Le Musée national d'anthropologie de Mexico ( en espagnol, souvent abrégé en MNA dans les publications mexicaines) est un musée situé dans le bois de Chapultepec, à Mexico, et consacré à l'archéologie et l'histoire des civilisations préhispaniques du Mexique, principalement de Mésoamérique, et à l'ethnographie des actuels peuples indigènes du pays. Depuis son inauguration en 1964, il est l'un des plus importants musées mexicains et, avec plus de de visiteurs en 2013, il a été le plus visité. En surface d'exposition, il est également l'un des plus grands musées du continent américain.

Historique Histoire des collections avant l'ouverture du musée Le est mis au jour le monolithe de Coatlicue. Le comte de Revillagigedo, alors vice-roi de la Nouvelle-Espagne, décide de la placer dans l'Université royale et pontificale du Mexique . Ce lieu est considéré comme le premier acte de conservation du patrimoine culturel au Mexique, même si le Mexique n'existe que depuis 1821. Le premier « musée », quant à lui, correspond au placement, la même année, de la pierre du Soleil à la vue de tous, en bas de la tour sud-ouest de la cathédrale métropolitaine.

En 1822 est créé un conservatoire d'antiquités et d'histoire naturelle dans cette même université.

En 1825 naît le (dont le nom devient en 1834). En 1865, Maximilien d'Autriche assigne le musée à la Casa de Moneda.

En 1909, après la séparation des départements créés depuis 1877, le musée est renommé . En 1910 et 1911, d'autres départements y sont créés.

En 1947, les collections devenant trop importantes, un nouveau local est envisagé.

En 2025, le musée remporte le prix Princesse des Asturies de concorde. Depuis l'ouverture La Jeune Femme d'Amajac est présentée au Musée national d'anthropologie du Mexique (MNA) pour l'exposition La Grandeza de México (en français : La grandeur du Mexique).. La statue quitte temporairement le musée car elle est renvoyée à Hidalgo Amajac, où elle reçoit un hommage lors d'un festival culturel organisé par ses habitants..

Architecture Construction En 1959, le président Adolfo Lopez Mateos valide la construction du nouveau musée, dont la réalisation architecturale est confiée à Pedro Ramírez Vázquez, architecte mexicain.

Le musée est inauguré le Histoire du musée sur le site officiel du MNA.. Sa construction a nécessité l'emploi de et de et a duré .

Description Le musée est composé de 22 salles d'exposition permanente, d'une salle d'exposition temporaire et de 2 auditoriums, sur une surface totale de , organisée autour d'un patio. Celui-ci est semi-couvert ; un "parapluie", supporté par une colonne sculptée avec des motifs représentatifs de l'histoire mexicaine (arbre mythologique des indigènes préhispaniques, la nationalité mexicaine comme mélange indigène et européen, l'aigle et le jaguar comme éléments contraires de l'univers), recouvre la partie la plus proche de l'entrée, tandis qu'un miroir d'eau occupe la partie libre.

Sur la façade d'entrée du musée, en marbre, figure l'emblème national du Mexique. Sur l'esplanade d'accès flotte un grand drapeau du Mexique. Une fontaine, dont la sculpture représentant Tlaloc provient de Coatlinchán, est installée à l'extérieur de l'établissement.

Collections

Le musée présente les recherches archéologiques sur la préhistoire et l’histoire précolombienne du Mexique (au rez-de-chaussée) ainsi que des cultures indigènes mexicaines actuelles (à l'étage) Site du MNA, Salas.. Il accueille certaines des pièces les plus importantes des civilisations olmèque, maya, de Teotihuacán, nahua, toltèque et bien sûr aztèque.

Il héberge également d'entrepôts et de laboratoires Site du MNA, Arquitectura y construcción., ainsi que la bibliothèque nationale d'anthropologie et d'histoire du Mexique, qui conserve plus de , et Site de la BNAH, sections Historia et Acervo General.. Le MNA dispose de d'extérieurs, dont la place à l’entrée du musée, le patio recouvert du "Parapluie" et d'autres cours intérieures Agenda cultural del INAH, décembre 2008..

Au rez-de-chaussée : les salles d'archéologie. Le parcours commence, dans la première salle à droite du , par une introduction à l'anthropologie. Viennent ensuite les salles consacrées au peuplement de l'Amérique, au Préclassique dans le plateau central du Mexique, à Teotihuacan, à l'époque toltèque, aux Mexicas, aux cultures d'Oaxaca, aux cultures de la côte du golfe du Mexique, aux anciens Mayas, aux cultures du nord du Mexique et enfin aux cultures de l'Ouest du Mexique.

L'étage est consacré à l'ethnographie. Le parcours commence, au-dessus de la salle d'introduction à l'anthropologie, par une présentation des peuples amérindiens vivant actuellement au Mexique. Les salles suivantes sont cobsacrées à la région du Grand Nayar, aux Nahuas, aux Otopames, à la côte du golfe du Mexique, au massif de Puebla, à la région d'Oaxaca, au nord-ouest mexicain, aux Mayas et aux Purépechas.

Salle 1 et 2 : introduction à l'anthropologie et au peuplement de la Mésoamérique La visite commence par une reconstitution du squelette de Lucy, choisie pour sa célébrité. Le but de cette salle est d'illustrer l'évolution biologique et sociale de l'humanité.

Le peuplement de l'Amérique est en représentée par le passage du détroit de Béring, des figurines de la vie des chasseurs-cueilleurs sur le territoire de l'actuel Mexique, une peinture murale d'Iker Larrauri représentant les animaux du pléistocène (mastodonte, mammouth, mégathérium, tigre à dents de sabre, chameau et ancêtre du cheval), le squelette du mammouth de Santa Isabel Ixtapan, divers squelettes humains (femme du Peñon III, couple de Santa Maria Astahuacán, homme retrouvé dans la Grotte du Tecolote, crâne féminin de Coxcatlán. Une fresque de Chávez Morado, qui a choisi de mettre l'accent sur la domestication du maïs, qui est aussi illustrée par un diorama d'un hameau du bassin du fleuve Balsas.

Enfin, des œuvres modernes, dont une peinture murale de Jorge González Camarena, illustrent en fin de parcours la diversité humaine.

Salle 3 : le préclassique dans le haut plateau central La période préclassique va généralement de -2500 à 200 et correspond au début de l'agriculture intensive (maïs, haricots, courgettes et piments), l'invention de la céramique, le recours à l'écriture, l'intensification du commerce et la stratification sociale. Le musée présente divers objets en céramique retrouvés à Tlatilco, Cuicuilco, au hameau de la Guadalupita, mais aussi des actuels états de Tlaxcala, Puebla ou du bassin de Mexico. Une peinture murale d'Alfredo Zalce représente Cuicuilco.

Salle 4 : Teotihuacán Cette salle est consacrée à Teotihuacán, qui constitue l'un des sites archéologiques les plus importants de l'Amérique précolombienne. Son existence s'étend sur plus de sept siècles, de la fin du préclassique (100-200 ) à la fin du classique ancien ou au début de la période épiclassique (650 ), caractéristique des hauts plateaux du centre. Les pyramides du Soleil et de la Lune, la pyramide du Serpent à plumes — également connue sous le nom de temple de Quetzalcoatl —et la Chaussée des Morts, constituent l'ensemble des principaux bâtiments d'apparat qui servaient de points de référence pour orienter, cartographier et construire la ville.

Son architecture extraordinaire avait une distribution spatiale symétrique, planifiée selon les caractéristiques orographiques de la vallée. Vue comme le centre du cosmos, elle constituait un espace magique par lequel les êtres humains communiquaient avec l'univers. Dans les constructions, sont visibles la grande influence et le pouvoir politique que le gouvernement avait sur la population, non seulement dans la ville même et les villes des hauts plateaux du centre, mais aussi vers d'autres régions éloignées, de l'Ouest du Mexique à l'Amérique centrale. Le calcul approximatif des personnes qui vivaient dans la ville pendant sa période maximale (400-600 ), est de plus de 100 000 habitants, sur une zone urbaine de près de 25 kilomètres carrés.

Les membres du gouvernement de Teotihuacan ont développé un système politique qui leur a permis de maintenir une société stratifiée, divisée en différents secteurs, qui participaient avec la main-d'œuvre à des activités productives. Il y a les prêtres, détenteurs du savoir et chargés de le transmettre à la société selon des normes et des paramètres établis. La base de la pyramide sociale était constituée de secteurs d'artisans, de constructeurs en général, d'experts en matière d'obtention et de transport de matières premières, de fermiers « paysans », secteur fondamental pour le maintien du système politique, et de marchands, chargés du transport de marchandises importées et exportées sur de courtes et longues distances.

Une partie du pouvoir économique et de l'hégémonie idéologique reposait sur la production de céramiques et le contrôle et l'exploitation des gisements d'obsidienne, de basalte et d'andésite. Les pièces faites de ces matériaux correspondent à des objets utilitaires et d'autres à usage ornemental, qui représentent des symboles religieux et politiques, incluant les objets faits de « pierres vertes » qui avaient une énorme valeur symbolique. À Teotihuacan ont été trouvés des objets de luxe fabriqués dans des coquilles de mollusques, parmi lesquels des palourdes rougeâtres de l'espèce Spondylus princeps, Spondylus calcifer et Chama echinata, et des escargots Turbinella angulata.

L'industrie des objets fabriqués à partir d'os d'animaux et d'êtres humains existait aussi. En tant que matière première, l'os a de grandes qualités de dureté, de flexibilité et de potentiel de transformation, pour fabriquer des ornements, des bijoux et des outils. Les peintures murales ont permis de répertorier des éléments présents dans la vision du monde et aussi les hiérarchies sociales dans cette capitale. Le répertoire iconographique est très étendu, montrant généralement des rituels où des animaux et des êtres humains sont somptueusement réunis et vêtus de nombreux symboles. Tout cela indique qu'à Teotihuacan se trouvait une société très bien organisée, avec une stratification sociale marquée qui a formé une unité politique religieuse multiethnique et multiculturelle qui a conduit à des relations socioculturelles complexes.

Dans la salle, sont exposés des exemples de la culture Teotihuacan : encensoirs de type théâtre, reproductions des peintures murales trouvées dans les ensembles d'habitation, reproduction d'une partie de la façade du temple du Serpent à plumes, céramique orange, divers objets de pierre...

Salle 5 : les Toltèques et l'Épiclassique Après la chute de Teotihuacan, un vide de pouvoir est apparu dans les hauts plateaux du centre, dont ont profité différents groupes qui ont fondé de nouvelles villes : Cacaxtla, situé dans l'état actuel de Tlaxcala, se démarque ; Xochicalco, à Morelos et Tula, à Hidalgo, capitale des Toltèques. La compétition pour contrôler les anciennes routes commerciales de Teotihuacan a généré un environnement politique et guerrier, qui se reflète dans la disposition des nouveaux centres, dans leur art et iconographie, et dans d'autres expressions culturelles. La plupart des nouvelles villes se caractérisaient par une population multiethnique, un produit des mouvements de population typiques de la période épiclassique (600-900 ).