Les Balantes sont un peuple d'Afrique de l'Ouest surtout présent en Guinée-Bissau, mais également au Sénégal (particulièrement en Casamance) et en Gambie.
Ethnonymie Selon les sources, on observe de multiples variantes : Alante, Balanda, Balanga, Balanta-Brassa, Balanta, Balantes, Balanti, Balant, Balente, Belante, Bolenta, Brasa, Brassa, Bulanda, Bulante, FraseSource RAMEAU, .
L'ethnonyme Balante vient de i balanta, ce qui signifie « ils ont refusé ». Au début du ils avaient en effet refusé de suivre le roi Koli Tenguella lors de sa remontée vers le Fouta-Toro.
Langues Leur langue est le balante, une langue bak qui fait partie des langues nigéro-congolaises. Le balante-ganja est parlé dans le sud-ouest du Sénégal où il est l'une des langues officielles, mais le mandingue est également utilisé. Le nombre de locuteurs était d'environ en 2006. Le balante-kentohe est parlé en Guinée-Bissau – où le créole de Guinée-Bissau est également pratiqué – ainsi qu'en Gambie. On a dénombré locuteurs en 2006.
Distribution géographique Avec 343 000 Balantes, cette ethnie est la plus nombreuse de Guinée-Bissau (2014 J. Leclerc). Peuple côtier, dont la vie économique, socio-culturelle et sacrée tourne autour de la riziculture., ils sont également éleveurs bovins et porcins.
Le peuple balante du Sénégal occupe principalement la zone appelée moyenne Casamance jusqu'à la frontière (Guinée-Bissau), ce qui témoigne de leur appartenance pour la plupart à ce pays. Ils sont surtout présents dans la zone forestière et près de la côte.
Selon le recensement de 1988 au Sénégal, le nombre de Balantes y était de , sur une population totale estimée à habitants, soit 0,8 %Chiffres de la Division de la statistique de Dakar, cités dans Peuples du Sénégal, Éditions Sépia, 1996, p. 182..
Histoire
Le , un traité est signé entre la France et les chefs de Cougnaro et Souna pour la cession à la France du littoral balanteRecueil des traités de la France, publié sous les auspices du Ministère des affaires étrangères par M. Jules de Clerq, IDC, Leiden, 1987, p. 577 (Archives de la Marine).
Les jeunes Balantes ont apporté une contribution considérable à la lutte pour l'indépendance de Guinée-Bissau. Une certaine rancœur subsiste, du fait de l'impression (réelle ou infondée), de ne pas avoir été suffisamment pris en compte dans les organes de décision depuis l'indépendance en 1974.
Culture
Les Balantes, à l'image des Diolas, organisaient des cérémonies de circoncision jusque vers 1950-1958.
Religion Le peuple balante, comme bon nombre de Casamançais, est partagé entre le catholicisme, l'islam et la religion traditionnelle, surtout dans la zone frontalière.
En Guinée-Bissau, la majorité des Balantes pratique une religion traditionnelle. La société balante n'a pas, contrairement à certaines ethnies « cousines » (Pepels, Manjacks et Mankagnes) de chef : les pouvoirs politiques, religieux sont répartis entre différentes classes qui choisissent leur représentant…
Ce peuple est constitué de cultivateurs planteurs, la cohabitation avec les premiers missionnaires évangélisateurs a permis à cette ethnie d'envoyer ses enfants à l'école française pour s'instruire.
Patronymes En raison de la colonisation portugaise, les patronymes ont souvent une consonance portugaise, par exemple Lopes, Marques, Pereira et Vieira. Autres: Sadio, Yalla, Diatta, Mansal, Mané.
Personnalités L'ancien président bissau-guinéen Kumba Yala est d'origine balante Mário Matos e Lemos, Política cultural portuguesa em África: o caso da Guiné-Bissau (1985-1998), Edição do Autor, 1999, p. 140, ainsi que la plupart des officiers de l'armée bissau-guinéenne.
Notes et références
Voir aussi Bibliographie Laurent Jean Baptiste Bérenger-Féraud, Les peuplades de la Sénégambie. Histoires, ethnographie, mœurs et coutumes, légendes, etc., Paris, Ernest Leroux, 1879, p. 299 M. Biaye, « Origine des Balantes », Bulletin mensuel du Centre régional d'information de Ziguinchor, n° 5, E. Bonvalet, « Au pays des Balantes », Bulletin de la Société de géographie de Lille, tome 18, 1892, p. 234-239 A. M. Diagne, « Contribution à l'étude des Balantes de Sédhiou », Outre-Mer, n° 1, , p. 16-42 A. Keita, La production des connaissances et solutions techniques chez les riziculteurs de mangrove ouest-africains : l’exemple des riziculteurs balantes de la Guinée-Bissau, Genève, Institut universitaire d’études du développement, 2000 (mémoire de diplôme) Éric Penot, Structuration sociale et économique, liens et nécessité matériels dans une société de réciprocité : le cas des Balantes de la région de Tombali, Guinée-Bissau , in New Economics Papers, 2006 Dr. Maclaud, Ordalies collectives par le poison chez les Balantes de la Casamance, Institut français d'anthropologie, n° 6, séance du , p. 105-108 Christian Roche, « Les Balant », in Histoire de la Casamance : Conquête et résistance 1850-1920, Karthala, 2000, p. 46-52 (Thèse Université de Paris I, remaniée) Balla Moussa Sadio, Les Balante de Gan-Jaa (Bijaa Ngan-Jaa) : Répartition spatiale, organisation sociale et administrative, évolution socio-culturelle et politique, de l’éviction des Baïnounk à la mise en place de l’administration coloniale : 1830-1899'', Dakar, Université Cheikh Anta Diop, 2002, 111 p. (Mémoire de Maîtrise)
Articles connexes Liste des groupes ethniques d'Afrique Groupes ethniques du Sénégal Langues au Sénégal
Liens externes
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