LAin est une rivière française qui prend sa source (une exsurgence karstique) en Bourgogne-Franche-Comté, entre les villages jurassiens de Conte et de La Favière à d'altitude, et se jette dans le Rhône (rive droite) à Anthon (Isère), après avoir parcouru .. Elle a donné son nom au département de l'Ain. Les riverains et plus généralement les locuteurs des départements du Jura et de l'Ain. la désignent sous le terme « rivière d'Ain », qui a pour avantage de lever l'ambiguïté avec le département. Dans la littérature scientifique, on retrouve quelquefois l'adjectif idanien (-ne) pour désigner des reliefs proches de la rivière d'Ain, ou des régions situées dans le département de l'Ain. Cet adjectif a été formé à partir dIdanus, qui désignait l'Ain en latin.
Étymologie
La forme ancienne est Igneus au (E. Philipon, Dict. Topogr. du dép. de l'Ain), Hinnis en 1169. D'un radical pré-latin Inn-, sans doute le même que celui de la rivière de l'Inn des AlpesAnne-Marie Vurpas et Claude Michel dans les Noms de lieux de l'Ain : Igneus () "la rivière du feu" ; Hinnis (1169) et Enz (1212)Voir Arnaud Vendryes, "L'Ain : le nom d'une rivière à travers les sources" in Travaux de la Société d'Emulation du Jura, 2015, ..
Pour le philosophe René Guénon, le mot vient de l'arabe aïn'' (عين : source).. Le terme serait resté à la suite de l'occupation sarrasine dans le Sud et l'Est de la France entre le et le .
Géographie
L'Ain prend sa source dans une vallée étroite et boisée entre les villages jurassiens de Conte et de La Favière, à proximité de la limite entre les communes de Conte et de Nozeroy, à d'altitude.
La rivière arrose Champagnole et Pont-d'Ain.
L'Ain draine la partie méridionale du Jura qui est la partie la plus élevée et la plus arrosée de ce massif, du fait de l'obstacle des crêtes disposées selon une orientation nord-sud coupant les vents d'ouest porteur de précipitations. Cela explique un débit important : /s à la confluence. Son réseau, commandé par le relief et son soubassement structural, s'adapte aux dépressions synclinales, les vals. L'Ain tranche les chaînes par des cluses et dessine un tracé en baïonnette. De plus l'Ain draine beaucoup de sédiments le long de son tracé.
Communes et cantons traversés Dans les deux départements du Jura et de l'Ain, l'Ain traverse les soixante-cinq communes suivantes de Barésia-sur-l'Ain, Blye, Boissia, Bourg-de-Sirod, Cernon, Champagnole, Chancia, Charency, Charézier, Châtillon, Cize, Condes, Conte, Coyron, Hauteroche, Crotenay, Doucier, Doye, Largillay-Marsonnay, Lect, Maisod, Marigny, Mesnois, Moirans-en-Montagne, Monnet-la-Ville, Montigny-sur-l'Ain, Ney, Nozeroy, Onoz, Orgelet, Patornay, Pont-de-Poitte, Pont-du-Navoy, Sirod, Syam, Thoirette-Coisia, La Tour-du-Meix, Vescles, Ambronay, Blyes, Bolozon, Charnoz-sur-Ain, Châtillon-la-Palud, Chazey-sur-Ain, Cize, Corveissiat, Dortan, Hautecourt-Romanèche, Jujurieux, Loyettes, Matafelon-Granges, Neuville-sur-Ain, Poncin, Pont-d'Ain, Priay, Saint-Jean-de-Niost, Saint-Jean-le-Vieux, Saint-Maurice-de-Gourdans, Saint-Maurice-de-Rémens, Saint-Vulbas, Samognat, Serrières-sur-Ain, Varambon, Villette-sur-Ain, Villieu-Loyes-Mollon.
Toponymes L'Ain a donné son hydronyme aux huit communes suivantes de Barésia-sur-l'Ain, Charnoz-sur-Ain, Chazey-sur-Ain, Montigny-sur-l'Ain, Neuville-sur-Ain, Pont-d'Ain, Serrières-sur-Ain et Villette-sur-Ain.
Bassin versant L'Ain traverse vingt zones hydrographiques.
Organisme gestionnaire Les organismes gestionnaires sont le SR3A - Syndicat de la rivière d'Ain aval et affluents, depuis 2018 et le département du Jura depuis juillet 2012, à la suite du constat de rivière orpheline d'organisme gestionnaire sur le segment amont..
Affluents L'Ain a quinze affluents de plus de dix kilomètres de longueur, neuf de longueur entre cinq et dix kilomètres, et trente-et un de moins de cinq kilomètres de longueur.
vignette|400px|droite|Le cours de l'Ain et de ses principaux affluents (carte interactive) le Suran () avec 12 affluents la Bienne () avec 17 affluents l'Albarine () avec 14 affluents la Valouse () avec 10 affluents l’Oignin () avec 14 affluents l'Angillon () avec 5 affluents le Hérisson () la Saine () avec 6 affluents le Drouvenant () avec 2 affluents la Toison () avec 5 affluents l'Oiselon () le Riez () avec 2 affluents la Cozance () avec 1 affluent la Serpentine () avec 4 affluents la Cimante () avec 2 affluents le Bief du Murgin () la Londaine () avec 1 affluent la Lantenne () avec 1 affluent le Veyron () avec 1 affluent le Daillon () le Ruisseau de la Pèle () le Bief de la Fougère () avec 1 affluent l'Ecotet () la Serra () le Bief de l'Œuf () avec 1 affluent
et aussi : le ruisseau du Buronnet, le Ruisseau de Combe Sandon, le Bief de Provelle, le ruisseau de Fontaine Noire, le Bief du Moulin, le Bief de la Reculée, le Gardon, le Bief de Fosse, le Bief de Bissia, le ruisseau Sous Bief, le Copan, le Bief Martin, le Neyrieux, le ruisseau de Maillat, le ru du Gua, le Bief de Monet la ville, le ruisseau de la Planchette, le ruisseau de la Grave, le Dudon, le Bief des Grands Chaux, le Bief de la Fraite, le Bief de Cize, le Bief de Pisse-Vache, le Bief de Coquenelle, le Bief de Paillasson, le ruisseau des Combes, le ruisseau de la Balme, le Bief de sous le Crêt, le Bief du Janet, le ruisseau du Pré Bois. Rang de Strahler Son rang de Strahler est de six'''.
Hydrologie vignette|Confluence de l'Ain et du Rhône. Le bassin, montagneux dans sa quasi-totalité, se développe surtout dans des assises calcaires perméables, ce qui explique la manifestation de nombreux phénomènes karstiques : circulation souterraine, pertes, résurgences, dépressions fermées ou dolines. Cette perméabilité confère au régime une irrégularité ou une variabilité marquée - les pluies provoquent des réactions soudaines et brèves. La neige ne joue qu'un rôle secondaire dans l'alimentation du bassin, même si on peut parler de régime pluvio-nival. L'Ain est capable de crues violentes, /s ont été enregistrés à Chazey-sur-Ain en 1926.
Climat
L'Ain à Chazey-sur-Ain
Le débit de l'Ain a été observé sur une période de 49 ans (1959-2007), à Chazey-sur-Ain, localité du département de l'Ain, située peu avant le confluent avec le Rhône.. À cet endroit le bassin versant de la rivière est de , soit sa quasi-totalité.
Le module de la rivière à Chazey-sur-Ain est de .
L'Ain présente des fluctuations saisonnières de débit moyennes, avec des hautes eaux d'hiver-printemps faisant monter les débits mensuels moyens à un niveau compris entre 151 et , de novembre à avril inclus (maximum en décembre suivi d'un second maximum en février-mars). Les basses eaux se produisent en été, de juillet à début septembre, avec une baisse du débit moyen mensuel jusqu'au niveau de au mois d'août, niveau encore appréciable. Mais ces moyennes mensuelles cachent des oscillations périodiques plus importantes.
Étiage ou basses eaux À l'étiage, c'est-à-dire aux basses eaux, le VCN3, ou débit minimal du cours d'eau enregistré pendant trois jours consécutifs sur un mois, en cas de quinquennale sèche, peut chuter jusque .
Crues Ce sont surtout les crues qui peuvent être très importantes. Le débit instantané maximal a été de /s le , tandis que le débit journalier maximal était de à la même date. Les QIX 2 et QIX 5 valent respectivement 920 et . Le QIX 10 est de et le QIX 20 de . Quant au QIX 50, il est de , soit plus que celui de l'Allier - en fin de parcours.
À titre de comparaison, le QIX 10 de la Marne à l'entrée de Paris vaut , tandis que son QIX 50 est de . Le QIX 10 comme le QIX 50 de l'Ain, rivière de débit moyen équivalent, sont trois fois plus élevés que ceux de la Marne, alors que le bassin versant de cette dernière est trois fois plus étendu. La même comparaison avec la Seine à Alfortville nous donne pour cette dernière un QIX 10 de et un QIX 50 de , soit des valeurs inférieures à celles de l'Ain, pour un bassin versant de la Seine huit fois plus étendu () que celui de l'Ain (voir Débit de la Seine à Paris).
Lame d'eau et débit spécifique La lame d'eau écoulée dans le bassin de l'Ain est de , ce qui est très élevé (trois fois plus que la moyenne d'ensemble de la France). Le débit spécifique (ou Qsp) se monte à de bassin.
Aménagements et écologie Production hydro-électrique
De nombreux ouvrages ont été édifiés sur l'Ain et ses affluents pour produire de l'électricité ; ces barrages forment des lacs de retenue, parfois vastes comme celui de Vouglans. Ce dernier, mis en eau en 1968, est, avec son volume de plus de 600 millions de m d’eau et sa retenue de , le troisième plus important de France.
Liste des cinq principaux ouvrages avec leurs caractéristiques :
Nom de l'ouvrage Mise enservice Volume utile (en millions de m) Puissancemaximale Productionannuelle Hauteur del'ouvrage Altitude Vouglans1968420 Mm285 MW180 GWh 430 - Saut Mortier19661,07 Mm44 MW75 GWh 330 - Coiselet19703,7 Mm41 MW110 GWh 300 - Cize-Bolozon19314,72 Mm23 MW90 GWh 285 - Allement19603 Mm32 MW110 GWh 275 -
Faune
L'Ain est un cours d'eau très poissonneux où se pêchent la truite (truite fario en particulier), l'ombre commun, le brochet, le corégone, la perche, le barbeau, le hotu, la brème, la carpe, la tanche, le gardon, le vairon, le chevesne et la loche et le chabot. L'Apron du Rhône a été observé dans l'Ain à Port-Galland (Saint-Maurice-de-Gourdans), en 1989 et reste activement recherché dans le cours inférieur de la rivière.
De nombreux oiseaux peuplent les berges de la rivière : canards, aigrettes, cygnes, hérons, bécassines. Des castors sont aussi présents en particulier dans le cours inférieur (Basse vallée de l'Ain) et sur ses affluents, alors que sangliers et chevreuils se retrouvent dans les bois et forêts bordant le cours d'eau. La loutre est longtemps restée discrète mais les observations se multiplient depuis 2003.
Galerie
Voir aussi
la liste des rivières de France la liste des cours d'eau de l'Ain la liste des cours d'eau du département du Jura le Rhône
Notes et références Notes
Références
Catégorie:Cours d'eau dans le département du Jura Catégorie:Cours d'eau dans l'Ain Catégorie:Cours d'eau du massif du Jura Ain Catégorie:ZNIEFF de type II dans l'Ain Catégorie:Cours d'eau dans le Bugey