La bataille de Montenotte eut lieu le 23 germinal an IV () à Montenotte (Nord-Ouest de l'Italie, province de Ligurie) durant la campagne d'Italie des guerres de la Révolution française, entre l'armée française commandée par Bonaparte et les armées du royaume de Sardaigne et du Saint-Empire sous les ordres du comte Eugène-Guillaume d'Argenteau.
Contexte Lorsque Bonaparte, fraîchement nommé commandant en chef de l'armée d'Italie, arrive à Nice le , il trouve l'armée dans un bien piteux état. Des annoncés par le ministère de la Guerre, beaucoup sont morts, sont prisonniers ou ont déserté. Les quelque restants, dont et , sont mal nourris, mal habillés, mal armés. Ils ne disposent plus que de et pour le transportBibliothèque historique et militaire, dédiée à l'armée et à la garde nationale de France..
En face, l'armée impériale compte et . L'armée piémontaise est forte de et la cavalerie napolitaine compte soit au total et de canons.
Forces en présence
La bataille
Lundi 11 avril : combat de la redoute de Monte-Legino
Vers du matin, la légère, du colonel Fornésy, est déployée en avant de la redoute du Monte-Legino. Le de la occupait Savone, sous les ordres du chef de brigade Rampon. Au col de Cadibona, les restes de la . À Legino et Quiliano, de la légère. À Savone, de plusieurs unités.
Le général du Saint-Empire Argenteau quitte à cheval Pareto, ayant reçu ses ordres en retard. Ordre est donné aux troupes stationnées à Cairo, Dego (sous Rukavina), Pareto, Giusvalla et Sassello de se mettre en marche, direction Savone. À Sassello, le général Liptay étant alité, les ordres de marche sont transmis avec retard. Deux bataillons resteront à Sassello. Les troupes passeront par Giovo.
Vers , les reconnaissances trouvent l'ennemi à Montenotte ; elles le trouvent nombreux, en mouvement.
Argenteau arrive sur les hauteurs de Montenotte avec trois bataillons. Il y est rejoint par Rukavina avec deux bataillons, trois compagnies du corps franc de Giulay () le tout pour un total de . Rukavina engage le premier l’attaque qui est menée par les trois compagnies du corps franc de Giulay en tirailleurs. Direction Savone en refoulant les reconnaissances situées sur le Monte San-Giorgio et Monte Pra.
Après une légère fusillade, elles se replient sur la redoute du Monte-Legino. Rampon accourt et prend le commandement en chef de cette position. La redoute était située sur une crête étroite à au sud de Montenotte. Les hommes se mettent en défense soutenus par la demi-brigade d'infanterie légère.
Rampon arrête tout un jour les colonnes des Impériaux. Il anime, exalte le soldat ; il lui communique une énergie qu'aucun effort ne peut vaincre.
Le de la sortit de Savone, se porta sur le lieu du combat, engagea la fusillade avec l’ennemi qui, déjà repoussé par Rampon, occupait encore nos premiers retranchements.
Trois fois l'ennemi tente l'assaut, trois fois il est repoussé. Rukavina est touché à l’épaule lors d’une attaque de la redoute.
Vers , les pertes françaises sont de .
Argenteau met fin aux combats. Il envoie un message au général Liptay à Sassello lui demandant des renforts. Les Impériaux se retirent sur un mamelon qui se trouvait en face de la redoute; ils avaient perdu une centaine d'hommes.
Vers , Rampon demande à Masséna des vivres, de l’artillerie et des renforts.
Mardi 12 avril (23 germinal an IV) : combats de Montenotte
Laharpe attaquera de front.
Masséna tournera l’ennemi par la gauche, par Altare, qui commande les positions de l'armée impériale de Montenotte.
Dans la même direction, Augereau effectuera un mouvement enveloppant de plus grande envergure encore, descendant du Monte Alto en terrain accidenté, afin de couper la retraite à l’ennemi battu. Il surveillera aussi, vers l’ouest, les Piémontais pour le cas où ils voudraient se joindre à leurs alliés.
À du matin, Bonaparte quitte Savone avec Berthier, Salicetti, Masséna, conduit par le frère du curé d'Altare. Il gagne la hauteur de Casa Bianca. Le matin, Berthier écrit à Masséna : .
À , Laharpe quitta Savone, rallia la brigade de Cervoni, passa près de la maison Doria, prit à Monte-Legino les et avec quatre pièces de canon (deux de et deux de ) que Masséna leur avait envoyées dans la nuit. Masséna part à la tête du et de la demi-brigade qui occupait Cadibona situé à la gauche et doit prendre l'ennemi à dos ; il marche vers la droite. Le chef de brigade Rondeau formait l’avant-garde avec les carabiniers et les grenadiers. Le général Philippe Romain Ménard était à la tête de la , Masséna conduisait la .
Plus à gauche, Augereau avec doit marcher de Altare, par Carcare sur Cairo avec ordre de « tourner et d’attaquer l’ennemi ». Enfin Sérurier doit faire des démonstrations pour contenir les Piémontais.
Côté Empire, le du rég Terzy () a marché toute la nuit pour rejoindre au point du jour. Un bataillon du régiment Preiss est arrivé dans la nuit mais ne sera pas utilisé dans la bataille.
Vers 6 h, au point du jour, d’une butte voisine de Montenotte, Bonaparte en surveille le développement, par un mauvais temps de pluie froide et de brouillard ; à ses côtés seul en civil au milieu des uniformes, Salicetti. Arrivée en vue de Montenotte, la colonne de Masséna se divisa. L’avant-garde et la marchèrent droit aux Impériaux déjà rangés sur les hauteurs ; la , prenant un détour, s’avança par des sentiers difficiles sur le flanc droit ennemi.
Pour garder la route d’Altare vers Castellazzo et Bric Tesoro, Argenteau déploya cette unité ainsi qu’une compagnie du corps franc de Giulay et quelques autres éléments. Argenteau, qui n'avait reçu aucun avis de son général en chef, persista dans son projet de s'emparer de Monte-Legino, il donna donc le signal d'une attaque.
Le brouillard se lève et dévoile les pièces d’artillerie déployées sur le Monte-Legino, et la mitraille fait d'affreux ravages dans les rangs des Impériaux qui fuient en désordre. Argenteau s’aperçoit alors qu’il a devant lui des troupes renforcées. Puis il entend gronder le canon sur la route d’Altare.
Masséna attaque le petit flanc droit des Impériaux. L’avant-garde se mit aussitôt en bataille, ayant la en seconde ligne, et engagea ses tirailleurs. Argenteau déploie pour maintenir le centre les bataillons Stein et Pellegrini sous les ordres de Nezlinger. Les deux bataillons d’Anton sont placés en défense sur le flanc gauche (Monte Pra). Puis il vient secourir le flanc droit avec le bataillon Alvintzi.
La cependant gravissait à la course des montagnes escarpées. Elle débusquait successivement les postes ennemis et touchait au terme qu’elle devait atteindre, lorsque les carabiniers (sous Rondeau), emportés par l’impatience de combattre, se jetèrent en tirailleurs et attaquèrent, soutenus par les grenadiers en bataille. Les défenseurs sur le flanc droit tiennent bon dans un premier temps. La ligne ennemie du flanc droit fut enfoncée et mise en fuite.
Pendant que Masséna déborde le flanc droit, Laharpe attaque les défenseurs du Monte Pra. La légère passe à l’attaque sur l’aile gauche de l’ennemi qui, en un instant, fut mis en déroute et culbuté dans le ravin en arrière de Montenotte. La encore trop en arrière, ne put lui couper la retraite. Les Impériaux furent du reste poursuivis avec chaleur par l’aide de camp Murat.
Argenteau en retraite est obligé de défiler sous le feu de Masséna, qui occupe les hauteurs, ils n'essayèrent pas de prolonger une inutile résistance. Le régiment Alvintzi assure l’arrière-garde au travers de Montenotte. Les régiments Pellegrini et Stein se replient vers Dego, Alvintzi et Trezy vers Pareto, Anton (500 h) vers Mioglia.
Vers , du champ de bataille, la marcha sur Carcare ; elle y marcha sans les carabiniers qui, emportés sur les traces de l’ennemi, se trouvaient à plus de trois lieues de distance. Le général en chef avec son état-major avait joint la demi-brigade.
Impériaux restèrent sur le champ de bataille, sont faits prisonniers, quatre drapeaux, deux canons, une grande quantité d'armes et de munitions demeurèrent entre les mains des Français.
Dans la soirée, conférence avec Masséna, Laharpe, Augereau et Sulkowski. Bonaparte couche à Carcare.
Conséquences
Commémoration La rue de Montenotte à Paris rappelle le souvenir de cette bataille.
Notes et références
Bibliographie Ordres de bataille dans les documents Nafziger, Combined Arms Research Library. Antoine Henry de Jomini, Traité des grandes opérations militaires, contenant l'histoire critique des campagnes de la Révolution, 1816.
Gaspard Gourgaud, Charles-Tristan Montholon, Mémoires pour servir à l'histoire de France sous le règne de Napoléon, écrits à Sainte-Hélène par Napoléon, 1830.
Liens externes
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