Le lac de Vaivre, appelé également lac de Vesoul-Vaivre est un lac artificiel de situé sur le territoire de la commune de Vaivre-et-Montoille, dans l'ouest de l'agglomération de Vesoul, en Haute-Saône.

Creusé de 1976 à 1978 afin de dynamiser les activités de loisirs et de tourisme au sein de l'agglomération, le lac se développe rapidement dans les années 1980 avec l'ouverture d'une base de voile (1981), d'un camping (1982) et d'autres structures de loisirs. En 2011, les abords du lac (plage, parvis) sont rénovés et restructurés. En 2018, un jet d'eau est installé dans la partie centrale du lac afin d'améliorer son oxygénation.

Aujourd'hui, le lac est situé au centre d'une vaste zone de loisirs comprenant infrastructures de sport et de tourisme. Des manifestations sportives (triathlon de Vesoul, compétitions de pêche) ou encore culturelles (festivals, expositions de voitures) se déroulent chaque année au lac. Tous les ans, les feux d'artifice de la Fête Nationale y sont organisés. Le tour du lac fait .

Classé en zone naturelle d'intérêt écologique, faunistique et floristique, le lac de Vaivre est une réserve ornithologique et un site naturel protégé accueillant de multiples espèces d'oiseaux migrateurs. Depuis 2009, le site du lac de Vesoul-Vaivre bénéficie de l'agrément « Refuge LPO » de la Ligue pour la protection des oiseaux.

Localisation thumb|left|upright=0.9|Image satellite du lac - années 2020. Le lac est situé dans l'agglomération ouest de la ville de Vesoul, dans le département de la Haute-Saône (Bourgogne-Franche-Comté). Il est situé entièrement sur le territoire de la commune de Vaivre-et-Montoille.

Le lac s'étend sur une surface de , soit l'équivalent de 120 terrains de football. L'altitude du plan d'eau oscille entre 210 et . Il a une longueur maximale de et une largeur de . Son tour fait environ .

Le sous-sol du lac est constitué d'alluvions fluviatiles actuelles et récentes, datant de l'Holocène. La présence de ces sédiments confirme la forte humidité du sol de la plaine contiguë au lac.

La rivière du Durgeon coule au nord du lac, depuis l'est. Ce cours d'eau est un affluent de la Saône, la quatrième rivière la plus grande de France, longue de . et qui coule à une dizaine de kilomètres à l'ouest de Vesoul.

Le lac est desservi par plusieurs arrêts de bus du réseau de transports en commun Moova de la communauté d'agglomération de Vesoul, via les lignes .

Histoire du lac Contexte du projet Le lac fut aménagé de 1976 à 1978. Sa naissance est liée à l'extension de l'usine PSA de Vesoul. À partir des années 1950, la ville de Vesoul connait une forte période d'expansion. Le , la société UDIME (Union des industries métallurgique de l'Est), une filiale des cycles Peugeot investit les édifices, couvrant une surface de sept hectares, de l'ancienne usine Dollé. De plus, de nombreuses zones d'activité comme les Rêpes et Poincaré sont aménagées en périphérie de la ville. L'arrivée de toutes ces entreprises oblige la municipalité à faire construire des quartiers, majoritairement constitués de grands ensembles comme le Montmarin et le Grand-Grésil. C'est ainsi que la démographie passe de en 1954 à en 1973..

En 1973, un document est élaboré par le groupement d'études et de programmation de la Direction départementale de l'Équipement (DDE). Il s'agit du schéma d'aménagement et d'urbanisme de la commune de Vesoul, qui a pour but de faire développer l'urbanisation de la ville-préfecture, en raison du fort développement économique que connaît la ville. Ce document comprend de multiples projets tels que la fondation de plusieurs zones d'habitation, d'axes routiers, ainsi que l'aménagement d'un lac au nord de l'usine PSA. En 1975, un contrat nommé « Vesoul ville moyenne » est lancé.

1975 : Préparation des sols thumb|Le lac vue depuis La Motte. Au cours des années 1970, l'usine PSA de Vesoul est en pleine période d'agrandissement. Pas moins de , localisés autour et le long de la ligne de chemin de fer Paris-Bâle, sont réservés pour l'éventuelle construction d'ateliers par l'usine, site industriel qui s'inscrit dans l'accroissement de l'économie locale. Néanmoins, pour la construction d'ateliers de l'usine, il est nécessaire de remblayer les terrains pour surélever les futurs bâtiments, dans le but d'éviter les inondations. Pour acquérir ces remblais, une vaste excavation est réalisée au nord de l'usine, dans la zone marécageuse de la rivière du Durgeon.

Le DDE est autorisée à investir sur le projet Vesoul ville moyenne. Le dessin du lac est rapidement controversé par le public. C'est alors que ses initiateurs entreprennent une importante opération de communication en organisant des dizaines d'assemblées publiques pour expliquer aux municipalités du district urbain, l'intérêt de l'aménagement de l'excavation. Petit à petit, après moult concertations, le projet est de nombreuses fois modifié, pour être définitivement structuré. Les membres du district urbain de Vesoul n'acceptent pas la surface prévue originellement qui est de cent cinquante hectares, et accepte uniquement cent hectares pour l'aménagement du lac. Deux communes participent à ce projet : Vaivre-et-Montoille et Vesoul.

Jean-Marie Savet, chef du projet et membre de la DDE, s'informe préalablement en réalisant de nombreuses études sur des lacs artificiels français et en se renseignant sur les matériaux utilisés. Certains membres du district se rendent à Paris afin d'obtenir une participation financière de l'État. Nonobstant que le projet du lac soit mal perçu, le district réussit à avoir une contribution de l'ordre de 40 % du montant total du projet. Il s'ensuit de longues négociations avec les propriétaires des terrains (3 agriculteurs) du futur lac. Ceux-ci finissent, au bout du compte, par accepter le transfert de leurs fermes dans d'autres régions de France.

1976 - 1978 : excavation du lac Les travaux d'aménagement sont confiés à une société dijonnaise. Cette dernière est chargée d'extraire plus 1 million de m de terre. En 1976, le chantier a débuté. Cette année précisément, une sécheresse survient, ce qui facilita les travaux d'extraction. Au printemps 1978, se terminent les travaux d'aménagement. Le lac se remplit naturellement en environ, notamment dû à la présence de la zone marécageuse du Durgeon, et à la fonte des neiges de l'hiver rigoureux qui précéda.

Le lac est, finalement, aménagé en contournant le Durgeon, pour éviter que l'alimentation de cette rivière n'engendre des problèmes liés aux alluvions.

Dès la fin des années 1970, une base de voile est aménagée. Jean-Marie Savet, chef du groupement d'études et de programmation, lança le projet de fondation de la première base du lac. Avec l'un de ses compères, Savet va même construire les premiers futurs bateaux du club (six dériveurs). Alors que le lac est en plein aménagement, un entrepreneur fabricant de charpentes métalliques du nom de Dalvard fournit un hangar temporaire à bateaux.

Des années 1980 aux années 2000 : aménagement de la zone de loisirs En , une base de voile est construite, rive Ouest, par le district urbain de Vesoul. En 1982, un camping ouvre sur les abords du lac, rive Est.

Dès 1984, le triathlon de Vesoul est organisé au lac de Vaivre.

Depuis les années 2000 En 2011, les abords du lac sont rénovés par le cabinet d'architecte Amoot-Lombard. En 2012, cette vaste rénovation est récompensée au Victoire d'or des victoires du Paysage 2012.

En , un jet d'eau est installé dans la partie centrale du lac. Avec une puissance de jet de 25 mètres de hauteur, ce dispositif sert notamment à améliorer l'oxygénation du lac en limitant le développement des cyanobactériesNouvelle vue sur le lac : les premières images du jet d’eau.

Aujourd'hui, le lac demeure un élément important de l'identité territoriale de l'agglomération vésulienne et un lieu prisé des habitants.

Biodiversité Espèces animales Oiseaux thumb|Un héron. Le lac de Vaivre et ses abords abrite un riche échosysteme ornithologique. En effet, pas moins de de volatiles ont été observés depuis 1992, dont la plupart sont des migrateurs. Cette abondance d'oiseaux est notamment due à la présence de la plaine marécageuse située directement à l'est du plan d'eau. La présence du lac et de deux rivières (Durgeon et Vaugine), le tout situé au centre d'une zone marécageuse et fertile en fait de ce site un lieu remarquablement conservé, au vu de la fréquentation des espèces animales..

C'est une réserve ornithologique où s'arrêtent de nombreux oiseaux migrateurs : on y trouve des hérons, parfois des cigognes, des mouettes, des goélands, des sternes, des foulques et quelquefois des milans... Le râle des genêts et le courlis cendré y nichent. On dénombre également des espèces par dizaines comme l’étourneau sansonnet, l'hirondelle rustique, le martinet noir, la fauvette à tête noire, le pouillot véloce, le canard colvert, le cygne, la gallinule poule d’eau, la corneille noire, le pigeon ramier, le pinson des arbres et la mésange charbonnière, le rossignol philomèle et le merle noir. La majorité de ces espèces demeure dans le secteur de l'île et de la presqu'île. Un observatoire de l'environnement a été construit dans le cadre d'un chantier de jeunes.

Pas moins de d'oiseaux dénombrées sur le site du lac de Vesoul - Vaivre sont classées dans la liste rouge de Franche-Comté, liste qui recense les oiseaux dont l'espérance de vie est remise en question, notamment à cause de l'activité humaine. Deux sont classées en voie d'extinction sur le site : l’hypolaïs ictérine et le râle des gênets.

Depuis 2009, le site du lac de Vaivre bénéficie de l'agrément « Refuge LPO » de la Ligue pour la protection des oiseaux. Ce label contribue partiellement à la protection de la biodiversité sur le site avec des règles instaurées telles que l'interdiction de la chasse et des produits chimiques.

Autres thumb|left|Le cuivré des marais. En ce qui concerne les mammifères, il y a dix-neuf espèces qui sont présentes sur le lac et ses abords. Parmi ce total, on en trouve trois qui sont menacés sur le site : la belette d'Europe, la crossope aquatique et le putois d'Europe.

De même, on trouve douze espèces d'amphibiens et de reptiles divers tels que des grenouilles, tritons, crapauds, couleuvres, lézards et tortues. Le triton crêté et triton ponctué sont classées vulnérables dans la liste rouge de Franche-Comté.

Dans le lac, on distingue plusieurs types de poisson : carpes, anguilles, brochets, sandres, poissons-chats...

Des insectes sont évidemment présents sur le site du lac, dont six espèces remarquables. Au sein de ce groupe, on peut mentionner deux espèces particulières : le cuivré des marais (Lyceana dispar), de l'ordre des lépidoptères et l’agrion de mercure (Coenagrion mercuriale), de l'ordre des odonates (37 espèces appartenant à l'ordre des odonates sont recensées sur le lac). Également, est présent le conocéphale des roseaux (Conocephalus dorsalis), une sauterelle des zones humides, sur le site du lac de Vesoul - Vaivre. Parmi le reste des hexapodes notables présents, il y a de multiples types de libellules : l'agrion mignon (Coenagrion scitulum), l'agrion gracieux (Coenagrion pulchellum), l'Aeshne isocèle (Aeshna isoceles).

thumb|Des arbres au bord du lac.

Espèces végétales Pour la flore, on dénombre deux espèces principales qui s'y développent : la Tulipe sauvage (Tulipa sylvestris) et le Jonc fleuri (Butomus umbellatus).

La tulipe sauvage est présente dans plusieurs secteurs du lac. Nationalement protégée, cette plante fragile est surtout localisée à proximité du Durgeon. Quant au jonc fleuri, il est protégé sur le territoire régional. Un recensement réalisé en 2008 a permis d'identifier la présence du Pâturin des marais (Poa palustris), végétal qui est menacé dans la région.

Le lac est bordé par de multiples arbres d'alignement.

Activités Sports et loisirs

Équipements sportifs thumb|La base de voile.