est un film japonais réalisé par Akira Kurosawa, sorti en 1954.
L'histoire se déroule dans le Japon médiéval de la fin du et montre comment un village paysan recrute sept samouraïs pour lutter contre les bandits qui ravagent les campagnes environnantes.
Ce film a largement contribué à la renommée internationale de son réalisateurT. Sato, Le Cinéma japonais, t.II, 44.Narration du film Kurosawa (2001)., bien plus encore que Rashōmon sorti quatre ans plus tôtT. Sato, Le Cinéma japonais, t.II, 45.. De même, le rôle de Kikuchiyo a amplement participé à la notoriété mondiale de Toshirō Mifune.
C'est l'un des films japonais les plus célèbres dans le monde. Même si sa version intégrale a longtemps été inconnue en dehors de son pays d'origine, le film a obtenu un Lion d'argent à la Mostra de Venise en 1954 puis a connu un grand succès commercial dans le monde, notamment grâce à l'universalité de son histoire et à l'interprétation des acteursCinéma et spiritualité de l'Orient extrême, 138.. Il s'agit aussi de l'un des films de samouraïsPlus précisément, il s'agit d'un film de kenjutsu, du nom de l'art du sabre des samouraï. de référencePhilipp Bühler, « Les Sept Samouraïs », in Films des années 50, 184. et il est parfois considéré comme l'un des meilleurs films d'action de l'histoire du cinémaPhilipp Bühler, « Les Sept Samouraïs », in Films des années 50, 186.. Il n'a cessé d'exercer une grande influence sur le cinéma mondial et a connu plusieurs adaptations plus ou moins libres, dont le western Les Sept Mercenaires en 1960.
Synopsis En 1586Après le générique de début, un texte mentionne que l'histoire se déroule au . Lorsque Kikuchiyo essaie de prouver qu'il est un samouraï, il fournit un document mentionnant une personne nommée Kikuchiyo et cette dernière est née pendant la deuxième année de l'ère Tenshō, soit en 1574, puis Kanbei se moque de lui en remarquant qu'il devrait alors avoir 13 ans. De façon traditionnelle au Japon, on dit qu'un enfant a un an lorsqu'il naît. L'action se situerait donc en 1586. De nombreuses sources mentionnent une autre date par erreur : par exemple Philipp Bühler indique 1572 dans Films des années 50., à l'époque Sengoku, dans un Japon médiéval ravagé par des guerres civiles, les paysans sont fréquemment opprimés par des brigands qui les rançonnent. Une troupe de bandits à cheval s'apprête à attaquer un village mais décide de reporter l'attaque en attendant la prochaine récolte. Un des paysans, Yohei, a surpris la discussion et court aussitôt avertir les autres villageois. Ces derniers sont effondrés, à l'exception de Rikichi, qui essaie de trouver une solution. Ils finissent par consulter Gisaku, l'Ancien du village, qui, à la surprise de tous, rejoint l'avis de Rikichi et conseille d'engager des samouraïs pour défendre le village.
vignette|redresse|gauche|Ōgimachi, empereur du Japon durant la période traitée dans le film.
Quatre villageois partent donc dans le bourg le plus proche pour recruter des samouraïs. Ils logent avec des ouvriers saisonniers. La tâche s'annonce délicate : le premier qu'ils abordent, offusqué par leur demande, refuse violemment, invoquant une question d'honneur. Dix jours passent et le découragement gagne les paysans qui finissent par se disputer. Ils sont alors témoins d'un évènement qui provoque un attroupement : un vieux samouraï, Kanbei, a accepté de sauver un enfant qu'un voleur retient en otage dans une grange. Il se déguise en bonze afin de déjouer la méfiance du bandit, qu'il tue. Alors que les paysans suivent Kanbei, bien décidés à l'aborder, ils sont devancés par deux samouraïs ayant assisté à la scène : Katsushiro, le plus jeune, implore respectueusement Kanbei de le prendre comme disciple, mais celui-ci, annonçant qu'il est un rōnin, cherche à l'en dissuader ; Kikuchiyo, l'autre guerrier, s'approche ensuite mais ses manières rustres et son allure de fanfaron déplaisent au vieux samouraï qui s'éloigne avec Katsushiro.
Les paysans parviennent toutefois à aborder Kanbei mais celui-ci est perplexe : il estime qu'au moins sept samouraïs seront nécessaires pour défendre le village, alors que Gisaku n'avait demandé de n'en engager que quatre. Kanbei semble sur le point de refuser, évoquant à la fois sa lassitude des combats et la difficulté de recruter autant de bons samouraïs contre des repas pour unique récompense, mais l'intervention d'un ouvrier lui fait alors prendre conscience du sacrifice consenti par les paysans : ceux-ci offrent du riz aux samouraïs alors qu'eux-mêmes ne se nourrissent que de millet. Kanbei accepte ainsi de les aider.
Deux paysans, dont Manzo, retournent au village pour annoncer la nouvelle. Gisaku n'est pas étonné de devoir recruter sept samouraïs et avoue même avoir pensé qu'il en fallait dix. Au bourg, les recherches se poursuivent : Gorobei accepte le premier, avant tout pour la personnalité de Kanbei, lequel est ensuite rejoint par Shichiroji, un de ses anciens compagnons d'armes. Gorobei rencontre par hasard Heihachi, un samouraï plein d'humour et de bon sens, qui fend le bois d'un aubergiste en échange de nourriture. Kanbei et Katsushiro sont enfin témoins d'un duel entre deux samouraïs, facilement gagné par Kyuzo, dont la maîtrise impressionne les deux hommes. Mais Kyuzo refuse dans un premier temps la proposition de Kanbei.
vignette|redresse|Musashi Miyamoto, samouraï ayant servi de référence pour le personnage de KyuzoDocumentaire Kurosawa Akira: Tsukuru to iu koto wa subarashii, présent en bonus de l'édition 3 DVD de Criterion. Voir critique du DVD : ..
Le soir venu, Kanbei déclare ne pas considérer Katsushiro comme un membre de l'équipe, à cause de son trop jeune âge, mais Rikichi, soutenu par les autres samouraïs, parvient à le faire changer d'avis. Kyuzo apparaît alors et les informe laconiquement qu'il a finalement décidé de les rejoindre. L'ouvrier déjà intervenu plus tôt fait alors irruption en annonçant avoir trouvé un samouraï féroce. Il s'agit en fait de Kikuchiyo, qui arrive saoul et tente vainement de prouver à Kanbei qu'il est un vrai samouraï, à l'aide d'un makimono qui mentionne la généalogie d'une famille de samouraïs. Il parvient seulement à provoquer l'hilarité de Kanbei et de ses compagnons car la personne dont il revendique l'identité est censée avoir treize ansEn fait, on ne connaît pas le vrai nom de Kikuchiyo. Ce prénom, qui est alors prononcé pour la première fois durant cette scène, est d'ailleurs un nom féminin, ce qui explique aussi l'hilarité des samouraïs.. Kanbei décide de partir pour le village dès le lendemain bien qu'ils ne soient que six.
Pendant ce temps, au village, Manzo coupe de force les cheveux de sa fille, Shino, et lui ordonne de s'habiller en garçon, pour la protéger du danger que représentent à ses yeux les samouraïs. Cet acte, commis par un des paysans ayant participé au recrutement, ne passe pas inaperçu et provoque une grande inquiétude chez les autres villageois. De leur côté, les samouraïs se mettent en route, accompagnés par Kikuchiyo qui s'entête à les suivre malgré leur évident désaccord. À l'annonce de leur arrivée au village, au lieu de les accueillir, tous les paysans courent se cacher, laissant la place déserte. Tandis que Gisaku reçoit le groupe, une alerte retentit soudain : les villageois affolés sortent des maisons et se pressent autour des samouraïs. Mais il s'agit d'une fausse alerte, feinte par Kikuchiyo, qui s'adresse de façon railleuse aux paysans pour les sermonner. Ayant ainsi démontré son utilité, il est finalement admis parmi les samouraïs qui sont dorénavant au nombre de sept.
Le lendemain, Kanbei et Gorobei, accompagnés par Katsushiro, inspectent les lieux avec une carte, afin de déterminer la tactique défensive à adopter, pendant que les autres samouraïs préparent les paysans au combat. Katsushiro, qui s'est éloigné pour contempler la nature, croise Shino, qu'il prend d'abord pour un jeune homme cherchant à se soustraire à l'entraînement. C'est seulement en se jetant sur elle pour la maîtriser qu'il réalise qu'elle est une femme. Tous deux restent troublés par cette rencontre.
Kikuchiyo découvre chez Manzo un stock d'armes et d'armures qu'il ramène fièrement à ses compagnons. Ils s'en indignent car elles ont certainement été prises à des samouraïs tués par les paysans. Kikuchiyo, vexé, laisse exploser sa colère, dressant un portrait peu flatteur des paysans, affublés de tous les vices, qu'il justifie cependant par les exactions dont les samouraïs sont fréquemment coupables. Kanbei, ému, comprend alors qu'il est fils de paysan. Secoué, Kikuchiyo s'isole puis va passer la nuit dans la grange en compagnie de Rikichi (qui loge les samouraïs dans sa propre maison).
vignette|redresse|gauche|Samouraï lors de la bataille de Nagashino (1575), portant une armure comparable à celles trouvées par Kikuchiyo chez Manzo.
Plus tard, Kyuzo surprend Katsushiro venu en cachette donner du riz à Shino qui préfère l'apporter à une vieille femme indigente. Apprenant cela, les samouraïs prennent conscience de la condition misérable des villageois. Leur générosité les pousse à redistribuer une partie de leur ration de riz aux enfants du village. En aparté, Katsushiro remercie Kyuzo de ne pas avoir révélé sa relation avec Shino.
Les samouraïs, après s'être enquis de la date et de la durée des récoltes, exposent leur stratégie : après la moisson, les champs seront inondés, un pont devra être détruit et les quelques maisons situées de l'autre côté de la rive seront évacuées. Ceci émeut leurs habitants qui songent à se défendre seuls mais Kanbei rappelle à tous avec autorité que l'intérêt collectif doit l'emporter sur les préoccupations individuelles. La moisson s'organise ensuite par groupe, sous la protection des samouraïs postés dans les champs. La présence des nombreuses femmes, jalousement cachées jusque-là, rend Kikuchiyo euphorique. Avec humour, Heihachi conseille à Rikichi de se marier car les couples, dit-il, travaillent mieux ; cette remarque provoque chez le paysan une réaction violente, qui reste alors inexpliquée.
Après la moisson, les paysans fortifient sommairement le village et creusent un fossé qu'ils inondent. Lors du battage, ils s'étonnent que les bandits ne soient pas encore venus et espèrent même qu'ils puissent ne jamais venir, mais Kanbei est persuadé qu'il faut rester vigilant. Alors que Katsushiro et Shino continuent de se voir secrètement dans le bois, ils découvrent la présence de trois cavaliers sur la colline. Katsushiro se précipite pour en informer Kanbei, déjà prévenu par Shichiroji. La nouvelle se répand et la panique menace de s'emparer des villageois. Les trois hommes, que Kanbei identifie aussitôt comme des éclaireurs, ont manifestement remarqué la présence des samouraïs et ces derniers décident donc de les intercepter. Deux d'entre eux sont tués et le troisième est interrogé avant que les villageois ne le lynchent. À partir des indications recueillies, les samouraïs décident de monter une expédition contre les bandits afin de réduire leur nombre, estimé à quarante environ. Kyuzo, Heihachi et Kikuchiyo, guidés par Rikichi, chevauchent jusqu'à leur camp, mettent le feu aux bâtiments où dorment les bandits mais aussi des jeunes femmes. L'une d'entre elles, à l'air mélancolique, aperçoit les premières flammes mais ne donne pas l'alarme. Les samouraïs sabrent les brigands qui fuient dans une grande confusion. Alors qu'ils s'apprêtent à se replier, la femme, qui les a aidés sans le savoir, apparaît sur le seuil d'une des bâtisses en flammes mais, après avoir vu Rikichi, préfère retourner dans le brasier. Il s'agit en fait de l'épouse du villageois, qui avait été enlevée par les brigands. Alors que Rikichi tente désespérément de la rejoindre, Heihachi l'en empêche. Ce dernier est alors touché par un tir d'arquebuse et succombe à sa blessure.
vignette|Arquebuse Tanegashima, comparable aux fusils des bandits..