plan juridique, bien qu'il ne s'y limite pas. Le savant en matière de fiqh, se nomme faqîh (arabe : faqīh, ).
Le fiqh, ou plus exactement les fiqh, ensembles codifiés de règles pour la plupart figées à la fin du de l'Hégire (), différent des siyasa, ou siyasa sharia, qui désignent la mise en place du droit musulman par les États, par voie administrative, ou encore les régulations administratives portant sur des domaines non régulés par le droit musulman (considérés comme neutres à cet égard par les « docteurs de la loi », et légitimées par le bien commun, ou maslaha). Ainsi, des kanuns (« codes ») étaient promulgués par le calife dans l'Empire ottoman, et les juristes ottomans considéraient que leur légitimité dérivait de la volonté du sultan (et non de Dieu) Andrew F. March, "What Can the Islamic Past Teach Us about Secular Modernity?", in Political Theory, décembre 2015, 43: 838-849, first published on September 21, 2015 doi:10.1177/0090591715606876.
Définitions, articulation entre fiqh et charia Les deux mots charia et fiqh étant polysémiques et ayant donné lieu à une multitude d'interprétations et de définitions par les savants islamiques, il n'existe pas réellement dans le détail de consensus sur la relation entre les deux. Pour ibn Manzûr (1233-1312), . S'il n'apparaît pas en tant que tel dans le Coran, le verbe dérivé, fhq, lui y est présent à vingt reprises. Tareq OubrouRecteur de la mosquée de Bordeaux et membre de l'Association des Imams de France. décline les conceptions proposées par différents auteurs. Certains incluent le fiqh dans la Charia, comme Chaarany. L'imam Chawkany lui, considère que sont des ensembles de dogmes communs à toutes les religions monothéistes (unicité, résurrection et prophétologie), auxquelles il convient d'opposer les formes différentes prises par les lois cultuelles et juridiques. Tareq Oubrou conclut que le fiqh, , qu'il traduit par , est . Pour Éric ChaumontChercheur au CNRS - IREMAM/MMSH à Aix-en-Provence, .
Les différentes écoles
Il existe plusieurs écoles ou madhhab (voie) de fiqh, tant dans la branche du sunnisme que dans celle du chiisme. Ces écoles prennent généralement le nom du juriste qui les a fondées. Celui-ci n'avait généralement pas pour but que ses décisions soient imitées sans mise à jour contextuelle.
Le concept de taqlid, c’est-à-dire ou selon d'autres, étant bien souvent apparue après leur existence.
Les quatre principales écoles du sunnisme aujourd'hui, sont :
le hanafisme fondée par l'imam Abû Hanifa (699-767), faisant à sa création une large part au jugement personnel (ra'y) et au raisonnement par analogie (qiyas), mais acceptant l'approbation (istihsan). Il est répandu en Irak, Syrie, Turquie, Afghanistan, Inde, Pakistan et ChineV. Amina Yagi, Droit musulman, Publisud, 2004, p. 16-18, ; le malikisme fondée par l'imam Malik (~715-~795), se retrouve dans une grande partie de l'Afrique, dont le Soudan ; le chaféisme fondée par l'imam Ash-Chafi'i (767-820), suivi en Égypte, Arabie du Sud hors Arabie saoudite, Érythrée, Somalie, Indonésie, Malaisie, Philippines, Vietnam et Thaïlande ; le hanbalisme fondée par l'imam Hanbal (780-855), élève de Chafi'i. Elle rejette toute idée d'innovation (bid'ah), et réduit la part du raisonnement par analogie et de l'opinion personnelle aux cas jamais abordés, leur préférant l'emploi de hadiths même jugés peu fiables (da'if). C'est la seule école reconnue par l'Arabie saoudite
Ces quatre écoles partagent la plupart de leurs lois, mais différent sur les hadiths qu'elles acceptent comme authentiques (sahih) et sur le poids relatif attribué aux analogies (qiyas) utilisées pour décider des cas difficiles. Ces écoles différent également quant aux sources de leur droit.
Côté chiite, il existe au moins deux principales écolesSelon Amina Yagi, enseignante sunnite, ces écoles principales chiites sont au nombre de trois, avec en sus l'école al-Abadiyya attribuée à Abd Allah ibn Abad (Ibadisme). Ce rattachement au chiisme semble contesté et reste à confirmer. Pour une liste plus complète, voir madhhab : le jafarisme ou école imanite, fondée par Ja`far as-Sâdiq, le sixième imam duodécimain, qui domine en Iran, en Iraq et en Inde ; le zaïdisme, qui se réclame de Zayd ibn Ali, dominante au Yémen chez les chiites.
Principes
Branches Droit pénal islamique
Mariage
Héritage
Voir aussi Articles connexes Coran Sunna Hadith Charia Ijmâ' Qiyâs Ra'y Dar al-Harb Droit du haut Moyen Âge
Liens externes
Notes et références
Bibliographie Al-Hadjj Nouredine Aïouaz, traduction du livre de fiqh chaféite Matn Al-ghayah wa t-Taqrib du chapitre de la purification à celui du pèlerinage.
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